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Auteur Sujet: LA CAISSE !  (Lu 5384 fois)

22 mars 2011 à 22:49:01
Lu 5384 fois

kanarwc


LA CAISSE !


"Il est 18h45.

Je suis à deux doigts d’écrire sur Twitter : « Ahahah trop peinard, je vais rentrer chez moi à 19h. #RicanementsOrgasmiques »
Et puis je me dis que ce serait sans doute pas fabuleusement constructif, comme tweet, alors je n’envoie pas.
Journée cool, des rendez-vous l’après-midi sans surcharge, avec des annulations de dernière minute qui transforme le « A l’aise » en « Super cool ».

Je reste donc sur mon tweet de l’avant-dernier patient que j’ai failli oublier de faire payer : « #Tip Venez me voir sur ma dernière demi-heure de boulot. Je suis détendue, je prends le temps et j’oublie de faire payer à chaque fois. »
J’accueille mon dernier patient. Je lui présente mes excuses pour les 15 minutes de retard. Il me sourit, il me dit c’est rien.
Je me souviens de lui, même si je ne l’ai pas vu souvent. Toujours le soir. Il était venu me parler de ses angoisses, on avait déjà passé plusieurs fins-de-soirée-tranquilles-y-a-personne-derrière-on-a-le-temps à les décortiquer.
Il vient pour un problème somatique, cette fois, qu’il commence à me raconter.

Ça sonne à l’interphone.
Je n’attends plus de patients, je suis sur rendez-vous, mais j’ouvre. Peut-être quelqu’un qui ne sait pas que je suis sur rendez-vous. Peut-être quelqu’un que je viens de voir et qui  me ramène l’ordonnance (Vous avez oublié de mettre « pour 3 mois » Docteur…), ou peut-être une urgence, comme la semaine dernière.
Enfin j’ouvre, quoi. Ça sonne, j’appuie sur le bouton qui ouvre. C’est Pavlovien.

Je dis à mon patient : « Excusez moi, je vous abandonne une minute, je n’attends plus personne, je vais voir qui c’est« .
Il me sourit, il me dit c’est rien.
J’ouvre la porte qui sépare le cabinet et le couloir.
Y a deux types. Plus grands que moi, un à droite, un à gauche. Ils sont habillés tout en noir, ils ont deux casques de moto sur la tête. Tout fermés, tout noirs, je ne vois pas leur visage, et ils ne disent rien.
J’ai reculé d’un demi-pas et ma bouche a dit « Ouh, vous me faites peur. »
A ce moment là, j’y croyais encore à moitié, que j’étais en train de leur dire gentiment « Ahahah mais enfin, faut pas sonner chez les gens comme ça avec des casques de moto, c’est un coup à leur faire peur« .

Et puis celui de droite a dit « La caisse. »
Enfin je crois, je ne sais plus trop bien ce qui s’est passé dans les 30 ou 40 secondes qui ont suivi.
Est-ce qu’il a dit « La caisse » avant que j’aille me rasseoir, est-ce que j’ai reculé toute seule, est-ce qu’il a dit autre chose, à quel moment ai-je vu le flingue… Dur à dire.
Je me suis retrouvé assise avec les mains en l’air comme les gars dans Top Chef qui doivent s’arrêter parce que TOP le chrono est fini, avec l’idée en tête qu’ils voulaient la caisse. Les détails sont flous.

Je suis très raisonnable, dans ces cas-là.
Enfin je dis « Je suis très raisonnable dans ces cas-là » comme si ça m’arrivait tous les quatre matins…
Non. Je me suis toujours dit « Si ça m’arrivait, je serais raisonnable, je donnerais tout sans broncher tant que nous pouvons rentrer moi et mon vagin en bonne santé à la maison. » Genre « Oh, et je peux vous signer un chèque si vous voulez ? Et attendez, j’ai une jolie montre au fond de mon sac, bougez pas… »
Je ne l’avais jamais mis à l’épreuve avant ce soir.

