Re-belotte en attendant mon courage pour une édition sur Wiki.
LA SÉCURITÉ INDIVIDUELLE EN ÉGYPTE
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Dans ce qui suit je vais tenter de montrer quel type de posture, de vigilance, et de prévention mettre en oeuvre en Égypte, à partir de mon vécu d'expatrié, et du point de vue de la sécurité individuelle.
Évidemment, ça va intéresser peu de personnes vu que vous n'y vivez pas. D'où la question de l'utilité et de la portée de l'affaire :
concernant l'utilité, j'essaierai de mettre le maximum d'informations sur les risques éventuels que pourraient rencontrer la majorité des gens néanmoins intéressés, qui en fait connaissent/connaîtront l'Égypte dans son cadre touristique et non pas quotidien.
De plus les curieux bénéficieront d'un regard ethnologique sur un pays qu'ils ne connaissent pas, et d'une réflexion critique sur le tourisme en général.
Enfin, certains traits que je vais évoquer pourraient tout aussi bien s'appliquer à bien d'autres pays arabes, c'est toujours ça de gagné.
En fait je m'aperçois que c'est pour le Caire surtout que je parle, pas des trips dans le désert, quoique.
SÉCURITÉ DES PERSONNES
Violence de droit commun :
Sur ce plan, l'Égypte est un des pays les plus sûrs du (tiers)monde, le strict opposé du cliché sud-américain ou sud-africain où la rumeur dit que l'on peut mourir d'une balle pour une paire de tongs.
J'y vois plusieurs raisons relativement reliées entre elles, en vrac :
la religion – l'islam – non en tant que tel, mais en tant que religion ultra pratiquée par l'immense majorité des gens, et proscrivant crimes et vols. La religion étant omniprésente, ses interdits le sont tout autant, et tout le monde veille sur tout le monde. C'est une sorte de police sociale implicite.
Le chauvinisme des égyptiens, très attachés à montrer aux étrangers que leur pays est le plus grand, le plus beau, le plus merveilleux, le plus sûr, que tous les égyptiens sont gentils etc...
Le caractère paisible et fondamentalement gentil des gens, très chaleureux et serviables : la violence physique dans l'espace public est vraiment vraiment rare.
Le flicage général du pays, bonne grosse dictature ; alors là pas de quiproquo : le flicage, l'appareil d'Etat, ont deux priorités : la survie du régime et – donc – son financement, dont le tourisme est la principale source. Bref, tout ça pour dire que je perçois l'immense appareil sécuritaire à destination exclusive des VIP politiques et des touristes. Ça veut dire que le touriste est la dernière des proies pensables pour un braqueur.
Exemple que je cite souvent d'une copine attouchée seskuellement dans un souq, hurlant – bon réflexe – contre le coupable, et celui-ci se faisant sévèrement frapper par la foule devant elle. Il m'est arrivé plusieurs fois de me faire ramener la monnaie oubliée, un porte-monnaie tombé, et retrouver un portable. En Égypte, c'est pas possible de mourir dans la rue, sauf si on est pauvre.
MAIS pas d'angélisme, vu le niveau de violence que subit la société, il est évidemment impossible que les étrangers soient immunisés contre tout risque de violence de droit commun. Tout d'abord, elle existe entre égyptiens : la police protégeant les dirigeants et les touristes, elle ne peut être partout, et il y a bien sûr des quartiers et heures à éviter. Un ami égyptien vient de se faire braquer son portable par deux mecs, dans un quartier pourri un soir : direct un coup de couteau par surprise au poignet pour qu'il lâche l'appareil, puis un deuxième à la cuisse pour qu'il ne les poursuive pas, 3 secondes et 15 points de suture, et je juge qu'il a eu de la chance car à la cuisse c'est pas passé loin de la fémorale. Le mec est ultra choqué. D'autre part il y a aussi des super-camés perdus dans la jungle urbaine du Caire, et un fort lot d'handicapés mentaux en liberté, bref, des gens déshinibés et imprévisibles.
Je reprend la typologie de Patrick, qui me semble la plus adaptée au sujet de la protection individuelle (même si elle n'épuise à mon avis pas toutes les causes, il y a aussi un niveau d'analyse psychologique, et aussi socio-historique expliquant l'action violente).
Violence de prédation : je renvoie à ce que je disais plus haut, en tant qu'étranger occidental - touriste ou expatrié - on est vraiment privilégié à la fois par rapport à la France et aussi par rapport à tous les égyptiens. Moi déjà avant j'étais trop tranquille, mais maintenant je suis carrément anesthésié niveau vigilance. Par contre, ne pas aller inconsidérément dans les quartiers populaires, pauvres, éloignés, périphériques, et le soir, privilégier les lieux fréquentés et éclairés. Même derrière le grand hôtel à touristes, il y aura une petite rue sombre et mal fréquentée. M'enfin c'est du bon sens, et pour les touristes c'est tellement balisé que je m'inquiète pas trop. Le seul danger est d'être tellement mis en confiance qu'on finit par attraper cette ivresse de confiance abolissant le jugement le plus élémentaire dans un trip ''tous brothers trop cool''.
