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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Quelques mots sur l'auto stop  (Lu 26177 fois)

12 novembre 2007 à 20:53:32
Réponse #25

DavidManise


Oui oui, c'est bien comme ça que je l'avais compris aussi, Sharky.  No blême.

Oui, le monde à besoin de plus de distributeurs de baffes au grand coeur, comme toi.  :love:

:lol:

C'est vrai que niveau baffes j'ai toujours été relativement généreux.  Enfin t'as été videur, tu sais ce que c'est ;D

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

12 novembre 2007 à 21:18:26
Réponse #26

triptop


Super de vous lire je suis fan  :love:

Il n'y a pas de juste milieu ou de regles generales, il faut savoir evaluer les risques comme vous dites.

En France, j'en ai toujours pris "a la gueule du client" (dans le grand ouest)

Pour la region la plus crainduboudain de France... La guyane... meme une panne de voiture avec un mec qui fait des grands signes, je ne m'arrete pas et previens qui de droit avec le portable si il passe. Comme c'est aussi la qu'il y a le plus de cartons, je m'arrete quand il s'agit clairement d'un accident avec victimes.

Au Mozambique, pendant la guerre civile, ben semblerait que fallait pas s'arreter quoi qu'il arrive. La consigne etait d'avoir un chauffeur du coin pour eviter le rouge sur les mains de l'ONG si quelqu'un passait sous les roues. Ouai c'est pas rose.

Depend du contexte quoi. La compassion n'a pas la meme valeur partout ou disons que la compassion s'arrete quand la mort approche.

Au UK je n'en ai jamais vu, semble meme que ce soit formellement interdit ! venez vivre dans un etat securitaire  ;) juste pour voir  ;D

Desole pour les accents, ils reviennent bientot, promis  :glare:
"Honi soit qui mal y pense !"

12 novembre 2007 à 21:21:36
Réponse #27

bloodyfrog


Citer
C'est le retour à la justice par soi même. Ta description correspond à une chasse à l'homme. Encore une chance qu'il ne soit pas mort.
Bel exemple.

Arff!
Rad, faut te poser gars, t'as l'air d'avoir trop joué à Max Payne... ::)

Nem rod m'a paru tout ce qu'il y a de plus responsable dans ces interventions jusqu'ici...
Tu serais pas de ceux qui pendent avant de poser des questions? :glare:

Citer
J’en ai gardé un excellent souvenir, notamment de par les rencontres. Sans doute était-ce dû aussi, en partie à l’uniforme.

Nemrod... T'as oublié l'argument principal... J'ai toujours envié l'effet képi blanc sur les touristes allemandes... ;)

Manu.



12 novembre 2007 à 21:45:58
Réponse #28

bison solitaire


Je rejoins Patrick: là où je vis, je ne prends pas d'autostopper, sauf...
Lors des dernières grèves il y a quelques semaines, coup de fil de madame pour aller la chercher à la sortie du métro (elle avait réussi en avoir un), elle me demande si on peut rapprocher quelqu'un, je commence à faire la gueule parce fallait voir les bouchons, bref, placement de la petite dans son siège auto, en 5 minutes je suis au métro... Et là je vois que le quelqu'un c'est un aveugle!!
Qu'est ce que vous voulez dire dans ce cas là à part "bonjour, moi c'est Eric, on vous emmènent où?". Du coup on l'a posé en bas de chez lui...

13 novembre 2007 à 11:34:17
Réponse #29

kurodo


Perso non plus, je ne prends pas d'inconnus, ni d'inconnues  :'(. (Pourtant j'ai déjà fantasmé sur l'autostoppeuse mais ma douce est là pour ça  :love:)

Et je ne fais pas non plus d'autostop.

Sauf bien sur si, dans les 2 cas, ce sont des gens que je connais. Ok, c'est triste. Ok, c'est nul au point de vue solidarité. Mais en même temps question prudence l'autostop va un peu à l'encontre de pas mal de principes qu'on prône ici, non ?

Je monte dans une voiture dont je ne connais absolument pas l'état (éventuellement un cercueil roulant), avec un type dont je ne connais absolument pas l'état ... faut être bien prêt, quoi. Alors ok pour David, gabarit de Grizzli apparemment, qui quand il s'assoit dans ta caisse tu dois te mettre à la portière en trapèze pour pas verser, et qui connait quand même bien des trucs de self ...

mais moi: le machin gabarit moyen, taille moyenne, expérience au combat réel proche de zéro ...

Et vos bien-aimées ? C'est feu vert pour le stop ?

Et vos enfants ? Ils peuvent aussi faire du stop ?

Je sais, on ne peut pas les empêcher de vivre. Pfff, pour moi c'est la phrase nulle qui laisse la place à tout et n'importe quoi. Parce que,entre les cloîtrer et être inconscient, il y a de la marge de manoeuvre.

Je sais aussi, on ne doit pas transmettre ses peurs à ses enfants. Mais on se doit aussi d'être réaliste et les informer, les dangers existent. On ne peux pas non plus leur faire croire que tout est rose.

Alors le stop, non. Dommage d'être méfiant comme ça envers autrui, mais il y a des sacrés "autruis" qui trainent ... même "par chez nous !"

Kurodo

13 novembre 2007 à 16:32:08
Réponse #30

ipphy



Et vos bien-aimées ? C'est feu vert pour le stop ?

Et vos enfants ? Ils peuvent aussi faire du stop ?



Mes parents, génération post 68, 4l,deep purple, faisaient du stop.
Par contre, ils m'ont toujours déconseillé d'en faire. J'ai écouté leur avis, et je me suis toujours débrouillé autrement  ;)
EDIT (j'ai posté un peu trop vite): Il n'empêche que l'argumentaire de Karto est convaincant  :up:

Avecdote: Un ami à mes parents à un jour pris en auto stop une jeune femme. Ils allaient dans la même direction mais lui s'arrêtait avant. La fille monte, ils roulent, au moment de descendre la fille refuse et lui dit " si vous ne m'emmenez pas là où je veux, je dépose plainte pour viol"...Ben là le mec il l'a déposé là ou elle voulait (20km + loin). Dans ce genre de cas, je pense qu'il a eu la bonne réaction.

« Modifié: 13 novembre 2007 à 17:13:12 par ipphy »

13 novembre 2007 à 16:59:19
Réponse #31

Gofannon


Merci pour tous ces conseils pleins de bon sens et d'expérience.   :up:
Je vais l'imprimer et le distribuer aux membres de ma famille :) . Notament à ma soeur qui commence à envisager l'auto-stop. (16ans)
''Ce n'est pas la façon dont la lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.'' Yvan Andouart
''Le couteau a beau être tranchant, il ne peut tailler son manche.'' Mahmud de Kachgar

13 novembre 2007 à 17:02:09
Réponse #32

kartoffel


Je pense que ces choix là tiennent à la philosophie de vie. J'ai pas l'ambition de changer la position de Patrick, Bison ou Kurodo, et ils n'ont aucune chance de changer la mienne.
Ma position c'est simplement que si prolonger la vie rime avec prolonger l'ennui, ça perd son intérêt.

