Et c'est terriblement "logique" : qui, hormis des professionnels du domaine où des gars très acharnés dans leur pratique et leurs attentes, serait prêt à participer à une formation durant laquelle il est quasiment certain de se blesser plus ou moins gravement, aussi bon l'enseignement soit il ?
Il devient alors nécessaire de "diluer" l'enseignement ou de l'oindre de vaseline...
La question ensuite est : ces enseignants peuvent ils ensuite proposer la méthode "réelle", "concentrée" et le veulent ils ?
... une formation durant laquelle il est quasiment certain de se blesser plus ou moins gravement...Tu y vas sans doute quand même un peu fort, Thanos ! Si l'on suit une formation de SP durant laquelle on est quasiment certain de se blesser, c'est manifestement qu'on s'est trompé d'endroit...
Je ne parle naturellement pas des quelques hématomes qu'on ramènera à peu près après tout entraînement sérieux, ni du risque aléatoire de revenir avec une blessure un peu plus sérieuse de type musculo-squelettique... Ceci est à mon avis inhérent à toute activité physique ou sportive un peu "engagée", même du foot entre copains le cas échéant...
Il me semble qu'il ne faudrait pas laisser croire qu'un entraînement "réaliste" implique un risque quasiment certain de blessure physique plus ou moins sérieuse... Je pense que Serge, un peu plus haut, en visant les "séquelles possibles" d'un entraînement "ultra-réaliste" visait d'ailleurs sans doute au moins autant le domaine émotionnel que le domaine physique...
Je pense aussi qu'un entraînement "ultra-réaliste" est pratiquement une illusion.
Autant dire alors d'ailleurs qu'on fait dans le surréalisme, ce qui n'a jamais été une vraie imitation de la réalité... Le contexte ne sera jamais le même que celui de la réalité, par hypothèse, et ne serait-ce que parce que quand on se rend à un entraînement, même suffisamment réaliste pour être bien stressant, on le sait parfaitement... Certains (mais l'exemple n'est pas vraiment à suivre) ne s'y trompent ou ne s'y trompaient d'ailleurs pas... Ils vont ou allaient tester "en vrai" la validité de leur entraînement en allant traîner volontairement au mauvais endroit au mauvais moment, avec les mauvaises personnes... Mais même là, puisque le risque est accepté délibérément à l'avance, l'effet de surprise joue un rôle limité, et le réalisme de la situation peut donc laisser à désirer...
En tout cas considérer les formations où les risques de blessures sont trop élevés comme du 1er choix, et celles plus "sécurisées" comme du 2nd choix ne me semblerait pas pertinent...
La problématique majeure est celle de la pédagogie : celle-ci doit être adaptée à la réalité à laquelle on se prépare à faire face et, en fonction de cette réalité, préparer la personne au mieux et sans traumatisme majeur, en essayant naturellement d'optimiser une logique coût/efficacité... Ça passe forcément de façon récurrente par quelques bleus, écorchures et pas mal de stress, ça ne devrait à mon humble avis pas passer par le fait de se retrouver systématiquement en sang ni par des traumas crâniens répétés (trop dangereux, ne serait-ce qu'à long terme).
Personnellement, et pour cette raison, malgré le bien que j'en entends, je regarde par exemple avec une certaine perplexité l'expérience des Dog Brothers... J'ai tendance à y voir un côté "même pas peur et testostérone ++" qui, s'il est ponctuellement intéressant, ne devrait à mon avis pas être une ligne directrice majeure de l'entraînement, et je trouve que ce qu'on en voit souvent (les combats au stick avec masques d'escrime) reste encore très ritualisé et normé... Mais je ne connais pas vraiment, alors il y a sans doute une dimension qui m'échappe...
En tous les cas, il faut bien remettre les choses en perspective : si on suit un programme de SP ou SD, ce n'est a priori pas pour se retrouver toutes les semaines traumatisé, que ce soit physiquement ou psychiquement... Et je pense qu'on peut trouver de vrais bons programmes qui évitent largement cet écueil...
Cordialement,
Bomby