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Auteur Sujet: article psy sur la violence gratuite  (Lu 7371 fois)

10 novembre 2007 à 18:35:57
Lu 7371 fois

Frolboll


Salut,

Dans le Télégramme de Brest (www.letelegramme.com), un éclairage par le psychanaliste Jacques Garnier sur la violence gratuite. Article de Stéphane Jézéquel.

« Nous vivons actuellement une mutation anthropologique majeure où les figures traditionnelles ont explosé. Disparition des valeurs, plus de commandeur, plus de père, encore moins de dieu, dans l’interprétation freudienne et lacanienne auquel il se réfère ».

...

« La société actuelle ne s’agence plus en pyramide, s’écarte du schéma hiérarchique classique à l’image de celui de la famille, lui-même poussé dans ses retranchements. Au contraire, la société d’aujourd’hui a tendance à s’étaler à l’horizontal, à fonctionner en réseau. Dans ce contexte, l’individu évolue dans une logique absolue de consommation de marché, de jouissance personnelle et immédiate. Exit l’économie du désir du vieil oncle Freud ! S’est juxtaposée une économie psychique organisée par la jouissance, par l’objet de satisfaction immédiate », insiste Jacques Garnier. « Cette nouvelle organisation psychique favorise le passage à l’acte envers un autre qui n’est plus considéré comme son semblable, comme un être pensant et respectable. À travers ce système de pensée, l’empathie n’a plus de prise, n’a plus de raison d’être. La plupart du temps, l’agresseur qui se sent dénié, disqualifié par la société, ne prend même plus la peine de s’adresser, de parler, à celui qu’il attaque sans sommation. Un regard ou le moindre motif futile suffit à passer à l’action. Ce passage à l’acte va lui procurer l’émotion qu’il recherche, quelque chose qu’il va ressentir de l’intérieur. Les hooligans des stades de football l’expliquent précisément. Au moment de monter au combat, ils ressentent une montée du plus profond de leurs tripes et sans doute une explosion chimique de plaisir au niveau du cerveau. Et il n’y a alors plus de limite dans leur déchaînement de violence », explique le psychanalyste. « La jouissance qu’ils éprouvent est plus proche de la douleur que du plaisir, de l’annulation de soi que de la réalisation ("Je tape parce que je ne suis plus")... Cette jouissance est plus proche de la mort que de la vie. Cette pulsion de mort s’exprime sans détour. La dénégation de l’autre est intimement liée à l’annulation de soi-même ».
...

 Ce serait une erreur de penser que cette violence ne provient que de certains « individus stéréotypés des banlieues », de certains êtres désocialisés, « disqualifiés » par la société. « Les gosses de riche passent tout autant à l’acte », souligne le psychanalyste. « Cette montée de la violence nous concerne tous. Et elle n’est pas seulement le fruit des plus jeunes. Ces êtres violents sont les produits de la société d’aujourd’hui, ce sont nos enfants en premier lieu. D’ailleurs, interrogez-les, ils sont beaucoup moins préoccupés par cette violence que nous, adultes avancés, voyons partout et dénonçons. Ils vivent avec, ils en sont, en quelque sorte, le produit et les vecteurs naturels ».


 
Cet article me plait bien parce qu'il met le doigt, sans alarmisme et dans un langage que je comprends à peu près, sur ce changement des valeurs qui a eu lieu ces dernières années et que certains d'entre nous ont eu du mal à comprendre et à accepter, surtout dans les petites villes ou les bourgs de province.
Certaines règles ont changé (parfois y'en a plus), et on doit, comme nos enfants, vivre avec. A nous d'évoluer.

Frol

10 novembre 2007 à 18:42:39
Réponse #1

DavidManise


Je suis peut-être déconnecté, mais je trouve ça plutôt exagéré.  Il y a certes quelques petits connards qui se comportent comme de vrais psychopathes, mais 99% des gens sont encore trop coincés pour tutoyer quelqu'un gratuitement... 

