Je sais pas si on peut vivre sans amour, j'ai été particulièrement chanceuse de ce côté là.
Mais je crois en fait qu'on peut élargir le champ : je pense qu'on ne peut surtout pas vivre sans quelque chose qui nous dépasse. En ça, je rejoins l'Humain sur l'histoire du soldat japonais. Ca peut être l'amour, donc, c'est assez fréquent. Ca peut être la foi, le sens du devoir, ou un idéal (politique par exemple). Bref, quelque chose qui fait qu'on n'est plus seulement un amas de 70 kg de cellules. Parce que je pense sincèrement que c'est ce dépassement de soi (en amour comme au combat, hein) qui fait de nous des humains.
Bref, tout ça est très personnel...
Et la déception si le lendemain espéré n'est pas si beau ne peut-elle pas affecter la survie ? Le lacher prise n'est-il pas aussi profitable concernant nos espérances ?
Ceux qui pensent que l'attachement est souffrance voient fréquemment le bonheur comme une forme latente de souffrance puisque ce nonheur est impermanent alors que l'on souhaiterait qu'il dure. Le véritable bonheur est dans l'absence de sensation, hors de ce que l'on appelle courament bonheur et malheur...
Alors là, je bondis. Faut être honnête, je bondis d'autant plus que je suis passée par là...
Je ne voudrais pas répéter mes posts, mais tout de même, il y a des constantes. Et une des constantes est que la réalité n'existe pas pour elle-même. Elle est toujours perçue et interprétée. A partir de là, je crois que quand une tuile (ou tout le toit...) nous tombe dessus, c'est (encore !) le mental qui fait la différence. C'est normal de souffrir mais à un certain moment, faut se dire "bon, et maintenant, qu'est-ce que je fais de ça ? Quel sens je lui donne ?". On a tous une voisine qui est la reine pour se plaindre, en vrac, des autres voisins, du chien, du beau temps qu'est trop chaud, du mauvais temps qu'est trop humide, etc. Et on a tous aussi dans notre entourage des gens à qui l'innommable est arrivé (perte d'enfant, viol, accidents) et qui trouvent encore le moyen d'être gais et de se démener pour le bonheur des autres.
Sebastienb, tu as fait un assez beau lapsus de clavier : au lien d'écrire bonheur (bonne-chance, qui s'oppose d'ailleurs à malheur, mauvaise chance) tu as écris "nonheur". Je sais que bon, le b et le n sont tout près, mais j'aime quand même bien le sens que ça donne à ta phrase
