Voici quelques réflexions concernant l'utilisation de cet outil pour les personnels exposés de la la sécurité privée
De l’utilisation du SRONG ARM dans le cadre professionnel de la sécurité privée Pour moi 3 activités professionnelles sont à envisager dans le cadre de la sécurité privée :
1. L’utilisation du « STRONG ARM » par les opérateurs en sécurité évènementielle
2. L’utilisation du « STRONG ARM » par les agents de sécurité des établissement de nuit (portiers, physionomistes, videurs)
3. L’utilisation du « STRONG ARM » par les officiers de sécurité chargés de la protection des personnalités publiques ou des personnes privées menacées.
1/ L’utilisation du « STRONG ARM » par les opérateurs en sécurité évènementielle Les opérateurs en sécurité évènementielle dans le cadre de leur formation ponctuelle (stage) ou continue doivent impérativement rompre avec la vision sportive du combat de type : deux combattants face à face en combat singulier, même si et surtout si ils sont champion ou gradés dans une pratique martiale ou de sport de combat. La gestion d’une menace ou d’un début de conflit doit être appréhendée de manière tactique et en équipe de deux ou trois opérateurs au minimum.
Ce que j’ai appris lorsque je travaillais en discothèque ou dans les soirées privées c’est que dans la mesure du possible :
- la menace ou le conflit ne doivent pas franchir la porte de l’établissement
- les problèmes doivent être traités à l’extérieur de l’établissement
- la gestion frontale a souvent une issue aléatoire pour les intervenants en sécurité et même si ils ont le dessus, leur image de marque est celle de l’établissement ou l’organisation pour laquelle ils travaillent est affectée, sans parler de l’interprétation des faits par les témoins, qu’il faudra assumer dans la gestion post conflit de l’évènement et notamment avec les forces de l’ordre, puis l’autorité judiciaire.
- Il faut donc privilégier l’évacuation du « problème » hors du site en toutes sécurité pour les opérateurs et pour la ou les personnes à évacuer. C’est le fameux travail d’escorte.
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La mise en œuvre d’une évacuation : Alors qu’un opérateur (équipé des « STRONG ARMS ») va se positionner face au perturbateur et adopter dans un premier temps une attitude de dialogue (Stratégie du Diplomate), un ou deux autres opérateurs vont se positionner de chaque côté du perturbateur légèrement en retrait afin de pouvoir protéger l’opérateur « négociateur » et de pouvoir contrôler le perturbateur qui déciderai de devenir agresseur.
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Stratégie : La stratégie de l’équipe de sécurité est donc à la fois la diplomatie et le leurre. Ainsi le dialogue entamé par l’opérateur « négociateur » permet au perturbateur d’envisager une issue plus digne de son départ de l’établissement et ainsi de modifier son comportement. Dans le cas contraire où il s’obstine à adopter une attitude agressive, l’objectif et de le faire focaliser (vision tunnel) sur l’opérateur qui lui parle afin que les deux autres puissent le maîtriser en bénéficiant de l’effet de surprise.
Il est logique que ce soit l’opérateur « négociateur » qui déclenche l’intervention soit par un geste ou un mot code à l’intention des autres intervenants.
Positionnement Tactique : Le positionnement tactique idéal est le triangle ou delta autour de l’individu perturbateur en tenant compte bien entendu des contraintes de l’environnement (configuration des lieux et présence du public)
Au plus l’approche sera discrète au mieux se déroulera l’intervention. En revanche le dialogue entamé par l’opérateur « négociateur » doit être respectueux, ferme et directif et doit audible par les témoins.
- Utilisation tactique de l’outil : o Utilisation Tactique du « STRONG ARM » en protection de l’opérateur
L’opérateur « diplomate » risque à tout moment de faire l’objet de l’agressivité physique du perturbateur, c’est pourquoi si il adopte une position de négociation (mains en avant), non agressive (pas de mise en garde active), le langage à l’Italienne permet de garder à distance le perturbateur. Le fait d’être équipe des « STRONG ARMS » va rassurer l’opérateur qui sait qu’il dispose de deux « boucliers » qui vont lui permettre de se protéger le temps de la mise ne œuvre de l’intervention.