Violence de territoire: là on rentre dans le délicat sujet de la sexualité et de l'espace public. Sur ce dernier point, je n'ai pas encore réussi à bien comprendre la gestion et l'appropriation de l'espace public par les égyptiens : en gros, l'espace est à tout le monde, il n'y a aucun respect ni d'égard pour le voisin, que ce soit en bruit ou en espace.
IMPORTANT : la fameuse distance de sécurité et d'interaction occidentale est ici proche de zéro. Pas la peine d'utiliser les trois codes couleurs, sinon vous seriez tout le temps dans le rouge. Pour se parler, pour marcher, on se touche presque, c'est comme ça ici ; c'est important parce que si l'on marque trop la distance, même sans allumer le premier qui vous parle à 10 cm et vous touche, ça marque une défiance voire une peur et c'est vexant pour eux.
Bon les touristes sont pas trop confrontés aux problèmes de territorialité résidentielle ; ya que les expatriés en particuliers et tous ceux qui s'aventurent en dehors des circuits touristiques qui pourront être confronté aux bandes de jeunes dopés de testostérone pas forcément violents mais provocateurs et chiants : dans ce cas, garder son calme, ne pas fuir, immédiatement se diriger vers le premier adulte venu, le propriétaire de l'épicerie du coin, et lui expliquer le problème. En général, il lève le petit doigt ou un sourcil et les gamins s'en vont.
Pour les femmes c'est autre chose ; en gros, il y a ici une immense misère et frustration sexuelle : pas de zizipanpan avant mariage, pour lequel les mecs doivent fournir le logement, or crise immobilière grave et grande pauvreté, donc patouche avant 30/35 ans. Restent la prostitution, la sodomie – qui préserve l'hymen -, la fellation qui paraît-il fait un tabac en ce moment niveau pratiques sexuelles (c'est rigolo car on retrouve finalement beaucoup du puritanisme américain, avec les mêmes tabous et interdits, et donc les mêmes contournements), les opérations de reconstruction d'hymen et d'avortement clandestins; bref, contexte très répressif, et les mecs passent des journées entières sur les chaînes porno satellitaires et sur internet pour mater les mêmes choses, et je vous raconte pas l'image qu'ils se font de la blonde occidentale de base. Une copine s'est faite agresser au Yemen sur le pas de sa porte par un jeune mec qui a perdu tous ses moyens et s'est enfui quand il a vu qu'elle n'était pas folle de désir ! Bref ils n'ont aucun moyen de savoir que les pornos qu'ils matent ne sont pas la réalité occidentale, et ils se font donc une image hallucinante de ''nous''. Vous y rajoutez leurs frustrations – augmentées par ces images – et les comportements également hallucinants de certaines occidentales passant en Égypte – elles ont acheté la promo vacances sur catalogue, le produit ''Égypte'', et se baladent raz-la -foune au milieu des femmes voilées et des mecs aux yeux exorbités, avec l'idéologie congés-payés ''j'ai payé ch'faisskeuj'veu, chu en vacances j'méclates, yssont bien contents de boulotter not'fric, rhannnn des vrrrrais araaaaabes en liberté ki parlent hiéroglyphe mmmhhh'' tu m'étonnes, ya des sketches de coluche qui se perdent. Bon bref, pas facile pour les femmes occidentales.
La mienne a appris à fermer sa gueule aux moments ad hocs, s'habiller et gérer ses déplacements en fonction, faire profil bas, pas regarder les mecs dans les yeux (signe d'intérêt dans les codes de séduction locaux). Ici personne ne marche en ville, le moindre déplacement se fait motorisé ; une fille qui marche seule sera peut-être prise pour une prostituée, et à coup sûr importunée. Comme elle parle couramment l'arabe, elle est par la suite passée au stade supérieur de l'engueulade. En couple je marche aux trois quarts arrière de manière à détecter tous regards, gestes, tentatives d'attouchements sur elle. C'est épuisant et chiant de marcher en couple, ça oblige à changer de mode de fonctionnement, de symétrique on passe au mode macho. Nous sommes en train d'essayer la méthode inverse du mec qui s'écrase et de la femme matrone qui va au front, paye les courses et les trajets, il paraît que les mecs osent moins faire chier ainsi. On verra.
