Ces petits conseils ne sont tirés que de mon expérience personnelle. Ils sont donc largement applicables aux milieux africains et plutôt urbains. Pour les autres, je n’ai pas de compétence. Comme je bosse un peu comme une tarée et que je couve le reste du temps, j’ai revu mes ambitions pour ce post à la baisse et je vais tenter de traiter plutôt un sujet après l’autre. Le roman-fleuve attendra

Là, c’est plus des petits trucs pratiques qui m’ont rendus service. Ce n’est pas forcément de la survie pure, même si on peut accorder, avec une définition large, qu’éviter une infection urinaire dans le fin fonds du Sahara relève presque de notre sujet

Le premier post était là :
http://www.davidmanise.com/forum/index.php?topic=38617.0Amie voyageuse : tu as choisi le bus. Souvent pas par vrai choix mais parce que ce n’est pas cher. Sache que, pour rien au monde (et sauf pour certaines liaisons internationales) je ne prendrais le bus de nuit en Afrique. C’est un premier point d’importance. Il faut aussi écouter les locaux ou les copains pour savoir quelle compagnie choisir et lesquelles absolument éviter.
Tenue : décente et pratiquePour t’habiller, et parce que certaines liaisons font « entre 13 et 18 heures » selon les pluies, les crevaisons et l’essence, pense à la jupe longue. La jupe longue permet de ne pas avoir trop chaud. Elle permet aussi d’aller se soulager à la pause sans avoir à marcher 500 mètres pour trouver une dune non habitée (c’est une règle qui m’a toujours échappée, mais quand vous voulez aller pisser, surtout dans le Sahara, vous croisez TOUJOURS quelqu’un). Et, d’un strict point de vue médical, elle permet d’éviter (en partie) les infections urinaires.
Quand on est blanche, on nous pardonne beaucoup de choses, mais dans beaucoup de coins un peu reculés, les femmes seront contentes de voir une occidentale en jupe (en 2010 dans l’ouest kenyan, les femmes sont toujours exclusivement en jupe longue). Ca peut aider à la communication et c’est une bonne manière de faire « passer » d’autres « originalités » pas faciles, comme avoir les cheveux très courts.
Choix du busEcouter les rumeurs pour savoir quelles compagnies sont fiables et en bon état. La meilleure est bien souvent la plus chère du marché. Cette règle vaut surtout pour les petits bus (9 à 12 places) où le marché est très concurrentiel. Il y a moins de choix pour les gros bus et, comme ils sont plus lents, il y a une bonne chance qu'ils soient moins dangereux (mais ils voyagent souvent de nuit et ça, c'est exclu).
Si tu veux que ton dos survive, amie voyageuse, évite trois zones dans les gros bus : le fond (l’horreur) et les deux zones où sont les roues. Dans les minibus, on propose souvent les places de devant, à côté du chauffeur, qui sont considérées comme les meilleures. Personnellement, je tiens à ma vie (et n’ai aucune envie de passer par le pare-brise) et, surtout, à ma santé mentale : être devant, c’est voir TOUT ce que fait le chauffeur, voir les accidents, au « mieux » les chiens qui volent, au pire, les gens accidentés sur le bord de la route. Alors non.
Trouver les alliésSi le voyage dure longtemps, il va y avoir des pauses. Les gares routières ne sont pas toujours (jamais, d’ailleurs) des endroits sûrs. C’est bien, si on est seule, de trouver les alliés. Il y a deux sortes d’alliés. D’une part, ce sont les femmes. Elles sont d’une grande aide, super sympas et souvent très protectrices. Et c’est le meilleur moyen d’en apprendre beaucoup sur le pays (bah oui, en 15 heures de route…) et d’être invitée au bout du chemin chez l’habitant(e). Et ça, c’est super chouette ☺ Du coup, prévoir des trucs à grignoter et des photos de la famille, du mari, des éventuels enfants ou neveux/nièces. Ca fera de beaux moments de partage. Dans certaines zones risquées, on vous conseillera de ne rien accepter à manger de gens que vous ne connaissez pas, sous peine de vous faire droguer et dépouiller. Je ne sais pas, ça ne m’est jamais arrivé. Mais c’est une raison de plus pour prévoir des trucs à grignoter.
Et si il n’y a pas ou très peu de femmes dans le bus ? Ca m’est arrivé lors du retour d’un groupe de La Mecque, c’est l’angoisse. Il faut alors voir qui est différent. On a toujours de meilleurs rapports avec les gens un peu « borderline », qui sont plus ouverts. En l’occurrence, c’était un père et son fils saoudiens qui voyageaient au Niger. J’ai été protégée et nourrie pendant mes longues heures de bus, sans aucun risque pour moi parce qu’il y a toujours une échappatoire à l’arrivée : il suffit de prendre un taxi ou de mentir sur l’adresse de destination. Pratique, à condition évidemment d’être habillée correctement et de ne pas allumer une cigarette à toutes les pauses.
