On a souvent affaire à deux formes de désescalade:
La forme assertive: voix ferme mais pas agressive en regardant dans les yeux ex: Le gars vous rentre dedans (ce peut être dans une logique d' « interview »): « Désolé, je ne vous avais pas vu ». Je ne m'attarde pas, j'ai à faire, je n'ai pas peur.
La forme inoffensive et/ou d'embuscade: « je suis vraiment désolé, excusez moi ». Plus propre au Senshido. Si c'est, pour reprendre les mots de Richard Dimitri, une bonne personne qui a eu une mauvaise journée, ça passe. Si on est dans une logique « d'interview », donc une « mauvaise » personne, ça ne passe pas . Par contre, vu que le gars nous prend pour une trogne, on rentre dans la phase d'embuscade: le gars s'approche et ne se méfie pas. Je suis en passive stance, les mains près de la poitrine et pas trop écartées (autrement on crée un couloir de bus pour un direct, c'est le reproche que je ferais à la posture de « paix universelle » façon protegor, on dirait que le mec se fait braquer ou qu'il bosse ses pecs à la machine).
Quoi qu'il en soit, les conditions sont réunies pour un bon préemptif.
Souvent on en reste là. Dans l'absolu, on est tous d'accord pour dire que y'a un moment ou faut rentrer dedans. D'ailleurs, au plus on attend, au plus on a tendance à attendre. Au plus on subit. D'où l'intérêt de se forcer à avoir des repères pour le passage à l'acte. (Ex: si il me pousse plus d'une fois, je l'allume).
Néanmoins, il y a d'autres options.
La forme « témoin de Jéhovah ». On lui donne ce nom avec Luc pour le côté légèrement benêt et à la logique un peu déphasée. Exemple sur un type à la masse, main à la poche, qui disait vouloir me planter: « Je vais te planter ». Moi : « j'comprend pas ». « Je vais te planter je te dis » !!! « Oui j'ai entendu, mais je comprends pas pourquoi »; « put**n, je vais te planter ». « oui mais ça va changer quoi ? Tu vas me planter et après ? Je comprends pas pourquoi ? » au bout de deux minutes, le type : « t'es qu'un pédé, autrement tu m'aurais défoncé » Et la dessus il est parti.
La forme hyper offensive : j'ai lu un truc la dessus sur le forum. C'est la logique de l'incendie qu'on souffle par une explosion. On escalade à mort, vite et fort. J'ai vu une crevette de banlieue tenir en respect un gars plus gros de prêt de 30 kg. ça parle méchant, vite, en continu. Une vraie saturation verbale du système nerveux. En deux minutes, on est verbalement mort 10 fois, notre copine violée 15, notre famille cramée trente, et en plus on sait ou t'habiteet on va te retrouver.
On peut noter qu'un gars comme Southnarc échelonne trois niveaux de gestion verbale.
Reculez s'il vous plait.
Reculez !!!
Pu***n barre toi j'te dis !!!
On peut trouver également
La forme « je suis en colère conte la situation »: « Non mais vous vous rendez compte de ce que vous me dites ??!!! Vous pouvez pas faire un truc pareil, c'est pas possible !!! Je vous connais de nulle part et vous arrivez en me menaçant !!! Comme ça gratuitement !!!!.
On parle super fort mais pas d'insultes ni de menaces.(le gars peut sauver la face) On n'est pas dans le rituel. Mais en même temps la colère envoie un message. put**n il est pas commode le gars !!!
On peut également utiliser
l'hyper-offensif sur un tiers imaginaire. Exemple: j'arrive en poste aux Minguettes (équipes d'intervention pour les HLM) Big problème, le palier ou on a notre bureau est squatté en moyenne par 4-5 gars qui foutent le bordel. Pas moyen de les dégager. Je demande a un gars de l'équipe de me passer un coup de fil dès que je rentre dans le hall et de ne pas raccrocher (je lui explique bien sûr pourquoi) et là je pète un plomb devant les mecs sur un gars qui n'existe pas. « La put**n de toi, tu me menaces moi, sale fils de P****, mais viens !!! viens !!!!. Amènes toi, viens à 50 si tu veux, viens me fumer baltringue....et blablabla. 5 minutes de rage verbales (un samedi après midi parce que la plupart des gens sont aux courses

). A l'issu de quoi je rentre dans le local et ressort 5 minutes après pour dire aux 5 jeunes qu'on a eu des plaintes pour les dégradations qu'ils occasionnent et qu'ils doivent partir. Résultat: « désolé monsieur » et ils sont partis.
Ce sont quelques exemples de gestion verbale. J'espère ne pas enfoncer de portes ouvertes (n'ayant pas tout lu sur le forum). L'idée est que la gestion verbale peut être relativement riche -(mais pas trop, comme pour la self, trop d'options tue la prise de décision)-et que l'on peut combiner certaines approches (cf Southnarc).
Enfin, je reste persuadé qu'on gère d'autant mieux verbalement qu'on a un bon potentiel offensif en réserve. Grosso modo on négocie mieux avec un « flingue chargé » dans la poche. Cela peut paraître évident, mais certains pro de la gestion des conflits ne partagent pas cette opinion.