Les claquages.
Définition
Un claquage est une lésion de quelques fibres musculaires. Il provoque une impotence fonctionnelle immédiate, une inflammation locale, un œdème, et un hématome.
Conditions d’apparition
Il survient lors d’une contraction brutale, ou lors d’un étirement brutal (qui provoque en réflexe une contraction vive du muscle concerné). Dans les 2 cas, le mécanisme est le même : la contraction engendrée est trop rapide, et le membre concerné n’a pas le temps de réaliser le mouvement. Prenez comme image de tirer violemment sur une corde attachée solidement à une poutre bien encrée au sol. Si la traction est suffisamment puissante, la poutre ne bouge pas, mais des fibres de la corde se rompent)
Symptômes
Lorsque l’on se claque, on ressent immédiatement une douleur de type « coup de poignard » qui entraîne une douleur vive, localisée. Quelquesfois, on ressent comme si le muscle a claqué comme un fouet (d'où le nom claquage). L’effort que l’on est en train de faire est stoppé net.
Le muscle est contracturé (réaction automatique de protection) douloureux. Et… c’est pire une fois qu’il a refroidi
Traitement immédiat
Appliquer le protocole RICE :
Rest : repos
Ice : glacer dès que possible, et le plus souvent possible dans la journée.
Compression : Bandage LEGEREMENT compressif (serrez pas comme des bœufs hein !)
pour limiter l’œdème
Elevation : garder le membre surélevé les premiers jours (1 jour ou 2)
ATTENTION : contrairement à ce que font les médecins : PAS D’ANTI-INFLAMMATOIRE, du moins, pas les premiers jours. Cela défavorise l’activité de macrophages qui nettoient la plaie en éliminant les tissus nécrosés.
Traitement global
Il s’agit d’une rééducation… mais pas n’importe laquelle, n’importe comment.
Tout d’abord, il faut savoir que même si on laisse cicatriser tout seul… ben justement, ça va cicatriser de toutes façons. Mais l’orientation du tissu cicatriciel se fera de manière anarchique, et non dans le sens de la contraction, ce qui laisse des cicatrices gênantes voir douloureuses, et UN RISQUE DE RECIDIVE ELEVE.
Donc, en clair, ça va cicatriser de toutes les façons, il faut donc juste guider la cicatrisation pour qu’elle se fasse dans les meilleures conditions possibles pour qu’il n’y ait pas de séquelles.
Ca, se sont les grands principes du traitement.
Comment y parvient-on ? par le biais d’un protocole de renforcement musculaire REFLECHI.
Quelques notions avant d’aller plus loin :
- Pistes de course du mouvement. Pour l’exemple, on va prendre le mouvement de flexion et d’extension du genou, et comme muscle le quadriceps.
GENOU TENDU : on appelle cela la piste proximale.
GENOU FLECHI 90° : c’est la piste moyenne
GENOU ENTRE 90° et flexion maximale : c’est la piste distale.
- Types de contractions, toujours en prenant le quadriceps comme muscle de référence.
Mouvement concentrique : la contraction déplace le membre de piste distale à piste proximale. Ici, pour l’exemple, c’est le mouvement du genou fléchit qui se tend sous la contraction du quadriceps.
Mouvement excentrique : la contraction freine le membre qui lui, se déplace dans la direction opposée sous l’effet d’une force extérieure. Dans l’exemple, je pousse sur le tibia pour plier le genou, et vous vous freinez le mouvement.
Contraction isométrique : dans l’amplitude choisie, il y a contraction contre une résistance, mais aucun mouvement.
La rééducation.
Sauf sur de grosses lésions, il faut 4 semaines pour une reprise sportive progressive, et 6 semaines pour la reprise de la compétition.
La rééducation se fait donc sur ce laps de temps.
On débute vers le 4 ou 5eme jour.
Première phase : contractions isométriques en piste proximale… puis moyenne… puis distale.
Deuxième phase : contractions concentriques en piste proximale, muis moyenne, muis distale
Troisième phase : contractions excentriques en piste proximale, puis moyenne, puis distale.
LE TOUT SANS DOULEUR.
Un autre manière qui se fait chez certains sportifs au U.S.A. :
Première phase : idem
Deuxième phase : contractions concentriques puis excentriques en piste proximale,
Troisième phase : contractions concentriques puis excentriques en piste distale, suivie de contractions concentriques et excentriques dans l’amplitude totale.
Perso, je préfère appliquer le premier, qui est moins risqué et mieux ressenti par le patient.
Je ne précise pas quand on passe d’un type d’exercices à un autre car… ça devient trop techniques là…
Concernant les étirements… il y a plusieures polémiques. Certains prétendent qu’il faut commencer précocement mais sans douleurs, d’autres qu’il faut le faire en fin de rééducation, et d’autres qui préconisent de ne pas faire d’étirements du tout sur toute la rééducation.
Personnellement, je bosse les étirements les 2 ou la dernière semaine, en douceur et de manière totalement indolore.
Pour les phases dynamiques, un échauffement est requis avant de commencer.
En résumé
Une lésion musculaire de type claquage se rééduque en faisant bosser le muscle. PAS D’IMMOBILISATION S.V.P.
Les reprises d'activité physique précoses avec strapping à la Zidane 10 jours après accident parrce qu'il faut absolument jouer le coupe du monde sont totalement inutiles, et rallongeront le temps pour la guérison complète (d'ailleurs, à cette coupe du monde là, il n'avait pas fait grand chose, ce n'est pas une machine le bonhomme).
Toutefois, si la lésion est trop importante, on peut devoir recourir à la chirurgie pour éviter les séquelles fonctionnelles.