Je viens mettre mon grain de sel

Plutôt quelques souvenirs de choses racontées par mes parents.
Je ne suis pas un perdreau de l'année, loin s'en faut

et nous nous marions tard dans la famille. Mon père était né en 1901 et ma mère en 1912.
Mon père, ayant pris une retraite anticipée en 1950, a été représentant en électroménager une dizaine d'années ensuite. Il disait que bien des gens, quand il proposait un réfrigérateur, lui répondaient : "On n'en a pas besoin, on a une bonne cave." Le frigo ne nous est absolument nécessaire que pour la viande et les laitages, les légumes se conservent bien dans une cave.
A cette époque, en ville, les bouchers et crémiers avaient des frigos mais, comme c'était l'usage de faire les courses tous les jours, ce n'était pas nécessaire d'en avoir dans chaque foyer.
A la campagne, comme ma mère me l'a raconté, le lait non consommé le soir était transformé en fromage puis, conservé dans un garde-manger grillagé, la crème était transformée en beurre qui était salé ou cuit pour la conservation, les poulets, lapins... abattus au fur et à mesure des besoins, la viande de porc conservée dans des saloirs et le gros bétail vendu au boucher. Le pain n'était pas fait tous les jours non plus, les grosses miches étaient cuites une fois par mois dans le four du village et se gardaient sans souci dans la maie.
Quand à la nécessité d'un congélateur, dans mon enfance, citadine mais avec un grand jardin, mon père, qui avait cessé toute activité professionnelle, cultivait plus de 1000 m2 de potager. Ma mère faisaient des conserves de fruits et légumes qui suffisaient pour tout l'hiver et aussi, des plats préparés de viande et des brochets que mon père pêchait. Ah le bel alignement de bocaux dans le placard!
