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Auteur Sujet: Survie sur un télésiège en panne ou les façons de s'en sortir  (Lu 18531 fois)

01 février 2010 à 00:52:26
Lu 18531 fois

supervagabond


N'avez vous jamais été arrêté un peu plus longtemps que d'habitude sur un télésiège et ne vous êtes-vous jamais demandé ce qu'il adviendrait si cette panne survenait en fin de d'après-midi, juste avant la fermeture,  avec une température bien négative, et que visiblement l'attente commence à être vraiment longue (45 mn à 1h00, voire plus) et que vous commenciez doucement à vous engourdir ?
Moi si, donc l'objet de ce post.
1 ) La plupart des skieurs excepté quelques surfeurs, skieurs de rando ou parents prévoyants, pratiquent le ski alpin comme s'ils étaient dans un milieu hypersécurisé. En théorie, c'est vrai. Tout est balisé ou presque. Au moindre souci, un secouriste vient vous assister, surtout avec la généralisation du portable (je reviens sur ce dernier point plus loin).
Donc, en général, on voit peu de gens sur les pistes avec un sac à dos (d'ailleurs pour les moins dégourdis çà peut être une cause de chute lors du débarquement du télésiège, et c'est vrai qu'il faut reconnaître que ce n'est pas trop pratique). Les prévoyants qui skient avec un sac ont au minimum quelques barres énergétiques ou autres fruits secs, et surtout de la boisson, car en ambiance hiver et de plus en mouvement on se déshydrate rapidement. Je dirais qu'en temps normal, c'est à dire ski dans un domaine restreint et plutôt sur le bas de la station, c'est amplement suffisant, mais on n'est jamais à l'abri du postulat de départ.
2 ) En cas de panne prolongée du télésiège dans un environnement que je dirais "hostile " - haute altitude, température négative, vent -, vous êtes rapidement congelés ou dans le meilleur des cas bien refroidis !!
3 ) Déjà voilà ce que je préconise pour faire du ski alpin dans un vaste domaine avec des points de chute (abris de remontées mécaniques) éloignés et éventuellement une possibilité (en plus) de se faire prendre par un changement de conditions climatiques imprévu (on n'en est pas encore "au jour d'après" !!).
Une liste de matériel non exhaustive mais utile pour skier dans un premier temps avec un minimum de sécurité :
un petit sac à dos ou mieux une sacoche de taille (c'est ce que j'utilise).
Le plan de la station
Une couverture de survie fine (dans l'anorak).
Un leatherman crunch et un tournevis multifonction pour dépanner les fixations (c'est très utile, surtout pour les autres !!)
deux ou trois colliers rilsan (même usage pour réparation de fortune de chaussure ou de ski)
deux ou trois bougies chauffe-plat et un briquet.
J'emporte aussi un firesteel,un bloc de magnésium et un taille-crayon(çà peut servir, si surpris par la nuit je devais tenter d'allumer un feu)
quelques barres énergétiques, une bouteille de coca d'un demi litre avec de la boisson énergétique, et une cannette de coca pleine, 2 ou 3 sachets de thé.

A ce stade, vous remarquerez que tout ce petit matériel reste sobre et léger.

Si je pars pour la journée, j'emporte systématiquement un petit talkie-walkie (privilégier les modèles de marque connue, avec des accus ou des piles bien chargées). Si vous êtes perfectionniste, vous prendrez des piles lithium 1,5v de format R6 (AA) qui supportent très bien le froid.

4 ) Ce qui va suivre et l'emport du matériel cité dépendra de votre volonté de pouvoir vous sortir d'une situation d'urgence et/ou vos proches, en considérant le fait que le procédé décrit, outre le fait qu'il nécessite une certaine technique, est probablement contre indiqué par la réglementation sur l'utilisation des remontées mécaniques. En gros, soit vous attendez qu'on vienne vous sortir, soit vous vous dém***er !!
5 ) Pour s'échapper d'une benne de télésiège stoppée pour une longue période, il faut cependant plusieurs conditions :
que la benne soit à une hauteur raisonnable du manteau neigeux (une dizaine de mètres me paraît largement envisageable).
que les personnes avec vous dans la benne n'aient pas sombré dans une crise d'hystérie engendrée par une attente prolongée dans les conditions précédemment évoquées.
qu'elles soient d'accord pour que vous tentiez de vous échapper (cà peut être pas évident à les convaincre que vous en avez les capacités et que votre manœuvre n'engendrera pas de risque pour eux)
IMPORTANT : A ce stade, prendre conscience qu'on ne s'échappe pas d'une benne en hauteur en sautant, même si on peut penser que la neige fait un bon amortisseur (du moins, moi j'éviterais).
Il faut de plus maîtriser parfaitement le rappel sur une corde (lette !!) fine et être en parfaite condition physique pour d'une part être en mesure de faire l'acrobatie sans faute et pouvoir rejoindre un point de chute en considérant qu'on peut être amené à skier une partie hors piste ou devoir faire un petit crapahut pour rejoindre une piste balisée.