David
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10 novembre 2007 à 18:56:41
Réponse #2

Frolboll


Vrai. Mais je ne crois pas qu'il dise que c'est courant. Il tente juste de donner une explication à une forme de violence (y'en a d'autres, mais on les connait) que les gens ont du mal à comprendre, qui surprend par sa nature. Ici (20 000 habitants), ça arrive de temps en temps, et dans ces cas-là ce n'est pas la peine d'aller voir les gus et de leur dire "Ecoutez, petits, je comprends votre désir de rebellion, mais..."  :D

Frol

10 novembre 2007 à 18:57:24
Réponse #3

Matthias


99% des gens sont encore trop coincés pour tutoyer quelqu'un gratuitement... 

Tu trouves que c'est mal ?
Je pense plutôt que c'est un signe de sain respect envers autrui.

10 novembre 2007 à 19:31:19
Réponse #4

Patrick


Franchement je ne vois rien d'exagéré là dedans, je travaille dans un organisme social et ce qui est décrit nos agents d'accueil le vivent tous les jours ou presque.

Je ne dis bien sur pas que nos bienveillants chers médias toujours à l'affut de sensationnel à défaut de vérité, n'en remettent pas une couche, mais quand même on ressent bien cette banalisation de la violence et de l'agressivité.

10 novembre 2007 à 20:00:13
Réponse #5

Frolboll


Ici il n'y a pas plus de violence qu'avant. Il y a moins de bastons de sortie de bars, très peu d'agressions d'adultes. Mais sont arrivés parfois ces violences gratuites et sans ampathie comme dit le psy, que presque personne ne comprend et donc qui foutent les chocottes. Disons qu'avec ce type de gugus, on ne sait pas trop comment réagir parce que ce n'est pas facile de discuter.

Frol

11 novembre 2007 à 02:11:10
Réponse #6

SurvivalFred


Salut,

La violence peut représenter beaucoup de choses dans un tel contexte : elle est une façon d'exister, une façon de se valoriser au sein d'un groupe, même une façon d'être "reconnu" par celui que l'on agresse.

Il peut y avoir également violence car l'autre n'est pas assimilé à un sujet mais à un objet, objet qui peut être utilisé (abîmé) ou être un obstacle à la réalisation d'une pulsion, ça c'est un peu l'image que donne Jacques Garnier dans son article.

Bref, je pense qu'il n'y a pas qu'une seule approche mais que "la violence gratuite" ça n'existe pas ... même le vandalisme ce n'est pas de la violence gratuite, c'est en général un geste de demande de "reconnaissance" (besoin d'exister, de laisser une trace) face, notamment, à l'angoisse de mort.

Le cas classique du Tag : " DuC'On Was here " sur la porte des toilettes  :lol:

Hoùlà, dur, dur à 2h30 du mat  >:(

Citer
Disons qu'avec ce type de gugus, on ne sait pas trop comment réagir parce que ce n'est pas facile de discuter.

Faut pas, faut mettre sa limite, dire clairement est la limite, voir ordonner de ne pas la dépasser et AGIR si la limite énoncée est atteinte. Point.

Exemple : quand j'ai ce genre de gars, souvent sous substance(s), devant moi à la porte du service, qu'il veut entrer pour rectifier sa copine en cure de désintox ... 

Je lui dis une fois clairement qu'il s'agit d'une propriété et que je lui demande de quitter les lieux sinon je serai dans l'obligation de faire appel à la police. Qu'il n'y a pas de raison que les choses dégénère.

Je lui intime, une fois, l'ordre de reculer et de partir.

S'il passe la porte, je passe à l'action ... faut pas négocier des heures avec ce genre d'individu.

Fred
« Modifié: 11 novembre 2007 à 09:47:21 par SurvivalFred »
 

Vous êtes trop devant votre écran d'ordinateur, allez donc pratiquer dehors !!

11 novembre 2007 à 06:28:13
Réponse #7

Patrick


Au regard de mes recherches, lectures et de mes expériences, j'avais tenté de modéliser les motivations des phénomènes de violence. j'en avais discerné trois.

1. La violence de territorialité :
L'individu violent considère que vous menacez son "territoire", sa cité, sa place de parking, sa situation au sein d'un groupe, ses partenaires sexuels (tu regardes ma femme ?), sa culture, sa religion.

Autres exemple on sait d'un point de vue sociologique que certaines cultures originaires d'Asie n'aiment pas le contact physique avec des étrangers. D'autres encore considèrent le tutoiement ou le vouvoiement comme une insulte.