Bon afin de tasser un peu tout ça, laissez moi donc raconter la petite anecdote dont j'ai parlé. Mais je veux aussi entendre celle des 48 heures de Gaspé-Québec ! :) Je sens qu'elle risque d'être marrante !
Je vous préviens mon histoire va une fois de plus faire hurler tous ceux qui pensent que le stop est trop incompatible avec la sécurité des personnes.

Il y a trois ans, par un beau jour de vacances d'été, j'étais en train de faire le trajet Valence-Grasse par la route directe à travers les Alpes du sud, la route Napoléon, pour aller voir ma copine qui était en stage à Grasse.
Je levais mon pouce sur une grande route nationale un peu au sud de Sisteron. S'arrête un minibus Bedford, complètement rouillé des essieux jusqu'à la galerie, avec une immatriculation italienne. Dedans, deux mecs tout barbus son assis sur la banquette avant, une fille et un chien de la race des bâtards sont installés en vrac à l'arrière dans la zone habitable. On réalise vite qu'on n'a aucune langue en commun, mais je comprends qu'ils passent par Grasse pour rentrer en Italie (itinéraire logique) et ils me conviennent, alors je monte derrière avec la fille et le chien, tout près des deux mecs pour pouvoir causer avec eux malgré le bruit de la machine infernale qui redémarre.

Malgré les difficultés linguistique on arrive à se comprendre un peu à force de baragouin. On roule tout doucement, jamais plus de 50 à l'heure, le Bedford n'arrive pas bien à aller plus vite surtout dans les côtes. Ils m'expliquent qu'ils redescendent d'Amsterdam, où ils ont fait le plein de toutes sortes de substances amusantes qui sont un peu moins illégales là bas. Le mec de droite sort d'ailleurs un joint déjà roulé aussi gros qu'une b!te trompe d'éléphant et se l'allume, se fait plaisir avec puis le passe au conducteur  ::) Bon le conducteur est "raisonnable" et ne tire qu'une petite latte histoire de mieux voir la route et le repasse à son copain. Ils m'en proposent, mais je décline poliment et observe la conduite du mec  ::) Bon ca va, à 40 à l'heure il gère encore.

La fille porte une jupe bien trop large pour elle, qui ne tient pas du tout. Dès qu'elle se lève elle doit la tenir avec une main, et je constate bien malgré moi qu'elle n'a pas de culotte. D'ailleurs quand elle s'installe elle se met volontier en tailleur, faisant preuve d'une grande liberté avec les canons de la pudeur :) Bon ça nous empêche pas de discuter quand même de la pluie et du beau temps...

On arrive bon gré mal gré à faire Sisteron-Digne d'une seule traite. Passé Digne on attaque les choses un peu plus sérieuses, ça monte dur et le Bedford en chie. D'un coup sans prévenir le conducteur se range sur une petite aire de demi-tour et me fait comprendre que c'est l'heure de la sieste.
Pendant la sieste, la fille sort d'un sac plastique des objets noirs que je n'identifie pas et les étale au soleil sur un film en plastique. Chacun de nous se pose dans son coin et pionce un peu. Le chien se ballade, puis il arrive vers moi, renifle les objets noirs qui sont à côté de moi et en bouffe un. Il s'apprête à s'en servir un deuxième quand la fille arrive et le dégage de là. Elle m'explique alors que ce sont des morceaux de champignons hallucinogènes achetés à Amsterdam, et que c'est pas bon pour les chiens.

Après une bonne grosse sieste, on reprend la route. L'ambiance dans le minibus est toujours aussi relax. Je regarde le chien du coin de l'oeil pour constater les effets du champignon, mais le cabot se contente de s'allonger sur le canapé à côté de la fille et de poser sa truffe les genoux de la demoiselle.

On se traîne et on se traîne, puis on refait une pause : c'est l'heure des spaghettis. Les gars nous préparent une ENORME plâtrée de spaghettis à la sauce tomate, qu'on prendra bien notre temps pour engloutir complètement. Sieste digestive, puis on repart.

On passe Castellane et on aborde la partie la plus déserte de la route Napoléon.
Le minibus se traîne toujours autant et en plus il chauffe. On multiplie les pauses pour laisser refroidir un peu le moteur. Lors d'une de ces pauses qui s'éternise, le conducteur s'allume un gros joint. Je lui dis que si on ouvre le capot le moteur refroidira plus vite ; aussitôt dit aussitôt fait, sauf que... le mec, un peu allumé par la fumette, tripote du bout du doigt son bouchon de radiateur en rigolant. Le vieux bouchon quart de tour tient mal et après deux ou trois pichenettes il saute, laissant s'échapper un vrai petit geyser d'eau bouillante sous le regard amusé de mon chauffeur. Cool, on est là avec un radiateur vide ou presque, et le peu de gens qui passent sur la route sont des touristes apeurés. En plus vous nous imaginez là, au bord d'une route en plein cagnard, avec un minibus rouillé sur le bas-côté, deux chevelus qui rigolent, une fille qui divague en tenant sa jupe et un chien qui titube derrière. Genre "Las Vegas Parano" mais en pire. Peu de gens ralentissent pour nous, et ceux qui le font ne s'arrêtent pas et se contentent de passer au pas avec une fenêtre légèrement entrouverte. Bon gré mal gré on arrive quand même à grapiller un demi litre d'eau par ci et par là, et finalement la récolte est assez grosse pour complètement remplir le radiateur.

Fin sans histoire, mes gentils hippies paumés de la vie me déposent à Grasse, et je dis au revoir à mon meilleur souvenir d'autostop. On aura quand même mis plus de sept heures pour aller de Sisteron à Grasse, alors que le trajet normal dure moins de trois heures, pause comprise.

13 novembre 2007 à 17:17:12
Réponse #33

ipphy


Tu peux aussi dire que quitte à être accusé pour rien, tu peux le faire pour de bon, avec le regard idoine. Il y a fort à parier que la demoiselle choisisra de descendre. Il faut quand même rappeler qu'une accusation de viol s'assortira toujours d'éléments matériels autres que le seul témoignage : traces d'ADN, micro traumatismes, traces de lutte, etc...

Le viol étant un crime tellement odieux, j'ai du mal à admettre que quelqu'un puisse s'en servir comme moyen de pression.


Ouais c'est vrai, mais c'était à la Réunion.  C'est une petite ile, le mec était métro, pas la fille, bref...je pense qu'à ce moment là il a choisi sa solution à lui  ;)
« Modifié: 13 novembre 2007 à 17:34:10 par ipphy »

13 novembre 2007 à 19:47:09
Réponse #34

emmuel


Je fais du stop quand j'ai l'impression que mon apparence ne nuit pas à ma dignité d'être humain… J'ai toujours un peu honte de pourrir la voiture de gens donc je m'abstient si ça peut le faire.

