Le parallèle que l'on peut induire entre TLD ou les métiers TE/TP c'est le face a face avec l'exigence de réussite.
Les boutonneux dont il était question plus haut et plus généralement tous ceux qui pensent que le tir se résume à aligner une croix avec une cible n'ont qu'une vue réduite - pour ne pas dire étroite - du complexe homme-technique-environnement-réussite-engagement
Apprendre à tirer c'est avant tout un travail personnel de recherche de la performance, de la confiance, del'intériorisation de la technique.
Un tir c'est un juge. Net et impartial. Il révèle parfois beaucoup de l'état intérieur du bonhomme. A certains moment les résultats partent en vrille. Le doute s'installe, cette saloperie de doute qui ne doit pas exister chez le combattant...un jour il est la, il te mine... le centre du carton est indestructible, inaccessible, protégé de sorcellerie. Et puis il y a les moments de grâce ou tu ressent le truc, ou tu sais par avance ou tu va mettre la gommette avant même d'avoir effleuré la queue de détente avec la pulpe de ton doigt.
Toutes les situations qui mettent en jeu la maîtrise de technique ou de procédés qui mettent face a face l'homme face à l'exigence de réussite et à la pression d'un jugement froid et absolu (non sujet à caution) sont confrontés à ce genre de travail sur sois. C'est très riche parce que exigeant, parce que cela force à se confronter au propre reflet de son mental. Tir, escalade, l'apnée,....
Ce travail d'excellence permet de mieux se connaître, de mieux se maîtriser, permet d'affiner la concentration, de pousser le stress dans le positif dans le concours d'un objectif de réussite voire de sauvegarde.
En cela, je trouve que ces activités sont utiles en situation de difficulté.
Mais le travail est long, difficile pour faire de son outil, de son environnement le prolongement de sois...
Le japonais pratiquants du kyudo expriment le fait que la flèche au centre d'une cible exprime un bon équilibre entre un corps et un esprit disciplinés et harmonisés, ils cherchent à transcender à la fois le désir de l'ego et l'objectif très terre à terre du résultat.
Il y a donc parfois des activités à double fond...partant d'un sentiment guerrier primaire opposé au monde et assoiffé de violence, on peut parfois se retrouver étrangement seul face à sois même et a un grand vide devant un carton silencieux, injuste, désespérant...miroir sans teint de son âme.
Il y a parfois des jours ou les cibles prennent davantage l'apparence de tunnels dont la sortie paraît si loin, ce petit point blanc dans tous ce noir...
Donc tir et survie? Il n'y a peut être pas que le caractère létal de l'arme a prendre en compte là dedans...