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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Connaitre son altitude, pourquoi?  (Lu 7178 fois)

15 février 2011 à 07:59:59
Lu 7178 fois

topiques391


Bonjour,

Je sens qu'on va me jeter des pierres, mais tant pis je me lance.
Je me demandais quel était l'intérêt de connaitre son altitude (donc utilité d'un altimètre) en randonnée classique, ou un peu plus sauvage.
En alpinisme je vois tout à fait l'intérêt, mais cela m'échappe pour la randonnée. Est-ce une aide à l'orientation? Même sans carte?
Ma question est sincère et je n'ai pas vocation à troller. (pas taper pas taper!!!!  :'( )

Merci

PS : Je pose la question car on m'a filé une montre bas de gamme offrant cette fonction.
« Modifié: 15 février 2011 à 10:41:43 par topiques391 »

15 février 2011 à 08:16:07
Réponse #1

Sotret


En gros, l'intérêt est de savoir sur quelle courbe de niveau on se trouve, ce qui est un élément suplémentaire pour trouver sa position sur une carte.
Ca n'a donc d'intérêt :
Que s'il y a un minimum de relief,
Que si on dispose d'une carte topographique.

Un altimètre permet également de connaître les variations de la pression atmosphérique à une altitude connue (baromètre) donc de connaître l'arrivée d'une dépression éventuelle...

15 février 2011 à 09:01:26
Réponse #2

Lynx


altiTude I presume...

C'est un outil de plus.
L'orientation c'est une histoire de preuves.
Plus tu augmente les preuves de ta position, plus tu augmente la fiabilité de ta navigation.
Pour moi les outils technologiques ne font que renforcer le travail plus rustique de l'observation et de l'interprétation
du terrain. Ne serais-ce que parce que l'orientation-navigation doit être au maximum fluide, c'est un outil à la progression
avant tout.

L'altimètre est effectivement utile lorsque l'utilisation des courbes de niveau devient une plus-value.
  - soit que tu recherche un point à une altitude précise (erreur volontaire / refuge...)
  - soit que tu recherche ta position en croisant altitude et orientation de la courbe de niveau (tangente à la courbe)

L'altimètre sert également à suivre la progression sur une sortie à (+/-) fort dénivelée et à anticiper la gestion de la journée.
Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

15 février 2011 à 10:09:11
Réponse #3

Woodrunner


Comme dit plus haut en présence d'une carte dans une région vallonnée c'est très pratique surtout de nuit et par manque de visibilité.
Le coisement d'une ligne fixe dans le terrain(haie, lisière, chemin...) et d'une altitude donnant une bonne indication de position.
Every citizen should be a soldier. This was the case with the Greeks and Romans, and must be that of every free state.
Thomas Jefferson
3rd president of US (1743 - 1826)

WOLWERINES!!!!!!!


"Une pomme par jour éloigne le médecin… pourvu que l'on vise bien."    

Winston Churchill

15 février 2011 à 11:42:28
Réponse #4

Nirgoule


Salut,

Même réponse que mes prédécesseurs, avec une précision :

Si on ne cale pas régulièrement ton altimètre l’instrument ne servira à rien.
 
L’alti est sensible à la pression atmosphérique. Deux variables influent : la météo et l'altitude.

Si on reste à la même altitude l’alti renseigne sur la météo.
Si on suit un chemin, l'altitude varie mais sur la durée la météo changera elle aussi. L’alti ne saura pas isoler les deux variables.

D'où la nécessité de caler l'alti, mettre la bonne altitude d'après la carte toute les deux heures environ. Ce qui implique d'avoir une carte et de savoir où on se trouve.

L’altimètre est utile dans le brouillard, sur des cheminements non balisé et sur un terrain varié. En Beauce il ne servira pas à grand-chose.

Les montres altimètre même bas de gamme sont souvent très précises.

Topiques391 : j’ai sans doute répondu à des questions dont tu avais déjà la réponse, mais comme nous avons ne nombreux lecteurs parfois débutants, cela sert toujours de faire certains rappels.

A+
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

15 février 2011 à 13:38:05
Réponse #5

topiques391


Merci à tous pour vos éclairages.
Après avoir lu les différents post du forum, le wiki et l'article de Carcajou N°3, je voudrais approfondir mes connaissances.
Est-ce que vous connaissez cet ouvrage, Lire une carte et s'orienter en randonnée : Savoir utiliser carte et boussole de Bruno Valcke?



Topiques391 : j’ai sans doute répondu à des questions dont tu avais déjà la réponse, mais comme nous avons ne nombreux lecteurs parfois débutants, cela sert toujours de faire certains rappels.

A+


Pas de soucis, c'est bien comme ça que j'envisage l'utilisation d'un forum. De nombreux post où ont été reprises les bases m'ont permis d'apprendre beaucoup de choses.

