Salut

Bon bah c'était pas mon jour ni celui de ma tendre : Nous sommes sortis miraculeusement indemnes d'une sortie de route+tête-à-queue (non seskuelle) suite à l'explosion d'un pneu avant sur une voie rapide. J'ai pas entendu l'explosion, pas compris que c'était donc un pneu explosé, cru à un débri pris dans le passage de roue, j'ai freiné certes doucement et pas immédiatement, mais ça a suffit à faire partir la voiture en vrille. A cent km/h, on a volé sur le terre plein central en tournoyant, la voiture a monté le monticule de sable, le cul et les roues arrières ont passé de l'autre côté du muret en béton séparant le terre-plein de la voie d'en face, et s'est arrêtée là. Ouf. Pas de choc avec une voiture nous suivant. Pas de choc avec voiture venant de face (car voie à sans unique, une des seule d'Égypte), pas de choc avec barrière ou muret, absents à cet endroit. Pas de tonneau. Pas une égratignure. Voiture ok, juste bouclier à remettre, chassis à réviser, équilibrage roue et direction... Le vrai miracle.
On avait de l'eau, des portables, des amis nous suivaient, d'autres ont rappliqué vite fait, c'était pas loin du Caire heureusement.
Je me rappelle juste le choc, la perte totale de contrôle du véhicule,comme sur du savon, le nuage de sable complètement désorientant, le ratatinement derrière le volant dans la peur du tonneau, l'arrêt, la surprise de voir ma chérie entière, la peur du sur-accident, les 20 automobilistes déjà arrêtés pour nous porter secours (au risque de sur-catastrophe), l'impossibilité de la prendre dans mes bras - car les mecs auraient pas compris ; impossibilité d'expliquer au téléphone, les jambes coupées, puis évidemment les rires nerveux et la joie sauvage d'y avoir encore échappé.
Juste choqués évidemment. La scène me ressaute à l'esprit régulièrement. Je cogite comme un dingue des conjectures folles, positives et négatives.
J'avais vérifié les pneus, usure et gonflage, juste avant le départ. Je soupçonne une pièce de carter mal fixé d'avoir frotté le pneu en route, la canicule a fait le reste.
Dans mon post sur la sécurité en Égypte, j'avais bien précisé que l'insécurité principale est routière, doublée d'une absence totale de services de secours et hospitaliers compétents.
Je ne compte pas les morts et accidents sur la route ici. Le secourisme appris en france sert à peine car ces notions sont conçues pour s'insérer dans un système complet d'urgence et de soins, qui n'existe pas dans beaucoup de pays. Dès qu'il y a un accident ici, les passants achèvent les blessés en voulant bien faire. Je l'ai vu de mes yeux, entendu craquer une colonne vertébrale d'un mec inconscient renversé par une voiture et retombé sur la tête. Les gens s'empressent de relever physiquement les blessés. Ils ne savent pas. Frère d'une collègue mort vidé de son sang après 4 h d'attente vaine d'une ambulance, coincé dans sa voiture, etc... C'est à ceci que j'apprécie doublement d'être sorti vivant de cette affaire, car bien souvent, une blessure sur la route ne pardonne pas... Comme disait un oncle corse, le meilleur médecin ici est air-france....
A part une meilleure attention encore à prêter à l'état de la voiture, il aurait fallu que je fasse un stage de (non)freinage d'urgence, ça aurait pu éviter la sortie de route. Je me dis aussi qu'en cas de choc et de coinçage dans la voiture, je n'avais même pas un bandana immédiatement accessible, à portée de main, pour bloquer d'urgence une hémorragie.
Bon avec des si....
Après je vous passe l'affaire avec les policiers qui ont d'abord voulu arrêter un coupable de passage

puis me voler mon leatherman tool, il a fallu la jouer fine.
Donc faites gaffe à vos pneus, pas de freinage intempestif si perte de roue ; portables et eau toujours, notions et outils élémentaires de secourisme, bon-sens et ... chance. Vala vala.