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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Et vous pensiez le Manitou sans pitié!  (Lu 2707 fois)

03 mai 2007 à 02:26:07
Lu 2707 fois

Rod


http://www.chron.com/disp/story.mpl/ap/nation/4769554.html
"Un homme meurt de soif durant un test de survie"! :o Je sais l'article est en Anglais...
Cela s'est passé apparemment chez BOSS ( http://www.boss-inc.com/ )...
"Après une marche de 10h sans boire sous une chaleur de 100°F (38°C), il s'est écroulé face dans la poussière à moins de 100 yards (90m) de son but: une grotte avec une source d'eau"
"De plus les guides transportaient des portions d'eau en cas d'urgence durant cette chaude journée d'été" :(
Il y a d'autres informations intéressantes dans l'article mais je n'ai pas le temps de tout traduire...
Ceci nous donne une leçon sur la responsabilité des instructeurs (toutes activités confondues) et sur l'honnêteté dont il faut faire preuve vis-à-vis de soi et du groupe avec lequel on travaille/voyage.

Bien à vous,

Rod

03 mai 2007 à 08:48:32
Réponse #1

DavidManise


Salut !

Extrêmement regrettable bien sûr.  C'était pas l'an dernier, ça ?

En tout cas, d'après ce que j'en sais (et CAMP pourra nous en parler mieux que moi), les mecs de BOSS sont loin d'être sans pitié.  Ils mettent juste VRAIMENT les gens en situation, avec les petits risques que ça comporte.  Depuis que BOSS est ouvert, il n'y a eu "que" deux morts.  Le premier a choppé, tenez vous bien, la peste bubonique (via les puces d'un écureuil me semble-t-il).  Le second, ben c'est celui là.  Sur la masse incroyable de stagiaires qu'ils ont vu passer, c'est vraiment pas beaucoup.  Et c'est beaucoup moins que les gens qui se sont tués en voiture en allant à BOSS ou en revenant !!!

Bref.  Je n'étais pas là, je ne sais pas ce qui s'est passé exactement ni rien...  mais le gars n'est fort probablement pas mort de soif.  Il a dû mourir d'un coup de chaleur...  ou alors d'un trouble cardiaque lié (hypokaliémie = arythmie/fibrillation = fatal vu l'éloignement).  Évidemment, s'il avait été pleinement hydraté et bien nourri ça ne se serait sans doute pas produit...  d'où l'importance de toujours rester bien hydraté, minéralisé et d'écouter son corps.  Y'a pas de honte à dire "file moi la flotte d'urgence" dans un stage de survie.  La vraie honte c'est d'aller apprendre à survivre et de revenir les pattes en l'air.  Mais bon...  :(

Emmener des gens en stage de survie est une ÉNORME responsabilité, a fortiori quand ce sont des stages aussi engagés que ceux de BOSS (exposition ET éloignement).  Du point de vue de l'instructeur, en plus de devoir gérer pour soi-même sa fatigue, sa soif, sa faim et tout, il faut en plus faire attention à tout, surveiller chacun pour détecter très vite les moindres symptômes et agir bien longtemps avant que ça ne devienne un problème. 

Exemple...  je suis en stage avec un groupe l'hiver dernier.  On s'arrête pour que je blablatte.  Je vois une des filles du groupe qui commence à se balancer d'un pied sur l'autre, taper un peu du pied, étirer ses manches pour couvrir ses mouffles.  Elle a les extrémités froides.  Son nez, qui était rouge, devient blanc.  Température centrale de 36°C environs.  J'avais encore deux points à aborder mais tant pis.  On se remet en marche et j'en reparlerai dans 20 minutes quand la fille en question aura de nouveau une température centrale suffisante pour écouter...  Il faut toujours prévenir, toujours surveiller, toujours prévoir, toujours être attentif à plein de niveaux.

À force, ça devient une seconde nature, mais ça ne s'apprend pas en un jour.  Et ça demande énormément de concentration et d'énergie.  C'est possible avec des petits groupes.  C'est possible pendant 4, 5 jours.  Pas bien plus.  Après, la fatigue fait que le niveau d'attention diminue.  D'où l'intérêt, pour les gros groupes ou les plus longues périodes, d'avoir au moins un aide-instructeur fiable.

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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03 mai 2007 à 09:25:22
Réponse #2

CAMP


Le deces de Dave Buschow remonte a l'ete dernier et je ne dispose pas de plus d' infos que celles que l'on peut trouver sur le net.

Les resultats de l'autopsie feraient etat d'une deshydratation avancee et d'un desequilibre d'electrolytes survenus apres une marche de 10 heures sans boire par une temperature moyenne de 38 degres au premier jour du stage.

Pour avoir fait le meme stage 2 ans plus tot http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,26.0.html , je ne peux qu'essayer d'imaginer ce qui a bien pu se passer.

