Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Comment les psychopathes choisissent leurs victimes  (Lu 9113 fois)

02 novembre 2010 à 11:46:12
Lu 9113 fois

Karma



Un article très interressant sur les psychopathes et la façon dont ils selectionnent leurs victimes.

http://www.slate.fr/lien/29389/psychopathes-victimes-demarche-choix

J'ai eu une discussion sur un sujet similaire avec une amie psychologue. Elle m'expliquait que les psychotiques de façon générale ont une sensibilité accrue qui leur permettent de très rapidement detecter les failles chez leurs interlocuteurs.
Ils peuvent ainsi tenir des propos extrêment durs à des gens qu'ils ne connaissent absoluement pas parce qu'ils arrivent à cibler très vite les personnalités, quand une personne a un problème. Ils font plus attention aux gestes, aux tics, aux yeux qui se baissent... et peuvent tenir des propos très blessants.

De la même façon elle me disait qu'un jour à son hôpital, un patient a aggressé verbalement une infirmière en lui disant quelque chose du genre "va crever avec ton bébé". Et elle a appris quelques jours plus tard qu'elle était enceinte. Ils arrivent très facilement à voir ce genre de chose.


02 novembre 2010 à 12:02:25
Réponse #1

Lycaon


Ca rejoint une étude faites à la fin des années 70 aux Etats unis. On a montré une vidéo de gens marchant dans la rue à des criminels incarcérés à la prison de Rahway (New Jersey). Le but était d'étudier les signaux non verbaux de vulnérabilité. Les principales différences entre les gens que les criminels auraient choisis pour victime et les autres tenaient dans leur façon de marcher et de se déplacer.
Vivez comme le Bouddha (mais pas tout le temps) et battez vous comme le diable

02 novembre 2010 à 12:57:06
Réponse #2

** Mathieu **


Un prédateur est toujours à l'affût du moindre signe qui lui permette de repérer une proie facile.

D'où l'importance du langage corporel...  :up:

J'ai eu une discussion sur un sujet similaire avec une amie psychologue. Elle m'expliquait que les psychotiques de façon générale ont une sensibilité accrue qui leur permettent de très rapidement detecter les failles chez leurs interlocuteurs.
Ils peuvent ainsi tenir des propos extrêment durs à des gens qu'ils ne connaissent absoluement pas parce qu'ils arrivent à cibler très vite les personnalités, quand une personne a un problème. Ils font plus attention aux gestes, aux tics, aux yeux qui se baissent... et peuvent tenir des propos très blessants.

De la même façon elle me disait qu'un jour à son hôpital, un patient a aggressé verbalement une infirmière en lui disant quelque chose du genre "va crever avec ton bébé". Et elle a appris quelques jours plus tard qu'elle était enceinte. Ils arrivent très facilement à voir ce genre de chose.

Cela semble manquer un brin de précision.

Psychopathe, n'implique pas forcément psychotique...

Psychotique se rapporte à la psychose.

Psychopathe à la psychopathie.

Ce sont deux termes différents.

Et ce truc de la sensibilité accrue me paraît biaisé : cela ne relèverait-il pas plutôt d'une simple question de motivation et d'intention ?

Le prédateur a un meilleur taux de réussite que l'individu lambda car il a un objectif à atteindre.
Et pour atteindre son objectif, il doit obligatoirement être en mesure de détecter précisément les proies faciles...

De la même manière qu'un profiler, un psychologue, un directeur des ressources humaines, ou tout autre métier qui s'appuie sur l'analyse des comportements, des personnes, etc.

De plus, au niveau de la sensibilité nous sommes tous (sauf maladie ou problème génétique) dotés de capacités qui pourraient sembler surnaturelle ; par exemple des études ont montré que les hommes étaient capables de détecter quand les femmes ont leur règles, ou quand elles sont en ovulation, avec un taux de réussite très élevé, ou comment les femmes à partir de l'odeur d'un T-shirt peuvent dire si le génome d'un homme est intéressant en vue de la procréation, etc.

{Petit HS : Sans vouloir tout mélanger, cela me donne envie de renvoyer vers la discussion Brain Power - The Gut}

Tout cela n'a rien d'irrationnel ; nous sommes tous dotés d'un arsenal de circuits neuronaux dédiés à la survie.

Ensuite tout est question d'objectif :
Dans une société pacifiée, pas besoin de mobiliser les mêmes ressources que dans un contexte dégradé.

