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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Mort sur le Ben Nevis  (Lu 4111 fois)

09 juillet 2011 à 14:26:48
Lu 4111 fois

sebeu




NOTA: A l'attention des modos, je ne savais pas trop ou poster ce sujet, n'hésitez pas à le déplacer.

Un jeune Francais est décédé en tentant l'ascension du Ben Nevis fin mai. La ou cela me touche c'est qu'il s'agissait d'un garçon qui a été pendant longtemps en classe avec mon frangin. Pas un pote, mais quelqu'un que je connaissais depuis qu'il avait 5ans.


http://news.stv.tv/scotland/west-central/253289-hillwalker-dies-while-attempting-to-climb-ben-nevis/

Je ne sais pas si seule l'hypothermie est la cause du décès ou si le malaise venait d'une autre cause, mais le résultat est le même.
Je ne sais pas si ils étaient bien équipés (j’ai lu que si sur un article), mais apparemment la pacha Mama était implacable ce jour là.

La régle des 3 (heures en l'occurrence) a frappé.
Alors MERCI pour la prise de conscience,
MERCI pour la tonne d'infos que j'ai pu apprendre ici depuis plus de 3ans
MERCI même si ma contribution est assez mince.

Et même si des fois je me pose la question "c'est pas un peu overkill tout çà?", ben là j'ai ma réponse.
Non. Clairement non.
Comme dit David, mon but c’est sauver des vies. Et ben là ça aurait pu (peut être) en sauver une si ils avaient étaient plus sensibilisés (ils faisaient l’ascension à 2).

Mes trois balles.
Et même si cette contribution est modeste, cela me fait du bien de le dire  :(

A+
Seb


09 juillet 2011 à 15:06:40
Réponse #1

dedenimes


Citer
A walking companion had to run down the mountain to raise the alarm as the pair had no mobile telephone on them.

Erreur tragique... et mortelle dans ce cas. De plus :
Citer
The boy got cold and he just got worse and worse.
Peut-être en connaissant ses limites, et en préférant renoncer que continuer à tout prix...

Je comprends ta remarque sur l'overkill, et en effet ce forum amène pleins de réponses sur justement quoi faire pour éviter des accidents de ce genre. Triste pour celui qui est décédé, mais le pire reste pour ceux qui restent, la famille et celui qui s'en est sorti.


09 juillet 2011 à 17:44:51
Réponse #2

Kilbith


Merci pour ce fil qui rappelle un fait: pour beaucoup le "Ben Navis" (moins de 1400 m d'altitude, 100000 ascensions par an selon Wikipédia) ce n'est même pas de la montagne à vaches. Mais même si sur ces "buttes" ce n'est pas les conditions d'un 8000m, ce type de montagne (pensez Vosges) tue juste un peu moins bien quand les conditions sont réunies. Là, les deux "alpinistes" étaient à moins de 1000m (2800 pieds).


Citer
A walking companion had to run down the mountain to raise the alarm as the pair had no mobile telephone on them.

Erreur tragique... et mortelle dans ce cas.

Etant d'une génération ayant fait longtemps de la montagne avant que le GSM existe...je m'interroge sur ce type d'affirmation, même si je pense que le portable est utile et que je l'emporte...sans pour autant le sacraliser.

Quelques exemples :

- Il y a quelques années : j'emporte un portable, au départ je sous-évaluais la consommation en zone montagneuse (faible réception). Au moment où je veux m'en servir non seulement il est presque déchargé mais le froid le rend inopérant. Heureusement c'était juste pour faire un petit coucou. C'est vrai que les portables d'il y a dix ans n'étaient pas terribles en autonomie.

- Plus récemment : désormais j’éteins mon portable en montagne et je le met dans un ziploc isolé dans mon sac. Au moment où je veux m'en servir ( petit coucou pour indiquer mon retard) : il est déchargé. Vraisemblablement : il a essayé de se "mettre en route" de nombreuses fois dans mon sac sans y parvenir. Depuis je ne me contente pas d'éteindre mon portable : je retire ma batterie (mais ce n'est plus possible avec mon smartphone récent)

- Avec des copains de RL : on descend de nuit après un portage en décembre. Mon  voisin très expérimenté glisse (sur une pierre plate humide) et se casse la cheville : Pas de réseau. Heureusement on était à 30 mètres des voitures. Si le copain avait été seul et pas à 30 mètres des voitures :  :-\

- Des copains (tjrs RL) font une reconnaissance en montagne en décembre et "font un sommet". En faisant un pas d’escalade "peu difficile", l'un d’entre eux met la main sur un rocher et celui-ci se détache et tombe sur sa jambe. Le portable ne passe pas. Heureusement la jambe n'est pas cassé seulement gros hématome et ils peuvent le descendre.


Moralité : le portable c'est la cavalerie. C'est bien la cavalerie, mais il n'y a que dans les westerns qu'elle arrive toujours....et qu'elle arrive à temps. Autant éviter d'avoir à appeler la cavalerie.

J'ajouterais qu'évacuer quelqu'un en montagne nécessite deux choses : savoir précisément où elle se trouve (idéalement coordonnées sur GPS bien réglé et bien utilisé) ; pouvoir aller chercher cette personne à temps (cf : Vincendon et Henry)  ;)

Mes condoléances à la famille du disparu.
« Modifié: 09 juillet 2011 à 17:56:45 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

09 juillet 2011 à 18:51:08
Réponse #3

aquinatis


Bon le Ben Nevis est quand même un must de l'escalade glaciaire; ce n'est pas l'altitude qui compte, mais des conditions climatiques qui changent extrêmement rapidement. Pour mémoire certaines voies du ben Nevis sont cotées ED (extrêmement difficile). Il y a régulièrement des accidents, et parfois concernant des alpinistes chevronnés. Ceux qui vont au Ben Nevis le savent, et le Ben n'est pas vraiment comparable aux Vosges ou au Sancy par exemple (chez moi) où l'on fait aussi pas mal de glace en hiver.
Pour avoir fait et faire encore pas mal d'alpi, la montagne ce n'est pas qu'une question de prudence: il y a des impondérables, des risques totalement inévitables: se prendre un caillou sur le coin de la figure, ça tue, et toutes les précautions prises ne servent à rien. On prend le risque de faire une voie où ça parpine, de passer sous des séracs, de faire une goulotte difficilement protégeable: l'alpinisme comprend ces risques, on minimise ça avec la technique et l'expérience, mais les risques resteront toujours.

Pour moi justement cette pratique sort un peu du cadre du forum, si tant est que les personnes concernées avaient le niveau pour leur ascension.

09 juillet 2011 à 22:35:09
Réponse #4

VieuxMora


D'accord avec Aquinatis sur le caractère alpin du Ben Nevis face nord, en conditions hivernales, et sur les risques consentis dans ces conditions là.
A la lecture de l'article, il semble qu'ils étaient engagés non pas dans une voie mais dans un itinéraire de rando, qui après le lac Lochan contourne en face Nord mais sous les grandes voies. Donc il s'agit apparemment plus d'un cas d'hypothermie que d'un accident d'alpinisme.
Le retour de son camarade au refuge aurait été plus difficile si ils avaient été engagés dans une voie.

Triste de partir si tôt...
Mes pensées vont à sa famille et à toi Sebeu que cela a touché.

10 juillet 2011 à 12:33:34
Réponse #5

aquinatis


C'est vrai que fin mai en général il n'y a plus de neige. Donc oui plus probablement de la rando. Quel dommage...

 


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