15 février 2011 à 21:28:29
Réponse #6

Bison


Allez, j'en rajoute une couche ...

En rando moyenne montagne, on ne s'occupe guère de distances mais bien de dénivelés ...
On connaît en général bien sa vitesse habituelle de montée.

Hors toute question d'orientation, si tu es en montée vers un col à 2.600 m et que ton alti te dit "2100", tu sais dans combien de temps tu y seras suivant tes performances habituelles connues pour ces altitudes ...

C'est parlant ... " 'tain encore une heure de grimpe, puis il faudra encore se taper 1200 m de descente, et l y a  machin qui traîne la patte ... on n'y sera pas avant la nuit, mieux vaut rebrousser chemin et bivouaquer en ce chouette endroit qu'on a passé il y a une demi heure ..."

Je ne dis pas que l'on ne peut pas prendre ce genre de décision en examinant la carte, en se positionnat avec précision et en lisant la courbe de niveau ... mais c'est juste plus pratique de lire l'alti ...

Ddernier point :  un altibarométrique dans un GPS, c'est le système le plus précis que je connaisse :  adjustement barométrique automatique, lecture continue de la pression réduite au niveau de la mer ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

16 février 2011 à 01:35:19
Réponse #7

Sotret


Est-ce que vous connaissez cet ouvrage, Lire une carte et s'orienter en randonnée : Savoir utiliser carte et boussole de Bruno Valcke?
Non,
mais si tu lis l'anglais, je te recommande chaudement :

http://www.amazon.fr/Wilderness-Navigation-Handbook-Fred-Touche/dp/0973252707
C'est assez facile d'accès, bien expliqué et avec des scénarios/exemples qu'on ne trouve malheureusement pas dans tous les ouvrages...

16 février 2011 à 06:21:53
Réponse #8

Nathan-Brithless


point :  un altibarométrique dans un GPS, c'est le système le plus précis que je connaisse :  adjustement barométrique automatique, lecture continue de la pression réduite au niveau de la mer ...
ah rusticité, quand tu nous tiend!! ;D
L'eau se referme derriere le poisson qui avance

16 février 2011 à 08:42:28
Réponse #9

managarm


Si on ne cale pas régulièrement ton altimètre l’instrument ne servira à rien
c'est ESSENTIEL !
j'ai testé le mien (altimètre mécanique Silva ADC) sur routes de montagne en voiture, pour avoir des changements de pression et d'altitude rapides.
Le résultat m'a surpris : sur la montée d'un col avec 1000 mètres de dénivelée, après avoir fait un réglage exact au bas du col (carte 1/25 000 et borne géodésique à l'appui), on arrive avec quelques dizaines de mètres d'erreur en haut ! (alors que la météo n'a pas varié).

Immobile sur mon étagère dans mon bureau, l'altitude varie de près de 150 mètres (75 m en + ou en - de la valeur réelle) selon le temps qu'il fait, ce qui prouve sa bonne sensibilité à la pression atmosphérique

16 février 2011 à 10:23:08
Réponse #10

Bison


Citation de: managarm
Le résultat m'a surpris : sur la montée d'un col avec 1000 mètres de dénivelée, après avoir fait un réglage exact au bas du col (carte 1/25 000 et borne géodésique à l'appui), on arrive avec quelques dizaines de mètres d'erreur en haut ! (alors que la météo n'a pas varié).

Deux explications possibles, non exclusives :

1. S'il y a du vent, il peut se créer une légère dépression au col par effet venturi.

2. Si la température ambiante n'est pas "standart" (je ne parle même pas de la température de l'instrument lui-même, suceptible de le dérégler),  une montée de 1.000 m traverse une tranche d'altitude plus lourde (temps froid) ou plus légère (temps chaud) que celle pour laquelle l'alti est programmé. Donc une variation de pression moindre quand il fait chaud, et donc une altitude indiquée plus basse que "normale" par temps chaud.

Quinze degrés d'écart par rapport à la température normale, cela provoque une erreur de 5%, soit 50 m sur la différence de pression correspondant à une tranche de 1.000 m.

Cela n'est en aucun cas compensable : Il faudrait fournir à l'alti le sondage "pression/température" en athmosphère libre.

Les alti "à compensation de température" sont simplement ceux qui tiennent compte de la température règnant à l'intérieur du boitier pour compenser les effets de la température sur la précision des capteurs et transmetteurs.

AMHA c'est surtout une annonce marketing ... Dans le meilleur des cas, on utilise vraisemblablement par économie un algorithme de correction au lieu d'utiliser des capteurs et transmetteurs peu sensible à la température ...

Citation de: Nathan-Brithless
ah rusticité, quand tu nous tiend!!  ;D
J'ai bien compris que tu me charries, là ... donc ce qui suit est à "usage général" ...

