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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: la grèce s'enfonce...  (Lu 2464 fois)

04 mars 2010 à 19:54:59
Lu 2464 fois

b@s


http://www.20minutes.fr/article/388608/France-Au-pied-du-mur-la-Grece-decide-de-sacrifier-le-pouvoir-d-achat.php

incroyable de voir qu'on sabre le pouvoir d'achats des gens d'en bas pour rassurrer les mêmes marchés qui nous ont plongé dans la m*rde il y a peu...

au delà d'un post politique qui n'a pas sa place ici, c'est vraiment sur le plan de la survie que je m'interroge : à coup sur ça va rapidement être un joyeux bazar là-bas, manifs et autres émeutes (j'espère que non, notez bien, mais que faire quand l'exaspération monte à ce point ?)

et après la grèce ?

il me semble me souvenir qu'il y a quelques années le mouvement de protestation né en Grèce chez les étudiants inquiétait fortement nos "démocraties" occidentales...

quelles conséquences sur nos vies ? et si après demain nos dirigeants nous imposaient les mêmes sacrifices, quelles actions concrètes pour vivre malgré tout décemment
(oui, je sais tout va bien... mais il faut toujours caresser le canard avant de lui couper la tête... :o)

Pour ma part, j'ai engagé des changements anecdotiques peut être, mais c'est mieux qu'attendre...

- je vis à la campagne
 je me chauffe au bois (facile à stocker si on a de la place, facile à ramasser même si la question du ramassage du bois mort est assez ambigue)
j'ai augmenté mes réserves de conserves et aliments non périssables
j'essaie de tisser un réseau de voisinage avec une ambiance d'entraide (mais bon, là, tout va bien, c'est facile d'etre sympa ! )

Jusque là, rien de bien innovant, ni de très compliqué.
 
D'autres avis ?


04 mars 2010 à 20:09:28
Réponse #1

lepapat


J' attend de voir comment la population grecque vas réagir  :popcorn:
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


04 mars 2010 à 21:00:34
Réponse #2

Corin


Salut,

Je n'ai pas tout lu sur la Grèce, je me contenterai de partir de ton article:

Citer
Le programme d'économies de 4,8 milliards d'euros porte un sérieux coup au pouvoir d'achat, avec une réduction de 60% du quatorzième mois et de 30 % du treizième mois des employés du secteur public (32 % des salariés) ainsi qu'un gel général des retraites. D'une manière générale, toutes les administrations, les entreprises et les organismes publics subissent un tour de vis. Par ailleurs, la plupart des taxes sur la consommation augmenteront. La TVA passera de 19 à 21% et le litre d'essence deviendra 8 centimes plus cher.

L'UE et le FMI rassurés

«Ce sont des mesures socialement très dures et dangereuses pour la croissance», estimait mercredi Alexander Law, économiste chez Xerfi. Pire, elles sont symboliques par rapport à une dette insoutenable qui dépasse 110% du produit intérieur brut, soit quelque 250 milliards d'euros. Sauf qu'Athènes a enfin réussi à rassurer l'Union européenne, qui l'a immédiatement approuvé, ainsi que le FMI. Si aucun de ses voisins n'entend mettre la main à la poche, ils envisagent désormais de se porter caution pour la Grèce, ce qui la protègerait de la spéculation des marchés sur sa solvabilité. Une victoire douce-amère pour le pays conscient qu'il ne peut sortir sans casse d'une crise engrangée par des années de mauvaise gestion

Les économies annoncées portent sur 2% de la dette. C'est à dire pas grand chose ou alors un programme de remboursement sur 50 ans, à condition d'être qu'il n'y ait plus de déficit budgétaire... Or, la mode est au déficit budgétaire depuis 30 ans dans la plupart des grands pays.

La difficulté pour un pays, c'est s'il y a un moment où il faut payer l'addition. La France est aussi très endettée (je vous mets la courbe de la dette depuis 35 ans, reprise sur Wikipédia ). Tant que les prêteurs savent que l'Etat peut continuer à emprunter pour rembourser ses dettes précédentes, personne ne s'inquiète vraiment.