2. La violence de stigmatisation

Dans ce cas, ce n'est pas vous directement qui être visé par la violence déclenchée, mais ce que vous représentez.

Ce peut-être le cas des agents de l'état et au premier chef ceux représentant la force publique mais aussi ceux qui habitent dans des quartier résidentiels, "les bourgeois" et ce qu'ils peuvent représenter pour des classes moins favorisées. Depuis quelques années on remarque aussi un accroissement des phénomènes de violences vers des agents organismes assurant une certaine "tutelle" tels que sécurité sociale, banque et organismes de prêt, hôpitaux, travailleurs sociaux.

On remarque même que certaines corporations de secours d'urgence (pompiers, SAMU) sont désormais soumis à de tels risques. On entre dans ce cas dans un mélange des motivations de territorialité et de stigmatisation.


3. La violence de prédation

C'est tout ce qui concerne les motivations de vol, de viol et de meurtre. L'objectif est soit l'appropriation des biens d'autrui (vol) dans une optique d'envie ou de besoin (pour manger par exemple) soit la satisfaction d'une pulsion déviante (viol ou meurtre).

11 novembre 2007 à 09:29:42
Réponse #8

DavidManise


Bref, je pense qu'il n'y a pas qu'une seule approche mais que "la violence gratuite" ça n'existe pas ...

:doubleup:

Au lieu de parler de violence gratuite et de mettre la faute sur tout et n'importe quoi, je pense qu'il est plus simple, plus efficace et plus sain de comprendre comment ce type de violence se construit et s'extériorise. 

Il n'y a pas de violence GRATUITE.  Il y a simplement une violence que nous sommes incapables de comprendre.  Et la nuance est importante.  Les médias et le délire sécuritaire ambiant aiment nous faire gober que des mecs peuvent arriver bien calmement, nous foutre trois pains dans la gueule et s'en aller comme ça...  qu'on NE PEUT PAS PREVOIR, que c'est INCOMPREHENSIBLE...

L'idée maîtresse, derrière ça, c'est de nous faire gober qu'il n'y a pas de mécanismes prévisibles derrière cette violence et qu'il faut tout simplement punir sans se poser d'autres questions.  On fait des gens violents des ennemis, tout simplement.

C'est trop simpliste, et ça n'est pas efficace.

La violence, il y a toujours des mécanismes qui la sous-tendent.  Il y a des explications.  Il y a des signes avant-coureurs.  Il y a des façons de la voir venir de loin.  Et il est aussi vachement cool de savoir y faire face par soi-même...  et là, clairement, il n'est plus question de jouer aux intellos...  mais quand on comprend comment les gens violents fonctionnent, sans déconner, on peut réellement les voir venir de loin et anticiper, et leur couper l'herbe sous le pied.  Le problème, c'est que pour en arriver là il faut les concevoir comme des êtres humains.  Et ça, c'est dérangeant.

C'est surtout dérangeant dans la mesure où une fois qu'on a compris que le mec et sa violence ne sont qu'un paquet de souffrance qui essaient de garder la tête hors de l'eau, c'est pas aussi de cogner dessus pour se défendre...  Ceci dit on peut aussi faire la part des choses et cogner quand il le faut...  et parler tant que c'est possible.

Ciao !

David
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11 novembre 2007 à 09:56:25
Réponse #9

DavidManise


Tu trouves que c'est mal ?
Je pense plutôt que c'est un signe de sain respect envers autrui.

C'est pas mal.  C'est juste que la plupart des gens sont complètement inhibés.  Et c'est pas plus mal, quelque part...  parce que quand on voit ce que ça donne quand on lève les inhibitions, c'est pas tentant :(

David
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11 novembre 2007 à 10:17:23
Réponse #10

Frolboll



Au lieu de parler de violence gratuite et de mettre la faute sur tout et n'importe quoi, je pense qu'il est plus simple, plus efficace et plus sain de comprendre comment ce type de violence se construit et s'extériorise. 