6 )Il faut disposer du matériel adéquat pour vous échapper et surtout savoir l'utiliser.
Personnellement, j'emporte une cordelette de montagne de 7mm de 20 m, une sangle en dyneema de 50 cm ou un anneau en dyneema, un petit maillon rapide de 7 mm, un grand anneau de sangle de 3 m et un mousqueton à vis servant de baudrier.

Je préconise la manœuvre comme suit :
une fois que la décision de s'échapper est prise et acceptée, en considérant que toutes les conditions  en 5 soient réunies, dans un premier temps il faut que je me libère de mes skis pour être en mesure d'installer le rappel.
Je déchausse un ski après l'autre et je les confie à mon voisin.
Je sors la sangle de 3m que j'enfourche pour confectionner mon baudrier (le principe du 8) que je ferme avec le mousqueton à vis.
Je me tourne sur le siège et je m'y tient à genoux (jamais debout). Je passe l'anneau de dyneema sur le support de benne (celui qui tient la benne sur le câble) et je le ferme avec le maillon de 7mm.
A ce stade, si la manœuvre est exécutée dans le calme, aucun risque. Le garde-corps est maintenu en position fermé.
Je fais passer la cordelette de 7mm dans le maillon et je la fais descendre jusqu'à être sûr qu'elle arrive au sol (très important de bien apprécier les hauteurs)
ensuite, je fais passer le rappel sur le devant du siège (la cordelette touche le siège).
De là, plusieurs solutions, soit j'ai décidé de m'échapper seul, auquel cas, je jette mes skis auparavant dans la neige, à plat perpendiculairement à la pente, je fais un demi cabestan sur le mousqueton de baudrier, je me glisse hors du siège en soulevant légèrement le garde-corps et je descend jusqu'au sol. Ensuite je récupère le rappel en abandonnant l'anneau de dyneema et le maillon. Je chausse les skis et je rejoins un point de chute après avoir jeté un œil sur le plan de la station.

En tout état de cause, si une ou plusieurs personnes en état de vouloir s'échapper et qui acceptent la prise de risque pour eux ou leurs ayants-droits, le principe adopté sera que j'installerais moi-même le baudrier sur chacun des volontaires et c'est moi qui les ferait descendre avec un nœud italien au niveau de l'amarrage. Dans ce cas, un deuxième mousqueton serait nécessaire.

Voilà le fruit d'un de mes réflexions sur une situation susceptible d'intervenir un jour où on serait le moins préparé pour y faire face. J'attends vos suggestions, points de vue et à en débattre.
Le yeti (du criou).

01 février 2010 à 06:38:14
Réponse #1

bloodyfrog


Bonjour et bienvenue,

Supervagabond, il n'a pas une super-cape?  ;D

On a tous en tête en te lisant les exploits de Jean Claude Duss, mais ton scénario est tout de même assez improbable.
Non pas de se retrouver à l'arrêt sur un télésiège, mais de justifier de risquer le sur-accident en tentant de s'en extraire (si pb technique, les services de la station sont dessus et savent que les gens coincés attendent exposés).
On peut en discuter, mais j'axerais à ta place la prévention sur la gestion de ta chaleur corporelle 1h sous le vent et immobile... parce que avant de dire "j'y vais", tu vas sans doute peser le pour et le contre un moment...

Citer
que les personnes avec vous dans la benne n'aient pas sombré dans une crise d'hystérie engendrée par une attente prolongée dans les conditions précédemment évoquées.

