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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: passage de rivière  (Lu 3314 fois)

16 juin 2011 à 19:04:55
Lu 3314 fois

buchbass


Salut
Je voudrais vous raconter une situation dangereuse que j'ai vecu.
J'étais parti en randonnée pour 2 semaines dans le Morvan en décembre 1999.
A l'epoque j'étais bon randonneur mais je commençais seulement a expérimenter le bivouac
et j'en étais à l'étape d'essai du matos en hiver.
Et l'hiver était bien la, bien pourri. Un ciel bas, un crachin permanent
et le petit vent qui n'arrange rien. Il gelait pas mais on devait etre a 1°C ou 2°C la nuit.
Bref le panard pour test la resistance du matos a l'humidite et la solidité du moral. ;#
Au bout de 3 jours ça allait pas mal,quand je tombe sur un obstacle: un passage a gué.
Ce qui aurait du être un gentil petit ru était devenu un torrent boueux à cause de la crue. :blink:
Dans ma tête je devais passer. Le sentier que je suivais devait traverser cette riviere, alors il fallait que je passe.
Impossible de traverser comme ça sans avoir les pompes et le futal de trempés.
L'eau devait arriver au dessus des genoux avec un fort courant.
J'ai du mal à me souvenir des raisons qui m'ont poussé à ne pas simplement enlevé mes chaussettes chaussures et pantalon.
Je penses que j'avais peur d'avoir froid ou peur de glisser.
En tout cas j'ai décidé de remonter en amont (en aval le "ru" se jetait 20 m plus loin dans une très grosse rivière),
dans l'idée de trouver un endroit pour sauter par dessus la rivière.
Plus haut dans les bois elle s'encaissait dans le sol et je réussi a trouver un emplacement où elle ne faisait
que 2 ou 3 m de large. Le sol est meuble plein, de feuilles et d'une mousse touffue et gorgée d'eau, mais le saut me semble faisable.
Je balourde mon sac, je m'élance...
Et ce qui devait arriver arriva, je tombe dans la flotte jusqu'a la ceinture. :'(
Bien sur je n'avais pris qu'un pantalon ("je suis pas une chochote!").Donc rien pour me changer. ;#
A l'époque je savais pas faire du feu quand tout est détrempé, je connaissais pas le fire steel. Donc rien pour me chauffer.
J'ai essoré mon pantalon et je suis reparti. En marchant j'avais moins froid, mais je sentais que je fatiguais beaucoup plus vite que d'habitude.
Un peu avant la nuit je suis arrivé dans un hameau avec l'espoir de trouvé un foyer pour me réchauffer.
Je tombe sur un père et son fils, je leurs dis ce qui m'est arrivé et leur demande si je peux me sècher chez eux.
Le père me répond que normalement il n'y aurait pas de soucis mais que ce soir il a de la famille chez lui car c'est Noël.
J'avais complètement oublié (moi et les fêtes... :-\). Du coup je me vois mal taper à la porte des gens pour demander le gite et le couvert.
Du coup j'ai du abandonner mon périple et mes parents sont venus me chercher.
Bon voila ma petite histoire, j'ai pas grandement risqué ma vie, j'étais a 4 5 heures de marche du premier village,
mais c'est une expérience qui montre que l'enchainement de plusieurs petites conneries peuvent t'entrainer dans une grosse m*rde.

Est ce que le mieux ça aurait été de retirer les chaussures et le pantalon pour passer?
D'autres idées peut être?

Petite anecdote: Mes parents m'ont ramené au bercaille vers minuit. Vers 6 heure on est tous réveillé par un vent de folie.
Dehors c'est la tempète. LA TEMPETE de decembre 99. Là, je suis devenu dingue en voyant les branches d'arbres, les tuiles voler de partout,
et en pensant que si j'était pas tombé dans la rivière je serais dans ma petite tente de m*rde.
J'ai carrément flippé après en allant dehors et en voyant tous les arbres, les poteaux électrique à terre.
Je pense que ça aurait été un cauchemare a vivre surtout dans l'état de fatigue dans lequel j'étais.