Il n'y a pas de violence GRATUITE.  Il y a simplement une violence que nous sommes incapables de comprendre.  Et la nuance est importante.  Les médias et le délire sécuritaire ambiant aiment nous faire gober que des mecs peuvent arriver bien calmement, nous foutre trois pains dans la gueule et s'en aller comme ça...  qu'on NE PEUT PAS PREVOIR, que c'est INCOMPREHENSIBLE...

Je crois que c'était justement le but de l'article et c'est pour ça que je l'ai posté : donner une explication à la violence que les media désignent comme gratuite (et c'est malheureusement un terme qui restera et que l'on continuera à utiliser) et que les gens ressentent comme telle tant qu'ils n'en ont pas compris les raisons.
Merci pour les réponses.

Frol

11 novembre 2007 à 10:30:00
Réponse #11

DavidManise


Pat : je suis parfaitement d'accord avec ta catégorisation des types de violence.  C'est très clair et très utile quand il s'agit de réagir à un type de violence ou de le prévenir.  En revanche, je pense que les trois types de violence que tu décris là sont fondés sur le même genre de processus mental...  La violence, de fait, est une tentative de manipulation.  C'est un langage non verbal pour obtenir un effet sur autrui, sur la société...  et on cherche à obtenir ce type d'effet parce qu'on a un besoin très profond...  une souffrance parfois intense.

Exemple...  des mecs qui venaient dans un bar où je bossais et qui se pointaient avec les protège-dents, les coquilles, et tout...  ils ne venaient pas danser.  Ils se pointaient, enfonçaient la porte, défonçaient la gueule de 10-12 mecs, et ils se cassaient.  De mon point de vue, à l'époque, ils étaient complètement fous, des connards finis que j'avais carrément le droit de détruire.  Je les voyais comme autant de morceaux de viande et d'os animés par la seule envie de me buter...  et je réagissais comme tel.

Puis, après coup, avec le recul, j'ai essayé de comprendre.  Essayé de piger non pas pourquoi mais COMMENT ils en étaient arrivés à agir comme ça.  En me renseignant, j'ai compris que tous ces mecs étaient des anglophones, donc minoritaires au Québec.  Ils étaient tous pauvres, et sans emploi.  Ils étaient tous moches, pas éduqués, vivaient dans des taudis, et ne pouvaient même pas espérer sauter une gonzesse de temps en temps.  Ils étaient tous venus plusieurs fois dans le bar en question pour draguer, mais avaient tous été éconduits plusieurs fois par toutes les filles présentes, y compris les plus moches...  ils avaient tous 20kg de trop et les cheveux gras, et ils étaient tous cons, crades et à moitié alcooliques.  Cons parce qu'ils venaient d'un milieu où ils n'avaient pas été stimulés, parce qu'ils avaient tous un père con, alcoolique, pauvre et violent, et une mère qui passait plus de temps à survivre qu'à s'occuper d'eux, etc.  Bref, des mecs qui n'avaient pas été gâtés par la vie.  Pas du tout...

Et quand ils arrivaient, ils cherchaient du regard les jeunes, beaux, sveltes et intelligents étudiants qui étaient là.  Ils repéraient ceux qui étaient les mieux fringués, les plus cool, ceux qui avaient 3-4 filles aux basques en permanence...  ceux, en gros, qui étaient nés avec une cuiller en argent dans la bouche et qui allaient tout simplement réussir dans la vie parce que c'était la suite logique de leur enfance.  Et là ils cognaient dessus.

Violence gratuite ? 

Du point de vue des victimes, certainement, oui.  Les pauvres petits gars n'avaient rien fait de mal à ces mecs là.   
Du point de vue du videur, ces gars là étaient un cauchemar.  Ils se pointaient et c'était instantanément la guerre.  Ils arrivaient préparés...  non seulement équipés mais aussi et surtout déjà préparés mentalement à cogner et à agir, alors que moi j'étais là en train de m'emmerder sec, baillant comme un vieil ours et pensant déjà qu'à 4h j'allais devoir rentrer à pied et essayer de dormir avant le cours de ceci ou celà du lendemain matin...

Et là ils arrivaient et c'était 6, 8, 10, 12 mecs enragés qui faisaient un raid éclair.

Violence gratuite alors ?

Vraiment ?