La partie technique de l'évasion est plutot maitrisée, mais cette phrase me parait assez importante dans ton scénario... même si l'hystérie sera vraisemblablement due à tes mouvements sur la nacelle et moins aux conditions elles mêmes d'après moi... Ca va bouger fort à plein de moments, et peu de gens vont l'accepter, la peur du vide et la panique de se voir projeter en bas l'emportant haut la main sur le fait de se refroidir... Tu risques de te faire jeter dans la neige sans passer par la phase rappel...

Gérer l'autre/les autres seraient à mon avis le plus difficile!

Pour ce qui est du kit de "survie", rajoute une bonne frontale dans le sac, c'est quand même une des gentilles galères les plus fréquentes, se faire coincer par la nuit...

Le firesteel, magnésium et taille crayon dans la neige, même si réalisable, ça fait un peu doux rêve quand même... Tu as un briquet, garde le au chaud dans une poche ou tu ne seras pas susceptible de le perdre et prévoie un allume feu d'urgence (genre tube d'Efferalgan bourré de coton vaselinée et de quelques copeaux de bois gras) qui brule fort 4 à 5 minutes... Ca devrait suffire à démarrer un feu, avec du résineux, sous toutes les conditions...

Manu.

01 février 2010 à 07:58:59
Réponse #2

Corin


Excellent sujet - mauvais traitement.

Tu as raison de dire que beaucoup de gens ne sont pas équipés et risqueraient de grosses difficultés en cas de panne prolongée.

Mais un télésiège n'est absolument pas un endroit perdu et isolé. En cas de panne, si celle-ci doit durer (réarmement impossible, obligation d'une intervention technique), l'évacuation sera déclenchée.
Tout compris cela peut prendre une heure mais tout le monde a en tête le risque pour les skieurs.

En gros, soit vous attendez qu'on vienne vous sortir, soit vous vous dém***er !!
Ceci est totalement irresponsable et ça n'est pas une question de légilsation mais de bon sens.
En aucun cas, il ne faut envisager une évacuation d'une remontée mécanique par ses propres moyens.
Comment fais-tu si le télésiège redémarre alors que tu es au milieu de ton rappel? Tu ne peux savoir ce que font les personnes qui interviennent sur la remontée. D'autre part, si tu te loupes et que tu tombes, il se peut que personne ne se rende compte que tu étais sur le télésiège et que tu es manquant.

De grâce, pas de plan sur la comète. Que l'on ait du matériel d'encordement parce que l'on pratique du ski de randonnée loin de tout oui pas pour le ski de piste dans une station française. Alors oui, c'est très désagréable de rester sur un télésiège. Oui, un sac avec de quoi faire face à un problème est une bonne précaution et source d'économie (on a vite fait d'y ajouter le casse-croûte et de ne pas payer une fortune son déjeuner). Mais non, on ne cherche jamais à s'extraire seul d'une remontée mécanique en panne.

De la très grande utilité de la thermos (1/2l de thé ça ne se sent pas) dans pareil cas. C'est bien plus utile que d'envisager de le faire le moment venu (en altitude et par temps froid, c'est très long de faire chauffer de l'eau alors que ça ne demande que quelques minutes dans la kitchenette de ton appartement de location... Et il est dispo immédiatement quand on en a besoin.

A+
« Modifié: 01 février 2010 à 08:06:38 par Corin »

01 février 2010 à 08:17:05
Réponse #3

Kilbith


Bonjour,

Excellent sujet. Cela fait partie des scénarios envisagés.

Concrètement, fiston (16 ans) devant aller skier en groupe dans une station de (très) haute altitude en Décembre, voici le mini-kit qu'il s'était engagé à emporter avec lui quotidiennement. Il faut donc que cela tienne  sans problème dans la veste. Si c'est un problème, comme nous tous, il ne fait pas  :

- Couverture de survie.
- Chaufferette chimique 5H.
- Lampe ph**on.
- Une barre énergétique qu'il n'aime pas et qui ne gèle pas (test congelo).
- mini SAK avec cruciforme.

Idéalement il y aurait eu de la boisson, mais la boisson à plusieurs inconvénient.
- Cela nécessite un sac supplémentaire, donc on emporte pas souvent. Et comme tu le précises c'est une cause d'accident dans les remontées..
- Cela gèle.
- Le contenant peut être une source de blessure lors d'une chute.

