J’ai trouvé ce site par hasard (enfin presque) et quel bonheur de constater que je ne suis pas un extra-terrestre.
Petit, j’habitais Lyon, donc pur citadin, et mes parents n’étaient pas vraiment des adeptes de la nature. Mais un jour j’ai lu une histoire sur la vie d’un trappeur au Canada et j’ai eu comme une révélation. “C’était ça que je voulais faire quand je serais grand !”. Comme beaucoup me direz-vous ? Tu parles !
Moi, la petite lumière n’a fait que grandir et quand un heureux hasard m’a ammené dans un petit village du haut Jura, je suis carrément tombé dans le truc.
Aujourd’hui j’ai presque 60 ans et un demi-siècle de nature derrière moi. Toute une vie à me donner les moyens de réaliser mes rêves d’enfants.
Depuis l’age de 10 ans, je n’ai cessé de parcourir les forêts jurassiennes (et d’autres) été comme hiver. J’aime plus l’hiver , j’aime la neige et le froid, le ski , les marches en raquettes, je suis vraiment dans mon élément.
Je suis pationné, (drogué) par tout ce qui touche concrêtement à la vie dans la nature. Je chasse, je pêche, je fais de la montagne , j’aime les armes à feu , les couteaux, les haches, les arcs, les pièges, l'odeur des feux de camps, les bouts de ficelles qui ont une histoire, la survie, (1er. périple de survie hivernale médiatisé, en hiver 1973). J’aime les loups (mon animal fétiche), mais aussi les chiens et en particuliers les chiens de traineaux avec qui j’ai partagé quelques merveilleux moments de ma vie.
Si j’ai testé et accumulé au fil du temps un matériel considérable, je n’ai par exemple jamais acheté un traineau, un harnais ou des traits pour mes chiens. Je fabriquais tout moi même, y compris mes raquettes (revendues aux toursistes pour financer le reste). Bon, pour les chiens, nous étions des pionniers, sans moyen à l’époque, (début des années 80) avec Jacque Philippe (toujours grand musher internationnal) Louis Bavière (équipier de Nicolas Vanier) et bien d’autres, nous fabriquions tout nous-même, même les tentes.
Aujourd’hui, je vis en suisse près de Lausanne. Je vais de temps à autre, l’hiver, au Canada, mon pays de coeur. A l’automne de ma vie, toujours bon pieds, bon oeil, le virus ne m’a toujours pas quitté. Je continue toutes mes activités et je ne peux toujours pas vivre sans penser nature.
La vie dans la nature et surtout la survie, est un état d’esprit. On peut apprendre des techniques qui devraient en principe sauver la vie en situation d’urgence, mais sans le mental, ces techniques deviennent rapidement innopérantes. J’ai toujours considéré que le mental était la base dans des situations inhabituelles, notamment avec le froid et la privation de nourriture.
J ’ai la chance ou la malchance (dur avec moi et tendance à être de même avec les autres) d’avoir un mental à toute épreuve en situation de crise et plus j’ai mal, plus je souffre, plus je suis volontaire, pugnasse et performant. Une vraie tête de cochon quoi !
Il m’est arrivé plusieurs fois en situation de survie hivernale, de voir des “gros durs”, que je croyais bien connaître, s’assoir dans la neige, ne plus pouvoir faire le moindre effort pour chasser, chercher de la nourriture ou du bois pour le feu. S’asseoir et pleurer comme un enfant à cause du froid, de l’humidité et de la faim. Plus faire le moindre effort pour essayer de s’en sortir et à qui ’il faut même donner sa ration et nourrir à la petite cuillère pour ne pas que l’aventure tourne au drame. A cet égard, j’ai constaté qu’à chaque fois qu’il y avait des femmes dans une aventure et dès que la situation commençait à devenir très difficile, notamment à cause des privations, elles se montraient mentalement beaucoup plus fortes et performantes que la plus part de leurs conjoints.
Il m’est arrivé aussi d’avoir les larmes aux yeux, mais de bonheur, lorsque qu’avec mon attelage de chiens, je parcourais les nuits de pleine lune, (les chiens tirent mieux) les grandes étendues jurassiennes, ou, qu’en ski de randonnées , je m'arrêtais pour contempler la forêt recouverte de givre.
Voilà, vous comprenez maintenant ce qui m’a poussé à m’inscrire sur ce forum et si vous y êtes aussi, c’est que nous sommes ou avons été dans un autre monde, peut-être de la même tribue. Merci de m’y accueillir à nouveau, soyez sûrs que j’essaierai de m’en montrer digne.
Ceci étant et si vous le permettez je ne donnerais qu’un conseil. Messieurs, faite la part des choses, attention que dame nature , si belle, si passionnante, ne devienne votre maîtresse et que vous lui consacriez plus de temps qu’à vos compagnes et vos enfants, vous riqueriez de le regretter plus tard.
Pour le reste, pas de conseils, mais volontiers et seulement si j’ai les connaissances ou si j’en ai fait l’expérience, je vous dirais ce que moi je ferais ou quel matériel j’utiliserais dans une situation donnée. Et puis, j’ai la très nette impression que notre Manitou David, sage chef de tribue et aussi grand pédagogue, peut répondre à toutes vos questions.
Je me réjouis d’avance de m’enrichir de vos connaissances et de vos expériences .
Nem-Rod