Gratuite, peut-être...  d'un point de vue.  Mais violence facile à expliquer, à comprendre...  Les mecs venaient là pour pouvoir se dire "eux, ils ont tout, ils niquent toutes les plus belles filles, ils ont tout pour réussir dans la vie, ils vont aller loin, avoir un bon boulot, une belle bagnole, une belle bonnefemme et une grosse piscine, mais ils sauront toujours, au fond d'eux-mêmes, que ce soir là si j'avais voulu, leur vie était finie...".  Bref, ils faisaient ça pour se valoriser...  pour, de leur point de vue, rétablir l'équilibre un petit peu, et se sentir moins nuls...  au moins, dans UN domaine (la violence physique), ils étaient supérieurs à ces jeunes premiers. 

Evidemment je ne dis pas que ce genre de comportement est acceptable.  Je n'excuse pas le geste.  Je comprends simplement, maintenant, les mécanismes...  Evidemment, quand les mecs débarquaient, je ne commençais pas à discuter avec eux en leur expliquant les mécanismes profonds qui motivaient leur rage...  et je n'avais aucune pitié pour eux.  Ils avaient leur part de responsabilité, aussi, parce que plein de mecs dans le même cas qu'eux n'étaient pas violents pour autant...  donc quand je pouvais en défoncer un je ne me privais pas. 

Et alors, à quoi ça sert de comprendre ce genre de mécanismes ?

Ca sert que concrètement, mes potes qui se faisaient défoncer la gueule par ce type de mecs régulièrement, en suivant mon conseil, ont laissé tomber leur look de jeune premier, ont adopté la vieille chemise à carreaux grunge et le jeans pas cher...  ils ont commencé à danser un peu plus à l'extérieur de la piste de danse et moins en plein milieu sous le spot...  et ils n'ont plus jamais été emmerdés.  Ils ne représentaient plus aussi clairement la cible à détruire pour se sentir mieux.

Voilou...

Sinon dans l'absolu, de comprendre tout ça, ça permet AUSSI de tenter des approches éducatives et non pas uniquement répressives.  Ceci dit il faut AUSSI de la répression, dans le feu de l'action...  Sinon tout le monde se fait défoncer la gueule sans que ça ne coûte rien aux mecs.  Et là oui, pour le coup, ça devient gratuit...

Mes deux balles.

David
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11 novembre 2007 à 10:43:47
Réponse #12

Frolboll


Au regard de mes recherches, lectures et de mes expériences, j'avais tenté de modéliser les motivations des phénomènes de violence. j'en avais discerné trois.


Je crois que tu peu-être en ajouter une : la violence gratuite (nan je déconne !), la violence par pulsion de mort, ou par expression de désespoir.

Frol


11 novembre 2007 à 13:31:09
Réponse #13

SurvivalFred


J'ai bien compris ton propos plein de sagesse, comprendre n'est pas excuser, mais comment surout prévenir ?

Pat, juste un petit éclaircissement pour approfondir et cerner le sujet ?

Quand tu parles de prévenir, tu parles de prévention très en amont : éducation, programme sociaux etc ... ou de prévenir d'être une victime par des méthodes d'anticipation, des comportements adaptés, et une attitudes "save" ?

Il est évident que le deuxième cas de figure est plus notre dada, ici du moins  ;)

Fred
 

Vous êtes trop devant votre écran d'ordinateur, allez donc pratiquer dehors !!

11 novembre 2007 à 13:37:08
Réponse #14

Cam


Pat : je suis parfaitement d'accord avec ta catégorisation des types de violence.  C'est très clair et très utile quand il s'agit de réagir à un type de violence ou de le prévenir.  En revanche, je pense que les trois types de violence que tu décris là sont fondés sur le même genre de processus mental...  La violence, de fait, est une tentative de manipulation.  C'est un langage non verbal pour obtenir un effet sur autrui, sur la société...  et on cherche à obtenir ce type d'effet parce qu'on a un besoin très profond...  une souffrance parfois intense.

Exemple...  des mecs qui venaient dans un bar où je bossais et qui se pointaient avec les protège-dents, les coquilles, et tout...  ils ne venaient pas danser.  Ils se pointaient, enfonçaient la porte, défonçaient la gueule de 10-12 mecs, et ils se cassaient.  De mon point de vue, à l'époque, ils étaient complètement fous, des connards finis que j'avais carrément le droit de détruire.  Je les voyais comme autant de morceaux de viande et d'os animés par la seule envie de me buter...  et je réagissais comme tel.

