Bref tout ça pour dire que moi les samouraïs, les spartiates... c'est bien mais ça me parle pas plus que ça ! Je comprends qu'il y ait des gens pour qui ce soit très dur de se dire qu'ils vont devoir casser une bouche, mettre les doigts dans le yeux, tirer les cheveux ou péter un genou... culturellement c'est vrai il y a des gens pour qui ça doit procéder d'un travail sur soi même... et je pense que c'est dans cette optique là que parlait French Cat...
c'était précisément ce point que je souhaitais mettre en évidence: dans nos sociétés dites (
ou plutôt soi-disant) "civilisées", qui a eu l'occasion de dépecer et d'évider un lapin avant de le faire cuire pour le repas du soir ?
pour la (
trop) grande majorité de nos concitoyens (
oserais-je mettre un tiret entre con et citoyens ?) la possibilité de mourir, d'être blessé, et d'avoir à blesser ou a tuer est niée au plus haut point, c'est le "déni": tout comme un alcoolique niera sa dépendance au produit, cette grande majorité nie absolument la possibilité même qu'elle puisse être attaquée*, au mieux, ou même carrément la possibilité qu'elle puisse mourir, au pire -cf la longue série de choses qui n'arrivent qu'aux autres: les accidents de la route, le cancer du poumon, etc. etc.
pour coller à ce qui nous intéresse, la possibilité d'être agressé et d'avoir à faire usage de violence, si l'on regarde l'Histoire on ne retrouvait pas ce déni chez les civilisations antiques, là où, je vais prendre le cas de Sparte, tout citoyen (homme, femme, enfant) était préparé et entraîné à se battre: culturellement, ces civilisations formaient des individus pour qui la violence faisait partie de la vie**, là où aujourd'hui nos civilisations modernes forment une énorme majorité de gens incapables (ce n'est pas un reproche, juste un constat) d'accepter ne serais-ce que la possibilité d'avoir à tuer pour leur vie ou celle de leurs proches... ça se retrouve dans l'exemple du lapin cité plus haut, et dans ce qu'écrivait David Manise sur son site, à savoir que l'espérance de vie du citadin moyen perdu en pleine nature est de 3 jours***
... l'interdépendance n'est pas en cause, selon moi: les Romains étaient déjà interdépendants, comme toute civilisation humaine -c'est l'interdépendance qui nous a permis de survivre et de prospérer, autrement nous serions une espéce depuis longtemps disparue-
et là où je voulais en venir (
j'ai l'art d'expliquer un quart d'heure ce qui prendrait 10 secondes à raconter 
), c'est que justement ces civilisations offrent un exemple à suivre: si j'accepte le fait que je vais mourir et que je peux mourir à tout instant (tout en ayant culturellement la capacité de faire usage de la violence parce que j'en suis familier, c'est mieux), je prends conscience de la valeur de ma vie et, en conséquence, je suis encore plus motivé à la préserver -quitte à faire usage de la plus grande violence si je suis culturellement habitué à ce moyen
*quand les gens ne s'imaginent pas carrément être capables de gérer une situation foireuse alors qu'ils surestiment largement leurs capacités... et qu'un minimum de prévention (dont ils n'ont pas la lucidité nécessaire pour comprendre la nécessité empêche d'y accorder l'importance qu'elle mérite) éviterait dans la majeure partie des cas, mais là je prêche quelque chose que visiblement tout le monde ici connaît

** je mets de côté la violence exercée par lesdits individus eux-mêmes (sacrifices et rites liés au sang) dans le cadre de la vie sociale

*** j'aurais plutôt dit un mois (cause mort de faim & Co), mais j'imagine que David Manise a pris en compte les autres causes de mort (ingestion de baies toxiques, accidents, etc.)
En général quand je parle avec des gens qui ne sont jamais battu, qui n'ont jamais vu leur sang, qui n'ont jamais frappé quelqu'un etc... la plupart disent qu'ils n'osent pas cogner parcequ'ils ont peur que l'autre en face les cogne encore plus fort en retour... pas très logique mais réel ! Ceux là je me vois mal leur dire qu'il faut qu'ils accpetent l'idée de mourrir ou d'être bléssé... Par contre l'idée de refus de subir les motive beaucoup plus en général... enfin de ce que j'en ai vu à mon petit niveau !
disons que c'est sauter une étape, en fait: c'est passer directement à la pensée "refus de subir" sans être passé par "acceptation de la mort", c'est plus direct, la différence est que "acceptation de la mort" augmente la détermination: "je sais que je vais mourir, je l'ai accepté, donc j'ai cette peur en moins"
ps : je viens de relire le post de French Cat, et effectivement je comprend et je partage l'idée que pour certaine personnes il est nécessaire d'accepter l'idée d'avoir à blesser ou tuer quelqu'un. Culturellement et de par son vécu,il est vrai que nous n'avons pas tous la même idée de la violence. La motivation à mon avis naitra de la culture du refus de subir, qui forcément doit s'accompagner de l'acceptation de faire très mal à quelqu'un d'autre... donc deux visions plus complémentaires que contradictoire en fait !
les deux faces d'une même piéce

