Je tente quelques éléments de réponse (en tablant sur l'effet "spirale", malgré le doublon):
- De quel droit des individus peuvent-ils hériter d'une dette parce qu'il sont né de telle ou telle nationalité?
La nationalité ouvre des droits et des devoirs de citoyens, parmi lesquels, en France, celui de contribuer aux charges publiques.
Ce principe a chez nous valeur constitutionnelle (c'est-à-dire la force la plus importante dans la hierarchie des règles de droit), car il est proclamé par la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789.
Celle-ci prévoit dans son article 13:
Article 13 - Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés.
La contrepartie immédiate de ce devoir est le droit immédiatement proclamé par l'article 14
Article 14 - Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.
Source:
http://www.textes.justice.gouv.fr/index.php?rubrique=10086&ssrubrique=10087&article=10116Autrement dit: les citoyens doivent payer l'impôt, et donc la dette publique, mais ils ont le droit de vérifier comment son dépensés leurs sous.
Le principe est simple et clair, la mise en œuvre beaucoup plus complexe. Pour info, le cursus de droit contient parfois un cours de "Finances Publiques" qui a pour objet d'expliquer dans le détail comment sont garantis en pratique ces impératifs contradictoires. C'est très compliqué et ce n'est plus mon rayon depuis longtemps, donc je passe (il y a plein de ressources dispo en ligne sur le site du ministère des finances etc).
Pour conclure, n'oublions pas que la nationalité n'est pas immuable: on peut en changer, en avoir plusieurs...
- Pourquoi les pays du tiers-monde ne peuvent pas sortir de la spirale du sur-endettement?
Je ne connais pas le sujet. Les réponses sont probablement multiples: trop d'emprunt, pas assez de ressources (cf ci-dessous), mais aussi corruption, guerre, etc.
- Est-il normal de rembourser plusieurs fois, parfois des centaines de fois la somme empruntée initialement?
Je pense que tu fais référence au fait que dès lors que l'on prête une somme, il faut la rembourser avec intérêts, et sur une longue période, les intérêts peuvent représenter plusieurs fois le montant de base emprunter.
Sur le principe, c'est parfaitement normal: le temps c'est de l'argent.
Si je te prête 100, alors que tu gagnes 10 par mois, je te donne immédiatement un pouvoir d'achat correpondant à 10 mois de salaire, ce qui est un énorme avantage pour toi.
De mon coté, j'ai dû mettre du temps à gagner cette somme, dont finalement je ne vais pas profiter pendant que tu me rembourse
Enfin, pendant le temps que tu me rembourses, je perds la possibilité d'investir cette somme pour la faire fructifier (ex, acheter des arbres qui vont produire des fruits couvrant bien plus que le cout d'achat des arbres).
Ainsi, le prêt d'argent est un vrai service rendu à l'emprunteur, avec de vraies charges pour le preteur. L'intérêt est le prix de ce service.
La situation devient problématique si avant d'avoir complètement remboursé tu te mets à gagner 4 par mois et non 10.
Tu vas mettre plus longtemps à me rembourser. Les intérêts vont continuer à courir car mon argent est toujours immobilisé.
Il peut arriver un moment où les ressources ne sont plus suffisantes pour avoir un échéancier de apiement qui permette de rembourser la dette.
Pour les Etats, cette situation est d'autant plus aggravée par le fait qu'il n'existe pas de procédure pour arrêter le comtpeur.
Sur ce sujet, j'apporte ma petite contribution de juriste spécialisé en matière de procédures de traitement des difficultés des entreprises.
Il existe pour les sociétés ou les particuliers qui se trouvent dans l'impossibilité de régler leurs dettes avec leurs ressources disponibles différentes procédures qui permettent:
- soit de réétaler cette dette dans le temps pour permettre un remboursement petit à petit, en adéquation avec les ressources de la personne,
- soit de "remettre les compteurs à zéro": toutes les richesses de la personne (ou presque) sont rassemblées et réparties entre ses créanciers. Par définition ce sera insuffisant pour tous les rembourser. Pour les sociétés, cela est synonyme de mort juridique. Pour les particulier, ça s'appelle "perdre sa chemise": on finit à poil, mais au moins on est viant et, ENORME avantage: toute richesse que l'on gagne après ça n'a pas à être utilisée pour rembourser ses anciens créanciers (mais les nouveaux créanciers, oui, faut pas déconner).
Ainsi, il est possible de repartir à 0, sans richesses, mais sans avoir remboursé toutes ses dettes.
Le problème des Etats, c'est qu'ils ne peuvent pas bénéficier de ce genre de procédure.
La raison principale vient du fait qu'ils sont - en théorie - éternels.
Du coup, leur ressource (l'impôt) elle aussi est éternelle.
Seul le rythme de rentrée de cette ressource varira. En clair, un Etat remboursera toujours sa dette, ce n'est qu'une question de temps.
Oui mais. Le temps a un prix, comme il vient d'être dit. L'écoulement du temps augmente donc le montant de la dette, alors précisément que les ressources diminuent. Et comme on peut faire ça pour l'éternité… Vous voyez le cercle vicieux.
Cela se traduira pour l'Etat par un accroissement de l'impôt (faire rentrer les ressources plus vite pour que leur collecte corresponde avec les besoins de remboursement), donc un appauvrissement des contribuables, donc un ralentissement de la consommation, donc une diminution de l'impôt…
Jusqu'à ce que l'économie soit complètement obérée et que l'Etat ne puisse plus rembourser sa dette dans des délais humains, car il encaisse trop peu d'impôt.
- Et d'abord, à qui l'Etat doit-il de l'argent, sachant que quasiment tous les pays du monde sont endettés?
Aux banques bien sûr!
Et ils se doivent de l'argent aussi entre eux.
- Est-il envisageable que la France (ou un autre pays) soit totalement désendettée un jour?
C'est une hypothèse qui ne me parait pas réaliste.
En raison du poids de la dette bien sur, mais aussi parce qu'une certaine dose d'endettement est saine pour l'économie.
Un Etat qui est endetté c'est un Etat qui investi, et ça c'est important.
Bien sur, il faut que ça reste dans des proportions acceptables.