Bin figurez-vous que j’ai été super raisonnable.
Hyper stoïque, même. D’un calme olympien qui m’étonne encore à l’heure où je tape ces mots.
Comprenons-nous bien. Pas « Je fais style genre je suis calme alors que j’ai envie de me chier dessus à l’intérieur. » En vrai, hyper calme, rien dans le ventre ; que de la tranquillité. Passées les premières secondes d’hébétude où on réalise que c’est vraiment en train d’arriver.
Super calme.

Ils ont demandé la caisse, j’y ai donné la caisse.
Ils ont demandé ma carte bleue, j’y ai donné ma carte bleue. La perso, celle où j’ai moins de sous dessus que la pro (maligne comme un singe que je suis). Même pas essayé de refiler la périmée que je gardais dans mon portefeuille au cas où.
Ils ont demandé le code, j’y ai donné le code. Le vrai, sans broncher.

Monsieur n°1 (celui avec la lacrymo) est parti avec ma carte.
Monsieur n°2 (celui avec le flingue) est resté avec mon patient et moi.
Il a pris les sous de mon patient. Pas son chéquier, pas sa carte bleue qui étaient pourtant en évidence. J’ai réprimé l’envie de dire « Hey maiheu mais pourquoi vous prenez ma carte et pas la sienne ? C’est pas juste ! » : je suis carrément un super médecin.
Monsieur n°2 essayait de garder son calme, et je ne dis pas ça pour me balancer des fleurs mais il y arrivait beaucoup moins bien que moi.
Il a dit une fois ou deux que si on bougeait « il nous trouait ».
J’avais bien vu (ou cru voir ?) entre temps que son flingue était en plastique que même mon neveu de 4 ans il en aurait voulu un plus crédible.
Figurez-vous que j’ai quand même pas tenté le coup de « Tu bluffes Martoni ».

Il a demandé « Il est pas là le médecin de d’habitude ? »
J’ai dit que bah non, pas de bol, aujourd’hui c’était moi. J’ai ajouté « C’est mon jour de chance » dans un élan de bêtise.
Il s’est tourné vers mon patient, il a dit cette phrase, la seule que je regrette, la seule que je voudrais changer si une fée sortait ce soir d’un buisson en me disant que j’ai le droit de changer un seul truc à ma soirée de ce soir, il a dit à mon patient : « Et toi, on t’a jamais dit qu’il faut jamais aller chez le médecin après 18h ? »
Genre mais c’est bien connu, passé 18h on peut se faire braquer dans tous les cabinets médicaux de France et de Navarre. Merci pour la phrase, les gars, ça va me permettre de retourner bosser sereinement les prochaines semaines…
Là, j’ai dit le deuxième truc que je changerais si la fée patati-patata… ,  j’ai dit  : « Et moi je fais quoi ? Je change de métier ? »
Il a dit « Ouais. »
J’ai dit « Ok. » (c’était fini, les élans de bravoure)

Il a essayé de nous attacher les mains avec les espèces de trucs en plastique flexibles avec un cran d’arrêt qu’on fixe à l’endroit où on veut.
Juy ai dit que c’était ridicule, qu’il voyait bien qu’on était super sages et qu’on faisait tout ce qu’il voulait.
Il a quand même essayé de lier les poignets de mon patient.
Il tremblait un peu, et il a pas réussi. Il a clipsé le truc-qui-clipse beaucoup trop tôt, ça faisait une espèce de rond ridicule de 20 cm de diamètre qui pouvait pas lier les poignets de qui que ce soit. Il a dit « J’y arrive pas », avec son flingue en plastique.
On pourrait croire que ça aurait été le bon moment pour réagir un peu, ou pour planquer mon Iphone, mais nan, je suis restée bien sagement sur ma chaise avec les mains bien à plat sur le bureau.

Il m’a demandé « éhé ». J’ai dit « quoi ?? » . Il a répété « éhé !! » J’ai dit « Heuuu vous voulez que je sorte les pieds de sous le bureau ?? Heu, ok. » et j’ai sorti les pieds de sous le bureau.
Il a dit « NON ! LÉHÉS ! Pour fermer le bureau, là, pour fermer la porte. »
Je lui ai donné les clés. Il a dit qu’il partirait, qu’il fermerait et qu’il laisserait les clés dehors et que je pourrai les récupérer après.
J’ai demandé comment je pouvais récupérer les clés si il m’enfermait à l’intérieur, il a eu l’air de réfléchir à la question.

Monsieur n°1 tardait à revenir. N°2 m’a dit que j’avais intérêt à avoir donné le bon code. Je me suis bénie intérieurement d’avoir donné le bon code.
Il m’a répété que j’avais intérêt à avoir donné le bon code, sinon « il nous trouait tous ».
J’ai dit que j’avais donné le bon code, que peut-être il essayait de tirer plus que ce qu’il y avait sur mon compte, que dans ces cas-là forcément, mais que j’avais donné le bon code.
Il m’a demandé de le noter sur papier.
Je l’ai noté sur un papier.

Monsieur n°1 est revenu. M2 lui a demandé combien il avait eu, M1 a dit « Ça va, ça va, assez » (merci à ma banque et à son autorisation de découvert)
M2 a posé ma CB sur le bureau (heu, merci tout court)
Ils ont redit quelques menaces que j’ai oubliées (merci à mon cerveau et à sa mémoire sélective)
Ils allaient partir. M2 a vu mon Iphone que c*nne-comme-je-suis je n’avais pas planqué et l’a empoigné.
J’ai supplié. J’ai dit que non, vraiment, non,  mon IPhone c’était pas possible. Que j’avais des trucs trop importants dedans, des trucs professionnels, des trucs dont j’avais besoin.
Il a dit « Tu le veux pour la puce ? » et moi, dans mes neurones qui ne savaient plus ce qu’il y avait dans la puce et ce qu’il y avait dans la mémoire-même du téléphone, j’ai dit « Heuuu je veux pour ce qu’il y a dedans »

Alors il l’a jeté par terre. L’est tout fracassé, mon Iphone. Je vous ferais bien une photo si j’avais mon Iphone pour prendre la photo de mon Iphone, mais vous m’accorderez que c’est compliqué.
Je sais pas. Les flics plus tard ont pas compris. Quitte à le casser, autant le prendre, ils disaient. Et moi j’avais dit « Merci » pendant qu’ils fracassaient mon Iphone par terre.
Voilà,  mes braqueurs, avec leur flingue en plastique, avec leurs tremblements, avec leur « je te rends ta CB et j’essaie de te rendre tes clés », je crois que c’était pas des méchants-qui-ont-bourlingué. C’était des nouveaux-méchants-on-est-un-peu-perdus-mais-on-essaie-fort.
C’était « Ok, tu m’as attendri avec ton besoin viscéral de ton Iphone, mais je vais le casser QUAND MÊME pour que tu voies bien que c’est moi le chef. »
Ok, ça me va.

Ils sont partis.
J’ai éclaté en sanglots, devant mon patient un peu surpris visiblement de la fracture entre mon stoïcisme précédent et les hululements actuels. Jui ai dit que c’était pas grave, que j’étais une fille, que les filles ça pleure, que ça allait.
Il m’a tendu la main. Je l’ai prise.
Là, et put**n je me demande ce qu’il y a dans mon cerveau mal-foutu, là, j’avais une idée en tête : finir ma consultation.
J’ai dit qu’on allait finir, qu’on allait appeler la police, qu’on allait appeler le Dr Carotte.
Et puis on a attendu. Parce qu’on ne savait pas trop bien quoi faire d’autre.
Pendant qu’on a attendu, et put**n je me demande ce qu’il y a dans mon cerveau mal-foutu, j’ai twitté : « Salut, je viens de me faire braquer, bisous ! ».
On a attendu, on dit quelques phrases inutiles, on a gardé la bouche ouverte et le silence un moment.
Pis j’ai dit « Non mais en fait non, je suis vraiment désolée, mais on va pas finir la consult’, là, je vais pas y arriver. Visiblement y a pas d’urgence, vu ce que vous m’avez dit, vous reviendrez à l’occasion mais là je vais pas pouvoir. »

J’ai appelé le Dr Carotte, j’ai appelé le Dr Cerise pour lui dire que je pourrai sans doute pas aller bosser demain, j’ai pris le numéro de téléphone de mon patient, mon patient est parti par la fenêtre, je me suis sentie désolée pour cette consultation qui n’allait probablement pas contribuer à améliorer ses angoisses, j’ai appelé les flics.