Il avait aussi les moyens de confort :
- cagoule soie (en fait polyester)
- sous gants soie (en fait polyester)
- surmoufles fines et étanches.
- plan des pistes (mais sur 3 vallées pas évident de naviguer)

Pour le portable, pas besoin de lui rappeler : on prévoit déjà de l'enterrer avec.  :D

A ce petit matériel s'est ajouté un exercice de 10 minutes pour passer la CS en étant assis et mettre en oeuvre la chaufferette. Un autre exercice de 10 minutes pour ne pas oublier des desserrer légèrement les boucles des chaussures pour favoriser la circulation et de maximiser l'isolation de sa tenue de ski. Perception du papier journal pour faire sécher ses chaussures le soir  (mais au final le centre était équipé de séchoir) une paire de chaussette (D4) par jour (les chaussettes propres sont plus chaudes).

Comme il n'était pas impossible d'avoir du -20°C à 3000m avec grand vent, un petit rappel de l'effet windchill et investissement dans le l'excellent matériel pour ces conditions de haute montagne hivernale. Un gage de sécurité (meilleure visibilité, moindre fatigue, moindre déshydratation...)

 ;)
« Modifié: 01 février 2010 à 11:34:24 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

01 février 2010 à 09:39:38
Réponse #4

Lolo94


"Une barre énergétique qu'il n'aime pas", génial, j'aurais jamais pensé à ça! Par contre ça peut demander un peu de recherche ; j'ai le souvenir d'avoir mangé pour mon plaisir une ration energétique glycérinée menthe/chocolat... Mais je ne le referais pas hors cas extrême. ^-^

01 février 2010 à 11:12:20
Réponse #5

VieuxMora


Pour réfléchir

Retex datant d’une 20aine d’années arrivé à un de mes amis (X), alpiniste et sportif.
 
X et 2 personnes partent en ski de rando
Au retour, en arrivant au dessus d’une station, à la fin de l’après-midi, X décident de redescendre par le télésiège, plutôt que déniveler encore 1000m dans le mauvais temps.
Arrivé à la gare du sommet, ils constatent que le télésiège vient de fermer, mais que les bennes tournent encore.
Ils choisissent d’enjamber la barrière, et s’installent dans un siège.
Au bout d’un moment, le télésiège s’arrête.
Ils appellent, pas de réponses. La nuit s’installe.
Conscient du risque d’hypothermie, X décide alors de tenter une évacuation pour aller chercher du secours.
Ils assemblent leurs peaux de phoque pour improviser une corde.
Accroché au siège, ce dispositif arrive à quelques mètres au dessus de la neige.
 X (moins de 70 Kg) descend le long de ce cordage.
Soudain il se rompt. X se brise les 2 chevilles.
Il rampe jusqu’à la station, prévient les secours, qui récupère les 2 personnes en bon état.
Les séquelles pour X sont graves, et durables nécessitant plusieurs opérations successives.
 
L’issue d’une nuit à 2500/3000 exposée était incertaine.

On peut après coup s’étonner de l’absence de corde dans l’équipement (Mul avant la lettre) pour une ballade rapide dans la journée, de l’option risquée de prendre le télésiège,
et de la défaillance des peaux de phoque.
Par contre X est allé au bout de l’option en assumant les conséquences.

01 février 2010 à 11:24:22
Réponse #6

Kilbith


Pour réfléchir

Retex datant d’une 20aine d’années arrivé à un de mes amis (X), alpiniste et sportif.
 
X et 2 personnes partent en ski de rando
Au retour, en arrivant au dessus d’une station, à la fin de l’après-midi, X décident de redescendre par le télésiège, plutôt que déniveler encore 1000m dans le mauvais temps.
Arrivé à la gare du sommet, ils constatent que le télésiège vient de fermer, mais que les bennes tournent encore.
Ils choisissent d’enjamber la barrière, et s’installent dans un siège.
Au bout d’un moment, le télésiège s’arrête.
Ils appellent, pas de réponses. La nuit s’installe.
Conscient du risque d’hypothermie, X décide alors de tenter une évacuation pour aller chercher du secours.
Ils assemblent leurs peaux de phoque pour improviser une corde.
Accroché au siège, ce dispositif arrive à quelques mètres au dessus de la neige.
 X (moins de 70 Kg) descend le long de ce cordage.
Soudain il se rompt. X se brise les 2 chevilles.
Il rampe jusqu’à la station, prévient les secours, qui récupère les 2 personnes en bon état.
Les séquelles pour X sont graves, et durables nécessitant plusieurs opérations successives.
 
