Bonjour pierrot22
Intéressant ta lecture.
Ceux qui comme moi connurent les lessiveuses et le lavoir municipal, le téléphone à la poste par l'intermédiaire de l'opératrice, la TSF, dans leur jeunesse (c'est pas si vieux, seulement cinquante ans), apprécièrent l'arrivée en masse de l'électroménager dans les foyers : machines à laver, réfrigérateur, télévision, poste à transitors, téléphone fixe, le TGV, la démocratisation de l'avion, etc. Ensuite, nous vîmes l'ordinateur fixe puis portable, le téléphone portable ; paradoxalement ces objets de communication nous isolent encore plus. Et pourtant beaucoup se plaignent. Le matériel devrait nous rapprocher du bonheur, alors qu'il nous en éloigne. Nous avons perdu la « contemplation » au profit de la consommation effrénée, pour gagner le renfermement sur soi au détriment de l'ouverture aux autres et de la convivialité. Nous thésaurisons, collectionnons, plus nous avons, plus nous sommes heureux, croyons nous. Toute activité doit être assortie d'un enjeu, de paillettes et de flon-flons, sinon elle est désuète, ringarde, obsolète. Il faut du spectacle factice, à croire que les bonheurs simples sont défendus.
Il est dans la nature humaine d'accumuler des objets, atavisme de la peur de manquer. Autrefois précaution alimentaire, aujourd'hui exhibitionnisme : « T'as vu mon parapluie à changement de vitesse ».
Les gens sont blasés et cet état n'est pas la clef du bonheur.
Heureusement, il y a ceux qui savent se couper une tranche d'hilarité comme ils se coupent une tranche de saucisson qu'ils savourent ensuite.
Nous nous émerveillons des mésanges et des merles qui vivent dans le jardin quand nous nous donnons la peine d'y regarder : ils étaient là avant nous ! Rien d'extraordinaire