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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Pakistan  (Lu 16981 fois)

20 novembre 2009 à 21:59:01
Réponse #25

mav


Je continue petit soucis informatique.

au retour
- Le plus dur en fait ça a été de revenir. Je ne parle pas de post-traumatique, mais j'ai du mal à dormir, lorsque je suis dans la rue je suis sur-vigilants (a la limite de la paranoïa), lorsque je vois des lieux (genre le marché ce matin) je l'imagine après une explosion, ma copine me trouve un peu bizarre.
Bon dans l'ensemble c'est pas bien grave, sa s'améliore mais ce qui me parait bizarre à moi c'est que je n'ai eu ça qu'au retour et pas sur place, là-bas je dormais comme un bébé, et ça je comprend pas trop.

- Tout mon kit m'a servi à un moment ou à un autre, même mes cables XLR, sans ça l'aurait fait aussi, mais avec c'était plus confortable, j'aurais apprécié un meilleur couteau que celui du leathermann.

- Contrairement à ce que je pensait, j'ai eu froid, même en journée (sauf avec le gilet dans lequel je transpirait beaucoup), j'ai donc acheté des vétements sur place, qui a défault d'etre confortables, étaient résistants.

Bon voila je crois que c'est tout, j'attend vos remarques, questions avec impatience !!!

Ps: je voudrait taper un petit retex sur l'embuscade, il n'est pas pret mais comme il risque fatalement d'avoir une consonnance un peu "mili" je voudrais au préalable le poster à un modo pour avis et/ou suggestions.
Un clavier AZERTY en vaux deux.

20 novembre 2009 à 22:02:06
Réponse #26

mav


Euh oui pardon  :-[ IED c'est des bombes improvisées (souvent avec des restes de munitions) sur le bord des route le plus souvent, commandé a distance ou automatiquement, c'est la terreur des soldats là-bas parce que contrairement à une mine sa pète quand "quelqun" l'a décidé donc choix de la cible et dégats maximum.
Un clavier AZERTY en vaux deux.

20 novembre 2009 à 23:08:43
Réponse #27

sharky


Salut

Merci de ton retour.

Vous avez traversé la frontière de façon autonome pour le reportage ou bien vous avez filmé d'un côté, traverser à un poste et filmer de l'autre ?

Quel style/code vestimentaire avez-vous utilisé?

Tu nous feras signe quand il sera diffusé?

Pour l'embuscade, ton topo m'intéresserait à titre perso comme je pense beaucoup de personne...style l'avez-vous vu venir? Comment vous vous êtes désengagés suivant le contexte...?

A+
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

20 novembre 2009 à 23:54:37
Réponse #28

jbc


la vache ça al l'air d'etre vraiment super chaud !! content que tu revienne enun seul morceau

21 novembre 2009 à 01:02:07
Réponse #29

stefalive


Je continue petit soucis informatique.

au retour
- Le plus dur en fait ça a été de revenir. Je ne parle pas de post-traumatique, mais j'ai du mal à dormir, lorsque je suis dans la rue je suis sur-vigilants (a la limite de la paranoïa), lorsque je vois des lieux (genre le marché ce matin) je l'imagine après une explosion, ma copine me trouve un peu bizarre.
Bon dans l'ensemble c'est pas bien grave, sa s'améliore mais ce qui me parait bizarre à moi c'est que je n'ai eu ça qu'au retour et pas sur place, là-bas je dormais comme un bébé, et ça je comprend pas trop.


Merci pour ton courage et ton humilité:

quelques chti trucs qui peuvent peut être aider un peu au retour:

  Le Syndrome du stress post-traumatique est la conséquence, immédiate ou différée, sur le plan psychique, de l’événement traumatique qui donne l’impression paralysante à la victime que la situation va sans cesse se reproduire et briser ainsi sa vie.
Il pourrait s’assimiler à une cicatrice qui se serait formée dans le cerveau et qui continuerait à se manifester dans le présent à travers des cauchemars récurrents, des  images intrusives et de vives réactions émotionnelles et physiques.

  Le souvenir traumatique présent dans l’amygdale (le centre de contrôle des émotions) considère que le danger est toujours présent.
Après un traumatisme, le cortex préfrontal (siège de différentes fonctions cognitives dites supérieures comme le langage, le raisonnement, les fonctions exécutives…) est éteint et ne semble plus communiquer avec le cerveau émotionnel, ce qui empêche d’intégrer que l’événement est alors passé.
De plus l’Aire de Broca (aire du langage) n’est plus active, ce qui empêche les victimes d’un traumatisme de mettre des mots sur ce qui  est arrivé. Le cortex visuel est au contraire suractivé, ce qui rend le souvenir aussi précis qu’une photo.

 l’EMDR pourrait se définir comme une « désensibilisation et un retraitement par les mouvements oculaires ».
En effet pendant les rêves, nous bougeons les yeux rapidement, le cerveau digère alors ce qui s’est passé pendant la journée et dans le passé, un travail de connexion s’établit pendant la nuit, nous permettant de relativiser.
Or, après un traumatisme, le travail de connexion ne se fait plus, l’ EMDR permet  donc de procéder à  l’aboutissement du travail d’archivage.

  « Le traitement par les mouvements oculaires pendant la séance d’EMDR, facilite la formation de nouvelles connexions entre les souvenirs du traumatisme. Un réseau se formerait, chaque souvenir paraissant se relier à un autre puis à un autre puis à un autre… Les souvenirs traumatiques, presque pris de vitesse, semblent alors remonter d’une connexion à une autre jusqu’au cortex préfrontal. Là il se connecte instantanément à notre connaissance de la vie, à notre expérience. Cette activité fait que notre cortex se rallume, les souvenirs traumatiques basculent dans l’univers de la raison et sont alors archivés dans le passé, l’amygdale s’éteint et le traumatisme est digéré »

Depuis 2004, l’EMDR est reconnu par l’ INSERM comme une méthode efficace et rapide pour agir sur le syndrome du stress post-traumatique, qui était l’une des pathologies les plus difficiles à soigner.
Malgré le manque de compréhension et de précision des mécanismes d’actions de cette méthode, 18 études ont démontré que  80% des consultants n’avaient plus de symptômes après 3 séances.

...tu verras ça passe pis une fois digérer on en sort plus fort ...;)
Tu vas apprécier encore plus les petits plaisir comme une ballade aux champignons, une sieste avec ta douce, une bonne séance de piscine et les copains,  bienvenue au pays, la vie continue...:)

« Modifié: 21 novembre 2009 à 01:18:03 par stefalive »
Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page...

21 novembre 2009 à 02:26:28
Réponse #30

mav


Alors dans l'ordre
Pour sharky:
On a filmé des deux cotés en passant par un poste, et on essayer guidé par deux bergers (qui doivent pas faire passer que des chèvres) de s'approcher de la frontière en mode sortie, ona aurait pu passer comme on voulait, mais c'était pas le but, pas assez d'eau, tous fatigués (c'était sur les derniers jours) et puis surtout vu que la frontière est quand même surveillée par des drones (au dire des militaire) on voulait pas en prendre une. Mais on la passée, sa fait pensé un peu a la "frontière" Espagne-Françe, c'est pas très surveillé au sol et sa représente au plus une grande rando (les risques en plus)
Au niveau vestimentaire, c'était plus compliqué, déjà deux filles dans l'équipe donc toujours deux voiles (ne serait-ce que par respect) sous la main, après sur conseils du fixer et reflextion on a opté pour du discret (dans les teintes ocres, terre) mais sans pour autant faire "mili" donc on a panaché avec du plus voyant. pour ma part c'était: chaussette coton+ chaussette laine, pantalon toile coton beige-terre (avec éventuel ajout d'un collant en dessous) tee-shirt blanc avec inscription bleue coton, pull laine beige, pull en polaire gris+ veste acheté sur place en feutre (ou un truc approchant) vert+ Chech pourpre. A signaler que dans ces contrées le kefhieh c'est pas toujours cool, j'ai pas tout compris mais c'est un peu comme les couleurs chez les écossais suivant la teinte de kef.
Grosso-modo on a fait avec ce qu'on a pu trouver sur place et ce qu'on avait tout en voulant garder un profil occidental et pas mili.
Pour la diff: montage, mixage et surtout vente en esperant que sa fasse autre chose que du flux

J'espère que sa répond à tes questions

Ps: l'embuscade c'est 7 minutes très denses jsui en train de griffonner ça arrive bientot :)
Un clavier AZERTY en vaux deux.

