Juste pour le fun et en dédicace spéciale à mon Calou une petite histoire de quand j'étais jeune et fringant :
Mois d'aout, rando en plein coeur de la bretagne avec quelques amis. Venus de la banlieue parisienne nous laissons la voiture chez la grand-mère d'une copine et nous partons à pied. Après quelques jours à marcher sous la flotte (ben oui ... j'adore la bretagne mais il faut bien avouer que même en plein été il pleut parfois

) une copine tombe malade et nous décidons d'envoyer un détachement récupérer la voiture. Comme il s'agit de la voiture de mon amie c'est elle et moi qui somme chargés de l'opération et nous partons donc en stop, toujours sous la pluie.
Après diverses avanies incluant plusieurs ondées et coups de vent divers ainsi qu'un "ce n'est pas vraiment la route mais ça vous rapprochera toujours" nous arrivons dans l'après-midi, totalement trempés et plus ou moins grelottant, dans la banlieue industrieuse d'une petite ville inconnue avec pour décor un garage désaffecté, quelques hangars rouillés et (Oh miracle !) un genre d'auberge.
L'enseigne est éteinte et les rideaux tirés mais nous décidons tout de même d'approcher, attirés par l'idée d'une place au sec et d'un café chaud. Plus nous approchons et plus nous sommes confiant car derrière une haie nous découvrons plusieurs voitures garées à l'abri des regards et des éclats de voix filtrent à travers les fenêtres fermées.
Nous ouvrons la porte.
Les voix se taisent d'un coup et une douzaine de visages sont tournés vers nous. Les regards oscillent entre la curiosité et la franche hostilité, le tout légèrement mêlé d'inquiétude. A une table un type en costard entouré de blousons de cuir jette vite fait quelques papiers sous un journal. Le patron, un torchon cachant sa main, sort de derrière le comptoir, va éteindre le juke-box puis s'approche de nous en levant le menton d'air interrogatif.
" - Deux cafés s'il vous plait"
Il me toise, semble plus ou moins acquiescer de la tête et nous désigne le bar d'un coup de menton. Deux filles en nuisette et talons hauts qui devaient prendre leur petit déjeuner (café, croissant et cigarette) se poussent pour nous laisser une place. Nous nous hissons sur les tabourets hauts. Le patron pose sur le comptoir deux express que nous sirotons les main en coupe autour de la tasse. Personne ne parle ni ne bouge, on entend le vent dehors et le "ploc ... ploc ..." de nos vètements qui gouttent sur le plancher.
"- Je vous dois combien ?"
Le patron tape quelques trucs sur sa caisse et en arrache silencieusement un ticket qu'il pose devant moi dans une soucoupe. Nous nous levons, je fouille dans ma poche et pose quelques pièces dans la soucoupe. Nous marchons jusqu'à la porte et sortons. Quelqu'un derrière nous semble vérifier que la porte est bien fermée puis les voix et la musique reprennent.
Nous n'osons parler qu'une fois arrivés à la route ...
Fianalement nous arriverons chez la grand mère qui nous remontera à coup de galettes au beurre et de café avant de nous laisser prendre la route.
Aujourd'hui encore il m'arrive de me demander si tout celà était bien réel ...