Est ce arrivé à quelqu'un d'être pris dans une tempète extrêment forte en bivouac (avec tarp)?

a+

Le plus dur c'est pas la chute, c'est l’atterrissage.
Pour l'instant tout va bien. Pour l'instant tout va bien...

17 juin 2011 à 00:40:25
Réponse #1

dolgan


Citer
Est ce que le mieux ça aurait été de retirer les chaussures et le pantalon pour passer?

ça aurait été mieux de changer d'itinéraire.

20 juin 2011 à 17:26:31
Réponse #2

buchbass


Au moins 2 km, peut être 5 km de détours, ça utilise plus d'énergie que de traversé une rivière de 5 6m de large. Je pense.
Le plus dur c'est pas la chute, c'est l’atterrissage.
Pour l'instant tout va bien. Pour l'instant tout va bien...

20 juin 2011 à 17:55:01
Réponse #3

Julien57


Citer
Au moins 2 km, peut être 5 km de détours, ça utilise plus d'énergie que de traversé une rivière de 5 6m de large. Je pense.

C'est peut etre vrai, et encore. Etre mouillé, si on a aucun moyen de se secher rapidement, ça implique de dépenser de l'énergie aussi, surtout en decembre et dans le morvan.
De plus, dans ce cas, faire un detour aurais AMA permis de privilégier la sécurité. La tu as eu une certaine chance, mais tu aurais peut etre pu te faire une cheville, et etre emporté par le courant, auquel cas, meme en te tirant du cours d'eau, tu te serais retrouvé trempé, blessé, et sans rien, ce qui est quand meme pas vraiment l'ideal.

20 juin 2011 à 18:28:22
Réponse #4

dolgan


exactement, je pensais effectivement à l'entorse. ça va si vite. Et à 4 ou 5 heure du premier village, sans rien pour te réchauffer/changer, ça peut vite tourner en hypothermie. 

trop d'accident arrivent parce qu'on veut faire ce qu'on a prévu, et qu'on refuse d'écouter le terrain.

20 juin 2011 à 18:50:48
Réponse #5

buchbass


Au moins 2 km, peut être 5 km de détours, ça utilise plus d'énergie que de traversé une rivière de 5 6m de large. Je pense.
Ce que je voulais dire c'est traverser prudemment en slip, pas en sautant.
Aujourd'hui si cette situation se représentait je pense que c'est ce que je ferai AMHA.
Le plus dur c'est pas la chute, c'est l’atterrissage.
Pour l'instant tout va bien. Pour l'instant tout va bien...

21 juin 2011 à 14:38:30
Réponse #6

Nirgoule


salut Buchbass,

Après m’être assuré de la profondeur, je me serais déshabiller du bas, lancé mon sac de l’autre côté du ruisseau. J’aurais gardé autour du cou le pantalon, les chaussures réunies par leurs lacets (et le petit kit au cas où), aidé de deux bâtons taillés sur place, les pied nus (ou enveloppé chacun dans un sac plastique fermé par un élastique à la cheville) j’aurais traversé. Les deux bâtons t’équilibrent et empêche la chute.
Ensuite il est facile de se sécher au pire avec un foulard ou un mouchoir, remettre chaussettes et chaussures bien au sec.
J’aurais tenté le coup avec un ruisseau ou une rivière de faible profondeur. Sinon, remonter vers l’amont et retenter le coup. Il suffit parfois d’un seul Km pour que le lit de la rivière se sépare en deux.
Sinon la lecture de la carte te permet de repérer un gué, c'est-à-dire un élargissement de la rivière. Là où le terrain est plat, l’eau s’étale. Donc si tes courbes de niveau s’espacent, il y aura moins d’eau.
Les vieux chemins qui butent sur un cours d’eau amènent parfois à d’anciens gués.

 ;)
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
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