Voici quelques méthodes pour se débrouiller quand la bise sera venue… Attention avant, c’est interdit !
C’est un petit résumé tiré du site :
La pêche à la main :
La pêche à la main était peu pratiquée, la rivière aux fonds vaseux n'offrant pas d'autre cache aux poissons que les "cavernes" creusées sous les berges par le courant (pourtant modeste). Dans les parties peu profondes, ces excavations étaient explorées à la main.
Dans les zones plus profondes, le pêcheur accroché par les mains à la végétation de la rive, explorait "aux orteils"; lorsqu'il sentait un poisson (qui ne bougeait pas du tout au contact du pied !), un compère complice plongeait en suivant la jambe et saisissait le poisson aux ouïes.
Les engins de pêche :
• l'épervier : filet de pêche classique, dont le lancer à la main demandait une certaine habileté. En fin de journée, un coup d'épervier en deux ou trois "coins" tenus appâtés et le repas du soir était assuré.
• la "corde" : simple fil solide, amarré à la rive, terminé par un fort hameçon, avec pour esche un gros ver de terre, un paquet d'asticots ou une boule de composition tenue secrète..; posée à la tombée de la nuit, levée à la pointe du jour, par prudence et pour éviter les (réels ?) décrochages du petit matin. Toutes sortes de prises ; carpes, tanches, anguilles, brèmes, etc..
• la "nasse" : de toutes formes et de toutes tailles; de fabrication artisanale pour les (très) grands modèles; généralement faite de grillage; amorcée à l'aide de boules constituées de pain ou de repasse, de bouse de vache, de terre un peu lourde, avec quelques vers de terre et asticots. Pour tous poissons ... Les nasses n'étaient retirées de la rivière qu'en période de basses eaux.
• le trémail (forme locale de "tramail") : filet classique, de toutes longueurs, de toutes hauteurs, de toutes dimensions de mailles (fonction du poisson pêché); tendu en travers du Dropt à l'aide d'un très long bambou ou tout simplement en se mettant à l'eau (quand la température le permettait); posé à la tombée de la nuit, levé au petit matin (voir plus haut "corde").
Achetés dans le commerce, ces filets avaient la maille "réglementaire" (sic) de 27 mm
• l'araignée (ou "triandière", de trian = goujon en patois) : formée d'une nappe de filet de faible hauteur (0.50 m par exemple), à maille en fil très fin (maille "réglementaire" de 10 mm de côté), pour la pêche de nuit des goujons, dans les gués, à l'époque du frai. Les poissons s'engagent dans les mailles et se prennent surtout par les ouïes."le trassou" : filet court (1 m environ) tendu entre deux bâtons. Le trassou était inséré verticalement (les bâtons étant horizontaux) dans un massif d'herbes à carpes, plante aquatique où les carpes aiment frayer; une carpe prise dans le trassou s'épuisait à vouloir entraîner le filet, freiné par les bâtons emmêlés dans les herbes. Il n'y avait plus qu'à ramasser le paquet au petit matin.
• l'anguillère : ce terme désigne ordinairement un vivier à anguilles ou bien une nasse à anguilles. Il s'agit ici d'un piège à anguilles édifié et utilisé naguère par les meuniers pour capturer des quantités importantes d'anguilles (plusieurs dizaines de kg par opération). Le dispositif , constitué de plusieurs grilles à claire-voie (en bois ou métalliques) savamment disposées à contre-pente les unes des autres, est placé à la sortie de pelles placées sur le bord du bief, proches du moulin. A la bonne saison (migration), avec une eau convenable (boueuse), l'ouverture des pelles crée un courant que suivent les anguilles retenues alors par cette sorte de "tamis". Plusieurs moulins possèdent aujourd'hui encore une anguillère opérationnelle, mais leur utilisation semble interdite.
• La forcée : Vraie opération commando (estivale): deux "pêcheurs" en action dans la rivière et un guetteur chargé de surveiller les flotteurs (les "bouchons") des filets et accessoirement de s'assurer de l'absence à l'horizon visible d'indiscrets (de tout poil).
Le principe : barrer un secteur d'une cinquantaine de mètres de long à l'aide de deux filets et battre la portion de rivière ainsi délimitée de façon à chasser le poisson vers les filets.
La méthode : les filets étaient mis en place silencieusement et simultanément; les pêcheurs, partant ensemble d'un des deux filets, percutaient violemment l'eau - chacun sa rive - jusqu'à l'autre filet, à l'aide de "bouladous" (bâtons terminés par un talon de botte), en visant particulièrement les souches et les "cavernes" sous les rives dans l'espoir d'en déloger les poissons qui pouvaient s'y cacher (espoir vain pour les carpes). Le guetteur encourageait les acteurs si "ça bougeait" au niveau des "bouchons"; une sarabande révélait généralement la prise d'un brochet et il était alors urgent de le sortir de l'eau sous peine de le laisser déchirer le filet à coups de dents et s'échapper !
