Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Nourriture sauvage en Provence et Mediterrannée  (Lu 13758 fois)

30 mai 2010 à 14:39:51
Lu 13758 fois

Ascanio


C'est un sujet peu traité, pourtant les bords de la Mare Nostrum sont généreux. Je me propose de parler de ce que je sais récolter à pieds ; je dirai peut-être ailleurs un mot de la survie en mer.
Avant tout, petit rappel légal (pour la France) :
  • le ramassage des coquillages est interdit de début mai à fin octobre, en général. Se renseigner pour la zone envisagée
  • la pêche sous-marines avec des bouteilles est prohibée. Se faire coincer avec un harpon ou une arbalète ET des bouteilles peut valoir une amende... salée
Je vais vous donner ma recette du riz pilaf aux arapèdes, inventée un jour que j'en avais marre du riz au riz ;D
L'arapède, appelée aussi bernique ou patelle, est ce "chapeau chinois" qui se cramponne aux rochers, dans la partie émergée qui reçoit des vagues. On glisse une lame de couteau dessous et on fait levier pour la décoller. La lame doit être suffisament fine mais assez solide. La bestiole détecte la tentative et se serre plus fort contre le rocher, ça devient plus dur à avoir. Si on est assez rapide, on arrive à la surprendre ; si on peut glisser le tranchant plutôt que la pointe, c'est plus facile. Celles qui sont toutes sèches, en hauteur, résistent plus.
Récolter une ou deux poignées, les jeter dans de l'eau bouillante et les y laisser un quart d'heure. J'ajoute un peu de vinaigre mais je ne suis pas sûr que ce soit utile, c'est que j'aime ça. L'ébouillantage permet de les attendrir et les décolle de la coquille. On obtient une sorte de disque beige surmonté d'une boule noire prolongée de 2 petites cornes de la même
couleur, que j'enlève.
La suite de la recette est adaptable à tout un tas d'ingrédients ; je l'ai dérivée du curry indien et elle ne nécéssite qu'une casserole (une sauteuse avec couvercle en verre est l'idéal), ce qui est parfait pour les flemmards de la vaisselle les radins en eau potable dont j'étais, à mon bord. Voici :
Peler et émincer un oignon. Mettre de l'huile dans la sauteuse, y faire griller des graines de moutarde noire, de cumin, de pavot, enfin ce qu'on a/aime ; faire dorer les oignons. On peut à ce stade ajouter du curry, du poivre, du piment, ce n'est pas obligatoire. Rajouter un verre de riz par personne plus les arapèdes,  faire un peu sauter le riz qui devient translucide. Rajouter un verre et demi d'eau par verre de riz, porter à ébullition à feu vif, puis réduire le feu et laisser environ un quart d'heure. C'est cuit quand toute l'eau à été absorbée.
Bon appétit.
" Celui qui sait s'orienter n'a pas besoin de GPS. " (pcc Lao-Zi.)

30 mai 2010 à 15:27:23
Réponse #1

Ascanio


Le bigorneau : C'est une espèce de petit escargot tacheté qui se rencontre, comme les arapèdes, sur la partie émergée des rochers. Je n'en vois plus beaucoup, est-ce la pollution ou des hordes affamées qui en sont responsables ? Je ne sais. Il faudra que j'aille dans un coin peu accessible pour vérifier.
Les oursins : on les rencontre sur les rochers, parfois avec ses pieds, ce qui est douloureux. Les piquants cassent dans la chair et il faut les extraire avec une aiguille et une pince à épiler, ou en appliquant de la teinture d'iode, ce que je n'ai pas essayé.
J'en connais trois espèces :
  • les noirs
  • les verts/violets/bruns
  • les "grand-pères"

On ne consomme que les verts/violets/bruns. Il paraît que les noirs sont comestibles mais insipides, tandis que la bonne espèce est à mon goût un mets de roi. Celle-ci ne vit jamais sur des parois verticales, ce qui permet de les distinguer des noirs, chose pas si évidente sous l'eau. Il y a deux façons de les pêcher : en plongée ou avec une graffe, long manche muni à son extrémité de trois doigts en métal recourbés, que l'on opère depuis un bateau. C'est la méthode traditionnelle.
Je les pêche en apnée ; enfant, je les attrapais à la main, en passant les doigts sous les piquants, ce qui évite (plus ou moins) de se piquer. Aujourd'hui, ça me donne une allergie, donc je les décolle à l'aide d'une fourchette en inox (munie d'une dragonne) et je les fourre dans un sac en plastique (quelquefois trouvé sur place >:( )
Pour les ouvrir, je me sers de ciseaux solides que j'enfonce dans la partie molle qui entoure les dents et je découpe une couronne pour enlever la partie plate. A l'intérieur, il y a des parties orange et des parties brun-vert. Je gratte avec l'ongle pour enlever le brun vert et ne laisser que le "corail" comestible et je rince à l'eau de mer (car je consomme sur place).
Le corail se mange à la petite cuillère (comme le caviar  ;D ), certains le mettent dans une omelette, moi je trouve ça dommage. C'est très nourrissant, une ou deux douzaines par personne font déjà un bon plat ou même un repas. Avec des tartines beurrées et un coup de vin blanc, c'est un délice. On dit aussi que c'est aphrodisiaque, je ne garantis rien de ce côté, mais j'ai déjà emmené une belle au bord de mer pour lui en faire goûter, franc succès ::)
" Celui qui sait s'orienter n'a pas besoin de GPS. " (pcc Lao-Zi.)