Mais le prédateur, lui, qu'il soit un simple délinquant, ou un psychopathe, évolue dans un contexte bien différent, et qui nécessite la mobilisation de ressources de combat...
C'est somme toute parfaitement cohérent.

02 novembre 2010 à 14:13:18
Réponse #3

Karma


Merci pour les précisions, je ne suis pas spécialiste du sujet ;).

Effectivement psychopathe n'implique pas forcément psychotique.
Avec l'amie psychologue on parlait bien des psychotiques qui ne sont absoluement pas nécessairement des aggresseurs.
Mais la discussion rejoignait le thème de l'article dans le sens où on est dans le cas de personnes avec une hypersensibilité. Par contre par rapport aux RH, profiler, psy, je suppose que c'est totalement inconscient.

Et je suis d'accord, rien d'irrationnel là-dedans !

02 novembre 2010 à 15:28:40
Réponse #4

alexr


L'article en français référencé ci-dessus renvoie à cet article en anglais : How Psychopaths Choose Their Victims.

Ce dernier renvoie lui-même à l'article Vulnerability and Other Prey of Psychopaths, que j'ai trouvé bien intéressant.

Petit extrait :

Citation de: Marisa Mauro
As for myself, a prison psychologist often dealing with career criminals and individuals with psychopathic traits, I am convinced, in the course of observation alone, that certain personal characteristics are associated with tendency to be on the receiving end of bullying such as harassment and manipulation. I have found that the demonstration of confidence through body language, speech and affective expression, for example, provides some protection.


De plus, au niveau de la sensibilité nous sommes tous (sauf maladie ou problème génétique) dotés de capacités qui pourraient sembler surnaturelle ; par exemple des études ont montré que les hommes étaient capables de détecter quand les femmes ont leur règles, ou quand elles sont en ovulation, avec un taux de réussite très élevé, ou comment les femmes à partir de l'odeur d'un T-shirt peuvent dire si le génome d'un homme est intéressant en vue de la procréation, etc.

Si tu as le temps, je serais curieux d'en savoir plus sur le deuxième exemple ci-dessus, notamment comment un génome est caractérisé comme "intéressant en vue de la procréation". S'agit-il des qualités physiques du porteur, de qualités intellectuelles, de la réussite sociale, etc. ?

02 novembre 2010 à 17:36:54
Réponse #5

** Mathieu **


Si tu as le temps, je serais curieux d'en savoir plus sur le deuxième exemple ci-dessus, notamment comment un génome est caractérisé comme "intéressant en vue de la procréation". S'agit-il des qualités physiques du porteur, de qualités intellectuelles, de la réussite sociale, etc. ?

Body odour preferences in men and women: do they aim for specific MHC combinations or simply heterozygosity? de Claus Wedekind et Sandra Furi

Citer

The major histocompatibility complex (MHC) is an immunologically important group of genes that appears to be under natural as well as sexual selection. Several hypotheses suggest that certain MHC-allele combinations (usually heterozygous ones) are superior under selective pressure by pathogens. This could influence mate choice in a way that preferences function to create MHC-heterozygous offspring, or that they function to create specific allele combinations that are beneficial under the current environmental conditions through their complementary or epistatic effects. To test these hypotheses, we asked 121 men and women to score the odours of six T-shirts, worn by two women and four men. Their scorings of pleasantness correlated negatively with the degree of MHC similarity between smeller and T-shirt-wearer in men and women who were not using the contraceptive pill (but not in Pill-users). Depending on the T-shirt-wearer, the amount of variance in the scorings of odour pleasantness that was explained by the degree of MHC similarity (r2) varied between nearly 0 and 23%. There was no apparent effect of gender in this correlation: the highest r2 was actually reached with one of the male odours sniffed by male smellers. Men and women who were reminded of their own mate/ex-mate when sniffing a T-shirt had significantly fewer MHC-alleles in common with this T-shirt-wearer than expected by chance. This suggests that the MHC or linked genes influence human mate choice. We found no significant effect when we tested for an influence of the MHC on odour preferences after the degree of similarity between T-shirt-wearer and smeller was statistically controlled for. This suggests that in our study populations the MHC influences body odour preferences mainly, if not exclusively, by the degree of similarity or dissimilarity. The observed preferences would increase heterozygosity in the progeny. They do not seem to aim for more specific MHC combinations.
 