Les flics sont arrivés. Ils sont entrés par la fenêtre. Je vous passe le moment d’incertitude entre quand ça a frappé à la fenêtre et quand j’ai entendu « Madame ! Police ! » .
J’ai ouvert la fenêtre et ma bouche a dit « Oh ça va oh c’est vraiment la police » .
J’ai repleuré un coup, en disant pardon, pardon, ça va passer.

Après comme dans les films, on a pris des photos, on m’a demandé 15 fois de répéter 15 fois la même chose, on a pris mes empreintes.
J’ai demandé si du coup je ne pouvais plus tuer quelqu’un rapport qu’ils avaient mes empreintes, ils ont dit que non, ce serait détruit après l’enquête. Une petite folle hystérique attardée au fond de moi a été déçue.
Pendant ce temps, j’ai appelé ma sœur, j’ai appelé ma mère, j’ai appelé mon meilleur ami, j’ai appelé ma banque, j’ai eu 150 messages de soutien sur Twitter.
Demain, je dois aller au commissariat pour re-porter plainte.

Mon ventre va bien.
Ma tête se demande si mon ventre ira bien la semaine prochaine à 18h.
Ma tête craint qu’il n’y ait pas beaucoup de messages rationnels pour la rassurer. Non, ce n’est pas un hasard ; non, ça ne peut pas forcément ne plus arriver ; oui, le message « Y a un Docteur hyper docile qui donne son n° de CB, et puis jolie avec des bottes toute seule à partir de 19h » peut circuler.

On va voir.
En attendant, j’ai des choses à faire, des parents à rassurer, et à m’occuper de moi.
Même s’ils avaient un flingue en plastique et qu’ils étaient pas fichus d’attacher des poignets correctement."

lien envoyé par un ami médecin
un retex pleins d'infos intéressantes

source : http://www.jaddo.fr/
Juste après dresseuse d'ours
Les histoires d'une jeune généraliste, brutes et non romancées. Sinon c'est pas rigolo.
« Modifié: 24 mars 2011 à 20:03:03 par kanarwc »

23 mars 2011 à 19:39:37
Réponse #1

JimWest


Le style est rigolo à lire.

Premier truc qui me passe par la tête, c'est que c'est pas du tout les moins professionnels les moins dangereux...
C'est comment déjà le dicton ?

Citer
Les professionnels on sait comment ça va réagir. Le monde est rempli d'amateurs...

Psychologiquement, c'est pas en tapant sur twitter juste après le prob, ça sera ds quelques jours...

23 mars 2011 à 20:03:52
Réponse #2

Loriot


Bon moi je te souhaite plein de bonne chose... Une agression c'est jamais évident a gérer.
 en parler c'est bien... Et c'est le plus important (tu doits le savoir, mais ça ne rend pas les actes subits plus faciles a encaisser)
Alors courage.
Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

23 mars 2011 à 22:33:42
Réponse #3

soldmac


C'est très bien écrit! C'est rare quand j'arrive à la fin d'un pavé comme ca ;)

Il y a qu'une chose qui m'interpelle, c'est que tu ouvre la porte comme ca à n'importe qui! Il n'y a pas un microphone, une caméra? Si j'avais été dans ta situation, j'aurais essayé de conserver le calme olympien dont tu as fait preuve, je pense que c'est la meilleure chose à faire, l'argent ne vaut pas la peine de risquer sa vie.

Je te souhaite un bon rétablissement et tu fais preuve de beaucoup de philosophie  ;)

23 mars 2011 à 23:18:11
Réponse #4

kanarwc


C'est très bien écrit! C'est rare quand j'arrive à la fin d'un pavé comme ca ;)

Il y a qu'une chose qui m'interpelle, c'est que tu ouvre la porte comme ca à n'importe qui! Il n'y a pas un microphone, une caméra? Si j'avais été dans ta situation, j'aurais essayé de conserver le calme olympien dont tu as fait preuve, je pense que c'est la meilleure chose à faire, l'argent ne vaut pas la peine de risquer sa vie.

