Le problème c'est qu'on sort ce qu'on entraîne, si on s'entraîne dans plusieurs disciplines on tricotera sous stress (noeuds au cerveau) et on ressortira du pieds poings ou de la lutte ou ce qu'on aura entraîné.
Il me semble qu'il est possible d'inclure un certain engagement par l'emploi de protections ou de boucliers divers. On peut faire du sparing, mais à un contre deux avec des batons en mousse et la possibilité de rajouter un couteau d'entraînement à tout moment. Inclure un nouveau larron alors que l'engagement à déjà débuté, aussi.
Cette approche pourra au moins, si elle ne recréée pas la fidélité d'une situation réelle, éviter l'effet de sidération par familiarisation.
Si je peux me permettre de rajouter quelquechose je dirais qu'on sortira ce qu'on s'entraine à condition d'avoir déjà une pratique conséquente dans le sport, art martiale, sd...
Il serait naïf de penser qu'après une ou deux années à coup de 2 ou 3 heures par semaines les coups travaillées deviennent déjà des automatismes. (à titre de comparaison les orientaux ou les pratiquants "pros" s'entrainent plusieurs heures par jour...)
Il ne faut pas oublier que dans une situation de stress intense, voire de terreur le corps va devoir s'adapter à l'inconnue et malheureusement pour nous il va perdre dans les 90% de ses capacités (pour être gentil). Et pour en revenir à ce que disait Henry Plée, ce n'est pas la même zone cérébrale qui entre en compte dans ce genre d'affrontement, si bien qu'on se débrouillera comme on peut mais très rarement avec le bagage technique que l'on croit avoir accumulé (dans le cas d'une pratique "occidentale" à coup de 2 entrainements par semaine). Ces coups pourront ressortir si l'affrontement s'éternise et que l'effet de terreur, de surprise s'estompe un peu mais cela est rare...
Dans la philosophie de la plupart des arts martiaux, la première étape est de s'accaparer les techniques( ce qui en soi peu prendre un peu de temps) et dans un second temps il s'agit de s'en défaire, pour que les réactions deviennent "naturelles", "instinctives".
Les arts martiaux permettent de faire ressortir le potentiel de chacun mais "en mieux" du moins je pense que s'en est l'objectif.
Après dans une situation de confrontation réelle et violente, ce n'est pas la technique qui sera déterminante mais plus le côté psychologie dans le sens de la façon où la confrontation va être gérée par chacun. On a beau être le plus grand technicien, champion ou je sais pas quoi, si on est paralysé par la peur face à quelqu'un ou une bande (c'est rarement du face à face) qui nous agresse dans la rue ce sera une seconde de retard pour réagir.
Alors ou c'est beau la psychologie mais comment qu'on fait pour arranger ça??
Malheureusement je pense qu'il y aura toujours une part "d'interne" à l'individu mais que néanmoins il y a des solutions pour peut-être amoindrir cela, je pense à la SD, personnellement je n'ai pas encore eu la chance d'y participer (si ce n'est mes petites connaissances sur le terrain par rapport au boulot). Déjà avoir une démarche pour vouloir arranger les choses est un premier pas que certains ne font pas c'est déjà bien!
Par contre penser qu'on va devenir le cador des cador parce qu'on s'est inscrit dans un club de boxe thai, karaté, j'émets quelques réserves mais ça ne regarde et n'implique que moi.
Et pour en venir au tout début du sujet (très intéressant ) je pense que Henry Plée a fait cette distinction justement pour souligner ce que je viens de dire mais c'est mon avis perso. Il n'a jamais nié les bienfaits de la compétition mais a toujours soutenu que le champion de France, Europe, Monde, Univers, n'est pas à l'abri de se prendre une raclée dans la rue, tout simplement parce qu'il n'est pas préparé à ça.
En tout cas merci d'avoir proposé le sujet qui est très enrichissant qu'on soit pratiquant ou pas!