Pour compléter les interrogations de Kilbith à propos du caractère selon certains "naturel" du fait de fermer le poing pour combattre, j'avais en tête, en lisant certains passages des citations amenées par Serge, le cas des Indiens d'Amérique, qui, semblerait-il, ne se battaient que mains ouvertes et non poings fermés...
Honnêtement, je ne sais absolument plus d'où je tire cette "croyance", ni si elle est fondée... Si quelqu'un a des éléments là-dessus, ça peut être intéressant...
Pour en revenir aux "articles", je trouve que c'était une très précieuse idée d'ajouter au texte de Cecil Burch les échanges faits sur le même thème entre personnes expérimentées sur un forum américain ad hoc.
Les échanges sont assez complets. Je ne sais pas si l'échantillon peut être considéré comme représentatif, et la plupart ayant apparemment commencé par des AM ou SC plus "classiques", le conditionnement initial de chacun à l'usage préférentiel du poing fermé paraît évident, mais il semble qu'il y ait un certain nombre de "convertis" du poing fermé à la main ouverte, un certain nombre d'adeptes du mixage, et quelques résistants fidèles au poing fermé mais aucun converti de la main ouverte au poing fermé...
Ca vaut ce que ça vaut, et sans doute pas grand chose, mais c'est déjà une observation...
Je trouve que le texte de Cecil Burch, s'il a le mérite d'apporter une intéressante et utile critique d'une solution parfois trop facilement présentée comme miraculeuse et facile (la main ouverte), sent parfois un peu l'auto-justification et est parfois également assez réducteur quant à l'usage de la main ouverte...
Pour lui, la main ouverte ne permettrait pratiquement que des frappes circulaires, voire essentiellement l'administration de baffes, ce qui donc exposerait beaucoup plus à un contre...
C'est une critique assez éclairante, mais c'est quand même très réducteur sur les usages et applications possibles des frappes main ouverte...
Autre point, en substance, pour lui l'usage de la main ouverte ne pourrait pas être suffisamment travaillé à l'entraînement pour être fiable dans la rue, à la différence du poing fermé... Là, pour moi, on est plutôt dans l'auto-justification et le sophisme : quelle que soit l'arme utilisée (main ouverte, poing fermé, coude, tête, bâton, etc...), le problème est le même qui consiste à faire constamment des compromis entre la sécurité de l'entraînement et son réalisme...
Et s'il s'agit de s'entraîner plein pot poings fermés sans protection sur la tête du petit camarade, je ne suis pas sûr que l'on ait beaucoup plus de volontaires que pour recevoir des chin-jabs un peu appuyés à l'entraînement...
Dans le même ordre d'idées, Cecil Burch tire argument de ce que l'entraînement à des frappes main ouvertes sur les cibles le plus souvent utilisées (pattes d'ours, paos, sacs...) serait peu réaliste en raison de la constance et de la relative douceur de la cible, par rapport à l'irrégularité et à la dureté du corps humain... A mon avis, le problème est exactement le même que l'on tape main ouverte, avec le poing fermé dans l'axe du bras, en poing marteau etc...
Au contraire, il me semble plutôt qu'il est plus facile d'adapter une frappe main ouverte qu'une frappe poing fermé sur une surface irrégulière... En tout cas c'est notamment le fruit de ma modeste expérience sur mannequin de frappe...
Ceci dit et par exemple, moi qui suis devenu un chaud partisan, quasi-exclusivement, de la main ouverte, ces textes m'amènent à une utile remise en cause...
Et encore une fois, les points de vue échangés paraissent assez complets...
Je me demande cependant s'il n'y aurait pas encore un peu à dire à propos de notions de vitesse, de focalisation de la frappe et d'adaptation à une courte distance de frappe...
Sur tous ces points, il me semble que la main ouverte est plus avantageuse que le poing fermé, mais ceci est peut-être trop lié à un conditionnement personnel pour être un tant soit peu généralisable...
Pour ce qui est, comme le dit Serge, de la nécessité de passer des centaines d'heures à répéter une frappe, je suis bien d'accord avec ça, mais c'est naturellement compliqué à proposer à tous... Et c'est paradoxalement seulement en pensant à cet aspect que je finis par intégrer l'intérêt de développer l'usage des armes improvisées (revues, stylos, etc...), alors que personnellement j'ai toujours du mal à ne pas y voir, dans un premier mouvement, surtout un frein au plein usage de la main, ouverte ou fermée...
Cordialement,
Bomby