De plus, si l’individu décide de tenter de frapper l’opérateur, le choc de ses coups sur les « STRONG ARMS » risque de provoquer une douleur et un effet de surprise que seront profitable à la mise en œuvre de la procédure d’évacuation.
o Utilisation Tactique du « STRONG ARM » en renforcement des techniques coercitives mises en œuvre pour l’évacuation
L’efficacité de la mise en œuvre de technique de contrôle par point de pression va être optimisée par l’effet de surprise et par le renforcement des avants bras par les manchettes « STRONG ARMS ».
Si l’individu est très violent l’équipe peut opter pour la mise en œuvre d’amenée au sol de l’individu et maîtrise jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre qui doivent être immédiatement appelé au 22 (appel enregistré) afin de ne pas être accuser de tentative de séquestration dans la gestion post conflit de l’évènement.
Je pense donc qu’un entraînement en tenue de travail sur ce scénario permettra aux agents de sécurité évènementielle de mieux appréhender l’intérêt d’un outil comme le « STRONG ARM »
L’entraînement individuel de base consiste à s’habituer à porter cette protection sur soi sous ses évènement régulièrement afin de s’y habituer (tout comme pour les gilet pare balle « UNDER COVER »)
Le travail sur scénario doit être envisager sous le contrôle d’un instructeur qui donnera les instruction afin d’éviter tout débordement.
Une fois l’exercice maîtrisé, il faudra le mettre en œuvre en y ajoutant des interventions extérieures (cris des témoins, prise à partie du public,…)
Afin de maîtrise l’exercice sous « STRESS », l’instructeur pourra l’interrompre par des commandements de type :
- Une course allée- retour le plus vitre possible d’un mur à l’autre de la salle
- Une série de 10 pompes
- Une série de 10 exercices d’abdominaux (« CRUNCH »)
Puis reprise immédiate de l’exercice comme si de rien n’était. La séance pourra également être brutalement interrompu par une mise au sol sur ordre en position d’alerte à la bombe.
La coupure brutale de la lumière pendant l’intervention, l’utilisation d’insultes ciblées (présélectionnées en amont par questionnaires à chaque intervenant) permettra également de se rapprocher de la réalité.
Je pense également que l’utilisation combinée des « STRONG ARMS » avec un sac d’arrestation (modèle réalisé par Monsieur Charles JOUSSOT – FISFO) permettra de donner une réponse tactique sérieuse en ce qui concerne l’évacuation de perturbateur violant ;
2 - L’utilisation du « STRONG ARM » par les agents de sécurité des établissement de nuit (portiers, physionomistes, videurs) Pour cette catégorie de personnels, je préconise le même type de travail que pour les agents de sécurité évènementielle, sauf pour ceux qui travaillent seuls ou la on retombe sur les concepts de la méthode initiale.
3 - L’utilisation du « STRONG ARM » par les officiers de sécurité chargés de la protection des personnalités publiques ou des personnes privées menacée En ce qui concerne un dispositif de protection rapprochée classique : Triangle ou Delta.
Il me parait opportun que l’homme de pointe soit équipé d’une paire de « STRONG ARMS »
J’en suis moins sur pour l’officier en charge (normalement déjà porteur d’un gilet pare balle discret ou au moins pare couteau) qui doit manipuler le VIP dans les procédures d’urgence d’évacuation ou de placage, voire de réduction de silhouette. Je pense que ces manipulations sont déjà traumatisantes et que le port des « STRONG ARMS » n’aura pour effet que de les rendre encore plus brutale. Par contre le troisième officier d sécurité peut en être équipé au moins d’un sur le bras qui déploiera le triptyque (serviette ou mallette de protection)
Le travail en scénario d’attaque sur tous les angles avec ce type de configuration peut être instructif et donner une dimension plus opérationnelle à une équipe de protection privée.
On peut également envisager de travailler avec une configuration mixte, du type un « STRONG ARM » sur le bras faible et un bâton tactique télescopique main forte avec une adaptation des techniques « TANTO » développées dans le Sport « CHANBARA ».
Ce type de configuration me semble peut être plus adaptée à une équipe mobile en déplacement long.
Il faudra également s’habituer à conduire avec ce type d’équipement, à dégainer une arme de service, ou un spray, à chuter en avant, en arrière, à effectuer des placages…
C.D 