Puis, après coup, avec le recul, j'ai essayé de comprendre.  Essayé de piger non pas pourquoi mais COMMENT ils en étaient arrivés à agir comme ça.  En me renseignant, j'ai compris que tous ces mecs étaient des anglophones, donc minoritaires au Québec.  Ils étaient tous pauvres, et sans emploi.  Ils étaient tous moches, pas éduqués, vivaient dans des taudis, et ne pouvaient même pas espérer sauter une gonzesse de temps en temps.  Ils étaient tous venus plusieurs fois dans le bar en question pour draguer, mais avaient tous été éconduits plusieurs fois par toutes les filles présentes, y compris les plus moches...  ils avaient tous 20kg de trop et les cheveux gras, et ils étaient tous cons, crades et à moitié alcooliques.  Cons parce qu'ils venaient d'un milieu où ils n'avaient pas été stimulés, parce qu'ils avaient tous un père c*n, alcoolique, pauvre et violent, et une mère qui passait plus de temps à survivre qu'à s'occuper d'eux, etc.  Bref, des mecs qui n'avaient pas été gâtés par la vie.  Pas du tout...

Et quand ils arrivaient, ils cherchaient du regard les jeunes, beaux, sveltes et intelligents étudiants qui étaient là.  Ils repéraient ceux qui étaient les mieux fringués, les plus cool, ceux qui avaient 3-4 filles aux basques en permanence...  ceux, en gros, qui étaient nés avec une cuiller en argent dans la bouche et qui allaient tout simplement réussir dans la vie parce que c'était la suite logique de leur enfance.  Et là ils cognaient dessus.

Violence gratuite ? 

Du point de vue des victimes, certainement, oui.  Les pauvres petits gars n'avaient rien fait de mal à ces mecs là.   
Du point de vue du videur, ces gars là étaient un cauchemar.  Ils se pointaient et c'était instantanément la guerre.  Ils arrivaient préparés...  non seulement équipés mais aussi et surtout déjà préparés mentalement à cogner et à agir, alors que moi j'étais là en train de m'emmerder sec, baillant comme un vieil ours et pensant déjà qu'à 4h j'allais devoir rentrer à pied et essayer de dormir avant le cours de ceci ou celà du lendemain matin...

Et là ils arrivaient et c'était 6, 8, 10, 12 mecs enragés qui faisaient un raid éclair.

Violence gratuite alors ?

Vraiment ?

Gratuite, peut-être...  d'un point de vue.  Mais violence facile à expliquer, à comprendre...  Les mecs venaient là pour pouvoir se dire "eux, ils ont tout, ils niquent toutes les plus belles filles, ils ont tout pour réussir dans la vie, ils vont aller loin, avoir un bon boulot, une belle bagnole, une belle bonnefemme et une grosse piscine, mais ils sauront toujours, au fond d'eux-mêmes, que ce soir là si j'avais voulu, leur vie était finie...".  Bref, ils faisaient ça pour se valoriser...  pour, de leur point de vue, rétablir l'équilibre un petit peu, et se sentir moins nuls...  au moins, dans UN domaine (la violence physique), ils étaient supérieurs à ces jeunes premiers. 

Evidemment je ne dis pas que ce genre de comportement est acceptable.  Je n'excuse pas le geste.  Je comprends simplement, maintenant, les mécanismes...  Evidemment, quand les mecs débarquaient, je ne commençais pas à discuter avec eux en leur expliquant les mécanismes profonds qui motivaient leur rage...  et je n'avais aucune pitié pour eux.  Ils avaient leur part de responsabilité, aussi, parce que plein de mecs dans le même cas qu'eux n'étaient pas violents pour autant...  donc quand je pouvais en défoncer un je ne me privais pas. 

Et alors, à quoi ça sert de comprendre ce genre de mécanismes ?