28 juin 2010 à 08:57:07
Réponse #2

lapindu11


du coté de chez moi a port la nouvelle je ramasse des moules (tout le monde connait) des palourdes, dans et en sortie d etangs, les crabes verts les tellines ( delicieuses en persillade) et a environ 2 metres de profondeur en plage des couteaux ( juste en apnee sans masque ni tuba), des coques dans les etangs attention toujours cuire tous ces coquillages sinon risque de diarrhees ils constituent aussi d excellents appats pour la peche

28 juin 2010 à 09:34:02
Réponse #3

philippe13


En Normandie, pays de caux, l'arapède n'était pas consommé mais d'usage courant comme appat.
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

28 juin 2010 à 13:10:04
Réponse #4

Ascanio


Merci Lapindu11, pourrais-tu expliquer comment on repère ces animaux qui vivent dans le sable ? Je vais pour ma part encore parler de ce qu'on trouve dans les rochers, un délice bizarre : le violet.
Il est difficile à repérer. Malgré ma longue expérience de l'apnée, il m'a fallu des explications pour arriver à en trouver.

Il vit à quelques mètres de profondeur, accroché aux rochers dont il a souvent la couleur ; c'est en faisant le tour de ces rochers et en observant leur profil qu'on voit dépasser une sorte de patate, comme une excroissance minérale couverte d'épibiotes, algues, vers, etc. Il n'est pas violet, ce sont ses tubes nourriciers qui le sont (paraît-il).

Une fois repéré, il reste encore à saisir l'animal. Ce n'est pas un coquillage comme les huîtres, sa coquille est molle (c'est un tunicier), il expulse l'eau qu'il contient en cas d'alerte et devient très dur, impossible à décrocher. Il semble pouvoir capter les mouvements de l'eau autour de lui.
Ma technique consiste à plier le poignet à angle droit et à donner un coup rapide de côté pour le décrocher par surprise ; il réagit rapidement.

Et tous ces efforts pour quoi ? On coupe le violet en deux, à l'intérieur on trouve un logement contenant une chair jaune, qu'on extrait avec l'ongle du pouce et qu'on croque telle quelle.
Le goût est très surprenant, fort et iodé, il est fréquent qu'on n'aime pas du tout la première fois.
La deuxième fois, on s'habitue, et la troisième, on est accro  :)

J'en pêche un ou deux pour manger au milieu d'un festin d'oursins. Je crois que les petits sont moins forts et que juste sorti de l'eau, le goût est aussi moins prononcé.

Je n'ai pas trouvé d'infos à ce sujet, mais je présume que le violet a de grandes qualités nutritives. Ce qui est sûr, c'est que c'est plein d'iode !

Par acquit de conscience, je cherche sur le Net et je ne trouve rien de bien clair :
Il semble y avoir trois espèces, dont l'une se trouve dans le sable et l'autre dans les algues, en plus de la mienne. Les pêcheurs professionnels semblent ramasser l'espèce de sable avec une sorte de drague, mais la commercialisent comme "violet de roche"... Appellation commerciale ? Il semble, d'après les dires d'un "papi", qu'autrefois on commercialisait ceux des rochers, considérés comme meilleurs, mais que leur raréfaction (et la difficulté du travail) ont conduit à changer d'espèce.

" Celui qui sait s'orienter n'a pas besoin de GPS. " (pcc Lao-Zi.)