21 novembre 2009 à 02:36:36
Réponse #31

mav


Pour Jbc:

Oui c'est chaud mais après on l'a cherché aussi, on aurait pu faire le tour des bureaux, en l'occurence le choix avant le départ c'était porté sur le terrrain et je savait que ce serait pas drole (très profond respect pour les militaires qui eux ont pas trop le choix et qui font (pour ceux que j'ai vu) du super boulot, je ne dirais pas la même chose des décideurs mais ce n'est pas le sujet).
Ca c'est avéré être plus marquant que j'aurais cru, surtout au niveau psy, mais il faut voir aussi qu'on avait toujours une escorte militaire en afghanistan (en plus ils était sympa et pédagogues) et deux téléphones satellite pour quatre + gillets-casques+ kit de secours+ radio (moins que ça au Pakistan, peut être pour ça que j'y ai eu plus peur. On limite, on limite, sa empèche pas les risques mais on limite ;)
Un clavier AZERTY en vaux deux.

21 novembre 2009 à 02:43:42
Réponse #32

mav


Et enfin pour stefalive:

Merci :)
C'est super complet comme explication je m'y retrouve en partie je vais creuser un peu et pas prendre de vacance tout de suite pour rester connecté avec le "monde"
J'ajoute juste que les liens que ça a tisser avec l'équipe (on en a reparlé, tous un peu dans le même cas, il semble que je sois le plus concerné peut être l'isolement des autres souvent avec le casque sur les oreilles et les yeux fermé pour le son, j'ai moins communiquer que les autres a chaud, pendant les prises).....énorme le petit dej (pourtant dégueu) pris a orly au retour en groupe était booonnnn!!!! :D

En tout cas merci de l'explication, je vais bosser un peu dessus et je crois que j'en reparlerai quand ce sera bien retombé (j'ai pas trop arrété depuis)

A+
Un clavier AZERTY en vaux deux.

21 novembre 2009 à 03:06:50
Réponse #33

François


... Sans compter qu'on se demande si il ne sais pas plus de choses qu'il en dit (on a toujours été là au bon moment)....
L'information, le renseignement, c'est capital à mon avis. Et trop souvent négligé par les "spécialistes" qui donnent des conseils aux voyageurs ou aux travailleurs dans les zones à risque.
L'information dans les deux sens : savoir qui fait quoi, qui va faire quoi; et faire savoir aux amis ce qu'on fait, tout en trompant les méchants sur ses projets.

Et merci mav pour ce compte rendu. Cela ne doit pas être facile d'en parler.

Espérer le meilleur, prévoir le pire.

21 novembre 2009 à 03:15:57
Réponse #34

selva


Merci pour ce retour d'expérience, très interessant.
A quel endroit avez vous passé la frontière?
Par contre je trouve étonnant voir même inconscient d'aller sur les lieux des attentats juste apres, une des premieres choses au contraire est de s'en éloigner, afin d'éviter d'etre victime d'une seconde explosion qui fait souvent plus de victime parmi les services d'urgences "police, armée, secours".
C'est vrai que dans les zones tribales la couleur du keffieh a une signification, mais il existe tellement de sorts d'etolles ou autre pashmina, au moins tu as choisi une solution neutre.
Avez vous eu un contact au début de votre séjour avec les services de sécurité de l'ambassade de france? qui vous aurait fait un topo sur les zones ou vous etes allé?
Connais ou t'es tu renseigné  tu les formations/stages de préparation des journalistes ou membres des ONG a travailler dans les zones de guerres, peut etre que les prix sont exhorbitants, mais je sais qu'il en existe beaucoup en angleterre et quelques une en france.

on attend la suite de ton post avec impatience, et ne t'en fais le retour en france et la RE-adaptation se fera naturellement. Profite de de la chance que nous avons de vivre dans un pays comme le notre.
selva!!!!!!

