Je ne suis pas sûr qu'avoir une arme chargée soit déjà de la préméditation de manière systématique.
Généralement la préméditation est tout de même un ensemble de facteurs (avec un seul c'est difficile de le démontrer).
Ensuite même avec des jurisprudences constantes faut se méfier: chaque cas est finalement particulier.
Un des récents cas médiatiques a été ce commerçant de Nogent-sur-Marne qui avait tiré dans le dos des agresseurs qui étaient venus chez lui, de nuit et armés... La légitime défense a finalement été retenue.
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Maintenant une petite précision s'impose: je ne suis pas juriste du tout, et même que si on me dit que je suis juriste, je le prends pour une insulte!! 
Maintenant que je comprends que ceci peut être perçu comme une insulte, j'hésite naturellement un peu à avouer ma qualité de juriste...
Ceci dit, je suis fondamentalement d'accord avec ce qu'écrit ici Bison Solitaire (et avec ce qu'il a écrit plus haut), mais également avec ce qu'a écrit Patrick et qui a été cité plusieurs fois à propos de l'initiative de la confrontation.
Même si la pratique du droit pénal n'est honnêtement plus mon lot quotidien depuis de nombreuses années, mon analyse est la suivante : la préméditation c'est d'abord et en premier lieu l'intention calculée, et la possession ou l'utilisation d'une arme n'est qu'un élément parmi d'autres pour l'établir qui, pour important qu'il soit, vient logiquement après le critère de l'initiative de la confrontation.
En clair, si vous êtes agressé ou si vous êtes victime d'une intrusion chez vous, ce n'est pas le fait que vous ayez une arme à disposition pour vous défendre qui va caractériser une circonstance aggravante de préméditation applicable aux faits qui pourraient vous être reprochés si la riposte est jugée trop disproportionnée pour être de la légitime défense.
En revanche, la nature et le degré de disponibilité et/ou de préparation de l'arme utilisée ont généralement une influence directe sur l'appréciation de la proportionnalité de la riposte, donc de la légitime défense...
Honnêtement, et pour en revenir à la question de Jas et ne prendre qu'un exemple, le fait d'avoir à portée de main chez soi en cas d'intrusion malveillante une arme chargée pour la chasse au sanglier est-il pertinent, alors que généralement le même type d'arme (si c'est celle-ci qu'on considère devoir utiliser, ce qui en soi est évidemment discutable) peut être facilement chargé avec de la gomme-cogne ?
Je constate par ailleurs que les questions de légitime défense sont ici soulevées de façon récurrente et j'y vois, comme Thanos dans un autre fil à propos des discussions répétées sur les mérites respectifs de tel ou tel matériel, une sorte de tentative de se rassurer à l'avance, ici en l'occurrence en tentant de se dispenser par avance du discernement qu'il y aura lieu de faire le moment venu, sous stress intense et dans des conditions par hypothèses très défavorables.
Mon avis est que malheureusement cette tentative est parfaitement vaine. Le plus important à retenir me semble-t-il est qu'en matière de légitime défense, chaque cas est particulier, et que le discernement à opérer le moment venu ne peut jamais être fait par avance et en théorie.
Ce qui n'interdit pas de prendre des dispositions préventives qui, si elles restent de bon sens, ne devraient pas nous exposer juridiquement...
Finalement, on en revient toujours à la même problématique, incontournable en SD: à quels risques suis-je exposé, que puis-je faire pour les prévenir, et si la prévention échoue que serais-je personnellement capable de faire, de façon réaliste, pour y répondre tout en l'assumant ensuite?
Cordialement,
Bomby