Le problème aussi pour eux c'est qu'aux yeux de beaucoup un taulard restera toujours un taulard...
A proximité de ma salle il y a un centre d'hébergement pour les hommes en difficulté (hommes mis à la rue, sortant de prison...) donc j'en ai régulièrement qui viennent s'inscrire. Perso je n'ai pas de préjugé et je juge chacun en fonction de son comportement vis-à-vis de moi... Et bien ça les étonne... Car évidemment lorsqu'ils me donnent leur adresse, je sais d'où ils viennent et que dans 90 % des cas ils sortent de prison.
J'ai eu une discussion il n'y a pas si longtemps que ça avec l'un deux... Son parcours était "classique": mis à la rue par son beau père vers les 15-16 ans suite à la mort de sa mère, le vol, la drogue, la violence, la prison, la récidive...
Le mec adorait le sport... Il m'a dit qu'il voulait s'en sortir et je pense qu'il voulait réellement le croire.
Je lui ai dit que perso je m'en foutais de ce qu'il avait fait avant, que tout le monde pouvait changer et qu'il ne valait aujourd'hui que ce qu'il ferait de sa vie... Et bien il est tombé sur le cul... Il m'a dit que personne ne lui avait jamais parlé comme ça, qu'on lui avait toujours dit qu'il ne s'en sortirait jamais... Et il a fini par récidiver...
Je ne l'excuse pas mais je pense qu'une fois de plus, il était plus facile et "valorisant" (si on peut dire

) de se conformer à un modèle dans lequel tout l'enfermait...
J'ai l'habitude de dire que lorsqu'on est agressé, il est trop tard pour psychanalyser ou excuser notre agresseurs mais peut-être faut-il tout de même analyser honnêtement notre manière de gérer nos rapports humains au quotidien... Et rendre de la valeur à un sourire...
Bien à vous,
Rod