C'est un mode de gestion où l'on emprunte de plus en plus pour payer le fonctionnement et non l'investissement et où l'on finit par emprunter pour rembourser ses emprunts. Ca stérilise l'économie.

Chacun se passe le singe. Et ce sont les générations futures qui paieront... Où sont les dirigeants grecs d'il y a 20 ans?
Après, il faut être honnête, tout le monde profite de la situation: des populations qui profitent à moindre frais de sociétés confortables (quoi qu'on en dise), des politiques qui n'ont pas à annoncer les mauvaises nouvelles, des institutions financières qui peuvent ainsi générer et gérer toujours plus d'argent...

Aucun d'entre nous n'a envie qu'on lui dise que la fête est finie, qu'il faudra bosser 50h par semaine avec 30% de charges et que la retraite ne pourra être envisagée, en fonction de la pénibilité du travail, qu'entre 65 et 75 ans...

Qui peut dire à la Grèce qu'elle doit faire avec la richesse qu'elle produit? Qui a envie d'entendre que la France régresse sur le plan industriel avec une valeur ajoutée moitié moindre qu'en Allemagne?

A+

04 mars 2010 à 21:14:59
Réponse #3

Woodrunner


Et le pire c'est que la Grèce est après l'Island seulement le deuxième pays à voire sa situation massivement évoqué dans les médias,...

Combien de temps avant que les fameux autres soient dans la même situation?
Every citizen should be a soldier. This was the case with the Greeks and Romans, and must be that of every free state.
Thomas Jefferson
3rd president of US (1743 - 1826)

WOLWERINES!!!!!!!


"Une pomme par jour éloigne le médecin… pourvu que l'on vise bien."    

Winston Churchill

04 mars 2010 à 21:27:24
Réponse #4

Corin


Et le pire c'est que la Grèce est après l'Islande seulement le deuxième pays à voire sa situation massivement évoqué dans les médias,...!
Tous les pays sont concernés. Ca, c'est dans le Monde, ce soir:
http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2010/03/04/la-situation-de-la-france-n-est-pas-meilleure-que-celle-de-la-grece_1314606_3214.html#ens_id=1268560
Citer
Bruno Palier, chercheur au centre d'études européennes de Sciences Po, est spécialiste des systèmes sociaux européens. Selon lui, le principal problème de l'économie des pays d'Europe du Sud est que l'Etat n'y favorise pas assez l'emploi. Et la France fait face au même défi.

Les situations budgétaires difficiles de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne qui ont conduit ces pays à prendre des mesures de rigueur sont-elles dues à des dépenses sociales trop importantes ?

Bruno Palier : Je ne pense pas que les systèmes sociaux soient responsables de la situation dans laquelle ces pays se trouvent aujourd'hui. Le niveau de leurs dépenses sociales est en effet bien souvent inférieur à celui des autres pays européens. Leur principal problème est qu'il n'y a pas assez de personnes qui travaillent. Le taux d'emploi des femmes et des seniors y est trop faible.

Ce problème est d'ailleurs exactement le même pour la France. Il montre un manque de capacité des autorités à créer des activités pour créer des emplois. Et comme il n'y a pas assez d'activité économique, il n'y a pas assez d'entrées d'impôts pour financer les dépenses publiques.

Mais on accuse souvent les systèmes sociaux d'Europe du Sud de favoriser les plus âgés, au détriment de l'innovation et de l'activité...

Bruno Palier : Il est vrai que l'Espagne ou l'Italie consacrent 60 % de leurs dépenses sociales pour les retraites, contre 45 % en France.  Ces pays dépensent par conséquent beaucoup moins pour les politiques d'emploi ou familiales. En outre, la situation est encore aggravée par la démographie de ces pays qui doivent faire face à une très faible fécondité.

Mais si la France a un taux de fécondité élevée, elle doit trouver le moyen de donner des emplois à ses jeunes. Dans ce sens, le modèle français est plus proche de celui de l'Europe du Sud que de celui de la Suède. La situation de la France n'est donc pas meilleure que celle de la Grèce. Les prochains mois risquent de le prouver.