L’issue d’une nuit à 2500/3000 exposée était incertaine.

On peut après coup s’étonner de l’absence de corde dans l’équipement (Mul avant la lettre) pour une ballade rapide dans la journée, de l’option risquée de prendre le télésiège,
et de la défaillance des peaux de phoque.
Par contre X est allé au bout de l’option en assumant les conséquences.

Merci pour le Retex.

Ajouter un risque certain (chute dans la neige) à un risque probable (hypothermie) est une option à considérer avec une grande méfiance. Mais ce n'est pas à totalement exclure.
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

01 février 2010 à 12:21:23
Réponse #7

lambda


Pas mieux que ce qui a été dit:

- juste que le fait de se haler à l'aide d'une corde, surtout en partant d'un support par définition instable, n'est pas à la portéee de tout le monde sans s'y avoir été formé en club par exemple et s y etre entrainé. Donc pas une technique vraiment utile en soi pour beaucoup de personnes.

- sachant que implicitement, on est pas loin de la civilisation, des secours, (si il y a télésiège, c'est qu on est dans le domaine de la station), je pense aussi qu'il vaut mieux se créer une "bulle" de confort permettant de gérer et lutter au mieux contre l hypothermie: sa bulle, sa sauvegarde, ce seront nôtre équipement vestimentaire, les moyens de générer de la chaleur facilement sachant qu on n a pas accés a du combustible pour faire un feu sur notre télésiège, donc avoir quelques chaufferettes sur soi... un thermo de thé chaud et des trucs à grignoter, c'est un vrai plus!

- un moyen de communication: un portable avec des numéros préenregistrés ET inscris au dos du portable des services de secours de la station, 112... le portable bien rangé au chaud contre soi dans une poche intérieure de sa veste ou un ziplock contre soi.

- avoir un bout de matelas mousse pour isoler son cul et au moins une partie de son dos, du siège (souvent métallique) du télésiège...

- une bonne frontale, comme l indique Corin.

bref s'installer "confortablement" dans l'attente des secours, après les avoir prévenus, (en supposant qu ils ne sont pas au courant du problème) histoire de ne pas aggraver la situation...

a+,
Lambda



"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

01 février 2010 à 12:51:55
Réponse #8

Anke


Yo, tout pareil que les copains. Chui pas alpiniste, mes notions de rappel sauvage datent de 1976... ( bon ça va !)
Je reste sur le truc, je me serre cntre mon voisin ( si c'est une fille c'est t.ut bénef !   Oui totalement gratuit et Hs, mais on peut faire la conversaion au pireµ...).
j'optimise au plus possible mes possibilité de "réchauffage" ( j'ai une polaire de plus dans le sac, le protable chargé à bloc, un litre de flotte et de quoi bouffer + ma chapka et mon shemag+ couverture de survie et sacs poubelles)
1) je m'isole du froid
2) je mange et je bois
3) J'appelle les potes qui sont déjà rentrés ( je ne pars jamais tout seul au "ski" à plusieurs ça coute moins cher !)
4) J'entonne " Etoile des neiges... " à fond les ballons et je siffle dans mon sifflet d'arbitre OM contre PSG toutes les 2 ou 3 mn. J'arrète quand les secours me diront de la fermer ( mode boulet anxieux).
Si je saute, j'ai toutes les chances de me pêter une patte, ou bien de me perdre en essayant de redescendre.

01 février 2010 à 14:00:23
Réponse #9

Lemuel


Plein de bon sens dans ces réponses. Et en effet, une chaufferette chimique sur chaque aine me semblent plus efficaces qu'un firesteel.  :)
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

01 février 2010 à 15:49:29
Réponse #10

supervagabond


Pris acte de vos compléments constructifs, notamment sur les moyens de lutter contre le refroidissement.
"En aucun cas, il ne faut envisager une évacuation d'une remontée mécanique par ses propres moyens"
Sur le principe, je suis fondamentalement d'accord. Cependant ne pas envisager qu'il y ait une solution extrême pour se tirer d'une situation inconfortable va à mon sens à l'encontre de l'essence de notre discussion.
Il est bien évident que dans ces conditions tout serait fait pour tenter de trouver une solution rapide au problème. On ne peut exclure que la manip excède 2 heures, alors dans ce cas ma décision serait prise si toutes les conditions optimales s'y prêtent.
Je précise que descendre 10 m en rappel même sur de la 7mm ne me prendrait pas 1mn, au plus 30s, alors l'inertie du redémarrage du télésiège me laisserait largement d'arriver en bas sans casse.
Dans ce cas effectivement, il faudrait considérer que cette décision n'engage que moi et ne mette pas en péril les autres usagers.
Enfin, ce sujet intéressant mal traité aura eu au moins l'intérêt de faire un point sur le matos intéressant à avoir sur soi pour pratiquer le ski de piste dans une station française.