Si la tête du mec ne me revient pas, si ce qu'il dit ne me plaît pas, je descend.`
Si il roule trop vite je lui dit et lui explique que je vais être un boulet pour lui car j n'aime pas la vitesse et je descend.
Je propose d'offrir un café au conducteur régulièrement. Comme ça il s'arrête il fait une pause et je participe.
S'organiser dans son trajet. Le stop de nuit ça marche pas des masses…  ::)
(typiquement, si on veux se faire prendre en stop en revenant de rando…)

Le stop à l'arrêt marche bien. Devant les gares les péages les ponts les campings…
Ca permet de mieux choisir le conducteur.
Dans ce cas là, j'essaie de monter avec des filles.  ;D

Le stop c'est aussi un super moyen de choisir un voyage, une destination. Ne pas hésiter à être prêt à changer ses plans sur un bon feeling, c'est vraiment une super expérience
Pour info , l'avant-dernière fois dernière fois que j'ai fait du stop, j'étais un peu déprimé, je me tâtais à rentrer chez moi. Je suis monté dans la voiture avec deux allemandes, ça m'a emmené à 1000 bornes On est restés ensemble pendant 5 jours… Elle est pas belle la vie ?

Ah ouais, et Combs-la-ville c'est très bien. C'est "la ville qui se sait se dépasser".  ;D
Nan mais oh… Comment ki parle du sept sept lui…

13 novembre 2007 à 22:18:13
Réponse #35

jilucorg


J'ai fait pas mal de stop à deux en mixte dans une vie antérieure ; un des trucs qu'on avait comme règle, c'était que je monte systématiquement en premier dans la voiture, et qu'elle descende en premier à l'arrivée : une fois, en Italie du sud bien désertique, dans un coin où on voyait plus d'ânes squelettiques cuisant au soleil, de chiens comateux aplatis à l'ombre d'un olivier, que de voitures ou même simplement d'êtres humains, une Fiat presque normale s'était arrêtée, le gars sympa blablabla Francia magniiifica etc. : fin de la galère, le pied. Au moment où ma compagnonne toute gaitte venait juste de s'installer sur la banquette arrière, il a démarré un petit coup vroum-vroum la portière arrière encore ouverte, pour s'arrêter dix mètres plus loin en rigolant et en me faisant ciao-ciao de la main, à moi qui étais resté sur le bord de la route au milieu de nulle part les bras ballants : bon pédago le type, on a bien compris le message !
Ensuite, pendant notre lift, au cours de la converse (tout en nous menant au bord de la fibrillation à coups de mini-cafés surdistillés offerts de façon obligatoire à plusieurs reprises dans des échoppes au bord de la route) il nous avait conseillé aussi de nous débrouiller pour que le conducteur ne se retrouve jamais seul dans sa voiture avec nos sacs à dos déjà dans le coffre : feindre qu'on n'arrivait pas tout seuls à l'ouvrir pour faire venir le conducteur  ;)

jl.

13 novembre 2007 à 22:23:41
Réponse #36

triptop


continuez continuez on adore  ;D Merci Kartoffel ( toujours vivant le chien ? tu es peut être papa en Italie non ? ) , Emmuel et Jilucorg
Encore encore, voici plein de trucs plus qu'utiles !!
« Modifié: 13 novembre 2007 à 22:30:40 par triptop »
"Honi soit qui mal y pense !"

13 novembre 2007 à 23:01:47
Réponse #37

modl


J'ai peu fait de stop, mais un jour que je descendais sur Bordeaux, j'ai du pratiquer vers Barbezieux. S'arrête une voiture en 51, le conducteur me regarde, me demande si j'ai le permis et si je connais Bordeaux. Oui à tout, et là, il passe sur le fauteuil passager !!! J'ai conduit sa voiture pendant qu'il pionçait !!! Quand il a fait surface, il m'a dit être représentant en je ne sais plus quoi, et qu'il roulait depuis trop longtemps... Comme quoi.
Autrement, un jour de neige à Bordeaux (panique compléte des voitures là-bas), à la sortie de la fac, j'ai été pris d'assaut (si, si...) par 4 jeunes filles accortes qui n'en voulaient qu'à mon automobile... Un fantasme à deux balles l'espace d'une seconde.
Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière...

13 novembre 2007 à 23:02:26
Réponse #38

crotale


L'auto-stop a ses limites qu'il ne vaut mieux pas dépasser !
Rien n'est moins sûr que de prendre à son bord une personne dont on ignore tout. La prise de risque est importante. Aussi entrainé et apte à répondre à quelques éventualités d'agressions que ce soit, l'effet de surprise sera énorme si l'autostopeur décide de faire quelque chose...
Bon aprés, faut aussi relativiser... mais bon j'ai déjà vu des mecs qui venaient de comettre des délits et tenter de se barrer en faisant du stop avec un profil paisible au dessus de tous soupçons....De plus, en conduisant on ne peut pas trop rester en garde passive ;D (quoique des solutions existent) ni contrôler la main droite du passager qui fouille frénétiquement dans sa poche...

Par contre, offrir spontanément son aide à un passant en difficulté qui tente de progresser sous une pluie diluvienne ou à une personne qui semble dans le besoin (problème de motricité, malaise etc....), là pas de souci.

Mais je reste persuadé, et rejoins Patrick  en ce sens, que s'exposer en faisant de l'autostop peut s'avérer inconsidéré et dangereux. On ne sait pas à qui l'on à affaire, on entre de plein pied sur le territoire et dans l'intimité d'un parfait inconnu, avec toutes les surprises que cela peut réserver:down:



http://fredbouammache.blogspot.com/    "Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer !"

"Finir est souvent plus difficile que commencer". Jack Beauregard.

13 novembre 2007 à 23:20:07
Réponse #39

DavidManise


Excellente la route jusqu'à Grasse ;D

Surtout que grass, en anglais, ça veut dire gazon :lol:

Bon alors nos 48h pour faire Gaspésie Québec...

On était encore étudiants, Amandine et moi, et on était en vacances chez mes parents.  C'était l'heure de rentrer à la maison, mais comme on n'avait pas un radis on s'est dit "allez...  on se le fait en stop".  Sinon en bus c'était pas loin de 100$ chacun pour faire 9h de trajet non-stop ou presque...  bohf bohf.

Donc je regarde vite fait la météo...  on annonçait une énorme dépression qui arrivait en milieu de journée par l'est (nous on allait vers l'ouest).  Je me dis ouarf.  C'est bon, on va passer juste avant et ça va le faire.  Ce midi on sera déjà loin.

Donc on marche jusqu'à la route principale, et de là, sac au dos, on se fait prendre par un mec qui nous avance de 60km.  Ensuite, direct un autre qui nous avance de 40km de plus...  et là on est à l'entrée de la vallée de la Matapédia.  Un coin bien peaumé.  Sur le parking d'un garage.  Belle ligne droite...  il est 11h. 

Pas un chat. 

Pas un chat.

Pas un chat.

Une bagnole pleine.

Pas un chat.

Midi...

Midi et demi. 

