Pour expliquer ce qu'est un peu "le mur" ( vous êtes bien entendu invités à complèter si vous en sentez le besoin).
Au cours d'un effort physique intense et continue, il arrive un moment ( en général au 30eme kilomètre pour un marathon, quoiqu'on devrait plutot évoquer un certain moment au cours de l'effort, mais au 30eme ça fixe un peu les idées) on a cramé tout le glycogène que l'on avait stocké pendant l'entrainement ( régime adapté) puis on a tapé dans les graisses pour continuer à faire tourner la machine, puis au bout d'un moment y'a plus rien reste ce que tu pourras ingèrer en sucres rapides pour "tenir".
A ce moment là t'as vraiment l'impression de te cogner la tronche dans un mur à chaque pas et il faut aller chercher très loin l'énergie pour soulever les pieds. De plus tu souffres, t'as mal partout, c'est vraiment un chemin de croix. Mentalement, t'as autant de raisonnement qu'un macaroni trop cuit, le suel truc auquel t'es capable de penser, c'est ce que tu as "programmé" au départ : " finir, j'ai dis que je finirais, finir...".
Un bon exemple de l'état dans lequel on peut être, c'est l'image des interviews des coureurs cyclistes au bord de l'épuisement après l'arrivée :
" Alors que pensez-vous de votre course ?"
Là, tu vois le mec défiguré par la fatigue, il a perdu 4 kilos ( vécu sur le marathon) il a des crampes partout et c'est tout juste s'il peut marcher( il m'a fallu deux jours pour pouvoir monter un escalier normalement comme avant la course), il répond :
... gnaaa... Euh, oui...( on voit qu'il cherche vaguement un truc autour de lui, a-t-il compris que c'était le commentateur de la chaine qui sponsorise son équipe ? j'ai un gros doute)...Et ben... j'essaierais de faire mieux la prochaine fois..." Et là il retourne direct en mode Shadock. Fin de l'interview, à vous Cognac-Jay !
Donc prendre le risque de se retrouver dans cet état là, c'est comme si on était dans l'auto et que l'on tente le coup de rejoindre la pompe à essence avec ce qui reste dans le réservoir et que le petit voyant vient de passer dans le rouge signalant qu'il n'ya plus beaucoup de carburant. Faut bien connaitre son auto et rouler en conséquence ( pour en consommer le moins possible).
Faut faire le calcul au préalable, parce que pendant l'effort on ne sera pas capable de le faire.
Pour moi, l'exposition d'un bonhomme au froid et sa manière de répondre à cette agression par un exercice soutenu ( pour se réchauffer) c'est la même chose. Pour un randonneur qui cherche à rejoindre un refuge qui est loin, par ex, il faudra qu'il pense à "en garder sous le pied", pour qu'une fois arrivé, il puisse allumer le feu, s'installer, manger etc... Dans ces conditions, l'habitude, les automatismes, l'entrainement, voire les rituels de fonctionnement ( faire les choses toujours de la même manière) sont autant de facteurs déterminants pour sauver sa peau. Enfin, je vois ça comme ça...