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Auteur Sujet: Histoire de lame...  (Lu 1324 fois)

22 octobre 2007 à 10:52:04
Lu 1324 fois

Kilbith


Bonjour,

J'ai choisi de poster ce message dans "feu de camp" car s'il traite bien des "outils coupants" il fait aussi appel à des notions plus large comme l'innovation, sa diffusion et le contexte "socio technique" d'émergence et de diffusion de celle-ci

Ce message est sans aucune prétention. Je ne suis pas forgeron, je ne suis pas ingénieur dans le domaine des aciers, ni même bricoleur. Ce que je vais dire est le résultat de mes lectures, réflexions et de ma modeste expérience.


Les métaux accompagnent l’humanité depuis environ 5000ans. Par rapport à l’apparition des premières lames en pierre, c’est une toute petite période. Les hominidés et même notre espèce ont donc vécus la plus grande partie de leur évolution sans avoir recours aux métaux. Il faut se souvenir de cela.
Un des moyens d’évaluer l’évolution technique d’une civilisation c’est de calculer la longueur de lame par rapport au poids de l’outil (critère d’efficacité). Ce calcul peut aussi prendre en compte la masse totale en produit de départ et l’énergie consommée pour produire cette longueur de lame (critère d’efficience).

La difficulté réside donc ici : comment obtenir une grande lame, mais la plus fine possible. Cet impératif découle de deux utilisations. D’une part l’utilisation de la lame comme outil, puis comme arme.

La lame comme outil :

Dans un premier temps (et de loin le plus long) les lames étaient des outils de chasse. Pour cette utilisation, une lame courte pouvait l’affaire. Une lame servant essentiellement à dépouiller l’animal (retire la peau) et à le découper. Les lames courtes en silex et en obsidienne accomplissent parfaitement cette tâche. Il n’est pas besoin de grande lame.
En revanche, il était impossible  de produire des lames en pierre suffisamment solides (résilientes) pouvant couper et infliger des grosses blessures assurant la mort rapide de l’animal. L’arme privilégiée était donc l’épieu, éventuellement renforcé d’une pointe en pierre (dure mais pas résiliente) en bois de cerf (résiliente mais pas dur) ou encore en os.
Avec l’apparition de l’arc et des flèches, il a fallut produire des lames coupantes et fines (résilientes). Ceci pour des raisons aérodynamiques et pour renforcer la létalité. Pendant la période de chasseur cueilleur, la distinction entre outil et arme du matériel était très fine, particulièrement en ce qui concerne l’arc.

C’est avec l’apparition de l’agriculture, soit environ 10000 ans, que la nécessité d’obtenir de grandes lames est devenue importante. Notez bien que cette date correspond approximativement aux premières utilisations des métaux chez l’homme. Par raport à l'histoire de l'humanité  5000 ou 10000 ans (ces dates sont approximatives, et varient selon les découvertes) c'est presque la même chose.
Pourquoi l'homme (hominidé) s'est-il contenté d'outils de pierre pendant des centaines de milliers d'années, et éprouve-t-il le besoin de changer ?

En effet, la productivité d’un agriculteur lors des moissons est quasi directement fonction de la longueur de lame dont il dispose. Entre l’agriculteur équipé d’un tranchant en silex, de microlithes placés sur un bout de bois, une faucille de cuivre ou de bronze et la même en fer…La productivité augmente de façon importante. Si on met à sa disposition de l’acier, elle est décuplée.
L’acier est à la fois dur et résilient. Cela permet d’éviter d’aiguiser sa lame toute les cinq minutes, et donc du fait de la perte de matière consécutive à cette nécessite de devoir se procurer un nouveau outil. Ce qui entraîne un coût important. Plus l’acier est dur, plus on peut éviter les périodes d’aiguisage, ce qui augmente encore le rendement.
Comme l’acier est résilient, on peut produire des faux qui augmentent considérablement le rendement tout en diminuant fortement la pénibilité du travail.
On comprend donc que le challenge technique a consisté à produire, pour un coup faible la lame d’acier la plus grande (résilience), la plus légère et la plus durablement coupante possible (dureté).
De nombreux facteurs interviennent dans cette équation. La forme de la lame, l’émouture de la lame….et surtout l’expérience du faucheur qui évite de « planter » la faux. Mais la qualité d’acier intervient aussi.

La lame comme arme.
Toute lame peut devenir une arme, tout outil coupant peut devenir une arme. Ce n’est donc pas l’objet qui est en cause, c’est l’utilisation qui en est faite. Ceci dit certains outils sont plus adaptés que d’autres pour estourbir sont prochain.
Cette spécialisation peut être acquise (au dépend de la versatilité d’usage) car l’être humain possède des spécificités qui le différencie des autres espèces animales. Vous comprendrez que je ne développerai pas plus avant ces points.
L’exemple type de lame spécialisée comme arme est l’épée. C’est une lame à usage unique : il s’agit d’écourter le séjour de ses semblables dans cette vallée de larme afin de l’envoyer dans un monde, réputé, meilleur. On ne peut pas faire grand-chose d’autre avec une épée.
L’avantage de l’épée en tant qu’arme, c’est qu’elle est utilisable en tant qu’arme contondante, coupante ou bien encore d’estoc. De plus, est c’est fondamental, c’est une arme coupante qui peut être utilisée sans grande précision, à la différence d’une hache. Toute la longueur est coupante de 10 cm de soi à 1 m.
Les épées sont apparues à l’âge du bronze. Elles nécessitent un métal dur et résilient. Plus le métal possède ces deux qualités, plus l’épée sera longue, coupante et légère. Un énorme avantage au combat.
On peut s’interroger sur l’intérêt qu’il y a à posséder une épée coupante. Ce qui sera obtenu au détriment de la solidité pour un poids égal. La réponse est simple : l’efficience. Face à un adversaire l’effet maximal est obtenu pour un effort moindre. Individuellement cela peut paraître peu important, mais dans une bataille de plusieurs milliers d’hommes, l’économie d’énergie engendrée par ce surcroît d’efficience fait la différence au bout de quelques temps.
En combat individuel, la légèreté et la longueur de lame sont à privilégier. A compétences de bretteur égales, cela peut faire la différence. D’ailleurs on observe en Europe que les lames s’allègent et s’allongent à partir des années 1500, quand l’arme a feu devient maîtresse du champ de bataille et que l’épée se cantonne au duel. Cet allégement est aussi rendu possible par l’abandon progressif des cuirasses du fait des armes à feu, et de l’augmentation des effectifs des armées au regard des capacités de production de cette époque.


De l’analyse ci-dessus découle la conclusion suivante : Une lame de qualité doit être à la fois dure (afin de garder un tranchant efficace le plus longtemps possible) et résiliente (afin de ne pas se briser).

Dans un prochain message, je tacherai de synthétiser les différents moyens pour arriver à un optimum. Ce sera l’occasion de discuter des alliages, des composants….etc.

Did



« Modifié: 22 octobre 2007 à 11:36:58 par Kilbith »

22 octobre 2007 à 11:03:11
Réponse #1

Maximil


La suite, la suite... (sans les fautes, intolérable de ta part, tu ne nous a pas habitué à 2 fautes par post !;) )
Fabrication maison de stylo-plume , roller , bouchons de bouteilles , kubotan , koppo-stick etc... http://maximil.chez-alice.fr/index.htm
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