(
'tain, j'me la joue poéte, mais grave 
)
Ce qui me gêne dans le fait de citer en références des "tribus" de guerriers comme les samouraïs, les spartiates etc... c'est cette possible tentation de se projeter en descendant spirituel de ces hommes là... J'imagine bien que French Cat n'en était pas là et qu'il ne faisait que citer un exemple mais personnellement je suis peu sensible à cette approche un peu "chevaleresque"...
eh bien disons que le meilleur moyen de ne pas idéaliser ces civilisations est de bien connaître leur histoire (ou pas loin), et surtout moeurs incluses: les Romains sacrifiaient des nouveaux-nés lors de rituels spécifiques, les Spartiates fouetaient au sang leurs enfants pour que ledit sang recueilli soit versé sur les pieds de la statue de leur déesse de la guerre (et si l'enfant meurt, c'est tant mieux: "trés honorant"...) et jetaient dans un gouffre tout enfant qui refusait de se soumettre à l'éducation militaire reçue (à l'âge de 7 ans environ)
bref, en se renseignant sur leurs us et coutumes on voit ce qui est "limite" pour nous (culturellement parlant: pour un Spartiate, c'était la norme sociale en vigueur) et on évite d'idéaliser "à mort" (si j'puis dire

) les anciennes civilisations

... tout le drame de notre existence est que nous vivons à une époque où la norme sociale est le rejet absolu de la violence (guerre incluse) et des armes à force de leur avoir appliqué une vision morale (pô bien !!!) alors que la violence n'est qu'un moyen et les armes, que des outils...
Concernant les supposés codes d'honneur des bushis méfions nous d'une interprétation idéalisée. Il n'est que de lire l'ouvrage d'Eiji Yoshikawa en deux partie (la parfaite lumière et la pierre et le sabre) sur la vie de Miyamoto Musashi (c'est vrai que sashi beaucoup pour ses adversaires) pour relativiser (sa première bataille où il est caché dans un arbre pour surprendre ses adversaires ou le choix d'un bâton plus long que le katana de son adversaire Sasaki Kojiro).
tout à fait !
c'est d'ailleur ce qui m'a fait rejeter le Hagakure; je l'ai lu juste aprés le "Traité des Cinq Roues" de Musashi Miyamoto, et je l'ai estimé à sa juste valeur: un recueil de conseils donnés le plus souvent sous forme de conditions sine-qua-none en vue, à mon avis, d'assurer le contrôle de celui ou celle qui suivra cette voie
concernant Musashi Miyamoto et ses aventures, il y a aussi la fois où il a tué son adversaire aprés lui avoir lancé un shuriken* en attaquant juste aprés, pendant qu'il était déconcentré

*contrairement à une idée reçue, les Bushis utilisaient des shuriken, qui au début prenaient la forme de petites lames élancées et étaient cachés dans la poignée du katana: le fait de les lancer ou de tirer à l'arc n'était absolument pas considéré comme "déshonorant" car c'est l'humain qui reste acteur, là où les fusils étaient eux considérés comme déshonorants, l'humain ne faisant qu'apppuyer sur la queue de détente au lieu d'être l'acteur complet du tir
PS Patrick: révélation, tu es bien télépathe
- il a renforcé des valeurs que je possédais déjà: le sens de l'honneur, de l'amitié et de la parole donnée; la volonté d'aller jusqu'au bout et d'être perfectionniste dans mes actes (càd de tendre et d'aspirer à la perfection pas de se croire parfait). C'est la vision que j'ai retirer du code de l'honneur et pas une allégeance aveugle à un souverain...
[Gros Taquin Mode: ON] dans ce cas tu fais une hérésie, non ? :P [Gros Taquin Mode: OFF]

- il m'a aider à comprendre le sens de ma vie... Après des années passées à me torturer l'esprit à force de ne pas avoir de but, la phrase "La Fin est importante en toute chose" m'a éclairé en me faisant comprendre que l'important était ici et maintenant, vivre chaque moment, chaque jour comme si c'était le dernier afin de ne rien regretter.
perso c'est cette phrase qui m'a interpellé:
un jour, on demanda à Bouddha : "Qu'est-ce qui vous surprend le plus dans l'humanité?"
Il répondit :"Les hommes qui perdent la santé pour gagner de l'argent et qui, après, dépensent cet argent pour récupérer la santé. A penser trop anxieusement au futur, ils en oublient le présent, à tel point qu'ils finissent par ne vivre ni au présent ni au futur.
Ils vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu".
Tout ceci donne à chacun une grande responsabilité et une grande force... Ce sentiment m'a encore été renforcé à la lecture de Nietzsche...
si je puis m'permettre, je te conseille de lire Ayn Rand, son Objectivisme est excellent

concernant Nietzsche, il a dit d'excellentes choses à mon sens, tout en disant des choses illogiques à côté...
Mais bon je ne voudrais pas passer pour un intellectuel, je vous rassure, je pète quand même à table...
JE NE SUIS PLUS SEUL !!! formons l'Association des Péteurs de Table, cette citation véridique sera notre crédo:
"Qui ne pète ni ne rote est voué à l'explosion."
Lao Tseu