J'ai connu des gens qui ont eu à traiter cette affaire. Leur avis est que le malade en voulait aux femmes sans aucune possibilité de communiquer avec lui.
Comme toujours dans ces cas-là, face à quelqu'un de dérangé, les gens réfléchissent et réagissent de façon rationnelle, du genre: il va se calmer, c'est pas possible qu'il aille au bout.
La même chose s'est produite le 11 septembre: des dizaines de personnes ont laissé des gars détourner leur avion et se crasher dans les tours avec de simples cutters. Le réflexe est de se dire que la rationalité va reprendre le dessus.
Les gens qui sont passés à l'action, dans le 4ème avion, l'ont fait parce qu'ils ont su ce qui s'était passé pour les autres avions.
Passer au rouge (s'autoriser à donner la mort, vouloir détruire son vis-à-vis) demande soit beaucoup de préparation à ces situations, soit un événement qui fait sauter l'interdit.
Mais la première chose qui nous saisit quand ces situations se produisent, c'est la sidération. Ensuite, la rationalisation puis la recherche de protection.
Décider d'agir, évaluer la menace, élaborer un plan et passer à l'action, ça n'est pas un truc qui se décrète sur le mode "moi, ça ne m'arrivera pas" ou "moi, j'aurai des c*ui!!es".
Quant au courage qui manque aux gens les plus aisés, il ne faut pas généraliser mais on peut se poser une question: est-on prêt à prendre des risques quand on a beaucoup à perdre ou peu à gagner?
Qui d'entre nous est réellement prêt à risquer sa vie pour celle d'un autre ou le respect de grands principes (liberté, égalité...)?
Combien de blancs ont lutté contre l'Apartheid?
Combien de Français se sont élevés contre les lois antisémites du régime de Vichy (je ne parle même pas de lutter contre)?
Ce sont toujours des cas qui nous font enrager mais à la question "qu'aurais-je fait?", l'honnête homme doit répondre "je ne sais pas" et peut espérer "quelque chose de bien".
Courage non, habitus oui.
Pour faire court cela dépends plus du cadre sociale dans lequel on a évolué que de courage en tant que tel. Les jeunes des classes sociales populaires ont par exemple tendances à être plus familiarisées avec le contact physique, plus vulgairement la baston, que les jeunes des classes aisées. A l'inverse les jeunes aisés ont tendance à avoir une culture général moyenne supérieure et à mieux connaître le droit et les processus administratifs.
L'un aura plus de facilité à se servir de ses poings.
L'autre aura plus de facilité a jouer le jeu bureaucratique.
Sieg, tu es dans le super cliché, amha. Le courage se limite-t-il à savoir se servir de ses poings? N'y a-t-il pas du courage à s'attaquer à des études ardues? à vouloir vaincre un handicap? ou à s'affirmer dans un milieu aux règles et au cadre très rigides?
La fille de Madame Bettencourt, si elle a raison dans ses actions en justice, n'aura-t-elle pas eu le courage d'affronter l'opprobe de la plupart des commentateurs alors que sa mère dilapidait son argent sans que personne ne trouve à y redire? Elle aurait pu se contenter de ce qu'elle a et ne pas risquer de prendre tous ces coups (se voir traiter comme une harpie et dire que son mari est une lopette...).
Le pire, c'est que rien n'est certain. La peur peut surprendre le plus courageux d'entre nous et le faire reculer au moment où il s'y attendra le moins.
A+