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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Les méthodes de l'arbre  (Lu 5757 fois)

12 mai 2010 à 20:03:21
Réponse #25

Anke


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Souvent, après les stages, j'ai des nouvelles de stagiaires qui me disent que la survie a profondément changé leur vie.  Qu'ils ont changé leurs habitudes, qu'ils ont retrouvé certaines évidences, qu'ils ont repris contact avec des aspects oubliés de leur vie.  Et ça implique souvent des changements profonds aussi dans leurs activités, leurs préoccupations...  et de fait dans leurs relations sociales. 

Une personne qui apprend la survie fait souvent le tri dans son matériel, dans ses passe-temps, et même dans ses amis.  On a vite fait, une fois qu'on a décidé de tenir compte de certaines réalités (notamment la gestion du risque) de s'éloigner des autruches et des gens qui se laissent aller à subir les évènements en bêlant.  On ne supporte souvent plus les gens qui nous renvoient une image de "parano" ou de "fou furieux" quand on leur parle du fait d'être prêt et autonome.  On a tendance à se protéger de ces gens qui pour pouvoir continuer à nier l'existence des risques préfèrent nous stigmatiser.

Bref, l'apprentissage de la survie, de la self, de toutes ces choses qui pourtant me semblent fondamentales et libératrices sont un processus parfois douloureux et coûteux...  et ça demande forcément du temps.  Ca ne se fait pas comme ça en claquant des doigts.  Il faut digérer, trier, classer, ordonner tout ça à divers niveaux : intellectuellement, matériellement, émotionnellement, socialement.

Faire le tour d'un arbre comme un oiseau, ou grimper dedans comme un écureuil, ou même faire les deux comme un écureuil volant ne permettra jamais d'être un arbre.  Et d'être un arbre ne permettra jamais d'être un humain à part entière, au sens où je l'entends personnellement. 

Pour moi un humain, c'est :
- quelqu'un qui sait communiquer, comprendre, entendre, travailler en équipe, coopérer ;
- quelqu'un qui sait aussi repérer les nuisibles, et s'en protéger dans la non-coopération la plus totale ;
- quelqu'un qui sait vivre seul, qui sait être autonome, qui a les compétences de base nécessaires pour assurer sa survie....
- quelqu'un qui progresse tous les jours...

Et si l'approche de la survie n'était qu'un moyen parmi d'autres pour se "recentrer".
Je veux dire qu'à une certaine époque de sa vie ( elle est variable selon les individus bien entendu) il est inévitable de se poser certaines questions sur ce que l'on a fait, sur ce que l'on fait de sa vie.
On peut appeler ça andropause, ménopause, prise de conscience, remise en question etc... Je crois qu'on y passe tous.
Déjà pour quoi aller faire un stage de survie ? C'est quand même un truc pas commun, faut avouer, aller se geler le cul en Novembre au fin fond du Vercors à bouffer des néfles et trois champignons, pour le commun des mortels faut être un poil ébrèché de la cafetière non ?
Et si la "survie" n'était qu'un prétexte à un truc beaucoup plus profond ? Un vecteur, un hasard ?
Je crois qu'on ne va pas faire un stage de survie par hasard, comme ça, pour voir, pour l'amusette. Je crois qu'il y a une réflexion préalable, voire un besoin... Un peu comme si on avait besoin d'une pause, d'une mise entre parenthèses. La survie ( enfin c'est comme ça que je le vois, je me trompe peut-être) ça appelle des trucs "basiques", fondamentaux, simples... Blanc ou noir, tu vis ou tu crèves.
Oui, des questions essentielles, je crois.
Nous vivons dans un monde de desespoir et nous, humains, avont besoin de certitudes. L'approche du : "oui, c'est possible, je suis capable de le faire... ça existe... c'est à ma portée etc..." sont amha déterminants dans la perception que l'on a de soi-même, dans la confiance que l'on peut s'accorder, ce sur quoi on peut continuer de se construire.
Attention tout de même, même avec l'expérience, même avec le savoir et la pratique, même un intructeur ça peut mourir bêtement.
La prise de conscience c'est amha le pouvoir( j'ai du mal avec les mots, ce n'est surement pas celui qui convient) d'être en "devenir".
A ce titre, je crois que l'école de la "survie", est une bonne école, pour peu qu'elle apprenne à ceux qui la pratique qu'un rien peut tout faire basculer, que nous sommes fragiles, éphémères, et que nos certitudes.... valent autant qu'une prévision météo à cinq jours...
Le "survivor", c'est celui( pour moi) qui nage avec le courant en étant capable d'envisager un échouage, un accostage possible variable. En mouvance quoi...mouvement, non statique...
J'espère ne m'être pas trop laissé aller !  :lol:

12 mai 2010 à 23:08:21
Réponse #26

Anke


"Un monde de désespoir" : y'a qu'à regarder les infos par ex, c'est assez édifiant je pense.
"Avons besoin de certitudes", c'est tout le contraire des chimères que nous nous servons tous les jours aux heures des repas : réussite sociale, biens matériels, carrières. Inévitablement à un moment donné, on ne peut éviter de se demander si on ne s'est pas trompé de chemin, voire de vie finalement... Alors certains vont faire un séjour dans un cloitre pendant huit ou dix jours et prier, d'autres vont entamer une psychothérapie, d'autres vont prendre la mer, d'autres vont suivre un stage de survie... La recherche est la même : chercher qui on est vraiment, sans artifice ou faux-semblant, seul le moyen diffère au fond. Le mérite de la survie simulée( ça n'a rien de péjoratif) c'est qu'elle implique un ressenti immédiat ( le froid par ex) et donc une approche directe et rapide puisque l'on sera contraint de "s'écouter" enfin au lieu de se "perdre" dans tout un tas de directions, de déterminer des priorités vitales et d'en tirer des moyens simples pour atteindre les objectifs préalables( avoir chaud aux fesses et rester en vie entre autre !). C'est de ce genre de "certitudes" dont je voulait parler, mais je ne suis peut-être pas très clair.

12 mai 2010 à 23:36:39
Réponse #27

** Serge **


Déjà pour quoi aller faire un stage de survie ? .../...

Je crois qu'on ne va pas faire un stage de survie par hasard, comme ça, pour voir, pour l'amusette. Je crois qu'il y a une réflexion préalable, voire un besoin...

Cela me remet en mémoire une dernière intervention, sur le forum de Dennis Martin ( http://combatives.forumotion.com/index.htm ), de mon camarade Peter Morgan :

Citation de: Slackbladder
Exposure to Combatives training altered me radically as a person. The training is fearful. I'm still scared to death by the training and still experience profound difficulty in stuffing a breakfast down my neck prior to a seminar. Den's emphasis on mindset and the 'Vasbyte' element has repercussions that go way beyond the field of individual combat. The management of fear remains a major limiting factor in so many aspects of life: career, relationships, travel, leadership, etc. There's a good reason that Geoff Thompson dedicated a whole book to the subject, which formed a foundation for his later self-help treatises. I can put my hand on my heart and state that there is no way way on earth I could have done a fraction of the things I have done to date (backpack around Europe, attend training overseas, get a violent job, walk solo for 10 days, etc) had I not been schooled in the task of managing my fear by our mutual friends. I genuinely wonder whether I'd be a functional human being were it not for the divergent event of autumn 2003 (Stress Inoculation).

Voici, également, son 10 days solo walking ( clin d'oeil à Karto ) :

http://www.cqbservices.com/?page_id=339

Ceci est très HS.

Citation de: Rory Miller
Unarmed arts are part of a subset of skills that may be necessary so that I can get back to my family and friends, so that I can look at sunrises and have a good burger. That is life. Anything I do in training is to serve that. Martial arts or combatives or whatever can never be a way of life for me, only a tool to ensure that I have a life to enjoy my way in.

It changes many thing. My primary gain in an altercation is to get out of the altercation with minimum problems later. My primary gain is going home. There is no internal desire to be a monk or a master or a samurai or a knight or any of the icons that people strive to emulate. The longer I can keep breathing, the longer I can be Rory, (which has rocked so far.)

The training still shapes me (or you, if you envision it like this). It has become a basic part of my movement. It colors how I see the world and how I plan. It has taught me that many things are not problems that may seem troubling at first.

But one of the big differences is that when we look at what works, I have to be more specific about what it works for. If you train martial arts as a way of life, as long as you are engaged and alive in training it is working and your primary gains are satisfied. Whether it works for anything else or in any other context is, at most, a secondary gain.

When you train for life, whether it works and what it works for are primary. Training spent for the sake of training alone is time spent away from that life.
« Modifié: 12 mai 2010 à 23:47:00 par ** Serge ** »
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

13 mai 2010 à 08:30:43
Réponse #28

Humain


"Un monde de désespoir" : y'a qu'à regarder les infos par ex, c'est assez édifiant je pense.
Espoir et désespoir n'existe que dans l'oeil de celui qui veut voir. On entend, on perçoit que ce que l'on veut bien entendre et percevoir (ou qu'on nous "oblige" à percevoir). Un peu comme on doit choisir où porte notre regard pour avancer loin sur un sentier en laissant de côté ce qui se passe derrière nous. Et ensuite que choisirons-nous de garder en nous? La beauté du papillon que nous venons de voir sortir de sa chrysalide ou ce même papillon piétiné par des enfants cruels?
Peut-être faut-il placer cette beauté dans le coeur pour ne jamais se départir de la chaleur qui s'en dégage et qui fait vivre, et cette mort dans la tête pour...apprendre à l'eviter.

C'était la minute philosophique du jour de l'Humain  ;#


13 mai 2010 à 12:00:09
Réponse #29

Anke


Citer
Espoir et désespoir n'existe que dans l'oeil de celui qui veut voir.
C'est pas faux, merci d'avoir recadré.

13 mai 2010 à 12:46:52
Réponse #30

Leif


 c'est comme la lumiere ou bout d'un tunnel.

soit tu te dis cool c'est la sortie ou bien purée encore tout ce chemin a faire. :up:

rien de religieux dans ce post.

13 mai 2010 à 13:12:37
Réponse #31

Patrick


Y'à pas longtemps un pôt avec deux potes qui avaient leur anniversiare le même jour, la cinquantaine avec 1 an de différence. L'un a vécu une vie très lisse sans eccueils majeurs et l'autre une vie très "engagée".

L'un morne dit "put**n, j'suis vieux" et l'autre ravi "j'aurais jamais cru arriver jusque là".

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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