Ca sert que concrètement, mes potes qui se faisaient défoncer la gueule par ce type de mecs régulièrement, en suivant mon conseil, ont laissé tomber leur look de jeune premier, ont adopté la vieille chemise à carreaux grunge et le jeans pas cher...  ils ont commencé à danser un peu plus à l'extérieur de la piste de danse et moins en plein milieu sous le spot...  et ils n'ont plus jamais été emmerdés.  Ils ne représentaient plus aussi clairement la cible à détruire pour se sentir mieux.

Voilou...

Sinon dans l'absolu, de comprendre tout ça, ça permet AUSSI de tenter des approches éducatives et non pas uniquement répressives.  Ceci dit il faut AUSSI de la répression, dans le feu de l'action...  Sinon tout le monde se fait défoncer la gueule sans que ça ne coûte rien aux mecs.  Et là oui, pour le coup, ça devient gratuit...

Mes deux balles.

David

 :akhbar:  :akhbar:   :akhbar:


Si comprendre le coup du traite de versailles n'a pas beaucoup servi en 39-45, ca aurait pu servir en 46 (et ensuite) a imposer des conditions moins desesperantes aux vaincus. C'est relativement evident, quand on y pense, que quand on pousse des gens a bout, il reagissent par des actes extremes.

la situation magistralement expliquee par David est ,je pense, fondamentalement la meme pour les problemes qu'on a, entre autre, dans nos banlieues(on l'a aussi dans nos villages, ils sont justes moins nombreux). C'est de la "jalousie" et du desespoir. Ce qui, bien sur, n'excuse rien. Pour prevenir, il faut d'une part essayer de travailler avec le mal deja fait, en continuant ou intensifiant les efforts de "reeducation" et soutien, revoir l'education tout court, aussi, faire un peu plus gaffe aux cas difficiles a l'ecole, essayer de leur trouver du travail, faire des prisons plus vivables et essayer de soustraire les plus jeunes/"innocents" a l'influence des criminels endurcis....a ce  point la de mon discours, j'entend generalement, euuuh mais quoi tu veux depenser encore plus de thunes pour ces batards qui foutent la m*rde alors que c'est leur faute et d'autres dans leur situation deconnent pas comme ca....mais, la question, c'est pas de qui c'est la faute, mais comment faire pour que ca s'arrete,non?

Avec ce genre d'individus, on peut aussi essayer de limiter la provocation et l'arrogance,parfois inconscientes ou detournees, mais enfin, exhiber fierement un accessoire de luxe, est-ce que ca veut pas dire "moi j'ai ca et pas toi" ?? C'est limite une forme d'agression.

Et puis, a long terme, faut viser une forme de societe qui inclus pas dans son fonctionnement normal la vie d'une partie de ses membres dans une situation "inferieure",ce qui ineluctablement va creer un certain nombre d'individus gravement (et en partie legitimement) insatisfaits. La y a du boulot...

11 novembre 2007 à 13:56:46
Réponse #15

DavidManise


Salut :)

Moi j'ai absolument aucune idée de ce qu'il faut faire au niveau politique.  Tout ce que je sais, c'est qu'en comprenant mieux les mécanismes et les motivations de la violence, on peut plus facilement/moins difficilement prévenir pour soi-même et ses proches. 

Know your ennemy, comme on dit ;)

David
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11 novembre 2007 à 14:06:31
Réponse #16

Cam


Salut :)

Moi j'ai absolument aucune idée de ce qu'il faut faire au niveau politique.  Tout ce que je sais, c'est qu'en comprenant mieux les mécanismes et les motivations de la violence, on peut plus facilement/moins difficilement prévenir pour soi-même et ses proches. 

Know your ennemy, comme on dit ;)

David

Je suis encore suffisement jeune et fou pour croire prendre plus sur mes epaules que moi-meme et,dans une certaine mesure, mes proches  :D

Mais le fin du fin de la prevention, c'est quand meme d'essayer d'atteindre une situation qui ne produise plus d'ennemis, non?

M'enfin oui la on s'eloigne de la survie,pour entrer dans la speculation sociale,un des moyens, sans aucun doute, les plus efficaces pour pourrir une ambiance...Alors, selon la formule consacree, je sors...

11 novembre 2007 à 14:08:29
Réponse #17

DavidManise


Je bloque ce fil, histoire de ne pas créer de doublon avec le nouveau fil de Pat sur comment on peut faire au quotidien...

Ciao ;)

David
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