21 novembre 2009 à 09:36:12
Réponse #35

LAURENT-COQ


Salut Mav!
Tout d'abord, félicitations, trés impressionné jusqu'ici j'attends la suite...
Concernant le kit de survie, pourrais-tu nous expliquer ce que tu as utilisé et dans quel contexte
Merci

21 novembre 2009 à 09:38:05
Réponse #36

Anke


Suivi.
Merci pour ce partage et pour apporter un petit "plus" aux propos de stefalive ( un tout petit plus !), je pense que tu fais super bien de raconter tout ça et pas en parlant, mais en l'écrivant. Je crois que l'écriture et la mise en forme du récit que cela nécessite, "oblige" ( si on peut dire !) à un travail de mémoire et un archivage des souvenirs comme des informations. Ce "debriefing à froid" en quelque sorte est amha un très bon moyen de re-penser à tout ça au calme et surtout sans le "parasitage" inévitable du dialogue oral. Le fait de raconter tout ça à des gens qui ne l'ont pas vécu( et qui sont attentifs) me semble être également une très bonne approche gèrer ces syndrome post-traumatiques.
Au delà de ton récit et de ton vécu, tu nous ouvres des pistes... On ne peut que s'en réjouir  ;)

25 novembre 2009 à 13:33:50
Réponse #37

mav


Retex d’embuscade

Ce petit retour se base sur ce que j’ai vu, les divers retour que j’ai eu (militaire et collègues) et sur les quelques images tremblantes qui ont été filmé.
On va parler de rebelles concernant les assaillants parce qu’entre les islamistes, les résistants et les cartels de narcotrafiquants on a du mal au final a savoir qui nous a réellement attaqué.

Le terrain

Dans le Helmand. Il faut imaginer une petite route sur laquelle un véhicule et demi peut passer en largeur, sur la gauche un petit talus/mur de pierre et une plaine plus ou moins plane et sur la droite un autre talus et un creux (lit d’une rivière à sec à ce moment là) et  ensuite de petites collines assez abruptes. On avait pris l’habitude de faire un petit sondage parmi les soldats en leurs faisant noter de 0 a 10 la dangerosité de la zone la note moyenne était là de 3-4.

Le bilan

Je le met avant afin de faciliter la lecture.
Coté britannique 4 blessé léger (tous dans les deux premiers véhicules) un bras cassé, une luxation, un brulé très léger à la main (c’est chaud un canon de fusil), et une petite tendinite à la cheville (on ne cale pas le bipied de sa mitrailleuse avec son pied) + un véhicule blindé détruit (abandonné sur place sur le moment), un autre endommagé (mais rentré par ses propres moyens) + nombreux impacts sur les véhicules militaires (plusieurs dizaines parfois) et deux seulement sur notre 4-4 (probablement des balles perdues).
Cotés rebelles: inconnus, un FS a dit (confirmé par un soldat et un autre FS) avoir touché aux jambes un des assaillants au moment du repli, donc on va dire un blessé

Le convoi.

35 militaires britanniques auxquels on ajoute 5 FS britanniques également plus nous 5 (fixer, journaliste, 2 caméraman, preneur de son (moi)).
Dans l’ordre: 2 véhicules blindés (le détruit, et l’endommagé) le 4-4 des FS, notre 4-4, et deux autres véhicules blindés qui fermait la marche. On les numérotes de 1 à 6  pour que la suite soit plus lisible.
Un clavier AZERTY en vaux deux.

25 novembre 2009 à 14:12:19
Réponse #38

mav


Le déroulement

Sur le retour vers la base après avoir accompagnés les militaires dans une psy-ops, dans le dernier village visité nous avons attendu les FS qui rentraient de 4 jours de patrouille dans les montagnes à la frontière donc au lieu d’y rester ¾ d’heure on y est resté 1h20 (là on pourrait se dire qu’on prend des risques).
La route du retour n’était évidement pas la même qu’a l’aller.
A 30 minutes  à peu près de la zone risque quasi 0, une grosse explosion à l’avant de la colonne puis 1 rocket sur le véhicule 2. Tout le monde descend de véhicule nous nous mettons à couvert, les militaires aussi mais derrières les véhicules, les caméraman essaient de filmer, seules les FS tentent un « La meilleur défense c’est l’attaque », ils vont être vite fixer par le feu adverse (estimé une PK + plusieurs AK- 47) coté droit de la route depuis la montagne.
Les membres des deux premiers véhicules s’engagent sur place tout en essayant de sortir l’un des leurs coincé dans le premier véhicule ( a ce moment sur son flanc gauche).
L’attaque va prendre fin par le désengagement des rebelles a cause du tir conjugué d’un lance grenade automatique, et d’une 12.7 (véhicule 5 et 6) qui va permettre aux FS de se remettre à l’offensive. Les rebelles vont disparaitre par une sorte de petit col dans la montagne ( un petit groupe mixte va tenter de les poursuivre sans succès).
Le compte des véhicules en état va être fait vite et on va repartir les gens dans les 5 restant.
Temps total sur zone 8 minutes, temps réel de «combat » entre 2 et 4 minutes.