Il ne faut pas croire, amie voyageuse, que tu n’as pas besoin de cette protection. Une femme a besoin de protection en général, les pays occidentaux sont des exceptions. Et puis les gens sont souvent contents de prendre une voyageuse sous leur aile. C’est valorisant aussi pour eux et il faut satisfaire leur curiosité. C’est donnant donnant. Et puis avoir un « ami » de voyage qui parle la langue locale pour trouver un taxi-brousse pas trop pourri, négocier un prix ou discuter avec un douanier, c’est pratique.
Fouille des bagages et coupeurs de routeIl peut arriver des tuiles sur la route, on peut se faire racketer en particulier. D’où la règle : ne rien mettre de précieux dans les sacs de soute. C’est trop le bazar dans les gares routières. Avec soi en « cabine » : deux sacs : un où on a tout le bazar habituel, l’éventuel ordinateur, l’appareil photo, une partie des sous, etc. C’est un sac « risqué » mais on ne peut pas toujours faire autrement. Et un sac bandoulière à ne jamais quitter où se trouvent les papiers, le téléphone, l’autre partie des sous (et comme on ne le quitte jamais, on ajoute des Kleenex et des lingettes pour les pauses pipi). Prévoir aussi d’avoir de petites coupures. Dans les gares routières, il est impossible de payer avec de « gros » billets de 5000 FCFA par exemple.
Une de mes amies qui devait voyager dans un 4X4 perso très régulièrement sur une route souvent coupée par des brigands (ya pas d’autre mot) planquait ses sous un peu partout dans la voiture et, surtout, avait une stratégie super efficace pour ne pas se faire fouiller ses affaires : mettre ses slips (usagés, si) sur le dessus de ses affaires, de manière à ce qu’ils tombent directement dessus en ouvrant le bagage. C’est ultra-dissuasif pour le douanier ou le coupeur de route moyen. Voyager avec un sac particulièrement voyant est aussi un bon moyen de le repérer s’il prend la file de l’air dans la gare routière.
PannesSi le voyage dure (panne et attente d’une pièce par exemple…), c’est pratique, même dans les pays les plus chauds, d’avoir un plaid un peu épais ou au moins un pull. Je conseille aussi d’acheter avant le départ un voile local (si c’est dans les pratiques du pays) ou un pagne. Ca permet de faire un oreiller acceptable et, surtout, de se protéger de la poussière quand le bus roule sur les voies non goudronnées.
Il est aussi toujours utile de prévoir assez d’eau pour une éventuelle attente. Et d’avoir évidemment au moins des micropures à disposition en format un litre pour « refaire » le stock d’eau : si on est bloqués en pleine brousse, on ne peut pas forcément compter sur un vendeur d’eau minérale à proximité.
Pour résumer : - sécuriser ce qu’on peut : voyage de jour, avec une compagnie réputée (en général la plus chère du marché)
- se débrouiller pour ne pas rester seule
- être habillée confortable, décent et penser que le voyage peut être beaucoup plus long que prévu
- être autonome sur eau et nourriture. Prévoir des extras pour les partages.
- avoir quelques médicaments habituels avec soi (mal des transports, douleurs…) mais aussi, toujours, de quoi se débarbouiller (lingettes et désinfectants pour les mains), s’essuyer (Kleenex, qui sont sympas aussi quand on est couvert de poussière) et purifier de l’eau
- Ne rien laisser de précieux en soute, protéger les biens
Voyager par la route en Afrique, c’est souvent un mauvais moment à passer et c’est dangereux. Mais c’est là aussi qu’on fait de belles rencontres et qu’on profite comme jamais des paysages

Objectivement, j’ai beaucoup voyagé par la route, et je reste persuadée que le principal risque qu’on court, c’est l’insécurité routière. Elle est assez forte pour faire préférer quand on le peut l’avion. Mais, comme femme, en respectant les règles dont j’ai parlé, je n’ai jamais eu de soucis dans les gares routières ou avec les passagers.
Edit : J'oublie les basiques : Ce serait bien d'enrichir ce post de vos expériences ou de celles de vos douces pour éventuellement élargir à d'autres continents ou d'autres situations