Le ciel s'asombrit... 

13h...  il commence à pleuvoir un peu.  Eh m*rde... 

Un couple nous prend, dans une petite toyota.  Gueule d'enterrement tous les deux, habillés en noir...  ils venaient d'enterrer la mère du type.  Ils écoutaient du Brel en boucle.  Pas un mot.  Et en plus on a fait plus de 100km avec eux.  L'horreur...  ;D

Ils nous posent chai plus où, dans un petit bled de m*rde...  et bien entendu il pleut des CORDES.  Moi j'ai ma veste en gore-tex mais Amandine, elle, n'a qu'une polaire...  ca va pas le faire.  J'ai pas mon matos avec moi.  Tous les sacs poubelle que je trouve sont pleins, sales et malodorants.  Faire du stop comme ça, moyen... 

Amandine tient bon, mais elle commence a avoir froid...  j'essaie de raconter des blagues, mais bon.  Bof ;D

Il commence à faire nuit.  La pluie s'intensifie.  On compte nos sous...  On a environs 40$ à nous deux.  C'est la m*rde...  Pas de lumière, les voitures ne nous voient pas.  A chaque camion qui passe on frôle la mort, soit par percussion soit par noyade...  On décide d'abandonner le stop et de passer du côté gauche de la route jusqu'à ce qu'on soit visibles.  Et là, au loin, on voit des néons qui clignotent.  Un hotel miteux...  à 3-4km facile.  Il fait nuit noire.  Il tombe tellement d'eau que ça rebondit sur l'asphalte.  Les bagnoles roulent au pas.  On marche plus, on nage presque... 

On arrive à l'hotel.  On demande où on est.  PAs croyable, on a fait seulement 230km sur les 900.  Bon.  On n'arrivera pas ce soir... 

- c'est combien pour une chambre ? 

- 55$

- vous avez pas une petite chambre sale qui serait moins chère que ça ?

- euh...  oui, à 40$  chambre simple, mais bon si...

- on va réfléchir...

Entre temps le téléphone sonne.  On réserve la chambre à 55$, et là une moto arrive.  Un couple.  Trempés eux aussi.  Ils demandent une chambre.  Je cours vers la dame et je dis "on la prend !"...  et là la dame se retourne et dit aux motards "désolé, on est complets..."...

- ouf !

Bref on monte, on s'installe, on se réchauffe, on étend nos fringues (y compris ceux qui sont dans nos sacs) pour que ça sèche.  L'horreur ;D

Le lendemain matin, il pleuvait toujours autant.  On a trouvé, en fouillant au fond des poches et en récoltant toute notre monnaie, tout juste de quoi se payer UN petit dèj pour deux.  Et on est partis, à moitié secs et à moitié rassasiés...  sous la pluie. 

Et là...  on est restés collés au même endroit pendant des HEURES.  On voyait des grosses bagnoles VIDES passer.  On suppliait, on maudissait, on haissait...  mais on était tellement trempés que les gens ne voulaient pas nous prendre de peur qu'on sal*pe leur caisse. 

Quand on avait trop froid, on marchait. 

Quand on trouvait un bon spot, on s'arrêtait... 

Un mec nous a pris, il nous a avancé de 40km de plus, et là on a trouvé une grosse station service.  Le genre de gros truc comme on trouve seulement chez nous avec du café, des chiottes, de la bière, tout...  ça fait arrêt de bus/car, café, tout ça.  Un peu comme les aires d'autoroute quoi. 

Du coup on repère les lieux.  On se précipite sur le café gratuit...  et là je me dis "tant pis".  J'ai ma carte de crédit, au pire on sera à découvert pendant quelques jours, mais on va demander quand passe le prochain bus et puis basta.  Donc, cette décision prise, Amandine est contente (elle commence à en avoir VRAIMENT marre)...  elle va aux chiottes.  Pendant ce temps là je demande au mec à quelle heure passe le prochain bus pour Québec.

- bah euh...  Il regarde sa montre.  Maintenant. 

Je le grouille à sortir ma carte en gueulant "Amandiiiine"...  Je le laisse avec ma carte, je vais cogner à la porte des chiottes :

- Grouille, le bus arrive tout de suite !

Comme je dis ça, je vois le car qui arrive, qui ne voit personne qui l'attend dehors, et qui repart aussi sec.  Moi je cours derrière sous la pluie...  il s'arrête pas bien sûr...  et je rentre.  Essouflé.  J'ai bien dû sprinter 400m...  et re-sprinter 400m dans l'autre sens de rage.  Je reviens à la station. 

Amandine qui sort des chiottes et qui me fait "alors, t'as demandé à quelle heure le bus passe ?"...

GRRRRR...

Ça va que le mec a été cool, il m'a de suite remboursé les deux billets.  Ceci dit, il a bien vu que c'était pas le bon jour pour négocier avec moi.  De ce fait, comme il m'a remboursé en liquide, j'avais au moins un peu de fric sur moi, ce qui était plutôt rassurant. 

Donc on se paye un peu de bouffe, du coup, et on prend le temps de se réchauffer et de discuter avec le mec.  Le prochain bus passait le soir, donc au PIRE on restait collés là toute la journée avec de la bouffe et un abri pour la pluie et on prenait le bus du soir... 

Et les bagnoles vides qui passent.  Et la pluie qui tombe.  Et là Amandine qui ne parle plus, qui serre les dents et tout.  Et là elle se met à pleurer, elle en a marre... 

Moi, comme d'hab quand ça chie un peu, je rigole.  Elle, ça la fait VRAIMENT pas rire...  mais plus elle me gueule dessus plus je me marre.  Enfin bon.  La totale quoi :)

Finalement un mec nous avance encore de 100km...  et nous éloigne de ce fait de notre anti-oasis (le seul endroit sec avec du café chaud à des km à la ronde)...  et là on reste COLLES. 

On se caille.  Il pleut toujours autant.  Les bagnoles vides qui passent.

Et là, on voit une PETITE bagnole grise, style festiva qui s'approche.  Un ENORME kayak sur le toit.  Des TONNES de bordel dedans.  Un mec dedans qui nous regarde et fait des yeux immenses...  Il PILE. 

- mais QU'EST-CE QUE VOUS FOUTEZ LA ???

- Ah ah ah...  Style ouais, super blague ::)

- MONTEZ !!!

- OÙ ?? 

Il regarde sa caisse, et se marre, et instantanément il sort et commence à réorganiser son monstrueux bordel pour nous faire deux places.  On s'insère dans la caisse, chai pas encore comment...  et là il met le chauffage à donf pour qu'on sèche un peu.  Mais on était tellement trempés que ça embuait tout.  Du coup il conduisait avec la tête dehors, dans la pluie, c'était magnifique ;D

On raconte un peu notre truc.  Le mec hallucine.  Il commence à nous raconter ses histoires de stop et tout.  Finalement il nous a demandé si ça ne nous dérangeait pas qu'il prenne la petite route touristique pour monter à Québec, il était en vacances et tout...  de là, il s'arrête à une boulangerie.  Il achète deux grosses miches de pain de campagne aux lardons, un pain aux noix aussi, avec de l'esturgeon et du hareng fumés, et il nous oblige à bouffer...  Je me souviens, il avait un vieux laguiole tout patiné, bien noir...  et là, on repart.  Le ventre plein, au chaud, en train de sécher, le long du St-Laurent...  et là il nous demande si on connaît Subramaniam.  Il met ne cassette.  On découvre...  c'est le bonheur total.  Il voit qu'on profite.  Il arrête de parler.  Il écoute.  Il regarde.  Il conduit.