Après un aller et retour, il n'y avait plus qu'à lever les filets, et ... recommencer un peu plus loin si nécessaire.
Efficacité redoutable ...
Pêche aux "flotteurs" ou "planchettes" :
• Matériel : Un simple roseau d'environ 1 mètre de long. Au tiers de sa longueur, était attachée une cordelette d'environ 3 mètres avec un bas de ligne nylon 50/100 terminé par un hameçon n° 2. Les bouts du roseau étaient peints en rouge.
• Esches : pour l'anguille , de gros vers de terre, des vifs ou des poissons morts (ablettes par exemple); pour la carpe, fèves bouillies dans de l'eau avec de l'anis étoilé
• Méthode : « Ces engins étaient posés depuis un bateau dans les bancs de nénuphars dans l'après midi et soigneusement notés dans un carnet. Le lendemain matin, à la pointe du jour, on allait relever ces flotteurs souvent au nombre de 150 à 200 . Lorsqu'un poisson avait mordu, on ne voyait plus qu'un bout rouge dépasser de la surface de l'eau. L'on préparait alors une large épuisette et l'on commençait à travailler le poisson directement en tenant le cordonnet dans la main et l'on contrecarrait les départs de la bête comme avec le frein d'un moulinet sauf que là , c'était vraiment en direct, comme avec une palangrotte. Le résultat n'était pas toujours extraordinaire mais souvent 2 ou 3 carpes et une dizaine d'anguilles, parfois 1 brochet, étaient au rendez-vous. »
Saison sèche:
Un été très sec pouvait faire tarir la rivière ... L'eau résiduelle était alors localisée dans les (anciens) profonds, où se trouvaient - pouvait-on penser - les poissons rescapés.
Il suffisait, armé d'une épuisette, de fouiller ces trous d'eau pour en retirer du poisson.
Dans le cas de bassins un peu trop grands pour cette méthode artisanale, les trous d'eau étaient vidés à la pompe (à main ou même à moteur!).
Parfois, se produisait un tarissement "artificiel" lorsqu'un minotier levait les pelles du moulin. Il suffisait d'être un de ses amis ...
La pêche aux grenouilles :
En rivière, la pêche la plus poétique :
Une nuit d'été sans lune.
Une barque à fond plat.
Une lampe à acétylène.
Deux "pêcheurs", l'un conduisant le bateau, l'autre éclairant les massifs de feuilles de nénuphars.
Les grenouilles, éblouies par la lumière, cueillies à la main ...
Dans les mares :
Chaque ferme avait une mare, bassin pour les canards et les oies et abreuvoir pour le bétail, alimentée par une source ou un ruisseau permanent. Ces mares constituaient des réservoirs naturels à grenouilles ...
La pêche classique :
Une après-midi d'été très chaude, une grande canne de bambou, un hameçon à trois pointes ("clou triple") équipé d'un leurre rouge et amené tout près de la grenouille. Généralement, la grenouille se précipite spontanément sur le leurre et il n'y a qu'à ferrer; sinon, d'un coup de poignet à l'horizontale, le hameçon cueille au vol la grenouille.
Une pêche "spéciale" :
D'abord, bricoler un fusil à harpon pour grenouilles : un long bambou, une baleine de parapluie dont une extrémité est usinée à la lime en pointe de harpon, un gros élastique (genre élastique à fronde), une ficelle, quelques clous cavaliers plantés dans le bambou pour guider la tige du harpon; l'élastique est attaché par une extrémité à la ficelle et à la base du harpon et lié au bambou à l'autre extrémité. Pour armer le harpon, il suffit de tirer vers soi la ficelle : l'élastique est tendu entraînant avec lui le harpon. Lorsqu'on lâche la ficelle, l'élastique se détend en projetant le harpon vers la cible, située en pratique à une vingtaine de centimètres.
Cette pêche était pratiquée de nuit, à la lumière d'une lampe à acétylène, lumière éblouissante pour les grenouilles. Son succès demandait une certaine habileté dans la visée.
La pêche aux écrevisses :
Cette pêche se pratiquait très classiquement à l'aide de balances, dans les ruisseaux à régime permanent. C'était souvent l'occasion d'un pique-nique en fin d'une journée d'été. Les balances étaient posées dès l'arrivée et commençaient à pêcher pendant le repas. L'appât était en général une tête de mouton taillée en gros morceaux par le boucher (qui n'était pas dupe de l'usage qui en serait fait...). La nuit tombante était le meilleur moment et la pêche était poursuivie jusqu'à n'y plus voir.