J'ai remarqué en lisant les posts de certains intervenants dans la section survie urbaine, que si on remplace dans leurs écrits les mots du champ lexical de la SP par ceux de la drague, on obtient aussi de très bonnes contributions sur ce nouveau sujet.
En fait, c'est amusant de constater à quel point il y a des éléments communs entre les deux.
Illustration :
Que ce soit pour la protection ou la séduction, la personne confrontée à ses carences en la matière va très souvent réagir en cherchant à accumuler des techniques, pensant résoudre ainsi le problème.
C'est ce qui fait la fortune des vendeurs de catalogues de techniques, de self comme de séduction. Seulement, en situation, l'application bête et méchante des techniques donne des résultats très médiocres. A la différence près qu'en séduction, le pire du pire se résume à une blessure d'ego et non à une boite en sapin.
Dans les deux cas, le problème ne vient pas tant des techniques, qui ne sont pas forcément inefficaces en elles-mêmes, mais plutôt du fait qu'elles sont envisagées et appliquées comme une fin en soi, alors qu'elles ne trouvent leur sens qu'intégrées à un ensemble cohérent.
Si on reprend la pyramide élaboré par je ne sais plus quel anglo-saxon (je bloque, pas moyen de m'en souvenir), c'est encore plus criant :
Etat d'esprit : être toujours prêt à faire (pas à essayer, à faire) tout ce qui est nécessaire pour atteindre l'objectif. Certes, le mindset seul ne suffit pas toujours, mais il reste la base sans laquelle le reste ne suivra jamais. Bref, dans les deux cas, confiance en soi et pas d'inhibitions.
- en SP : je pense qu'on a tous rencontré de ces gens, pas forcément impressionnants à première vue, mais dont on comprend très vite qu'ils sont le genre de personne qu'on emmerde une seule fois
- en séduction : qui n'a pas un exemple d'un type pas forcément plus beau, drôle, riche ou intelligent que les autres, mais tellement sûr de lui, qu'il réussit presque toujours à repartir avec la plus belle fille de la soirée
Principes : avoir un objectif clair et pour l'atteindre une stratégie composée d'éléments simples, cohérents et adaptés aux circonstances.
- en SP : résolution en amont, évitement, repli, affrontement selon ce qui est le plus adapté aux circonstances, avec en ligne d'horizon se mettre en sûreté avec le moins de casse possible.
- en séduction : soigner son apparence, prêter attention à l'autre, avoir des sujets de conversation intéressants, avec comme idée de passer un bon moment ensemble et d'en promettre de meilleurs encore.
Techniques : mieux vaut n'avoir en réserve que quelques trucs génériques pas forcément clinquants ni originaux, mais assez simples et entraînés pour qu'ils ressortent sous stress, que cinquante techniques tellement raffinées qu'on est incapable de s'en souvenir dès qu'on se sent un peu fébrile
- en SP : fondamentalement, un bourre-pif reste un bourre-pif. Une bonne gifle, c'est moins aware qu'un coup de pied retourné sauté au visage, mais si on sait y faire ça peut bien calmer son bonhomme quand même
- en séduction : le coté « à chaque variation de situation sa technique spécifique » fait aussi des ravages dans le domaine de la séduction. «Bonjour, blablabla, j'ai passé un très bon moment en ta compagnie, j'aimerai qu'on se revoit,blablabla, (variante hot : et si on continuait chez moi, blablabla..) », sur le papier, c'est beaucoup moins funky que de s'inventer un personnage de bad boy étrange et mystérieux, ou d'artiste maudit. Mais par contre, ça marche en vrai.
Outils : peuvent aider, mais ça n'évitera pas d'aller au charbon soi-même et si on se trouve complètement démuni sans, c'est qu'il y a un gros problème par rapport aux éléments ci-dessus
- en SP : gaz, objet contondant, éblouissant.... n'ont jamais sauté tout seuls de la poche de leur possesseur pour se ruer sur les méchants et leur port en grigri n'aide personne
- en séduction : un petit présent peut faciliter les choses, mais ne compter que là dessus, concrètement ça revient à proposer une transaction commerciale et aussi du domaine de la séduction, du coup.
Sans rire, le parallèle tient jusque devant le principe de réalité : même extrêmement bon, si une douzaine de types patibulaires décident de me faire une boutonnière ou Eva Longoria de frapper à ma porte, ben je vais avoir besoin d'un vrai put**n de miracle pour tourner la situation à mon avantage.