Ben, si j'avais le besoin bien réel d'un alti, j'aurais aussi un alti mécanique ...  ;)

Note déjà qu'il me reste aussi l'altitude-GPS pure si mon capteur de pression venait à foirer ... et note aussi que si mon gps foire, je peux utiliser son alti barométrique en mode dégradé, sans compensation automatique. C'est déjà pas mal, comme redondance (avec des piles de rechange cousues dans tous mes sacs, banannes et pochettes - partageables avec l'alim de mes lampes).

Celui que j'ai, intégré à mon GPS, ne m'a rien coûté grand chose, ne pèse rien, et représente le top au niveau simplicité d'emploi ... n'est-ce pas, d'une certaine manière "KISS" ?

Ceci dit, dès que l'on touche à une instrumentation quelquoncque, on passe en mode [Intellect=ON], par opposition à au mode [intelligence=instinct animal].

Dans le cas cité par managram, même mon alti intégré au GPS va se tromper quelque part :  ce sera dans le calcul de la pression barométrique "réduite au niveau de la mer", donc si je n'ai pas tout bien pigé en matière d'altimétrie, je vais me gourrer dans l'interprêtation à donner à cette variation de baro ...

Les anciens allaient en montagne sans boussole, ni carte, ni alti ... pour moi c'est ok! Ils mettaient en oeuvre à plein régime leur intelligence "animale" :  observation du terrain (relief, sol, végétation, cours d'eau), du vent, des nuages, du soleil et des étoiles et mémorisaient tout cela "naturellement" ...

Dès que l'on utilise - dans la verte ou en optique survie - un moyen "artificiel" fabriqué par l'homme, je crois que l'on n'a pas d'autre choix, à ce moment là :  il faut étudier cet équipement (pour moi, une carte au 25.000ème c'est un "équipement"), bien piger comment il fonctionne, quelles en sont les limitations fondamentales, les modes d'erreur ou panne prévisibles, et les erreurs accidentelles possibles ... Bref, il faut "intellectualiser" la chose ::) ... jusqu'à ce que son utilisation devienne "naturelle" ... C'est à ce moment que l'on commence à ce dire que ce que l'on maîtrise est "rustique" . :D

Mon avis pédagogique :  il vaut mieux, en général commencer par développer les compétences naturelles (notre sens de l'orientation, notre sens de l'observation), écouter, reconnaître, exacerber nos instincts ... en  mode "animal". C'est une "éducation" qui ne se perd pas. Elle refait surface en tous cas très vite en cas de besoin ...

L'apprentissage technologique doit venir après ... Ce sera toujours un acquis fragile.
« Modifié: 16 février 2011 à 10:38:26 par Bison »
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

16 février 2011 à 12:16:51
Réponse #11

managarm


merci Bison pour cette explication.
je ne m'inquiétais pas de mon altimètre, il est fiable et de bonne qualité. Grimper 1000 m en quelques minutes, grace à la voiture, cela n'a rien à voir avec les conditions d'une randonnée (300 mètres de dénivellée à l'heure).

16 février 2011 à 15:29:17
Réponse #12

gglt


Salut,

Je ne sais pas pour les autres, mais, de mémoire, sur la notice de ma montre-alti-baro-thermo made in china acheté il y 4 ans, il y a marqué qu'une variation trop brutale de la pression ou de la température rend la mesure de l'altitude inopérante.
Du coup, pour avoir une mesure la plus fiable possible, je garde systématiquement la montre au poignet. Je ne la retire que si je préfère connaître la température ambiante.

@+
Guigui
Il n'y a qu'une seule manière de le savoir : il faut essayer.

17 février 2011 à 19:41:21
Réponse #13

Bison


Citer
il y a marqué qu'une variation trop brutale de la pression ou de la température rend la mesure de l'altitude inopérante.

Ils ont probablement, par algorithme, voulu éliminer les fluctuations de l'indication d'altitude qui pourraient résulter de capteurs quelque peu capricieux. Alors, il y a une sorte de temporisation sur les changements rapides d'altitude.

Ça ne coûte rien un algorithme de stabilisation de l'indication au cadran ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

10 mars 2011 à 14:15:56
Réponse #14

ouroumov


[...]
mais si tu lis l'anglais, je te recommande chaudement :




Pour ceux que ça intéresse le Wilderness Navigation Handbook est mis à dispo par google.

10 mars 2011 à 14:26:41
Réponse #15

Arthurus


Google books c'est pas si magique que ça (heureusement, pour le peu des droits d'auteurs qu'ils respectent...)  les pages 1 à 43 sont consultables, les pages 44 à 201 ne le sont pas  ;)
« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait. » In: L'usage du monde. Nicolas Bouvier

 


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