Ce que moi j’ai vu

L’explosion de l’IED puis les RPG, c’est à ce moment que je quitte le véhicule et que je me plaque au sol, les tirs commence et je constate que je suis du mauvais coté du 4-4, le chemin le plus court c’est par en dessous la voiture, je m’y engage, arrivé en dessous je me dit que je suis bien (limite envie de m’aménager un petit truc genre ouais là bas je vais mettre une cuisine et puis là….)Et je me dit que si le 4-4 bouge j’y laisse au mieux mes jambes (elle débordent), j’essaie d’avancer en rampant mais avec le gilet j’ai doublé de volume et sa ne passe pas vraiment, après quelques contorsions et heurt de ma tête dans la transmission, j’arrive à ressortir de l’autre coté ou ce trouve la journaliste plaquée au sol en mode pas chimpanzé mais carrément huitre! Je vois le fixer derrière le talus gauche de la route qui me fait signe, j’essaie de lever la journaliste mais j’ai du mal elle est complètement déconnectée, finalement elle se lève et je la tire jusque derrière le talus ou je vais finalement la prendre dans mes bras (pas parce que je suis gentil mais juste parce que moi sa ME rassure elle dur le moment je m’en occupe pas trop) On va rester tête baissé jusqu’à ce qu’un soldats vienne nous chercher.

Sur place, après

Dès que c’est fini je vomit tripes et boyaux, c’est incontrôlable et j’y comprend rien, nous nous laissons réembarquer dans notre voiture comme des zombies, un peu d’attente et on repart, je bois dans la voiture deux bouteilles d‘eau d‘un 1,5 litre coup sur coup.

A la base

Impossible de manger le soir (et pourtant c’est du steack et il a l’air bon!), juste de la soupe alors que le FS juste a la table a coté il attaque son deuxième steack, je suis dans un état plutôt euphorique genre j’y était et je suis rentré! Qui retombera complètement vers une grosse lassitude le lendemain. Le soir on parle beaucoup avec tout ceux qui y étaient on prend des nouvelles des blessés, toujours très euphorique et bizarrement aucun problème a s’endormir. Le lendemain on parle encore pas mal physiquement je suis vidé comme les autre nous ne tournerons rien se jour là.

Ce que je pense avoir bien fait

Pas grand-chose en fait.
- Je n’ai pas évalué du tout d’où venait la menace, ce qui m’a fait sortir du mauvais coté de la voiture alors que même si c’était plus près l’autre coté était possible car les autres étaient déjà descendus.
- Je me suis m’y en danger en allant sous cette voiture et en attendant que notre journaliste se « réveille »
- Une fois à l’abri je me suis complètement éloigné de ce qui se passait, si la situation avait changé j’aurait pu avoir de gros problèmes
Un clavier AZERTY en vaux deux.