Je te souhaite un bon rétablissement et tu fais preuve de beaucoup de philosophie  ;)

C'est un retex très intéressant que je souhaitais vous faire partager.

Mais attention au quiproquo  :(

Ce texte n'est pas de moi : le lien m'a été donné par un ami médecin, et qui en cogite encore  :up:


24 mars 2011 à 09:04:01
Réponse #5

Aerazur


Mais attention au quiproquo  :(

Ce texte n'est pas de moi : le lien m'a été donné par un ami médecin, et qui en cogite encore  :up:



Justement, je trouve ce quiproquo hyper interressant. J'ai moi même commencé la lecture en comprenant que tu rapportais des propos. Lorsque j'ai fini, j'étais moi aussi dans le même flou. Ce texte est vivant, extrêmement vivant. Raconté au présent, avec un vocabulaire simple, correct sans etre une seule seconde grandiloquent. Ce texte, c'est le début d'une thérapie.

Merci de nous l'avoir donné à partager...

24 mars 2011 à 09:10:24
Réponse #6

zapi


C'est étonnant mais en lisant les commentaires des médecins sur le blog en question, on comprend qu'ils sont extremement démunis face a l'agression : il y a de grosses lacunes au niveau prévention, pourtant ils sont conscients que "ça leur pend au nez". Un tout nouveau public a conquérir

24 mars 2011 à 09:24:52
Réponse #7

Patrick


Tout ce qu'il ne faut pas faire, Pavlovien comme elle dit, mais la conscience est sensée remédié à ces réflexes. Quand tu ouvres à deux cagoulés, tu ne peux plus qu'espérer qu'ils n'auront pas envie en plus de "jouer".

Les malfrats on encore un beau règne devant eux.

31 mars 2011 à 09:38:10
Réponse #8

Arctos


Je suis vraiment désolé pour c médecin (en plus apparemment médecin pour la tête :huh:).
Mais sinon je suis un peu surpris, jeune naîf que je suis, je ne savais pas que les médecins ce faisaient braqués! :o
Dans la vie il y a trois catégories de personnes : ceux qui savent compter et les autres...

31 mars 2011 à 10:28:12
Réponse #9

ulysse


Tout ce qu'il ne faut pas faire, Pavlovien comme elle dit, mais la conscience est sensée remédié à ces réflexes. Quand tu ouvres à deux cagoulés, tu ne peux plus qu'espérer qu'ils n'auront pas envie en plus de "jouer".

Les malfrats on encore un beau règne devant eux.
Je trouve ton jugement un peu sec. C'est comme ça que ça se passe dans la plupart des cabinets. Le patient sonne, le medecin ou la secretaire ouvre. Ce genre d'experience etayé par ce genre d'article (libé hier : http://www.liberation.fr/societe/01012328768-des-medecins-plus-souvent-agresses) nous montrent que c'est un sujet qui prend de l'importance.

31 mars 2011 à 10:34:29
Réponse #10

Patrick


Je trouve ton jugement un peu sec. C'est comme ça que ça se passe dans la plupart des cabinets. Le patient sonne, le medecin ou la secretaire ouvre. Ce genre d'experience etayé par ce genre d'article (libé hier : http://www.liberation.fr/societe/01012328768-des-medecins-plus-souvent-agresses) nous montrent que c'est un sujet qui prend de l'importance.
Très après l'horaire et alors qu'elle ne devrait plus recevoir, le minimum est que la porte soit fermée et qu'un judas soit disposé afin de voir qui demande à rentrer.

Tu ne crois pas ?

Désolé de paraître sec mais je suis de ceux qui pensent que notre sécurité dépend avant tout de nous.

31 mars 2011 à 10:55:46
Réponse #11

guy


Désolé de paraître sec mais je suis de ceux qui pensent que notre sécurité dépend avant tout de nous.
Pareillement.
A ce sujet, ils avaient montré un reportage sur ce sujet au JT il y a plusieurs mois... Parfois ce sont aussi des junckies qui viennent obtenir une ordonnance forcée ou des trucs pour les calmer un peu.