Le principal problème reste le même dans toute l'Europe du Sud, France comprise : il faut donner du travail pour financer les dépenses sociales. Ces pays sont dans l'incapacité de développer une stratégie technologique fondée sur le high-tech et les services pour développer l'avenir. Nos modèles sociaux indemnisent plus qu'ils ne préparent l'avenir. On le voit bien quand Nicolas Sarkozy s'engage à sauver des industries du XXe siècle qui ne créent plus d'emplois, comme l'automobile.

Les manifestations en Grèce et au Portugal montrent que les peuples ne sont pas prêts à accepter de sacrifier leurs acquis sociaux.
Bruno Palier : Je ne suis pas sûr que les Français soient beaucoup plus prêts à accepter de réformer leur système social, comme semble l'annoncer le début du débat sur l'avenir des retraites. Je suis assez étonné de la façon dont on juge les pays d'Europe du Sud depuis le début de la crise qu'ils rencontrent, alors que nous sommes très proches de leur situation.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Chastand

Pour info, la dette des Etats-Unis est de plus de 12.000 milliards de $ (elle a doublé en 10 ans et correspond à 30 fois celle de la Grèce). Ce qui correspond à 84% de son PIB...

A+
« Modifié: 04 mars 2010 à 21:36:00 par Corin »

05 mars 2010 à 05:32:37
Réponse #5

gmaz87


Bjr,

Pour rebondir sur ce que dit CORIN en ce qui concerne le financement du remboursement de la dette par de nouveaux emprunts, c'est quand même extraordinaire car ce mode de fonctionnement est exactement le même que celui du pauvre couillon qui pour avoir la plus belle voiture que le voisin va emprunter ou prendre du revolving et ce sans fin.

Si on peut admettre (encore que ) ce genre de comportement d'un particulier, je m'interroge sur la compétence de ceux qui nous gouvernent (sans parti pris politique) dans leur capacité a gérer les finances du "ménage " France.

Je sais que les promesses des candidats successifs ont eu un coût, qu'il est difficile de dire aux gens que leur niveau de vie doit stagner, mais maintenant nous en arrivons au stade ou ce niveau de vie va faire un bond brutal en arrière et ce par laxisme des "économistes" qui nous serinent à longueur d'années des belles théories et qui sont plus nuls qu'un gamin de 12 ans, qui lui sait que pour acheter un truc il va lui falloir economiser son argent de poche.

Que cette situation soit quasi générale dans le monde n'est pas plus rassurante pour autant.

a+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

05 mars 2010 à 18:42:41
Réponse #6

b@s


Bjr,

Pour rebondir sur ce que dit CORIN en ce qui concerne le financement du remboursement de la dette par de nouveaux emprunts, c'est quand même extraordinaire car ce mode de fonctionnement est exactement le même que celui du pauvre couillon qui pour avoir la plus belle voiture que le voisin va emprunter ou prendre du revolving et ce sans fin.


Que cette situation soit quasi générale dans le monde n'est pas plus rassurante pour autant.

a+
Gérard

bien d'accord, mais c'est comme l'oeuf et la poule... qui a commencé à merder ?

C'est vraiment pas rassurrant et ça semble être parti pour durer...

profitons de chaque jour... tant qu'on peut

06 mars 2010 à 01:26:53
Réponse #7

josephcurwen


Comment trouvez vous la couverture de ces évènements dans les médias français?

06 mars 2010 à 04:20:20
Réponse #8

gmaz87


Comment trouvez vous la couverture de ces évènements dans les médias français?

light mon cher Monsieur, faut pas apeurer le bon peuple.
Ou alors c'est moins vendeur que des événements avec morts d'hommes.
A+
Gérard

ps: il est aussi possible que je ne lise ou ne regarde pas les bons médias
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

06 mars 2010 à 16:46:27
Réponse #9

lepapat


J' attend de voir comment la population grecque vas réagir  :popcorn:

Je commence avoir une idée de la réaction de la population ...  :popcorn:

http://www.dailymotion.com/video/xcddcy_manifestations-en-gr%E8ce-24-02_news
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


 


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