25 novembre 2009 à 14:37:03
Réponse #39

mav


Ce qui me semble intéressant

- Le bazar total et global, même les soldats ( le lance grenade auto va mettre 2 minutes a entrer en action)
- La puissance et le volume de feu déployé qui va faire la différence
- La dilatation du temps, aucune réalité dans les sensations temporelle (étirement ou rétractation)
- Le fixement du cerveau sur des truc idiots, j’ai eu peur pour mes oreilles pendant toute l‘attaque (conscience professionnelle) alors que franchement c’était pas vital.
- La puissance physique que j’ai réussi a déployer, je pensait pas être aussi fort ;)
- La consommation de munitions des soldats (source soldat), sur 3 minute de combat on atteint une moyenne de 40 cartouches par soldats (moins pour les FS) avec des chargeurs qu’a moitié vide au sol, là je me demande si l’engagement avait durer plus longtemps comment on aurait fait (au mieux 20 minutes de feux à ce régime)
- L’IED n’a pas explosé complètement, le lendemain une mission de récupération du véhicule 1 va trouver un dizaine d’obus de 88 mm pour mortier éparpillé mais non explosé. Ce que les militaire en on déduit c’est que l’attaque n’était pas prévue et que se croyant surpris en train de fabriquer cette bombe ils ont du stresser ce qui explique le repli rapide, la concentration du feu sur les menaces et pas sur nous pourtant plus facile à détruire, et le petit nombre de rebelles (estimé a 10 ou 12).
- Ce qui est sur c’est que ce qui nous a sauvé (nous l’équipe de reportage) c’est que ce n’est pas après nous qu’ils en avaient.
- Le fait que les effets du stress on été moins fort sur ceux qui avait quelque chose à faire (soldat, nos caméramans qui tournait) alors que d’autre en on sérieusement pâtis (le soldat coincé dans le véhicule 1 s’est fait dessus en essayant de sortir, et moi j’ai rendu tout mon déjeuner). Un cas particulier: la journaliste qui n’a rien compris  et rien ressenti, les britanniques ont dit d’elle: « plus de cerveaux, plus de peur »

Voila ce retour, extrêmement fouillis (comme l’action, qu‘il raconte), espérons le utile à certains J
Un clavier AZERTY en vaux deux.

25 novembre 2009 à 14:49:24
Réponse #40

jbc


 :'( ouch c'est asser alucinant comme experience, et dire que c'est le lot quasi quotidien de certains  :blink: t'es en entier et ça c'est bien

25 novembre 2009 à 16:33:17
Réponse #41

** Serge **


Superbe compte-rendu mettant en valeur des dizaines de sujets dans les archives de cette section.
Heureux dénouement pour son auteur  ;)
Welcome home  :)
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

25 novembre 2009 à 16:35:30
Réponse #42

mav


Tu as raison JBC le lot comun de certain, et moi j'èspère bien que des moment de tel stress ne m'arriveront plus.

Un point que j'avais oublié, j'ai parlé après avec un des FS, il a parlé avec une telle clairvoyance que je me suis demandé si pour lui le temps n'avait pas été divisé par deux alors que son cerveau tournait a vitesse normal, il avait tout vu et tut intégré, je ne sais pas comment on atteint un tel niveau de conscience dans ce genre de cadre, mais c'est un atout évident. l'entrainement plus l'expérience je pense?
Un clavier AZERTY en vaux deux.

25 novembre 2009 à 16:40:30
Réponse #43

** Serge **


L'entrainement plus l'expérience, je pense ?

Quoi d'autre ...  ;D
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

25 novembre 2009 à 16:55:19
Réponse #44

mav


Pour répondre au questions que certain m’ont posés:

- Merci Serge et aussi merci à tous pour vos bon retours et vos éclaircissements  :)
- Selva: L’ambassade de France nous à suivi de loin quand ont étaient au Pakistan, pour l’Afghanistan c’est l’ambassade Anglaise qui à pris le relais (point important: en tant que ressortissant de l’UE toutes les ambassades des pays membres sont en mesure de vous aider au même niveau que la votre) par contre -1 pour les renseignements de l’ambassade Française sur la région (Helmand) qui était périmés (le plus récent datait de l’opération Kanhjar soit juillet 2009) mais bon globalement on les sent derrière nous et ça c‘est rassurant.
J’ai un peu regarder les formations le problème c’est le prix (quoique ça sa se surmonte) mais le temps aussi, maintenant il existe au moins là ou je bosse des gens qui ont pas mal d’expérience du coup on peut dire qu’il existe une sorte de « théorique officieux », mais suite à ce voyage je crois que je vais me bouger et trouver le temps d’en faire une.
- Laurent-Coq: le « kit » je met des guillemets parce qu’a ce niveau on parle plutôt de fond de poche. Pas mal de bobologie, éraflures, coupures, que des petit trucs,
La frontale pour parer au diverses coupures de courants et aussi au black-out de la base britannique, le feux pour le café ou le thé, on faisait parfois des pauses au check point ou il n’y a rien d’autre que quelques véhicules, le problème c’était le combustible (très peu de bois et les cailloux sa brule pas ) au final j’ai utilisé les divers papiers d’emballages puis les pastilles feu britanniques.
Comme je l’avais déjà dit, l’euro semble avoir plus la cote que le dollars et les cigarettes sont toujours très intéressante également.