On a fait toute la route avec lui.  Il nous a posé à 45m de chez nous en s'excusant de ne pas prendre le sens interdit qui nous aurait posés vraiment juste devant la porte.  Il faisait nuit depuis longtemps...  du coup je réalise que j'ai exagéré un peu en disant 48h.  C'était plutôt 36 ou 40, mais ça a paru long... 

Il s'appelait André.  Salut André :love:

Il nous a expliqué que le "pouce" (c'est comme ça qu'on appelle le stop au Qc) c'est une roue qui tourne.  Qu'il faut pas le remercier.  Qu'on devra juste prendre des pouceux quand ça sera notre tour de conduire.  Comme lui et toutes les autres générations de pouceux avant lui... 

Et c'est grâce à André si aujourd'hui j'accepte de prendre un petit risque en prenant des mecs et des nanas qui tendent le pouce patiemment...  surtout quand il pleut ;D

C'était mémorable.

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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13 novembre 2007 à 23:31:05
Réponse #40

Ratdegout


merci pour les histoires, c'est vraiment sympa à lire :)

14 novembre 2007 à 00:38:18
Réponse #41

Frolboll


 :doubleup:

Une seule fois j'ai vraiment regretté que la bonne âme qui nous avait embarqués ne nous dépose pas au seuil de la maison.

Carnaval à Douarnenez. Avec les potes on s'était déguisés en mouches (passoires à thé sur les yeux, tricot rayé, collant, ailes en polyane et fil de fer, une énorme paille dans la bouche pour siffler les verres de bière). Grosse fatigue vers 5h00 du mat', on ne trouve pas mieux qu'un camion frigorifique pour passer la nuit à l'abri du crachin. Ça sent un peu le poisson mais c'est pas grave. 5h30 : "Debout les gars, il faut que j'aille bosser, j'ai des livraisons à faire !".  :blink: On finit la nuit sous le porche d'une église (l'odeur de poisson nous poursuit) et on se décide à rentrer en stop vers 9h00. 40 bornes. Gros coup de bol, un type qui rentre également du carnaval passe par notre patelin et nous y conduit.
Il nous a lâché à l'entrée de la ville paisible, loin de toute fête, qu'on a dû traverser à pied, déguisés en mouche et empestant le poisson. :lol:

Sinon, je ne garde que de très bons souvenirs des rencontres que j'ai pu faire en stop. C'est un peu comme la pêche. Tu attends parfois longtemps, y'a des touches, de faux espoirs, mais quand ça mord (en fait c'est toi qui es pris !), c'est une vraie joie. Tu sautes sur ton sac et tu cours vers la voiture en souriant !
Si je me souviens bien je préférais faire le mouvement avec le bras, pour engager la conversation. Un stoppeur stoïque sur le bord de la route, le pouce négligemment levé ou la pancarte sur le ventre n'a en général pas grand chose à dire.

Un mec que je connais s'est fait démastiqué, laissé pour mort, seul, un samedi soir, très tard, sur une route de campagne. A éviter bien sûr. ^-^

Frol


14 novembre 2007 à 01:50:20
Réponse #42

Barnabé


Bon, j'ai fait beaucoup de stop en Europe. J'en ai déjà parlé dans ma présentation.

Mes conseils aux stoppeurs, en plus de ceux de Karto auxquels je plussoie tout à fait :
1) quand on a un bon emplacement, y rester le temps qu'il faut. La schkoumoune n'existe pas. Quand on marche sur une nationale sans bas-côté, aucune chance que quelqu'un s'arrête ; on se fatigue et on s'énèrve pour rien.
Ne jamais, jamais marcher sur une autouroute. En France, le stop sur autoroute se fait exclusivement de péage à péage, ou alors au tout début de la bretelle d'entrée, à un endroit où les voitures peuvent s'arrêter sans danger. En Allemagne, de station-service en station-service puisque pas de péage. En France, pour ce qui est des stations-services d'autoroute, ça ne marche correctement que sur les plus grosses, et encore, bof. En Suisse c'est encore autre chose... Et en Espagne ça marche pas et ça craint. Le stop sur autoroute est le plus pointu techniquement... C'est tout un art.

2) Pas de stop la nuit. C'est là qu'on rencontre les gens les plus barge. Quand je faisais des trajets de plusieurs jours, j'allais dormir en pleine forêt en attendant qu'il fasse jour à nouveau.

3) Le risque d'agression sexuelle, ou au moins de proposition sexuelle, est réel, et aussi pour les mecs. Un copain qui a fait énormément de stop me disait qu'il était branché par des hommes une fois tous les 2000 km en moyenne. Bon objectivement, il était bien foutu, quand on est laid ce kilomètrage doit augmenter !  ;) Sans blague, il faut savoir à l'avance comment on prévoit de réagir, car sinon, sur le moment on reste très c*n. Si on ne pense pas être capable de faire face à ce genre de situation, mieux vaut ne pas faire de stop. Je déconseille très franchement aux filles de faire du stop. Même s'il y a des femmes qui y arrivent sans embrouille (celles avec qui j'ai discuté avaient un caractère bien trempé).
Il faut bien voir que le stop est une situation étrange, où on rencontre des gens très différents de soi, qui ne vous connaissent ni d'Eve ni d'Adam. Ils sont souvent enclins à parler d'eux et à vider leur besace, sachant qu'ils ne vous reverront pas. C'est ce qui permet d'avoir des discussion franches et souvent passionnantes. Mais cet épanchement peut prendre des directions dangereuses. Une situation "glissante", c'est quand le conducteur vous demande si vous avez un-e copin-e. Répondre très succintement que vois êtes est casé (même si on est célibataire, dire qu'on a un-e copin-e) et changer de sujet. En revanche, ne pas prétendre qu'on a des gosses si ce n'est pas vrai, car si par malheur la personne est parent-e, il va chercher à tenir la conversation sur les gamins pendant des heures et on aura du mal à rester crédible tout ce temps.
Pour ce que j'en ai vu ou entendu, dans une grande part des cas de propositions, c'est une sorte de situation glissante, une dérive de l'ultra-moderne solitude, qu'on peut recadrer avec des paroles fermes (et au besoin, pas que des paroles, il faut être prêt à se défendre !) plutôt qu'un violeur récidiviste déterminé. Ceci dit, ce même genre de situation se rencontre aussi en dehors du stop, et là aussi, plus souvent des gens qui "glissent" que des psychopates determinés, me semble-t-il.