01 février 2010 à 16:15:47
Réponse #11

Anke


Oui supervagabond, moi mon pb N°1 ça ne serait pas forcément de descendre en rappel sur 10 m, mais surtout de me retrouver dans la neige avec des godasses pas adaptées du tout à la marche normale ( en plus je ne suis pas assez bon skieur pour dévaler une piste plus sombre que rouge, donc dans un truc pas balisé, avec des rochers un peu partout, de la neige profonde et la nuit, pour moi ça ne serait "pas glop" du tout. En fait ma tentative "d'évasion" du télésiège ne ferait qu'empirer les choses au niveau de ma "survie".
Donc pour moi, si je fais les comptes :
Je reste assis dans le truc et je beugle et je siffle ( avec une frontale un peu flash en plus), bref je fous le bordel le plus possible. Je vais me geler un peu les miches, certes mais je peux espèrer avoir une présence humaine dans les trois heures ( les potes vont s'inquièter, je serais pas là pour l'apéro...)
Je saute : je suis dans la neige, je vais "arquiner" avec mes godasses de ski, et je vais très vite me fatiguer, je vais être tout mouillé de sueur et de neige, je vais surement me perdre et surtout il sera beaucoup plus difficile de me retrouver. Si je descend de mon perchoir, pour moi ( et pour moi seul hein, après chacun voit en fonction de son physique, sa connaissance de la montagne tec...), Murphy et l'effet chimpanzé ne vont pas me louper. Donc, c'est pas très glorieux, mais Anke, trouillard comme pas deux, il appelle sa maman  :lol:

01 février 2010 à 17:02:49
Réponse #12

supervagabond


Oui supervagabond, moi mon pb N°1 ça ne serait pas forcément de descendre en rappel sur 10 m, mais surtout de me retrouver dans la neige avec des godasses pas adaptées du tout à la marche normale ( en plus je ne suis pas assez bon skieur pour dévaler une piste plus sombre que rouge, donc dans un truc pas balisé, avec des rochers un peu partout, de la neige profonde et la nuit, pour moi ça ne serait "pas glop" du tout. En fait ma tentative "d'évasion" du télésiège ne ferait qu'empirer les choses au niveau de ma "survie".
Donc pour moi, si je fais les comptes :
Je reste assis dans le truc et je beugle et je siffle ( avec une frontale un peu flash en plus), bref je fous le bordel le plus possible. Je vais me geler un peu les miches, certes mais je peux espèrer avoir une présence humaine dans les trois heures ( les potes vont s'inquièter, je serais pas là pour l'apéro...)
Je saute : je suis dans la neige, je vais "arquiner" avec mes godasses de ski, et je vais très vite me fatiguer, je vais être tout mouillé de sueur et de neige, je vais surement me perdre et surtout il sera beaucoup plus difficile de me retrouver. Si je descend de mon perchoir, pour moi ( et pour moi seul hein, après chacun voit en fonction de son physique, sa connaissance de la montagne tec...), Murphy et l'effet chimpanzé ne vont pas me louper. Donc, c'est pas très glorieux, mais Anke, trouillard comme pas deux, il appelle sa maman  :lol:
Ok, je crois que sur le principe tu m'a convaincu. Donc, dans la mesure du possible, je m'installe à côté d'une blonde (à forte poitrine), en cas de panne, je lui fais la conversation. C'est pas bon pour ce que j'ai, mais bon ...c'est mieux que deux chevilles ou errer dans la montagne !!

01 février 2010 à 22:57:18
Réponse #13

Corin


Pour réfléchir

Retex datant d’une 20aine d’années arrivé à un de mes amis (X), alpiniste et sportif.
 