Donc, pour les femmes, êtres vigilantes, couvertes – pantalon long, jupe longue, chemise manche longues – de toutes façons c'est mieux contre le soleil, et les intérieurs sont toujours trop climatisés. Lunettes de soleil pour marcher dans la rue, de préférence le long des murs. Ne jamais se laisser prendre ou serrer la main, c'est mal vu et objet d'un concours salace entre mecs. Prévoir ses déplacements de façon à éviter les heures d'affluence propices aux attouchements, et éviter aussi de marcher longtemps dans la rue, ça ne se fait pas en général, encore moins pour les femmes. Se tenir dignement dans les lieux publics, ne pas caqueter ni glousser ni hurler ni éclater de rire, ça attire les mains baladeuses comme des moustiques. Pour les demandes de renseignements, privilégier dans l'ordre : femmes, personnes âgées, flics. Et évidemment éviter les endroits déserts et sombres.
En cas d'attouchement, immédiatement hurler en anglais, help, my god, stop, les gens comprennent et rappliquent tout de suite ; dégainer immédiatement la gifle avant que le mec soit loin, ils sont champions du monde de la fuite innocente et candide. Tout de suite repérer le flic du coin, ils seront intraitables avec le mec dans la mesure où vous n'êtes pas en string léopard. Pareil si vous êtes suivies.
Le mot de base à connaître, c'est ''choukrane'', tout à fait à la portée d'un palais francophone : ça veut dire merci, ou bien non merci, selon le contexte.
Deux remarques annexes : sexe, ça veut dire séparer étymologiquement ; et bien à force de sexualiser (séparer) hommes et femmes, ces interdits sexualisent (érotisent) tout, çad arrivent au résultat strictement inverse. Un regard, un mouvement de hanche, un effleurement, un bout de chair, sont ici follement excitants, érotiques. À force de ne plus voir de chair dans l'espace public, nous nous sommes nous mêmes surpris, de passage en france, à mater comme des frustrés la nudité étalée partout, sans pouvoir en détacher nos yeux, et il a bien fallu deux semaines pour n'y plus faire attention. Enfin, pas de généralisation abusive, aucun lien de cause à effet avec l'islam ou l'arabité, des sociétés et communautés chrétiennes de méditerranée sont tout autant répressives envers la sexualité, avec des résultats analogues.
Violence de stigmatisation : J'aurais pu mettre ce qui précède dans cette rubrique aussi. Plus largement, l'étranger ici, c'est d'abord le riche, et ensuite le symbole de leur domination historique et politique ; venir ici dépenser son fric, on peu penser ''qu'ils en sont bien contents'' du fric touristique, mais on peut aussi tenir compte du fait que l'humiliation commence dans l'asymétrie, quand on ne peut pas rendre. Bref, il est temps de passer à la rubrique ''violence politique'' avant de passer à la rubrique ''sécurité des biens''.
Violence routière :
La violence routière est une triste réalité en Égypte, avec surtout plein de piétons suicidaires qui se jettent sur les routes pour traverser et sont tués chaque jour au Caire. Les conducteurs cairotes doivent avoir une mutation génétique, avec des yeux de mouche multidirectionnels, et une ouïe surdéveloppée. Des voitures et bus peuvent tomber des auto-ponts, et un aveugle pourrait conduire au son des klaxons qui sont l'instrument de survie de base au volant, servant à signaler une proximité inférieure au centimètre. Les gens foncent tout simplement, sans code de la route, sans respect des signalisations ; c'est incroyable de voir inversées sur les routes l'exquise urbanité des Égyptiens, consacrant la priorité au plus goujat. Les feux de circulation fonctionnent mais ne servent à rien, il faut plutôt se fier aux policiers qui règlent la circulation à certains carrefours, au détriment de ce qu'indiquent les feux. L'intensité du trafic de jour limite au moins la vitesse et donc la gravité des accidents. La nuit et les jours de faible circulation sont donc particulièrement létaux, car les gens foncent librement et les chocs sont mortels. Pire encore sur les routes en dehors du Caire en dehors de quelques grands axes modernes et à sens unique, et encore. Il faut donc, piéton ou conducteur, être extrêmement attentionné et concentré, scruter toutes les directions sur la voie publique, c'est vital.