4) la meilleure combinaison pour être pris c'est un couple, la seconde meilleure c'est un mec seul. Deux mecs c'est galère, les gens ne n'arrêtent pas. Les filles, seules ou à plusieurs, c'est réputé bien marcher, mais il y a des conducteurs hommes qui ne prennent pas car ils craignent les embrouilles (l'exemple de la fille qui menace de porter plainte pour viol prouve qu'ils ont raison) ; et de toutes façons je déconseille aux filles de faire du stop sans au moins un mec (ci-dessus).

5) je remets ici ma solution pour que le conducteur ne démarre pas, volontairement ou par distraction, avec mon sac :
Premièrement, vieux sac à dos très moche (tout noir qui avait viré au kaki foncé). Ca ne présage pas bien des richesses qu'on peut trouver dedans. Là aussi, application du concept dont je ne savais pas encore qu'il existe une expression branchée pour le décrire : "low profile".

Un gros sac à dos, on ne peut pas le garder à l'avant dans les pieds, c'est pas pratique pour les longs trajets. Donc, concrètement, je le mettais soit sur le siège arrière, soit dans le coffre de mon gentil conducteur. Arrivé à destination, je descendais en laissant la porte passager ouverte, je disais "je prends mon sac", je ramassais mon sac et ensuite seulement je revenais serrer la main du conducteur, le remercier, et fermer la porte passager. C'était la procédure que j'avais trouvée pour qu'il évite de démarrer avec mon sac, volontairement ou par simple distraction. La plupart des gens ne démarrent pas avec une porte passager ouverte.

Néanmoins par précaution supplémentaire, j'avais toujours sur moi ce qui me permet de finir le voyage dans des conditions correctes, à savoir mes papiers et mon argent.

Naturellement, même pour de très longs trajets, ne pas poser ses objets un peu partout dans la voiture : genre casquette aux pieds, veste sur le siège arrière, petit sac derrière son siège... C'est le meilleur moyen d'en oublier !



Sinon, en tant que conducteur, je regarde la tête des gens avant de m'arrêter. Je truste mes feelings. Si je le sens pas, je m'arrête pas. Je mets toujours mon blouson, où il y a mes papiers et mon argent, hors de portée du stoppeur, sous prétexte de faire de la place.

Comme le dit David, c'est une roue qui tourne. Presque tous mes conducteurs avaient fait du stop étant plus jeunes, ou avaient des enfants qui faisaient du stop. A mon tour, je rends ce service.


Mes rencontres hallucinantes quand j'étais stoppeur :
- un évangéliste qui m'a parlé de Dieu en allemand alors que j'étais crevé et que j'avais bien du mal à suivre la conversation.
- 8 maçons turcs qui traversaient l'Allemagne entre minuit et 6 heures du mat pour aller sur un chantier. Ils se sont poussés et m'ont fait une petite place dans le camion (9 places + benne). On a parlé un peu français et un peu allemand. Tout le monde a dormi sauf le chauffeur. Ils étaient super sympas. (normalement, pas de stop la nuit, mais cette fois-ci j'étais vraiment pressé).
- des gitans en BMW qui me demandaient de leur lire les panneaux car ils ne savaient pas lire (et n'avaient donc probablement pas le permis !). Super sympas aussi.
- un homme dont le métier est top model qui faisait Nice-Dauville en Porsche, parce que, bien sûr, il aurait besoin de sa voiture sur place...
- un livreur UPS communiste et syndiqué !
- un homme d'affaires anglais qui faisait Nice-Londres en grosse Rover, pour aller voir sa famille. Question : pourquoi en voiture ? Parce qu'il devait changer ses pneus, et que là-bas, les pneus sont moins chers (c'est fou les justifications que se cherchent les gens pour aller partout avec leur voiture chérie). Accessoirement, j'étais son deuxième stoppeur simultané : il y avait déjà un autre gars quand je suis monté. Mais la voiture était grande !
- un avocat allemand conduisant pieds nus sa grosse merco et m'expliquant tout content sa dernière magouille "légale" pour faire bosser en Pologne des immigrés ukrainiens pour un grand groupe allemand...
- un riche polonais qui doublait à 130 les pauvres voitures de police sur des routes nationales défoncées... (Pologne en 1993, pas longtemps après la chute du mur).
- 3 jeunes tchèques en Traban qui me racontaient en allemand des blagues sur les Traban...
- ouah, j'oubliais, le véhicule le plus extraordinaire dans lequel je suis monté : une Three-Wheel en Angleterre ! Un couple, la cinquantaine, pauvres, lui était en arrêt maladie longue durée. De temps en temps, ils prenaient la "Three-Wheel" pour aller se promener, pour se changer les idées. Sinon, j'ai testé une fois la place arrière d'une moto : très bof avec un gros sac qui fait de la prise au vent.

Ah, et la meilleure histoire d'auto-stoppeur qu'on m'ait raconté. Un chef d'entreprise, ex-auto-stoppeur, avait traversé en stop les Etats-Unis d'Est en Ouest (ou l'inverse), genre milieu des années 70. A un moment, il s'est trouvé bloqué 2 ou 3 jours d'affillée dans un patelin : trou paumé de paumé, not a lift. Du coup, il a discuté un peu avec les gens du patelin, dont un ex-stoppeur, à qui il était arrivé la même chose quelques années avant : il était resté coincé un mois entier.... il avait rencontré une fille du patelin... et il s'était marié et n'était jamais reparti. Mon chef d'entreprise, lui, a réussi à repartir avant d'avoir la bague au doigt.
« Modifié: 14 novembre 2007 à 02:38:45 par Barnabé »

14 novembre 2007 à 09:55:11
Réponse #43

vince


Salut  :)
Merci aux précédentes interventions, un régal, séquence nostalgie  :)

Une courte et une longue.

*de passage en France en octobre, j'ai du me rendre à Lyon à partir de Marseille, pour le travail. Rdv important pris 3 mois avant, pour le 19 octobre au matin. Évidemment, la grève des transports intervint, prévue pour le 18 mais débordant largement. Je n'ai trouvé aucune solution. Avion hors de prix, monopole d'Air France. Sites ouèbes d'autostoppeurs  : rien pour le jeudi. Bref, je me suis retrouvé porte d'Aix avec mon panneau pour Lyon, le jeudi, pendant 2 heures, cuisante défaite, personne ne s'est arrêté. Pourtant un seul petit sac, fringué soigneusement, lunettes de gentil binoclar, sourire. Les gens m'ont dit qu'il eut mieux valu mettre d'abord un panneau valence, voire Aix. Rdv annulé. Argh. J'aurais au moins appris que les transports routiers de voyageurs inter-régions n'existent pas : aucune liaison bus n'existe entre Marseille et Lyon, deuxième et troisièmes villes de France.