Article complet : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1688704/pdf/9364787.pdf

______________________

MHC-Dependent Mate Preferences in Humans de Claus Wedekind, Thomas Seebeck, Florence Bettens, et Alexander J. Paepke

Citer

One substantial benefit of sexual reproduction could be that it allows animals (including humans) to react rapidly to a continuously changing environmental selection pressure such as coevolving parasites. This counteraction would be most efficient if the females were able to provide their progeny with certain allele combinations for loci which may be crucial in the parasite-host arms race, for example the MHC (major histocompatibility complex). Here we show that the MHC influences both body odours and body odour preferences in humans, and that the women's preferences depend on their hormonal status. Female and male students were typed for their HLA-A, -B and -DR. Each male student wore a T-shirt for two consecutive nights. The next day, each female student was asked to rate the odours of six T-shirts. They scored male body odours as more pleasant when they differed from the men in their MHC than when they were more similar. This difference in odour assessment was reversed when the women rating the odours were taking oral contraceptives. Furthermore, the odours of MHC-dissimilar men remind the test women more often of their own actual or former mates than do the odours of MHC-similar men. This suggests that the MHC or linked genes influence human mate choice today.
 

Article complet : http://www.coherer.org/pub/mhc.pdf

______________________

Is Mate Choice in Humans MHC-Dependent? de Raphaëlle Chaix, Chen Cao, et Peter Donnelly

Citer

In several species, including rodents and fish, it has been shown that the Major Histocompatibility Complex (MHC) influences mating preferences and, in some cases, that this may be mediated by preferences based on body odour. In humans, the picture has been less clear. Several studies have reported a tendency for humans to prefer MHC-dissimilar mates, a sexual selection that would favour the production of MHC-heterozygous offspring, who would be more resistant to pathogens, but these results are unsupported by other studies. Here, we report analyses of genome-wide genotype data (from the HapMap II dataset) and HLA types in African and European American couples to test whether humans tend to choose MHC-dissimilar mates. In order to distinguish MHC-specific effects from genome-wide effects, the pattern of similarity in the MHC region is compared to the pattern in the rest of the genome. African spouses show no significant pattern of similarity/dissimilarity across the MHC region (relatedness coefficient, R = 0.015, p = 0.23), whereas across the genome, they are more similar than random pairs of individuals (genome-wide R = 0.00185, p<10−3). We discuss several explanations for these observations, including demographic effects. On the other hand, the sampled European American couples are significantly more MHC-dissimilar than random pairs of individuals (R = −0.043, p = 0.015), and this pattern of dissimilarity is extreme when compared to the rest of the genome, both globally (genome-wide R = −0.00016, p = 0.739) and when broken into windows having the same length and recombination rate as the MHC (only nine genomic regions exhibit a higher level of genetic dissimilarity between spouses than does the MHC). This study thus supports the hypothesis that the MHC influences mate choice in some human populations.
 

Article complet : http://www.plosgenetics.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pgen.1000184

02 novembre 2010 à 18:56:46
Réponse #6

bison solitaire


Ca rejoint une étude faites à la fin des années 70 aux Etats unis. On a montré une vidéo de gens marchant dans la rue à des criminels incarcérés à la prison de Rahway (New Jersey). Le but était d'étudier les signaux non verbaux de vulnérabilité. Les principales différences entre les gens que les criminels auraient choisis pour victime et les autres tenaient dans leur façon de marcher et de se déplacer.

Il me semble que cet exemple a été repris dans l'un des fascicules de notre ami Siewolf...

02 novembre 2010 à 19:27:07
Réponse #7

Lycaon


C'est développé dans un des deux tomes de "Neurocombat".  ;)
Vivez comme le Bouddha (mais pas tout le temps) et battez vous comme le diable

03 novembre 2010 à 08:47:52
Réponse #8

remy b


rémy b
b-sharp

03 novembre 2010 à 14:24:53
Réponse #9

alexr


Body odour preferences in men and women: do they aim for specific MHC combinations or simply heterozygosity? de Claus Wedekind et Sandra Furi
(...)

Merci Mathieu pour ces documents. Donc pour répondre à ma question ci-dessus : génome considéré comme "intéressant en vue de la procréation" car permettant de maximiser la diversité génétique de la progéniture, ce qui lui confèrerait une meilleure résistance face aux maladies (si j'ai bien suivi le raisonnement).

Deux docs de référence sur ce sujet technique :

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //