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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Comment allez-vous au bois ?  (Lu 6166 fois)

22 août 2005 à 14:09:43
Lu 6166 fois

Ancien forum



Posté par Howling_Mike

voilà une question qui n'a pas encore été posé jusque là, celle de l'Art Étrange et Ô combien subtil de "faire" dans les bois... Je vois d'ici vos sourires devant vos moniteurs, mais la question est d'importance... voire vitale. Le professeur André-François Bourbeau en parle d'ailleurs à plusieurs reprises dans son ouvrage "surviethon au gré de la nature".

Ainsi par exemple il y a quelques années une jeune randonneuse s'interrogea sur la méthode la plus écologique de faire disparaître son papier toilette... elle opta finalement pour la crémation terminale des feuilles incriminés : Les flammes se propagèrent aux buissons alentours et au final, ce sont plusieurs milliers d'hectares de forêt qui brûlèrent.

Personnellement je bénéficie généralement les premiers jours du célèbre "blocage terrain" que presque tous les coureurs des bois connaissent. mais au delà de quelques jours on risque l'occlusion intestinale, mieux vaut donc s'occuper de son affaire, si je puis dire.

Je choisis généralement un site isolé, loin de tout sentier, et si possible fortement boisé, ce pour de multiple raisons :
- l'épais couvert forestier me dissimulera à la vue d'éventuels promeneurs en quête d'isolement ;
- Si quelqu'un ou quelque chose approche, je l'entendrai forcément ;
- Je trouverai forcément un "trône" à ma convenance.
Une fois mon affaire conclue, je recouvre l'objet du délit et ses "extensions" (feuilles ou papier) de branches et de pierres en terminant par des résidus de bois en décomposition, ce qui selon moi hâtera le cycle biologique de décomposition (je n'ai jamais eu la curiosité de vérifier par moi-même la véracité de cette théorie...)

Après de multiples essais, je suis revenu à l'utilisation du papier toilette, plus confortable et pratique que bien d'autre matériau, malgré sa (relative) lente bio-dégradabilité. Le ass-rag demeure pour moi une solution de la dernière chance (si je puis dire) que je n'emploie qu'en désespoir de cause... :-/

Par dessus tout, je veille à ce que l'endroit choisi pour cet instant de recueillement reste dans un état aussi proche qu'au moment où je l'ai trouvé... presque rien ne me révolte davantage que de voir des petites feuilles roses s'agitaient mollement dans le vent au milieu de mouches bourdonnantes... :o

En espérant que vous n'ayez pas lu ces lignes juste avant de passer à table, Mahalo !

Howling Mike

22 août 2005 à 14:16:04
Réponse #1

Ancien forum



Posté par kartoffel

"Blocage de terrain "? Connais pas, et mon frère, lui, il a même l'effet contraire. Mais j'ai un pote qui nous a fait un blocage de terrain sur une sortie de 6 jours une fois, sans paraître gêné...

A part ça, la crémation quand il fait humide / qu'il y a de la neige et qu'on peut maîtriser. Sinon, même méthode que toi. Y'a pas de honte  :)

22 août 2005 à 14:20:21
Réponse #2

Ancien forum



Posté par guillaume

slt :),
je environ la même chose que toi quand j'en ai besoin...,
Sauf que je ne prend pas de PQ, ce que je trouve sur place me suffit largement ;)
a+

22 août 2005 à 14:28:35
Réponse #3

Ancien forum



Posté par kartoffel

ayaya  :-/
Tu trouves quoi ? Quand je pars en rando, c'est souvent des conifères ou des cailloux, alors desfois on se prend à rêver de contrées plus douces...

22 août 2005 à 14:37:26
Réponse #4

Ancien forum



Posté par DavidManise

Bon alors... on touche là à l'un de mes sujets favoris ;)

Perso, pas besoin de "trône".  La position accroupie (en tenant bien le pantalon tiré en avant pour éviter de chier dans mon slip ::)) est anatomiquement parfaite pour larguer une bombe H.  Les fesses sont bien écartées, les abdos pré-contractés...  D'ailleurs il n'est pas rare que je m'accroupisse sur la lunette de mes chiottes.  Je fais comme ça, régulièrement...  sauf si j'ai un bon bouquin à lire évidemment ;)

En fait, le problème n'est pas tellement de chier dans les bois.  Le problème, c'est surtout l'hygiène et la gestion des déchets relatifs à l'hygiène...  Je considère donc qu'il est important de minimiser le problème à la base, pour générer le moins de déchets possibles.

Pour minimiser les dégâts, donc, trois trucs :

1) manger des fibres et toujours rester bien hydraté.  Ça permet de faire de belles petites crottes pas trop salissantes ;)

2) faire ça accroupi, de manière à ce que les fesses soient bien écartées et qu'elles ne transforment pas la substance cylindrique en une sorte de tagliatelle (pour paraphraser Ron Hood :)).

3) Pousser fort.  Vraiment fort.  Ron Hood dit qu'il faut essayer d'embrasser le sol avec son colon sygmoïde.  Ça illustre bien :)  Ça permet une expulsion propre et rapide...  et ça fait sortir aussi une petite partie du sphyncter pendant l'éjection...  petite partie se rétractant ensuite à sa place (à l'intérieur), pour laisser les parties extérieures bien propres.  Bref, souvent de cette manière, le PQ est souvent une simple habitude inutile.  Même pas vraiment besoin de s'essuyer...  sauf pour vérifier qu'on est toujours un dieu de l'évacuation des déchets ;)

Pour ce genre de petits besoins hygiéniques, un simple bandana fait bien mon affaire.  Bandana que je lave ensuite avec un peu d'eau et de savon (ce qui peut me servir à faire la toilette de ce coin là par la même occasion...  quitte à laver le bandana deux fois).   Je trouve que le bandana plus savon (biodégradable bien sûr) est à la fois plus hygiénique en cas de chiasse majeure et salissante, et plus respectueux pour les gens qui suivent (pas de papiers roses).

Je n'enterre pas mes bronzes.  Ils sont plus rapidement biodégradés, semble-t-il, à la surface.  Évidemment, quand on n'enterre pas, on choisit ses terrains d'intervention avec beaucoup de soin : loin des sentiers, et surtout TRÈS loin (et en aval) des cours d'eaux en tous genres.  Inutile d'aller contaminer les sources, et inutile de faire profiter aux autres randonneurs de ses coliformes fécaux ;)

Si jamais j'utilise des petits papiers roses, ils vont dans mon ziploc à déchet, et je les ramène à la maison.  C'est un point non-négotiable, d'ailleurs, quand j'emmène des gens en forêt.  

Ciao ;)

David

22 août 2005 à 14:43:04
Réponse #5

Ancien forum



Posté par kartoffel

Ca me fait penser à la blague de l'ours et du lapin.

22 août 2005 à 14:44:43
Réponse #6

Ancien forum



Posté par DavidManise

J'ai déjà dit ici que le seul animal sauvage qui m'ait jamais mordu, c'était un écureuil...  mais j'ai pas dit où ;)

Non je déconne...  c'était sur le doigt.

Ciao ;)

David

22 août 2005 à 14:54:01
Réponse #7

Ancien forum



Posté par Howling_Mike

Citation de: DavidManise  link=1124712583/0#6 date=1124714683
J'ai déjà dit ici que le seul animal sauvage qui m'ait jamais mordu, c'était un écureuil...  mais j'ai pas dit où ;)

Non je déconne...  c'était sur le doigt.

Ciao ;)

David


C'est ce qui était arrivé un jour à Ron Hood avec un scorpion si je ne m'abuse... mais ce n'était pas sur le doigt, lui...

Mahalo !
Howling Mike

22 août 2005 à 15:29:21
Réponse #8

Ancien forum



Posté par James

L'eau c'est pas mal, et ca le fait pour moi, avec ma main gauche et du savon (pour la main).   enfin, chacun son truc  ;D

22 août 2005 à 16:40:24
Réponse #9

Ancien forum



Posté par fabsah

Bon, je suis étonné, mais personne n'a encore parlé de ce bouquin :

http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2913031161/qid%3D1124721304/402-3963890-5351360

"Comment chier dans les bois"

Je l'ai terminé y'a quelques jours. Tres instructif, je vous le conseil. En somme, on ne se rend pas compte de toutes les incidence qu'à notre m*rde dans la nature.
Depuis que j'ai l'air lu, je pense procéder comme suis (pas encore eu l'occasion de tester) :

Chier à croupi, me torcher avec du PQ biodégradable ou avec des feuilles, creuser mon "trou de chat" à coté, mettre l'étron dedans et le mélanger longuement avec de la terre pour favoriser une décomposition plus rapide.
Tout cela bien sur BIEN AU DESSUS du niveau des points d'eau environnents.
C'est une des méthodes préconisée par l'auteur.

Le mieux est de "tout remporter", mais j'ai du mal à stocker mes crottes et mes pq usagés dans mon sac à dos, meme dans des containers étanches.

Fabrice

22 août 2005 à 17:34:15
Réponse #10

Ancien forum



Posté par Persea

Citation de: fabsah  link=1124712583/0#9 date=1124721624
Tres instructif, je vous le conseil. En somme, on ne se rend pas compte de toutes les incidence qu'à notre m*rde dans la nature.
Fabrice


Et encore là ça reste encore naturel. Ce qui est triste et plus grave c'est quand il s'agit d'un morceau de plastique... :(

22 août 2005 à 22:01:21
Réponse #11

Ancien forum



Posté par DavidManise

Citation de: Howling_Mike  link=1124712583/0#7 date=1124715241
C'est ce qui était arrivé un jour à Ron Hood avec un scorpion si je ne m'abuse... mais ce n'était pas sur le doigt, lui..


