Bonjour,
Je vais essayer ici de résumer quelques acquis concernant les matelas, pour bien dormir….Donc, "être et durer".

La fonction d’un matelas, c’est d’assurer un sommeil réparateur. Le matelas assure deux fonctions. Le confort, c'est-à-dire l’isolement du sol dur, cela permet de passer une bonne nuit. L’isolation, c'est-à-dire la protection vis-à-vis du froid venant du sol ET de l’humidité.
Jusque dans les années 80 il existait pour le commun des randonneurs trois alternatives pour passer une bonne nuit : Les isolants de circonstance (foin ou paille, chaumes), les isolants classiques (laine, journaux, carton), les isolants spécifiques (matelas pneumatiques, matelas mousse ouverte). Je vais passer en revue ces solutions, à la lumière des deux critères initiaux.
Les isolants de circonstance :
Historiquement, ils ont été très employés. Ils avaient l’avantage d’être largement disponibles en zone rurale. Ils sont confortables et isolent très bien.
L’évolution des méthodes de culture et les changements dans nos campagnes rendent ces expédients plus délicats. Il est difficile désormais de trouver des meules de foins dans les champs. Les chaumes sont plus courts….C’est bien dommage.
Dormir dans une grange est tentant, surtout avec une bâche évitant « la gratte ». Il faut faire attention au feu et au fait de tomber entre deux piles de bottes de paille. Ceci dit, ce sont des moments inoubliables…
Les isolants classiques.
Un bon matelas, c’est un matelas qui ne s’écrase pas sous le poids, et qui est suffisamment léger et compact pour être transporté. Les matériaux traditionnels ne permettent pas de réunir toutes ces qualités.
* La couverture de laine (ou acrylique) :
Pliée en deux est un isolant acceptable, moyennement confortable. Elle nécessite une bonne préparation du sol, c'est-à-dire l’élimination de toutes les petites imperfections. Comme la laine est résiliente, elle isole assez bien du froid. Elle a l’avantage d’absorber l’humidité du corps ou du sac de couchage placé au dessus, ce qui est un gros avantage (pas de condensation).
En revanche, elle est lourde et encombrante, et nécessite un isolant imperméable pour éviter l’humidité en cas de pluie. Comme elle est moyennement confortable, elle est assez bien adaptée au poids d’un enfant….pas à celui d’un adulte corpulent.
*Les cartons ondulés :
Ils sont efficaces en terme d’isolation et de confort. Surtout si plusieurs couches sont disponibles. Ils sont légers
En revanche, ils sont quasi intransportables du fait de l’encombrement. S’il pleut, ils se détériorent très vite au contact de la pluie ou de l‘humidité du sol. Ils ne sont pas facilement disponibles de nos jours.
*Les journaux.
Il me semble qu’il était plus facile de trouver de journaux il y a quelques années. Ils étaient très utilisés pour emballer les objets, ou comme isolant dans les chaussures ou sous les vêtements. Mais aussi pour faire des chapeaux en été.
Ils sont peu confortables, sauf en couches très épaisses. En revanche, c’est un excellent isolant thermique. C’est léger et relativement compact à transporter. J’ai passé plusieurs nuits en tente patrouille dans la neige, avec comme isolation, le tapis de sol, les journaux et une couverture.
Le gros défaut, c’est la très faible résistance à l’humidité. L’encre a tendance a se mettre sur les sacs quand les journaux sont secs. Très rapidement avec les entrées et les sorties de la tente ou bien les infiltrations d’eau, c’est immonde… Il faut aussi faire attention au feu !
Les matelas pneumatiques.
L’utilisation est ancienne, plus de 150 ans. C’est confortable si bien utilisé.
Mais ce sont de piètres isolants thermiques. Du fait de la convection de l’air dans le matelas, celui assit comme un excellent « pompeur » de chaleur : l’air est contre vous, vous le réchauffez, il change de densité, l’air chaud est brassé et va se refroidir au contact du sol, etc….
Parmi les autres problèmes : Un matelas pneumatique, c’est lourd. C’est aussi fragile. C’est aussi très souvent encombrant. Comme il doit être étanche, on constate souvent de la condensation entre le dormeur et le matelas. De plus, le fait de gonfler le matelas à la bouche, projette de l’humidité qui va geler par condition froide jusqu’à former des billes. Cette humidité va lentement détériorer le sac par l’intérieur.
Enfin, cela sent souvent mauvais car auparavant l’étanchéité était assurée par du latex….et l’odeur était moyenne. Ces points expliquent que les matelas pneumatiques, bien qu’anciens, ne se soient pas imposés.
Des solutions ont été envisagées. Par exemple, pour le poids, on a utilisé des matelas en soie étanchés. Ils étaient fragiles. Le vinyl a remplacé le coton enduit pour le poids et l’odeur, mais c’est plus fragile, particulièrement aux soudures.
Pour éviter la convection, on a utilisé du duvet introduit dans le matelas. C’est efficace, sous réserve de gonfler le matelas avec une pompe. Sinon, le duvet va perdre son gonflant et pourrir du fait de l’humidité de la respiration. Maintenant, il existe des solutions semblables à base de fibre synthétiques, efficaces mais moins compressibles. Le matelas est plus encombrant. La fragilité de l’enveloppe est toujours un problème.
Les mousses ouvertes.
Elles sont apparues dans les années 70. Elles sont confortables, légères et isolantes. Mais fragiles à l’abrasion et extrêmement encombrantes. Même celles ondulées en boites d’œufs sont quasi intransportables dans un sac à dos.
Le gros défaut, c’est que les cellules ouvertes absorbent l’humidité. C’est un gros problème en hiver, et rédhibitoire sous la pluie….
Voici mes quelques impressions sur ces systèmes. Cela nécessite certainement de votre part des commentaires et des critiques.
Didier.