*il y a un plus longtemps, jeune étudiant aixois fauché, je suis remonté en stop à Paris, en plein hiver, de nuit. Un mec sympa me prend dans son camion et me lâche à Valence. Après le péage de Valence, j'attends une heure dans le froid, une Golf dernier modèle pile, un jeune mec en costume me dit de monter. 1 mn après je sais qu'il est VRP ; 5 mn après je sais qu'il vient d'Espagne où il s'est défoncé à l'alcool et autres produits poudrés, qu'il vient de vomir, et qu'il comptait sur moi pour prendre le volant, manque de bol, j'avais pas le permis. Après, il m'explique que sa femme est bi, que ça le gène parfois de devoir dormir dans le salon car elle couche avec son amante. Ensuite il m'explique qu'il est amoureux d'une prostituée d'Amsterdam et qu'il épargne pour la libérer de son maque et s'installer avec elle et sa femme. Il s'énerve lorsque, consulté sur la question, je lui dis qu'à sa place je me demanderais si la prostituée viendrait pour moi ou pour mon argent. Après il me raconte ses soirées comme serveur dans une grande boite échangiste parisienne, du beau-monde déshabillé. J'ai pas arrêté de faire la conversation pour le tenir éveillé. Il m'a payé cafés et sandwichs, super sympa. Et il m'a laissé Porte d'Italie à 4 heures du matin.
En passant à pied devant la gare d'Austerlitz, me demandant encore si j'avais pas rêvé tout ce que m'a raconté ce mec, je vois des jambes féminines dépasser de deux voitures garées. Je m'arrête, vois une femme inconscience couchée sur le dos, un mec penché sur elle et un autre debout. Je propose mes services de secouriste, demande si les secours sont prévenus, j'ai un portable. Le mec penché se retourne, je vois son brassard de police, il est très jeune, me dit qu'elle est probablement morte, je me penche, vois qu'il lui prend le pouls avec ses gros gants  :-\ , je m'y colle, elle vit, j'appelle les pompiers, ils me disent qu'ils sont prévenus et en route. La femme, probablement une prostituée est-européenne, est très mal, un petit pull dérisoire en plein hiver. Je vois le camion de pompiers arriver, s'arrêter, moi je pars, mais il repars aussi sec sans embarquer la femme. Il s'arrête au feu devant moi, je fonce voire le passager avant (chef d'équipe ?) et lui demande ce qui se passe, il me dit qu'elle n'a pas besoin qu'elle est conscience, j'insiste, il me dit qu'ils n'ont pas le temps pour des gens comme ça, m'engueule, etc... Je repars, dégouté, dormir 12 heures d'affilée chez une copine. J'ai beaucoup appris en une nuit, plus qu'en une année de fac.

vince


ps : j'ai aussi pu me rebalader un peu à Marseille, j'adore cette ville. Me suis rendu compte que je suis complètement anesthésié sur le plan sécuritaire, à cause des habitudes du pays où je vis. Me suis fais approché deux fois par des mecs, une fois un camé justement en faisant du stop porte d'Aix, qui m'a insulté, etc..., m'a collé 20 mn, et la seconde fois un mec qui commence à me parler arabe (pourtant je suis blond), je répond dans la même langue, politesses etc..., et il finit par me demander 20 euros, là un pas de recul, sourire, mains devants, salutations, je prend congé, et je me fais violemment insulter par le mec. Autre chose qui m'a marqué, une équipe d'enfants et de femmes (tziganes ?) très gravement estropiés, qui ont investit le quartier belsunce pour faire la manche. Horrible.
« Modifié: 14 novembre 2007 à 10:16:06 par vince »

14 novembre 2007 à 11:18:39
Réponse #44

pimyboc


Une petite PLS, peut-être, non ? inconscience = PLS sinon risque d'étouffement par le bloc langue et perte des réflexes de déglutition qui font que la persone peut littéralement se noyer eu sec.

sur mais si il y avait la police qui s'en occupait, c'est pas facile de s'interposer.
Ca me rappelle une anecdote, en stage terrain pendant l'école, on est appelé pour une personne ayant appelé une connaissance pour lui dire adieu, puis ne répondant plus aux appels. On se pointe là bas j'étais avec deux collègues de carrière expérimentés. on frappe/sonne au bout d'un moment la femme ouvre elle était un peu stone mais bon on discute un moment puis elle s'écroule par terre. Et là, maintenant j'en rigole mais bon sur le coup je faisais moins le fière les deux autres se barrent dans tous les sens en gesticulant partout et cherchant le téléphone. J'en rattrape un et je lui dit attend laisse l'autre trouver le téléphone nous on va s'occuper de la femme, faire un bilan quoi. Bon ma collègue me dit :"euh vas-y met la en PLS" je lui ai répondu : tu sais j'ai pas encore eu la formation AFPS (même si j'avais de sérieuse notion) donc je préfère que ce soit toi ne serais ce qu'au niveau légal si ça tourne mal. En fait j'ai fini par la faire. Tout ça pour dire que police/gendarmerie, on est pas très aux faites du secourisme. surtout que l'on passe une fois le BNS/AFPS et puis c'est marre.  :down:
DEX AIE En Normandie, il n’y a qu’une chose qui peut être haute ou basse : C’est la mer.

14 novembre 2007 à 12:34:31
Réponse #45

vince


Une petite PLS, peut-être, non ? inconscience = PLS sinon risque d'étouffement par le bloc langue et perte des réflexes de déglutition qui font que la persone peut littéralement se noyer eu sec.

Salut Patrick  :)

Sur le moment, j'y avais pensé mais il y avait les flics, je leur ai suggéré et ils ont fait un truc potable - de ce qu'on m'a appris à la croix-rouge - ; ensuite elle a repris vaguement conscience...

Ca me rappelle un autre truc à Aix un soir d'hiver, un tétraplégique en fauteuil électrique en panne sur la place de la mairie, j'appelle le 112, explique la situation - danger potentiel, hypothermie etc..., et le bonhomme me dit de l'accompagner moi-même à l'hopital ou chépaou, je lui réexplique le pb, et il finit aussi par s'énerver, en me disant que tant qu'il était pas inconscient ils interviendraient pas, l'hallucination totale. J'étais avec un copain, je rappelle, le même mec du standard me crie '' mais je vous reconnais vous, le petit rigolo de tout à l'heure'' (alors que j'avais donné mon nom, téléphone, qualités, etc..., tout bien propre et correct), manquant m'étrangler je passe le portable à mon pote qui incendie le mec jusqu'à ce qu'il accepte d'envoyer une équipe. Cette équipe a mis une heure et quart à arriver, car en plus, après l'engueulade et vu qu'ils ont déduit qu'on était plusieurs (deux en fait), ils ont attendu une escorte de policiers, bref, un véritable convoi est arrivé, deux bagnoles de flics, un camion de pompiers, une bagnole de médecin urgentiste car on avait fini par dire que le mec était inconscient, seul moyen de les faire bouger apparemment. Pffff. Bin il faut vraiment avoir le civisme chevillé au corps pour continuer de se soucier d'autrui. Et encore une fois (ni la première ni la dernière) j'ai trouvé les policiers bieeennnnns plus humains, compréhensifs et chaleureux que les pompiers. Pas de généralisation, surement pleins d'explications, mais c'est la constante de 5 expériences de ce type vécues en France.