Comme ils disent ici, avec l'accent du sud : "Oh-povre..."

Remarque y'a le mari d'une de mes cousines qui s'est déjà torché avec de l'herbe à puces...  Pour ceux qui ne connaissent pas, imaginez un truc qui ne fait rien sur le coup, puis qui se met à brûler et à gratter comme des orties...  x1000.  Ensuite ça fait des cloques, puis des croûtes, puis des plaies...  puis ça guérit au bout de plusieurs jours.

Quand il est revenu de chier on lui a demandé s'il avait du PQ ou des kleenex.  Il a dit non, tout fier de nous dire qu'il était un vrai homme des bois...  ::)

On a commencé à le trouver bizarre quand il a commencé à se gratter le cul frénétiquement à toutes les deux minutes.  Puis on s'est dit qu'il y avait vraiment un problème quand on l'a vu, tout pâle, s'assoir dans une flaque d'eau sans rien dire ;D ;D ;D

Le gars il a passé une très mauvaise semaine.

Ciao ;)

David

23 août 2005 à 07:20:18
Réponse #12

Ancien forum



Posté par Persea

Et euuuuh, au cas où ...::)  Comment on la reconnait cette herbe ?  ;D ;D ;D

24 août 2005 à 09:59:34
Réponse #13

Ancien forum



Posté par Tycho70

Merci de répondre à la question de Persea avant la mienne pour ceux qui savent, car c'est très important !

Pour moi c'est pareil : Je creuse un joli petit trou avec une PB ou mes chaussures, puis je m'accroupi "à la turque", enfin lorsque j'ai fini ma besogne je prend du pq (mais sinon c'est vrai que les grandes feuilles d'arbres ça marche aussi).

Enfin je recouvre le tout de terre, afin que ça ne se voit pas du tout ET, ma touche perso, je met 2 batons en forme de X à la manière des mines antipersonnelles, histoire de m'en souvenir si je repasse par là, ou si quelqu'un d'autre à la même idée que moi... ;)

24 août 2005 à 10:36:48
Réponse #14

Ancien forum



Posté par DavidManise

Citation de: Persea  link=1124712583/0#12 date=1124774418
Et euuuuh, au cas où ...::)  Comment on la reconnait cette herbe ?  ;D ;D ;D


Salut :)

À ma connaissance il n'y en a pas en europe.  Juste sur le "nouveau continent" (celui sur lequel on trouve les plus vieilles formations géologiques du monde ;)).

C'est du "poison ivy" en anglais.  Une petite plante d'environs 20 à 40 cm de haut, qui ressemble un peu à un très très jeune arbre qui démarre.  Il y a trois feuilles au bout de la tige unique, ligneuse et dressée.



Heureusement les feuilles sont plutôt petites, alors on n'est normalement pas tenté de les utiliser comme PQ.  Par contre quand on marche ou bivouaque dans les sous-bois, il vaut mieux regarder où on pose ses mollets ou son sac !

L'herbe à puce aime bien les terrains riches en nitrates, écrasés et humides.  Typiquement on la retrouve dans le même genre d'endroit qu'on retrouve les orties ici.  Près des murs, près des pâturages et dans les sous-bois humides et riches...

Perso, l'herbe à puces ne me fait rien du tout (je touche du bois...).  Mais c'est rare.  La plupart des gens y sont très sensibles.  La réaction que cette herbe déclenche est de type allergique, en fait.  Sur les feuilles et la tige, il y a une sorte d'huile allergisante.  Les symptômes apparaissent entre quelques minutes et quelques heures après le contact, et peuvent durer plusieurs jours.

Le jus d'une feuille de plantain est souvent efficace, si on l'applique assez tôt, ou encore pour calmer les démangeaisons et la brûlure une fois que les symptômes sont déclarés (le plantain est anti-allergique).  

En se lavant à grande eau et avec du savon dès le contact, on peut réduire, semble-t-il, les symptômes en nettoyant tout simplement l'huile...  Il existe aussi des traitements "de choc" à base de corticoïdes (en crème) etc.

L'huile de l'herbe à puces peut facilement se coller aux vêtements, aux tentes, aux duvets...  et causer des symptômes dès qu'on reprend son matériel de bivouac (coup classique) pour repartir...  Bref, mieux vaut prévenir que guérir.  Au Québec, avant de poser mon matelas de sol quelque part, je jette un oeil ;)

Ciao ;)

David

24 août 2005 à 23:05:58
Réponse #15

Ancien forum



Posté par Persea

Merci pour tous ces renseignements, si des fois il m'arrivait d'être un jour de passage de l'autre coté de l'Atlantique, j'ai enregistré les caractéristiques de "poison ivy"  (j'ai même sa photo alors elle aurait qu'à bien s'tenir) ;) ;D

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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