X et 2 personnes partent en ski de rando
Au retour, en arrivant au dessus d’une station, à la fin de l’après-midi, X décident de redescendre par le télésiège, plutôt que déniveler encore 1000m dans le mauvais temps.
Arrivé à la gare du sommet, ils constatent que le télésiège vient de fermer, mais que les bennes tournent encore.
Ils choisissent d’enjamber la barrière, et s’installent dans un siège.
Au bout d’un moment, le télésiège s’arrête.
Ils appellent, pas de réponses. La nuit s’installe.
Conscient du risque d’hypothermie, X décide alors de tenter une évacuation pour aller chercher du secours.
Ils assemblent leurs peaux de phoque pour improviser une corde.
Accroché au siège, ce dispositif arrive à quelques mètres au dessus de la neige.
 X (moins de 70 Kg) descend le long de ce cordage.
Soudain il se rompt. X se brise les 2 chevilles.
Il rampe jusqu’à la station, prévient les secours, qui récupère les 2 personnes en bon état.
Les séquelles pour X sont graves, et durables nécessitant plusieurs opérations successives.
 
L’issue d’une nuit à 2500/3000 exposée était incertaine.

On peut après coup s’étonner de l’absence de corde dans l’équipement (Mul avant la lettre) pour une ballade rapide dans la journée, de l’option risquée de prendre le télésiège,
et de la défaillance des peaux de phoque.
Par contre X est allé au bout de l’option en assumant les conséquences.
Ce genre d'exemple est tout à fait ce qu'il faut analyser pour voir ce qu'il ne faut pas faire.
Avoir 1000 m de dénivelé à descendre dans le mauvais temps, en fin d'après-midi, c'est être déjà dans une situation délicate si ce n'est dangereuse.

C'est cette situation qui pousse à une décision qui va amener la suite catastrophique: prendre un télésiège alors qu'il n'y a plus d'agent présent.

Il s'agit de montrer comment l'enchaînement d'une ou plusieurs mauvaises décisions, dans une situation où l'on n'aurait dû éviter de se retrouver, a des conséquences catastrophiques.

A+

01 février 2010 à 23:56:27
Réponse #14

MuleSkinner


Salut juste quelques considérations, effectivement si tout va bien pourquoi ne pas rester dans la benne et attendre les secours, par contre si ça va mal on peut être contraint d'évacuer. Rappelons l'accident d'avion survenu en 61 sur le téléphérique de la vallée blanche, câble de traction cassé. Dans une benne on ne sait pas dans quel état est le câble porteur. Peut-être en train de lâcher peut-être pas. Faut prendre une décision. Un jeune aspirant guide avait réussi à descendre d'une cabine bloquée par ses propres moyens. Plus récemment j'ai assisté impuissant à une tempête brutale, plusieurs rafales d'une violence extrême. Les remontées s'arrêtent. Je vois les bennes osciller, un siège vide se détache et tombe. Dans la minute qui a suivi, les mecs dans la benne de derrière ont largué leurs skis et sauté. Heureusement beaucoup de poudreuse, je vois les gars se relever récupérer leurs skis (au lieu de se casser d'en-dessous du télébenne) et puis attaquer la descente. Un quart d'heure plus tard les bennes se remettent en route le temps d'évacuer tous les skieurs et la station ferme. C'était le 31 déc 99. Ce jour-là j'étais sur le versant en face et les rafales étaient tellement fortes que je pouvais pas rester debout @+

02 février 2010 à 17:12:51
Réponse #15

kikou92


Salut,

Ayant la chance d'aller skier régulièrement, c'est typiquement le genre de thème que je souhaitais approfondir en club 7s.

Mais bon, j'envisageais plutôt des situations plus "classiques" et surtout très "banales" de type fracture, entorse, chute en contrebas dans les sapins, gestion du froid, de l'attente des sauveteurs...

J'ai discuté avec un opérateur de télésiège un jour: il m'avait dit que, à part de rares exceptions dans le monde, on ne peut pas rester bloquer comme ça sur un télésiège. Si c'est une panne, la concession donne un temps maximum (environ 90 minutes) pour libèrer les passagers des remontées. De plus, comme les nacelles sont numérotées, l'employé peut contrôler toutes les nacelles sur un tour.

Donc se préparer à passer 90 minutes dans le vent froid, oui, ça c'est intéressant...

Bon, si après on s'amuse à franchir la barrière, vous êtes dans la rubrique "3 secondes avec la connerie"...

