Les gens en peur principale. Je communique extrêmement mal, je suis de base une sorte d'extra-terrestre, j'ai beaucoup de mal à deviner ce que pensent les gens sauf quand je fais appel à la partie "froide" de ma tête (léger Asperger. Rien de grave, juste chiant) et j'ai toujours un peu l'impression d'être en train de tenter d'établir un contact avec des animaux très bizarres, illogiques, irrationnels et chamailleurs. Bref je ne sais pas si le problème c'est de moi ou pas à la base, mais les gens génèrent au minimum une grande méfiance. Surtout quand il faut expliquer quelque chose (si j'oublie de mentionner un détail, est-ce qu'il va me mordre, le type en face ?)
La peur de l'imprécision. Ca découle de la difficulté à communiquer. Et en voulant faire du précis ET du complet, ça pousse à la dispersion. Ce qui génère de l'imprécision. Ce qui rend le besoin viscéral de donner plus d'informations parallèles plus fort. Ce qui disperse les informations. En gros, pour la partie "amusante" (enfin ça c'est la partie froide du cerveau qui le dit, la partie affect, elle, trouve ça tout sauf drôle), ça donne expliquer la formation des atomes au sein des étoiles alors qu'on est parti sur "comment tu emboites un carreau sur son fût ?"
Et sinon... EN cas de la montée du stress, une peur panique des surplombs. C'est pas le surplomb en lui même, la peur (à 4 pattes je m'approche du bord et j'envisage de le descendre sans corde, ou du moins je réfléchis à si c'est possible, mais c'est normal, j'utilise mes 4 membres et grimper, paradoxalement, j'adore ça). La peur, c'est que mes jambes me trahissent. L'absence de préhension des pieds m'angoisse, et le port de la chaussure je trouve ça pénible (ce qui fait hurler les gens quand je fais de la varappe). Et je vous laisse deviner ce que ça donne au volant d'une voiture dans les montagnes (Comment je peux faire confiance en une mécanique que je n'ai pas construite et dont je ne maitrise pas tous les paramètres ? Au secours, je ne suis pas en contact avec le sol !!!)
Si quelqu'un connait les gorges de Galamus, je vous laisse imaginer la partie de plaisir que ça a été (sachant que j'avais une passagère, et que si ma vie, c'est mes oignons, avoir quelqu'un à bord, c'est une responsabilité de redéposer la personne intacte à l'arrivée. Question d'honneur).
Y a aussi une peur qui est plus une angoisse, et qui arrive dès qu'il y a confrontation physique : celle de faire vraiment du mal. Rendre inconscient, déboiter une articulation, pas de problème. Mais ne pas succomber à l'envie de paralyser (ou pire) c'est une lutte. Et créer des dégâts irréversibles c'est une idée qui me gène. En gros, la peur de lâcher la bride à quelques démons internes (on en a tous, les miens sont pas sympas. Du tout). En gros la peur de ce que je pourrais faire comme mal.
Pour gérer ces démons, j'ai trouvé quelques pistes : La première, c'est les connaître. Comme ça quand ils viennent gratter à la porte pour s'exprimer, on sait qui vient. Ca permet de les utiliser (les museler complètement est à mon sens une démarche dangereuse. Ca revient à avoir un gros chien agressif dehors et à avoir peur qu'il entre dans la maison alors que la bonne démarche me semble être d'apprendre à marcher à côté du chien et à le rappeler aux pieds quand il déconne trop).
La seconde, c'est de les "satisfaire" : pratiquer le varappe, oser parler avec les gens et tenter de partager/apprendre à communiquer et apprendre des formes d'arts martiaux "bénignes". Ca permet de cotoyer le démon, la peur en question et d'établir une relation avec lui, de sentir quand il nous fait partir en vrille.
Et la troisième, c'est la démarche inverse : apprendre à les frustrer. Pour le vide, pas trop poussé le truc, par contre, pour les gens, c'est apprendre à s'isoler au milieu d'une foule (la peur de la foule ne peut pas s'exprimer, tu restes seul, au fond), pour l'imprécision, c'est accepter de rester vague, se déclarer non-spécialiste même sur un sujet qu'on connait et ne pas tenter de damer le pion à quelqu'un d'autre qui s'exprime dessus, et pour la peur de ce que la violence interne peut causer, j'explore le yoga, la méditation et un poil de tai-chi par dessus. Bref du non violent.
Je n'ai que des notions de psychologie, si quelqu'un a du plus concret ça serait sympa de partager. Parce que pour la peur que mes jambes ne me trahissent, la méthode "Jules Verne" ça commence à bien faire (s'attacher en haut d'un point élevé et regarder en bas jusqu'à ce qu'on s'en foute et que ça semble aussi naturel que de regarder l'horizon ne fonctionne que pour le vertige pur, celui que je n'ai plus. Ca ne fait rien sur la peur d'être trahi par le matériel, biologique ou mécanique).