Violence politique :
Pour le contexte, voir
http://www.davidmanise.com/cgi-bin/yabb2/YaBB.pl?num=1149858186/20#20Le risque terroriste renvoie à la stigmatisation de ce que l'occident incarne pour eux en terme de domination, d'humiliation et d'injustice, et aussi à une stratégie cynique de pourrir les ressources en devises du régime politique en asséchant le circuit touristique, une des seules grandes ressources du pays. En fait de pays, c'est pas vraiment ça : le circuit touristique, c'est aussi une industrie de contournement du pays réel, et un moyen hyper organisé, hors-sol et exclusif de captation de devises étrangères au profit des seuls dirigeants et leurs employés. Par définition, contre les attaques militaires contre des civils, je ne vois pas quoi conseiller car les touristes sont eux-mêmes des cibles, et ils viennent voir des lieux forcément visés, que les expatriés évitent en général. En plus c'est en général imprévisible et imparable. Reste la solution d'éviter le pays, ou de prendre des paris. Bref, prenez vos responsabilités, renseignez vous, lisez les analyses-pays, etc... Je trouve incroyable le procès fait et gagné par des touristes à la société qui leur a vendu une semaine de plongée sous-marine dans un coin pourri d'asie du sud-est, où le risque politique est connu, et où ils se sont fait prendre en otage, reprochant à l'entreprise de ne pas les avoir informés. Ces gens n'ont vraiment pas de face, et notre société nous infantilise gravement.
Se poster prés des sorties, toujours les repérer, rester près des murs et de tout obstacle aux projectiles – pas les portes des véhicules, mais leur bloc moteur ; en Egypte les trottoirs sont très hauts et permettent de s'allonger sur la chaussée en étant bien couvert. Mais rester loin de fenêtres, si possibles ouvertes ;
Toujours balayer l'espace à la recherche de mouvements, colis et individus suspects, avoir sur soi un kit de secours avec clampes et compresses, téléphone portable – le 112 est le numéro de secours international, il passe même sans carte SIM ; éventuellement faire débloquer le fonctionnement à l'étranger auprès de son fournisseur de ligne portable en france ; les sms passent et sont pas cher ; avoir la liste écrite et préenregistrée des numéros urgents et utiles : ambassade, consulat, banque, carte bleue, assurance.
En cas de mitraillage, se mettre instantanément à couvert puis faire le mort.
Pas de prise d'otage en Égypte, pour l'instant.
Bien vérifier l'étendue et les conditions de couverture de vos assurances, payer son voyage en carte visa pour bénéficier d'une couverture supplémentaire.
Avoir des copies de tous vos papiers, passeport, ID, numéros de cartes et de chéquiers, numéros de téléphone, sur vous et dans vos affaires.
Prévenir un proche en France de votre voyage, dates et itinéraires ; prévoir avec lui un plan de financement d'urgence par western union si vous perdez tous vos moyens de paiement.
Le régime a énormément investi dans la protection des touristes, mais bon l'intendance ne suit pas, entraînement zéro, rien de sérieux contre des mecs sérieusement organisés. Je sais même pas s'il faut s'en plaindre à vrai dire.
Santé et hôpitaux
Mettre à jour vos vaccins, emporter le minimum – contre déshydratation et diarrhées, purification de l'eau, crèmes et lunettes solaires, couvre-tête. Prendre des produits et dispositifs anti-moustiques, ce sont les mêmes prises électriques qu'en France. Le meilleur hôpital comme disait un oncle corse, c'est Air France. Bon il y a tout de même les deux hôpitaux internationaux du Caire Al-Salaam, et des cliniques compétentes contre la bobologie près des sites touristiques, sans parler du littoral de la Mer rouge bien équipé pour les accidents de plongée et avec des équipes compétentes. Attention, les étrangers doivent payer avant tout soin, ça peut choquer mais il faut être prêt – sauf si urgence absolue évidemment et si la personne est seule et inconsciente. Ne pas attendre les ambulances qui sont lentes et nulles, sauf impossibilité absolue de transporter le blessé : on hèle un taxi et on fonce.
SECURITE DES BIENS
Le niveau de sûreté est nettement supérieur à la France, mais ici encore, il faut savoir que les étrangers ont marqué ''coffre à dollars'' sur leur tête. Comme c'est un pays du tiers monde, avec d'innombrables pauvres à qui on dit qu'il faut faire venir les étrangers pour leur fric, et bien on est systématiquement assailli en permanence, en tant que ''riches'', pour donner des bakchichs sans fin. Les bakchichs, c'est le fric que chacun cherchera à vous extirper en paiement de services plus ou moins sérieux qu'il vous imposera pour porter une valise, tenir une porte, etc...
C'est une société de redistribution inégale, et de métiers de petits services, tout riche se doit de solliciter de multiples personnes au quotidien, un bourgeois égyptien fait vivre 50 personnes à l'aise.
Bref, pas de vol, quelques cas de pickpockets signalés dans le métro. Des portables disparus aussi. Mais franchement, les touristes sont globalement protégés. Juste ne pas tenter le diable.
Le pire risque sera donc la gentille arnaque à l'achat de produits courants, de parfums ou de souvenirs et aux taxis ; les rabatteurs sont nombreux dans le centre-ville et près des sites touristiques, pour vous proposer l'affaire du siècle et le dernier vrai papyrus de Ramsès avec un grand sourire ; il faut donc travailler son ''non merci'' : choukrane.
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