Moi -- et je te dis ça sans vouloir "chopper le nouveau" mais bien en parlant de mon expérience perso, sans plus -- j'ai l'impression que tu manques d'humilité face à ma vieille mémé nature adorée. J'ai franchement le feeling que tu penses vraiment maîtriser ton truc...
Je trouve vraiment dommage que tu aies cette impression, et que cette impression soit faite au bout d'une douzaine de posts de ma part.
Moi, je pense au contraire que c'est une forme d'humilité par rapport à la nature. Je pars souvent faire une ballade sans carte ni boussole (toujours les même conditions : 1 à 2 heures maxi, terrain globalement connu, moyenne montagne < 1500 m, météo correcte). En matière d'attitude face à la "grande mère", ce que je trouve très intéressant en faisant ainsi, c'est qu'on est obligé de lire la topographie et le paysage. Avec une carte et une boussole, on randonne en 2D, on fait de la progression sur le papier, en quelque sorte. Et si possible, hein, on fait des performances : "Hier, on a fait 1253 m de dénivellée en 1h17. si si."
Sans, on devient beaucoup plus attentif.
Les différents type de chemin : sentier de bête, sentier muletier, chemin carrosable, tire forestière... ils n'ont pas le même tracé, pas la même "intelligence", pas la même histoire... et pas la même fiabilité (les tires, c'est chouette, c'est tout droit ! Et au bout, on tombe dans une coupe d'il y a quelques années, bien envahie de ronces !).
La topographie générale : "le vallon est comme cela, là il y a tels arbres, de ce côté c'est bordé par la route, de cet autre par une crête. J'ai repéré ce qu'il y a de l'autre côté de la crête en montant en voiture, par contre, dans cette direction je pourrais sortir du vallon sans m'en rendre compte car il y a une continuité de la forêt". On profite de la moindre trouée pour mettre à jour cette information. Tandis qu'avec une carte, la trouée on s'en fout, on sait qu'à la prochaine intersection il faudra prendre à droite, azimut 30 °.
Peut-être que le risque est plus grand comme je fais, mais bon, on a vu aussi des gens se paumer parce qu'ils avaient perdu la carte... ou parce qu'elle était imprécise (les cartes aux 100 000e par exemple, ou encore des cartes qui ne sont pas à jour DU TOUT)... ou encore parce qu'ils l'ont lu de manière erronnée ("il DOIT y avoir un chemin, c'est marqué sur la carte. Donc on trace tout droit dans la direction où devrait être le chemin". Sauf qu'on s'est mal situé sur la carte et qu'on est pas en face du chemin, mais d'une barre rocheuse).
En général je fais des boucles sur un seul versant que j'ai bien embrassé du regard avant de partir, donc,
pour les besoins de ma petite ballade, j'en sais autant qu'une carte IGN et mes infos sont fraîches du jour même. Et je me sens proche de la nature parce que je ne passe pas mon temps à regarder la carte, prendre des azimuts, et à compter combien de km et de dénivelée j'ai fait en combien de temps.