Bonsoir,

Il me semble que ta question initiale a toute sa raison d'être sur un forum de SURVIE : que vaut le matériel que l'on a sous la main au moment où on en a besoin. Quels sont ses avantages et ses limites...
La réponse initiale de wapiti est pertinente, ces vêtements sont (trop) lourds pour la "randonnée". Il faut aussi faire attention à bien parler du VRAI duffel coat, qui était très ample, en pure laine, une capuche large (portable sur casque ou casquette) ne possédait pas de revers aux poches, des passants pour bloquer les pans du vêtement sur les jambes en cas de vent et fermait avec des boutons de bois/ficelles (au passage : merci Wapiti pour la terme technique).
C'était un vêtement "surtout" que l'on portait sur la veste de quart (pea coat en anglais) qui était elle même en gros drap de laine. L'ensemble permettait d'assurer la vigie sur la dunette des vaisseaux par temps froid. Donc une utilisation statique, les doigts engourdis (d'où les boutons ne demandant pas de dextérité fine) que l'on devait réchauffer (d'où l'absence de revers aux poches chauffes mains). La laine était non désuintée (ou retraitée à la lanioline) et grattée à "long poil" pour drainer l'humidité vers le bas (effet d'ardoises sur un toit).
Les versions actuelles de Gloverall sont souvent en 70/30 ou 80/20. Les versions 100% laines sont rares et le drap n'est plus assez épais pour assurer une bonne protection coupe vent. De plus la coupe est fashion. La capuche à une forme "enveloppe" pour se poser à plat sur les épaules (peu couvrante), les boutons sont en corne et les passants en cuir (beaux mais peu résistants), la taille est plus courte que l'origine. Ces vêtements sont des ersatz, qui gardent les qualités de la laine décrites par Wapiti mais ne sont pas de véritables vêtements "d'outdoors".
Les "lodens" existent aussi sous deux versions : une version "d'usage" en drap épais à poil long et une version "fashion" moins solide et moins déperlante. Les deux ont souvent une coupe "Saint Hubert" : large plis au dos, épaules débordantes, ouvertures sous les bras, passes mains dans la coutures....Le loden était encore utilisé par les alpinistes allemands dans l'Himalaya dans les années 50 et apprécié pour ses qualités de déperlance, de chaleur et de légèreté (version "lecht" laine+alpaga).
Sur l'évolution des uniformes militaires, je diverge un peu de l'avis de Wapiti. Peut être est-ce une différence de génération (j'ai 45 ans). D'une part, les gens qui n'ont connus dans leur jeunesse QUE la laine ont tendances à ne se souvenir que de ses défauts. D'autre part, après 1945, la laine qui était le tissu le plus employé par les armées européennes était associée au "passé" (voir à la Défaite). Il fallait adopter les uniformes du vainqueur américain. A cela s'ajoute le fait que les armées européennes OTAN ont été équipées "gratuitement" de matériel US.
Or, les américains ont toujours eu du mal a fournir suffisamment de laine pour les militaires (ce n'est pas un pays grand producteur de laine), alors qu'ils avaient en abondance du pétrole et une grande avance dans les tissus synthétiques. De plus, en 1941, ils ont du équiper très rapidement équiper une armée nouvelle....c'est plus facile d'augmenter la production de pétrole que de moutons.
Enfin, si on fait exception à la participation anecdotique à la guerre de Corée, l'Armée Française n'a pas été engagée dans des combats en région froide avant les années 90. Et encore, dans ce dernier cas ce n'était pas des effectifs massifs. D'où son appétence pour le coton et le polyester/coton.
Pourtant, les russes l'ont bien montré : on peut survivre par temps très froid, avec les rigueurs d'une campagne d'usure, avec de longs manteaux de laine.
Ne sous estimons pas la laine qui est un des seuls isolant qui résiste au feu, résiste aux buissons, résiste bien à l'humidité, résiste un peu au vent : et qui garde ces qualités durablement, même quand vous êtes allongés sur le sol humide pour trouver le sommeil....ce que ne font pas les isolants modernes "compressibles".
