Bonjour FAB.
Là tu parles de la perturbation des courants thermohalins et de la circulation thermohaline provoquant eux-mêmes une perturbation climatique. Il est bon de donner quelques précisions pour comprendre l'informations.
[Textes tirés de mon dictionnaire marin (à paraître).]
Formation d'eaux profondes : phénomène se produisant à deux endroits dans le monde :
— dans la mer de Norvège et la mer du Labrador (au Sud-ouest et au Sud-est de Groenland)
— dans la mer de Wedell (prés de l'Antarctique, au Sud de l'océan Atlantique).
Les eaux superficielles se chargent en sel, en partie à cause de l’évaporation (bien qu'une partie des pluies d’eau douce retombe dans l’océan, une autre partie atterrit sur les continents) et en partie du fait que l’eau de mer gèle pour former la banquise et expulse son sel vers les eaux situées juste au-dessous de la glace des pôles et du Groenland ; elles deviennent aussi plus froides (car la température est beaucoup plus froide dans ces parties de la terre). L’augmentation de la salinité et la baisse de température rendent les eaux plus denses : elles plongent vers les profondeurs et deviennent des eaux profondes. Ce phénomène active les courants de profondeur et influe sur la circulation océanique globale.
Courants marins.
On peut voir sur un planisphère où figurent les principaux courants marins, qu’ils coulent le long de l'équateur en sens inverse de la rotation terrestre. Ceci semble dû à la différence de vitesse de déplacement en surface entre l'extérieur de la couronne de révolution égale au diamètre de la Terre et la couronne intérieure. En surface cette vitesse est d’environ 9 km/h supérieure, à celle du fond, toujours dans le même sens et par inertie crée les courants marins des profondeurs océaniques.
Les courants marins viennent buter sur les terres et dévient le long des côtes vers les pôles, à contre sens, se refroidissent, puis redescendent vers l'équateur. La boucle est ainsi constituée. Dans l’hémisphère nord et l’océan Atlantique, les courants comme le Gulf-Stream se déroulent d’est en ouest autour de la mer des Sargasses. Celui-ci refroidit au voisinage de l’océan Arctique et plonge dans les profondeurs.
Courants de profondeur.
Ces courants sont basés sur des différences de température et de salinité entre les diverses couches de l’océan : l’eau froide est plus dense que l’eau chaude, l’eau salée l’est plus que l’eau douce. Son eau étant plus dense, le courant marin plonge vers les profondeurs de l’océan. Les plus profondes portent le nom de courant thermohalins et les moins profonds celui de circulation thermohaline. Les eaux chaudes de surface, plus chargées en sel à cause de l’évaporation, sont plus denses. En hiver, lors de la formation de la glace de banquise, le sel en est expulsé et alourdit davantage l’eau non gelée, elle devient si dense qu’elle plonge vers les profondeurs. Les courants de surface et les courants profonds ainsi formés se trouvent interconnectés.
L’expression de « tapis roulant » (conveyor belt) décrit ce transport d’eau profonde de l’Atlantique vers le Pacifique et son retour en surface. L’océan joue un rôle essentiel pour la régulation du climat de la planète en assurant un transport de chaleur de l'équateur vers les pôles aussi important que l'atmosphère. Grâce à la capacité thermique de l’eau, l’océan est un énorme réservoir de chaleur. Son inertie thermique étant beaucoup plus importante que celle de l'air, il tempère les changements thermiques saisonniers des masses d’air, qui sans elle seraient beaucoup plus importants. Ainsi les courants chauds de surface réchauffent le climat d'une région. À l’inverse, les eaux froides remontant en surface modèrent la température des eaux des régions équatoriales. Cependant cette circulation reste mal connue car difficile à mesurer directement.
Circulation thermohaline. Circulation à grande échelle dans l’océan mondial liée à la température et à la salinité des masses d'eau. Les eaux, refroidies et salées plongent aux hautes latitudes (au large de la Norvège et du Groenland et dans la mer de Wedell). Elles sont réchauffées dans les Tropiques, et remontent alors à la surface, où elles se refroidissent, et ainsi de suite. On estime qu'une molécule d'eau fait le circuit entier en environ 1 000 ans.
Moteurs de la circulation thermohaline. Il existe deux moteurs à l’origine de cette circulation.
1. Des différences de température : l’eau de mer est d’autant plus dense que sa température est basse.
2. Des différences de salinité (concentration de l’eau en sels). Plus une eau contient de sel, plus elle est dense.
Dans les régions polaires (océan arctique et mer de Weddell), l’eau de mer froide, donc dense, se transforme en glace, le sel en est alors rejeté (la glace n’en contient pas ou peu) et enrichit l’eau liquide en sel, ce qui la rend encore plus dense et elle plonge vers les fonds marins. En l’absence de source d’eau dense dans le Pacifique, l’eau de fond remonte progressivement grâce à une diminution progressive de sa densité.
Courant thermohalin : courant généré par les différences de température et de salinité des masses d’eau.
Circulation thermocline. Dans la structure verticale de l’océan, zone à fort gradient thermique : au-dessus de la thermocline se trouve la couche d’eau chaude soumise à l’influence de l’atmosphère. La profondeur de la thermocline dépend des régions, des saisons et de la circulation atmosphérique. La zone thermocline désigne donc les courants superficiels, ex. : le Gulf Stream.
Thermocline. Limite entre les eaux profondes, froides et les eaux de surface, plus chaudes. Dans cette zone, on observe de grandes variations de température en fonction de la profondeur. Au contraire, les eaux de surface, toujours en mouvement, et les eaux profondes, sans source de chaleur, ont une température assez homogène.
La thermocline est une couche de transition thermique rapide entre les eaux superficielles et les eaux profondes. En effet, dans les mers et océans, presque tous les rayons du soleil frappant la surface sont absorbés par la couche d’eau superficielle qui ainsi se réchauffe. Le vent et les vagues font circuler cette eau, distribuant la chaleur de manière à peu près uniforme sur les premières dizaines de mètres de profondeur. Au-dessous de cette couche, la temperature chute très rapidement, d'environ 20 °C. C'est la fine couche de transition entre les deux que l’on appelle thermocline. Sous la thermocline, la temperature continue de chuter avec la profondeur mais de manière beaucoup moins prononcée. Dans les océans, 90 % de l’eau se situe au-dessous de cette thermocline à une température comprise entre 0 et 3 °C. Les plongeurs peuvent observer, surtout en été, une thermocline de quelques degrés dans les premiers mètres d'eau. Les vents n’ont plus d’influence après 800 m de profondeur, et ne peuvent générer les circulations océaniques profondes.
En lac et en étang existe aussi une thermocline, différente de celle de la mer. En effet, on observe, deux fois par an, une inversion de couche entre niveau profond et niveau superficiel. Des micros-courants font couler la couche superficielle au printemps et au début de l’hiver, permettant la survie des poissons près du fond (eau plus fraiche et mieux oxygénée en été, et plus tempérée en hiver).
C'est la faute à… mais il faut expliquer pourquoi ?
Mon centime de franc.
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