Une découverte sympa, des sandwich à très longue durée de conservations (1 an voir plus) fourni par les britanniques, je sais pas si c’est vendu dans le civil mais c’est pratique et pas mauvais.

Voila!  :)
Un clavier AZERTY en vaux deux.

25 novembre 2009 à 16:55:37
Réponse #45

philippe13


Que signifie FS? Fusilliers?
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

25 novembre 2009 à 16:57:12
Réponse #46

mav


Oups pardon :-[ FS= forces spéciales
Un clavier AZERTY en vaux deux.

25 novembre 2009 à 17:14:44
Réponse #47

Kilbith


Bonjour

Merci Mav pour ce super Retex. Ton récit et témoignage est très proche de ceux que l'on peut lire sur ce type d'engagement.

Citer
- Ce qui est sur c’est que ce qui nous a sauvé (nous l’équipe de reportage) c’est que ce n’est pas après nous qu’ils en avaient.

Je tenterais une autre explication. On traite d'abord les points solides du dispositif adverse car on bénéficie de l'effet de surprise (ton délais de deux minutes avant le début de réponse en boule de feu). Si on vient à bout des points durs de résistances...on a le temps par la suite pour faire le ménage.  :-\

Encore Merci, Did

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

25 novembre 2009 à 17:15:25
Réponse #48

** Serge **


Pour un retour ( feedback ) de ce genre ( sur l'Afghanistan ), vous avez toujours la possibilité de suivre le blog de Michael Yon :

http://www.michaelyon-online.com/
http://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Yon



C'est partisan, biaisé, relativement graphique, un peu auto-indulgent ( parfois ) ... mais à mille lieux au-dessus de la bouillie informative conformée.
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

26 novembre 2009 à 17:49:53
Réponse #49

stefalive


Ce qui me semble intéressant


- La dilatation du temps, aucune réalité dans les sensations temporelle (étirement ou rétractation)
- Le fixement du cerveau sur des truc idiots, j’ai eu peur pour mes oreilles pendant toute l‘attaque (conscience professionnelle) alors que franchement c’était pas vital.

....Un point que j'avais oublié, j'ai parlé après avec un des FS, il a parlé avec une telle clairvoyance que je me suis demandé si pour lui le temps n'avait pas été divisé par deux alors que son cerveau tournait a vitesse normal, il avait tout vu et tut intégré, je ne sais pas comment on atteint un tel niveau de conscience dans ce genre de cadre, mais c'est un atout évident. l'entrainement plus l'expérience je pense?


Merci mav pour ce témoignage rare et marquant.
Plus encore que les considérations tactiques (forum publique..), j'apprécie ton compte rendu psychologique qui ouvre la portes de nos perceptions.

Le Temps (notre perception de celui-ci) c'est l'espace entre deux pensées...

Durant ce genre de moments le temps semble se ralentir (à la matrix) car le cerveau est à 200% pour sauver nos miches, donc l'espace entre les pensées est très réduit, alors qu'à l'inverse durant la sieste, un massage, ou un calin... 2 heures passent et on a l'impression que seulement 10 minutes sont passées
Oui ça s 'entraine...(l'entrainement de l'esprit chez les anciens "samourais" par ex ou autre tradition), Ou encore ça vient tout seul à force d 'être confronté à des situations qui mobilisent ce genre de ressources, mais dans ce cas, Le fait que le stress soit le moteur exclusif et répété de ce type de dépassement nous invitent aussi à considérer le prix à payer par la suite (SPT ou somatisation dans le corps avec les années...polypes etc)
Peu de recherches scientifiques ont étés menées sur ce sujet passionnant:l'influence du stress sur notre perception du temps et nos mécanismes de prises de décisions.
Anticiper c 'est prévoir et cela nous invite donc à essayer de comprendre la place d 'un entrainement sur nos perceptions et notre esprit comme parti intégrante d'une démarche autour de la survie.




Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page...

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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