Bonjour à tous,
Je fais une petite intervention sur le domaine de la sécurité à deux vitesses, car je termine une année de travail là-dessus.
Au départ mon étude était tout autre, je voulais faire un point sur la violence dans les établissements scolaire en ZEP , et j’ai pensé que la meilleure solution était de me faire recruter comme prof afin de passer une année scolaire en établissement . Sans arrêter mes activités universitaires, j’ai donc intégré dix heures par semaine un lycée professionnel à Nanterre. Le hasard a voulu que j’y trouve un CAP d’agent de prévention et de surveillance, je me suis donc intéressé à la formation et rapidement j’ai fait la comparaison entre le public et le privé.
Mes élèves sont des jeunes garçons ou filles de 16 à 18 ans qui font une formation sur deux années, le CAP porte sur la sécurité incendie, la sûreté, le secours aux personnes ( secourisme). Bien entendu il y a du français, des maths, SVT, sport….. . Le jeune qui va sortir avec un CAP peut travailler sans problème, très honnêtement, la formation est intéressante car elle permet en deux années de former tranquillement les jeunes gens , le référentiel est très large et permet aux enseignants une large interprétation du contenu pédagogique, par exemple vous pouvez faire des mises en situations très réalises ,faire des stages auprès des services de police, chez les pompiers … , en deux années il est possible de donner une bonne base professionnelle.
Dans l’année je me suis rendu compte que malgré la qualité de CAP, il n’était pas forcément bien coté par les entreprises privées et qu’un jeune qui va dans une entreprise est souvent moins considéré qu’un autre. Pour bien comprendre cela il faut comprendre le bisness de la formation en sécurité .
Deux grandes voies, d’un côté l’ Éducation nationale avec son CAP , son bac Pro et ensuite IUT , jusqu'à ingénieur et de l’autre coté le ministère de l’ intérieur et les entreprises privées avec des diplômes professionnels tel que le SSIAPS pour l’ incendie, le CQP ( certification qualification prof) etc .. , le ministère de l’ intérieur élabore le contenu pédagogique des formations, procède à l’ agrément des entreprises privées chargées de faire les formations, valides les instructeurs, et participe au jury d’examen , les entreprises privées montent les centres de formation.
Suivant les textes, un jeune qui va sortir avec un CAP ( Éducation Nationale ) après deux années de formation sera l’ égal d’un agent de sécurité qui aura un SSIAPS et le CQP ( intérieur + privé ) celui ci aura fait 10 jours de formation pour l’ incendie et 10 à 15 jours pour le CQP. Alors je sais bien que le privé a des techniques très efficaces et qu’à l’ Éducation Nationale nous ne sommes que des fonctionnaires paresseux et souvent en grève mais comparer deux années de formation en lycée à 1 mois ou 1 mois et demi dans le privé m’ étonne et me laisse interrogatif. Pour en savoir un peu plus j’ai donc mené ma petite enquête sur les centres de formations privés.
La plupart appartiennent à des entreprises de gardiennage et de sécurité qui font tourner les taxes de formation ( apprentissage , cotisations formation .. ) j’ai rien contre juste un constat.
J’ai rencontré des centres de formations avec des formateurs de bon niveau, ils sont les premiers à dire que la formation des agents est très insuffisante et le contenu pédagogique inadapté ( CQP)
Sur 164 agents de sécurité titulaire de la qualification CQP rencontrés à qui j’ai fais passer un test professionnel , 2% étaient illettrés, 5,2% avaient une très mauvaise compréhension du Français , 9,2% n’avaient pas le niveau pour passer en deuxième année de CAP .
La liste est longue, mais voilà où je veux en venir, de plus ne plus l’ Etat de désengage au profit des entreprises privées pour des missions appelées « non essentielles »,( le ministère de l’ intérieur supprime des postes) cependant le citoyen contribuable ne s’y retrouve pas du tout d’un point de vue qualitatif, le ministère de l’Intérieur monte des formations rapides , non adaptées , supposées pouvoir remplacer un policier par un agent de sécurité privé, il y a tromperie et l’Etat est responsable de cela, les sociétés privées en profitent, elles auraient tord de s’en priver, après tout elles payent des impôts et des cotisations sociales .
Pour information complémentaire, une formation CQP est à environ 1100 euros, un SSIAPS est à environ 1500 euros , un CAP est gratuit…., l’Education Nationale est limitée à un CAP par département . A 18 ans un gamin qui souhaite travailler dans la sécurité doit sortir 1100 euros pour travailler .
Pour terminer, lors de cette année d’enquête, j’ai mis à jour un trafic de diplôme, qui m’a mené sur une importe entreprise de gardiennage du sud de la France, qui sous-traite les prestations à des entreprises bidons installées en région parisienne, celles-ci emploient des personnes en situations irrégulières, des pauvres bougres exploités qui travaillent 300 heures pas mois, payés une misère . Pour illustrer mes propos ci-dessus, sachez que j’ai retrouvé les agents de sécurité avec diplômes bidon et en situation irrégulière dans une majorité de services publics, tribunaux, Urssaf, CAF,etc. J’ai constitué un dossier qui a été déposé avec un article 40 auprès du procureur de la république de Nanterre, dormez braves gens, les technocrates s’occupent de notre sécurité.
bien à vous
JL