01 juillet 2010 à 07:47:29
Réponse #5

lapindu11


bonjour ascanio
excuse de pas avoir repondu plus tot
pour ce qui est de la palourde je mets un lien
http://pagesperso-orange.fr/fousdepeche/dossiers/La_peche_des_palourdes/Dossier_peche_des_palourdes.htm
la teline se ramasse sur le bord des plages ( a partir de 50 cm de profondeur ) personellement j utilise un rateau muni d un filet qui retiens les coquillages ( un tellinier) je te mets une photo
pour les couteaux
dans peu d eau ils sont ensables profondement ils laissent 2petits trous colles ensemble ca a la forme d un 8
quand tu as trouver les trous mets du gros sel le couteau va cracher de l eau pour evacuer le sel et va remonter a la surface
la tu plante ton doigt rapidement a 45° par rapport a la coquille et tu bloque l animal avec l autre main tu sort le coquillage
les crabes yen a partout et tu peux les attraper a la main
tu te trouve dans quel coin ?
si t as moyen de descendre sur port la nouvelle, je me ferais un plaisir de te montrer tout ca sur le terrain
c est valable pour vous tous amis du forum

02 juillet 2010 à 09:25:48
Réponse #6

Ascanio


Super les infos, imagine-toi que je n'ai jamais mangé de couteaux... Je suis à Marseille, je parle en effet d'environnements plus rocheux que sableux. Mais en ayant vogué jusqu'en Sardaigne et Sicile, j'y ai trouvé les mêmes espèces. J'ai remarqué qu'il y avait partout dans cette mer et dans d'autres deux types d'environnements : rochers sur les côtes "au vent", à l'ouest, et sable sur les côtes "sous le vent", à l'est. Quand je dis au vent, c'est dans le sens de la circulation générale des vents.

Pour les crabes, j'ai toujours vu les deux espèces : les petits verts qu'on appelle ici des favouilles et les gros rouges, les tourteaux. Je préfère les derniers, un bel individu fait presque un repas à lui tout seul. Ils sont méfiants et ont des pinces dissuasives, mais si on arrive à les attraper par l'arrière, entre les pattes,  les pinces n'arrivent pas à atteindre les doigts.

Je voudrais demander l'avis des membres du forum : les chinois consomment de l'holothurie ou concombre de mer, c'est facile à ramasser en apnée, mais je me demande comment ça peut se préparer et si les espèces d'ici sont comestibles voire bonnes à manger ?
" Celui qui sait s'orienter n'a pas besoin de GPS. " (pcc Lao-Zi.)

02 juillet 2010 à 09:33:40
Réponse #7

Starlion


Les crabes verts ou favouilles sont beaucoup utilisés en tant qu'appât au vif.
"Une unique chance est un univers d'espoir."

Clint Eastwood a dit : "on improvise, on s'adapte, on domine",
moi je dis : "on improvise, on s'adapte, on domine la situation".

02 juillet 2010 à 09:58:52
Réponse #8

jbc


ados je suis rester 1 mois sur un rocher en sardaigne, tout les jours je mangais le fruit de ma peche
oursin , poulpes (tout les jours c'est le plus simple a chopper) et poisson plat de sable limande je pense
le tout pris uniquement au couteau, ou au bambou tailler en fourche
sinon patel et petit crabes les petits crabe pecher a la technique du pied 100% de reussite (on laisse les pieds ballotter dans un creux en moins de trente seconde les crabes viennent chatouiller)
resultat on ne me fait plus avaler un morceau de poisson aujoud'hui

24 octobre 2011 à 17:38:11
Réponse #9

Maximil


Mani 13: L'idéal, mais je sais que c'est long, c'est que tu puisses nous mettre des photos que tu as prises toi-meme en éditant ton post pour montrer à quoi ressemble chaque plante. En plus, un lien vers le wiki pour chacune qui va bien serait parfait. Mais je sais que c'est très long à faire, donc à toi de voir. Tu peux éditer à plusieurs jours d'intervalle pour faire ça au fur et à mesure ;)

POST A SUPPRIMER
« Modifié: 24 octobre 2011 à 17:46:52 par Maximil »
Fabrication maison de stylo-plume , roller , bouchons de bouteilles , kubotan , koppo-stick etc... http://maximil.chez-alice.fr/index.htm
Photographies de Maximil
Patines de chaussures de Maximil

24 octobre 2011 à 17:42:54
Réponse #10

Mani


Ok ok
Donc voila le liens de l'ancien post

http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,34350.0.html

Je peux le faire avec des photo et tout,  ca me prendra un peu de temps, mais je vais le faire. Donc si tu prefere effacer ce post et j'en ferait un nouveau avec plus de detail libre a toi ca ne me derange pas.

Edit de Maximil : fait, tu peux supprimer ce post et prendre le temps que tu souhaites pour mettre plus de détail, merci à toi   :up: POST A SUPPRIMER
« Modifié: 24 octobre 2011 à 17:47:14 par Maximil »

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //