Je voudrais faire quelques commentaires sur les livres que j'ai cité, dans leur ensemble. Toujours dans l'optique du Forum et de ce qui ressort de ce moi j'en ai lu. C'est à dire, peut être mal, peut-être de façon incomplète, ou déformée par mes propres réflexions, et le temps.
Ceux qui ont survécus ne sont pas les plus balaises, les plus grand et les plus costauds. Les privations et l'effort physique a pesé sur eux plus que sur les autres. Trop d'énergie nécessaire pour faire tourner la machine.
Par contre beaucoup de ceux qui ont survécu le doivent à leur compétence, leur savoir-faire spécifique. Tout à coup, le mec qui savait zinguer une toiture avait du pain et de la chaleur. Voyons aussi l'exemple de "A marche forcé" avec l'épisode du mec qui peut s'évader car il sait réparer une radio, mais aussi à grâce à des compétences en alpinisme pour dépecer les bêtes… etc.
Ceux qui ont survécus sont ceux qui n'ont pas forcément suivi les règles. C'est ce que j'évoque en début de post. Pas suivi les règles du läger ou du goulag, bien sûr…
"Nous sommes tous, au contraire, ici pour mourir. C’est l’objectif que les SS ont choisi pour nous. Ils ne nous ont ni fusillés ni pendus mais chacun, rationnellement privé de nourriture, doit devenir le mort prévu, dans un temps variable.
Le seul but de chacun est donc de s’empêcher de mourir. Le pain qu’on mange est bon parce qu’on a faim, mais s’il calme la faim, on sait et on sent aussi qu avec lui la vie se défend dans le corps. Le froid est douloureux, mais les SS veulent que nous mourions par le froid, il faut s’en protéger parce que c’est la mort qui est dans le froid. Le travail est vidant - pour nous, absurde - mais il use, et les SS veulent que nous mourions par le travail; aussi faut-il s’économiser dans le travail parce que la mort est dedans. Et il y a le temps: les SS pensent qu’à force de ne pas manger et de travailler, nous finirons par mourir; les SS pensent qu’ils nous auront à la fatigue c’est-à-dire par le temps, la mort est dans le temps.
Militer, ici, c’est lutter raisonnablement contre la mort".
Robert Antelme.
Mais aussi les règles de la "morale" ou de "l'éthique". Sans disserter sur le sens de ces mots, parce qu'il est des univers ou ceux ci n'en ont plus. Certains rescapés se le sont reprochés. On leur a reproché aussi. On leur a dit : si vous avez survécu c'est forcément sur le dos de votre voisin, ou en collaborant ou je ne sais quoi. Beaucoup en ont eu un grand sentiment de culpabilité. Deux choses la dessus. D'une on a tout fait pour leur enlever leur humanité. Ben quand on fait ça c'est la bête qui veut survivre.
De deux : Sauf qu'ils ont survécu et mon opinion est que s'ils ne l'avaient pas fait, plus personne ne serait vivant. Ni leur voisin au non duquel ils se seraient sacrifiés, ni eux même. On l'a déja dit ici, mais la leçon se tire dans ces livres également, ceux qui survivent sont ceux qui trichent.
Ceux qui ont survécu, se sont accroché à une conviction forte. A une conviction propre. Une conviction politique par exemple. Ou tout simplement celle d'être un humain et d'avoir le droit de vivre. La bête finit par se laisser crever, mais l'homme s'accroche. La bête mange tout à sa faim , mais l'homme planifie. Garder la foi en son humanité malgré tout à sauvé. Certains disent avoir été sauvés parce qu'ils connaissaient par coeur des chansons, des textes, qu'ils pouvaient se réciter, à eux même ou aux autres. Pour moi c'est la même chose. L'écriture c'est l'humain, et être capable de se réciter un poème, ou dans d'autres circonstances jouer de l'harmonica par exemple, c'est encore se dire, je suis un humain j'ai le droit de vivre, de le vivre et la force de m'accrocher.
J'arrête là pour le moment.
A plus.