A+
Alexis

(Vivement le club 7S...  ;) )

02 février 2010 à 17:34:18
Réponse #16

Gros Calou


Yo  :)

Ceci m'est arrivé à moi et ma femme en 1993, nous sommes effectivement resté coincés pendant environ 90 mn et en plein soleil, nous étions au dessus des combes du cheval noir, donc 20 bon mètres au-dessus du sol, qq1 est arrivé et nous a fait descencre en rappel et nous avons regagné à pieds la piste la plus proche. A aucun moment, nous nous sommes sentis en danger, notre principal préoccupation était de protéger nos visages du soleil. Nous avions de quoi nous couvrir, des barres chocolatées et de l'eau 1.5 litre. Et tout c'est bien passé.

 ;)

02 février 2010 à 22:05:26
Réponse #17

Coug


Pour le problème de l'eau qui gèle, il peut-être envisageable d'y rajouter une petite quantité d'alcool. Mais le risque est une baisse de la vigilance - Mais ca peux être utile si on a pas de possibilité de ravitaillement (hors piste, rando,..).

02 février 2010 à 22:12:06
Réponse #18

Kilbith


Pour le problème de l'eau qui gèle, il peut-être envisageable d'y rajouter une petite quantité d'alcool. Mais le risque est une baisse de la vigilance - Mais ca peux être utile si on a pas de possibilité de ravitaillement (hors piste, rando,..).

L'alcool (même en petite quantité) est un vasodilatateur. Dangereux quand tu cherches justement à éviter l'hypothermie.
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

02 février 2010 à 22:43:44
Réponse #19

vik



06 février 2010 à 19:44:50
Réponse #20

Coug


L'alcool (même en petite quantité) est un vasodilatateur. Dangereux quand tu cherches justement à éviter l'hypothermie.

Merci, c'est bon à savoir.


supervagabond - Serait il possible que tu illustres ton poste de quelques photos (notamment du baudrier en corde et d'une photo de l'équipement au complet) - Ca permetterait à ceux qui n'ont pas (encore) de notions en escalade de se faire une idée.


Combien de temps de pratique sont nécessaires pour effectuer cette descente en rappel (faire les noeuds, installer le materiel, etc.) ?



13 février 2010 à 20:34:02
Réponse #21

Karto


Du sel alors?

Alcool ou sel, dis moi donc à quoi ça servirait de boire de l'eau qui déshydrate ? Quand tu sais que l'eau de mer, à 30.000 ppm, gèle autour de -2°C, ça renvoie au bon sens plutôt qu'aux inventions louches ;)

14 février 2010 à 12:54:47
Réponse #22

Karto


Un peu HS mais je supprimerai

Pour l'eau pourquoi pas un thermos tout c*n? avec un litre de thé bien chaud du matin dedans ??

De la très grande utilité de la thermos (1/2l de thé ça ne se sent pas) dans pareil cas. C'est bien plus utile que d'envisager de le faire le moment venu (en altitude et par temps froid, c'est très long de faire chauffer de l'eau alors que ça ne demande que quelques minutes dans la kitchenette de ton appartement de location... Et il est dispo immédiatement quand on en a besoin.

Le seul truc que Corin ait raté c'est qu'il n'y a que les parisiens qui aient besoin d'un appart de location ;) Mais pour le reste...

14 février 2010 à 14:58:20
Réponse #23

Lemuel


Cependant ne pas envisager qu'il y ait une solution extrême pour se tirer d'une situation inconfortable va à mon sens à l'encontre de l'essence de notre discussion.

précisément le hic est la. Solutionner l'inconfortable par l'extrême est démesuré. ;)
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

14 février 2010 à 19:14:50
Réponse #24

Corin


Solutionner l'inconfortable par l'extrême est démesuré. ;)
Voilà de la philo comme je l'aime (t'aurais pas une chemise blanche ouverte sur ton torse velu?). Si j'avais un hélico de poche, je ne resterais pas sur ce télésiège et si ma tante en avait deux, on l'appelerait: "mon oncle". Lemuel a tout dit ;).

Plus sérieusement, ce sujet renvoie à la nécessité d'un fond de sac quand on pratique une activité outdoor à la journée (la demi-journée aussi mais restons sur le cas de la journée, pour éviter de chipoter).

A+

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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