Dave Buschow s'etait il suffisamment hydrate avant de debuter sa marche? Je buvais au moins deux litres le matin au point d'eau avant de lever le camps en une demie heure, et nous pouvions conserver 70 cc d'eau dans notre tasse dans la phase d'impact (les gourdes ne sons pas autorisees durant cette periode).  Et je me rehydratais systematiquement des que je tombais sur une flaque. Il s'agit la d'une regle de base, mais certains stagiaires habitues a ne consommer que des sodas froids ou de l'eau glacee avaient quelques difficultes a boire l'eau chaude et turbide d'une enfractuosite rocheuse.

Dave Buschow s' etait il suralimente la veille, au point de se trouver au debut du stage en etat de deshydratation?  

Le deces de ce jeune homme est tragique. Mais ne nous voilons pas la face, il faut se preparer mentalement et physiquement pour ce type de stage et le risque zero n'existe pas. Il en est d'ailleurs de meme dans la vraie vie.

Malgre cette tragedie, j'estime que B.O.S.S. demeure de par l'experience de ses instructeurs et la rigueur de son programme la reference en matiere d'enseignement de techniques de survie primitives, et j'y retournerai un jour.


03 mai 2007 à 20:42:01
Réponse #3

CAMP


Oui Patrick. Le dossier de candidature est serieux et comporte une partie medicale qui est remplie par ton medecin traitant et doit faire mention de ton histoire medicale ainsi que de toutes les contre-indications possibles. Ton medecin te fait egalement passer un test de Cooper pour l'occasion.

03 mai 2007 à 20:48:49
Réponse #4

Irys


Emmener des gens en stage de survie est une ÉNORME responsabilité, a fortiori quand ce sont des stages aussi engagés que ceux de BOSS (exposition ET éloignement).  Du point de vue de l'instructeur, en plus de devoir gérer pour soi-même sa fatigue, sa soif, sa faim et tout, il faut en plus faire attention à tout, surveiller chacun pour détecter très vite les moindres symptômes et agir bien longtemps avant que ça ne devienne un problème. 

Exemple...  je suis en stage avec un groupe l'hiver dernier.  On s'arrête pour que je blablatte.  Je vois une des filles du groupe qui commence à se balancer d'un pied sur l'autre, taper un peu du pied, étirer ses manches pour couvrir ses mouffles.  Elle a les extrémités froides.  Son nez, qui était rouge, devient blanc.  Température centrale de 36°C environs.  J'avais encore deux points à aborder mais tant pis.  On se remet en marche et j'en reparlerai dans 20 minutes quand la fille en question aura de nouveau une température centrale suffisante pour écouter...  Il faut toujours prévenir, toujours surveiller, toujours prévoir, toujours être attentif à plein de niveaux.

À force, ça devient une seconde nature, mais ça ne s'apprend pas en un jour.  Et ça demande énormément de concentration et d'énergie.  C'est possible avec des petits groupes.  C'est possible pendant 4, 5 jours.  Pas bien plus.  Après, la fatigue fait que le niveau d'attention diminue.  D'où l'intérêt, pour les gros groupes ou les plus longues périodes, d'avoir au moins un aide-instructeur fiable.

Eh oui, ne devient pas Manitou qui veut !!!

04 mai 2007 à 00:31:01
Réponse #5

Rod


Extrêmement regrettable bien sûr.  C'était pas l'an dernier, ça ?
Cela date bien d'il y a +/- un an comme l'a mentionné Camp...

En tout cas, d'après ce que j'en sais (et CAMP pourra nous en parler mieux que moi), les mecs de BOSS sont loin d'être sans pitié.
C'était de l'humour Manitou... ;)

Je ne jette certainement pas la pierre aux instructeurs de chez BOSS... Si ils n'étaient pas pro, ils ne bosseraient pas depuis si longtemps et seraient obligés de faire des charniers avec une partie des élèves à la fin de chaque stage... :o ;D
C'est pour cela d'ailleurs que j'ai souligné la responsabilité du stagiaire... C'est bien beau d'être un "warrior", un laid qui n'abandonne jamais mais de revenir d'un entraînement dans un sac... :down:
Certains ont du mal à accepter leur limite. Ce que je peux comprendre car je me suis peut-être parfois entraîné avec des blessures quand le repos aurait été plus judicieux...

Donc j'y ai vu un message pour moi dans ces deux aspects:
- savoir jusqu'où pousser ses élèves mais savoir aussi leur faire sentir que lever le pied n'est pas humiliant... Problème également très bien abordé par David dans son post.
- savoir analysé mes propres limites... Je m'entraîne blessé à une épaule depuis un an et demi en tournant autour de la douleur... Il y a +/- 1 an on m'a filé l'adresse d'un kiné spécialisé dans les chaînes musculaires. Je me suis décidé à aller le voir il y a 1 mois après m'être fait mal à l'autre épaule... Avant cela je me disais, j'irai bientôt. Il m'a super bien soigné et j'ai immédiatement eu un résultat au niveau de mes 2 épaules. Le problème c'est que jusqu'à présent je m'arrêtais jamais tant que ça n'était pas cassé...

Bien à vous,

Rod

 


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