14 novembre 2007 à 12:53:06
Réponse #46

DavidManise


Le sheriff et le chien nous ont conduit tout droit, en payant motels, bouffe et boissons, jusqu'aux portes de San Francisco. Là, le gars nous débarque et nous dit : " désolé, les amis. Je ne vais pas plus loin. Je refuse de pénétrer sur le territoire de SF. ".

Pourquoi ? , lui demande-t'on.

San Francisco, c'est une ville de fous, nous répond-il, très sérieux.

:lol: :lol: :lol: :lol:

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

14 novembre 2007 à 12:54:47
Réponse #47

triptop


j'ai trouvé les policiers bieeennnnns plus humains, compréhensifs et chaleureux que les pompiers. Pas de généralisation, surement pleins d'explications, mais c'est la constante de 5 expériences de ce type vécues en France.

HS:

Je ne suis pas vraiment surpris, les gars font pompiers pour l'action, les feux et sauver des vies des flammes ou accidents de voitures et se retrouvent à faire du social et du taxi.

La vocation des pompiers est l'Urgence pour la protection des personnes et des biens, mais quand on ne sait pas qui appeler, on appelle les pompiers. Parfois on a alors en face un ras le bol proche du burn out qui entraine des comportements injustifiables!!! Dialogue de caserne "t'as fait quoi aujourd'hui ? pfff que de la m*rde, du casoce (traduire: cas social) comme d'hab, fait chier". La région parisienne est un des pires coins pour ça, des petits gars bien plein de valeurs et de motivations nobles peuvent devenir de vrais connards facho en quelques années de pompiers.

C'est triste pour tout le monde, je n'excuse pas, j'explique.

Heureusement il y a toujours une majorité de gens dévoués en or  ;) 

Pour le cas du fauteuil c'est pas l'hôpital qui va le réparer.

Néanmoins j'aurais certainement réagi comme toi  ::)

 :)
"Honi soit qui mal y pense !"

14 novembre 2007 à 13:47:40
Réponse #48

pimyboc


pour revenir au sujet,
la dernière fois que j'ai pris un autostoppeur, j'étais avec ma femme, le gars je lui dit je peux vous déposer à l'entrée de la ville où il allait. le mec ok. Déjà le trajet il a pas pipé un mot. Bon, je lui dit je vous laisse là moi je continue. Il avait quoi 3, 4 km à faire à pied après. Il m'a fait chier jusqu'à que je le dépose là où il voulait en plein centre ville. Y'aurais pas eu ma femme il serait descendu de grès de force mais là je voulais pas de problème.
Maintenant j'en prend plus quand je ne suis pas tout seul.  :down:
DEX AIE En Normandie, il n’y a qu’une chose qui peut être haute ou basse : C’est la mer.

14 novembre 2007 à 14:06:54
Réponse #49

Rouri


Bonjour, :)

Par mon travail précédent, j’étais amené à voyager beaucoup au Québec (La Tuque, Chicoutimi, Rivière-du-Loup…) Alors j’ai toujours aimé embarquer des gens «sur le pouce» à bord de mon véhicule afin de ne pas me taper 4 heures de route, seul.

Au gré de mes déplacement, j’ai donc embarqué une grande variété de personnes allant du taulard en probation qui m’explique la vie en prison (dont comment se faire un pic et s’en servir), aux fugueuses de centre pour jeunes qui sont en crise, en passant par le Viet-Nam vet’s qui vit comme un ermite anti-social et qui porte un Derringer dans sa poche droite de manteau, uniquement par «besoin»…

J’ai une anecdote qui m’est arrivé en embarquant une dame sur le pouce :

Je dois me rendre à la ville de La Tuque afin d’y effectuer un boulot. Je dois y être à 07h00 du matin, je démarre à 05h00. Sur l’autoroute à la hauteur de Shawinigan je vois une dame de 40 ans qui fait des signes d’urgence avec ses 2 bras. Je m’arrête, au même moment elle s’engouffre littéralement dans mon 4x4 en me disant qu’elle va à La Tuque et «c’presse en crisse!». Immédiatement je sens son haleine d’alcool et elle ne perdant pas une seconde, me presse la cuisse droite afin que je pèse sur l’accélérateur…

Pour me rassurer, je me dis que c’est juste une femme et que donc je n’ai rien à craindre… Je démarre donc au grand soulagement de ma passagère. Afin de remettre le 4x4 sur la route je regarde dans mon rétroviseur, je vois alors un grand type courant vers la voiture avec une fureur tel que j’accélère instinctivement comme si je conduisais un dragster. La dame remarque le type, puis elle ouvre la fenêtre et lui montre majestueusement son majeur en lui disant «tiens mon hostie de chien sale»! Dans le rétroviseur, je le vois  au milieu de l’autoroute en train d’essayer d’arrêter les voitures qui arrivent… Dieu merci personne ne s’arrête!

Perturbé, je demande à la dame de m’expliquer la situation. Elle m’explique qu’elle vient de passer une nuit à faire la tournée des bars afin de souligner sa rupture avec son ex-copain, car s’était un type violent qui la battait. Vers 03h45, alors qu’elle rentrait chez elle à  pied,  elle a rencontré son ex. Une violente discussion s’en ait suivis. Elle a alors frappé le type dans les parties sensibles et s’est mise à courir. Après avoir récupéré son ex s’est mis à la poursuivre... C’est pourquoi elle s’est retrouvé sur le bord de l’autoroute en gesticulant et en suppliant Dieu qu’un automobiliste s’arrête.

De plus, elle m’indique que c’est justement lui qui courrait derrière le 4x4… Elle me conseille vivement de faire la route jusqu’à La Tuque le plus rapidement possible, car son ex est un homme violent capable d’arrêter une voiture et de forcer le conducteur à nous poursuivre… :enerve: et s’il nous rattrape mon compte est bon, car en plus d’être violent, il est possessif et très jaloux! À ce moment, là j’ai regardé ce que j’avais comme arme dans le 4x4… seulement une hachette, il est clair que je n’ai rien d’assez puissant pour arrêter un type fou de jalousie.  :enerve:

Après ce constat, et avec la trouille au ventre, j’accélère et je regarde à toutes les 2 minutes si une voiture conduite par un fou ne nous rattraperait pas…

Par ailleurs, durant tout le reste du trajet, la dame m’a raconté son enfer quotidien et sa vie sur la réserve avec ce type violent. Je vous passe sous silence les effets d’un voyage  haute vitesse sur l’estomac de la dame rempli d’alcool, elle vomissait par la fenêtre…

Bref, nous sommes arrivé à La Tuque sans problème. Je l’ai déposé au poste de police afin qu’elle porte plainte. C’est là que j’ai remarqué, que le côté droit de mon véhicule avait écopé des ennuis d’estomac de ma passagère… :blink:

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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