Un verrou magnetique, une caméra pour la porte ( et les fenetres), ainsi qu'une grille devraient pouvoir renforcer le dispositif de sécurité. Après, la manière dont on réagirait ( ou penserait réagir) dépend de beaucoups de gens... pour ma part je préfère ne pas m'avancer sur ce sujet...  ;)
Toornaarsuk!

31 mars 2011 à 12:03:46
Réponse #12

Lolo94


Ça sonne à l’interphone.
Je n’attends plus de patients, je suis sur rendez-vous, mais j’ouvre. Peut-être quelqu’un qui ne sait pas que je suis sur rendez-vous. Peut-être quelqu’un que je viens de voir et qui  me ramène l’ordonnance (Vous avez oublié de mettre « pour 3 mois » Docteur…), ou peut-être une urgence, comme la semaine dernière.
Enfin j’ouvre, quoi. Ça sonne, j’appuie sur le bouton qui ouvre. C’est Pavlovien.

Un interphone ça sert à donner son  nom. C'est déjà un début, si on s'en sert.
Mon généraliste a un interphone: on sonne, il dit bonjour, ou "oui?", on dit son nom, il ouvre. Au lieu d'ouvrir tout de suite. Si nécessaire il va à la porte du cabinet qui a un judas. Ca lui fait bien perdre 5 secondes par consultation...
Il faut dire qu'il garde les patients en consultation plus de 30 minutes, et qu'il connait leur nom.   :)

Ca me fait penser à ma mère, qui peut pas s'empêcher de répondre des trucs du genre "c'est toi Lolo?" quand on sonne... Y'a du boulôt.

31 mars 2011 à 13:55:48
Réponse #13

zapi



Mon épouse et moi meme sommes vétérinaires, jamais été braqués, avec des déplacements réguliers a des heures tardives, et des clients qui viennent parfois tard le soir a l'improviste. La chance évidemment, ( et un gros chien qui aboie fort ) mais nos habitudes changent. Par contre les pharmaciens sont beaucoup plus avertis ( sas d'entrée,..).
Les médecins ( et une partie du public ) croient que le fait d'etre dévoué et de travailler pour les gens constituent une "protection", il existe un marché pour des associations qui s'occupent de self protection mais il faudrait contacter un syndicat de medecins ou une association d'étudiant.
pour que justement quand "ça sonne a l'interphone" tard le soir le réflexe acquis d'ouvrir automatiquement ne soit plus la.

31 mars 2011 à 22:11:32
Réponse #14

kanarwc


Les médecins ( et une partie du public ) croient que le fait d'etre dévoué et de travailler pour les gens constituent une "protection"
:doubleup:

c'est effectivement une des clés pour la SP !
en plus d'une empathie intrinsèque au métier, il y a un vrai problème de perception du risque...

Le 22 janvier dernier, à Drancy (Seine-Saint-Denis), un patient se présente au cabinet médical où exerce le docteur Mezouane. A peine assis, il déballe... une hache. Le médecin, psychiatre, réussit à calmer son agresseur, avant d’appeler à l’aide.
Une situation inédite : "quand on est aux urgences, à l’hôpital, on se fait insulter. L’agitation, la violence, dans ces circonstances, on connaît. Mais dans un cabinet, on est dans l’empathie, le respect : on ne s’attend pas à ce genre de choses... Quelqu’un que vous n’avez jamais vu, qui sort une hache..."

source : http://www.france-info.com/france-societe-2010-03-31-exclusif-la-violence-contre-les-medecins-augmente-424115-9-12.html

pas mal de mesures ont l'air d'être prises : formation de sensibilisation avec la Police et la Gendarmerie, géolocalisation des médecins de garde la nuit, numéro d'appel spécial vers la Police, traitement accéléré des plaintes, etc...
Il existe même un livret de conseils sécu :
http://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/livretdesecuritealusagedesmedecins2_0.pdf

Comme toujours en matière de SP, il y a beaucoup d'outils à disposition, mais il y a surtout un gros travail de modification de la perception à faire...


 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

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