Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Vêture pour (grand) froid urbain et déplacements actifs  (Lu 6686 fois)

17 octobre 2009 à 15:21:28
Lu 6686 fois

Vince*


Bonjour,

J'ai deux questions, surtout destinées à Kilbith que je lis depuis quelques années, salue et remercie pour sa recherche exigeante et sa générosité.

1/ J'aimerais juste d'abord voir si j'ai bien compris ce que tu nous expliques sans fin sur le forum, Kilbith : En fait dans ma tête il y a contradiction entre éviter d'avoir une première couche mouillée qui va conduire ma chaleur vers l'extérieur, et nécessité d'avoir une première couche qui sèche le plus rapidement possible pour éviter cela, ce qui risque cependant me refroidir très vite ...?  l'alternative étant d'hermétiser le tout par couche supérieure coquille qui conserve la chaleur, même mouillée en cas d'impossibilité de retrouver vite une première couche sèche ? Ou bien d'avoir une couche intermédiaire qui va pomper l'eau de la première couche - mais l'évaporation de cette couche intermédiaire ne va t elle pas autant me refroidir ? J'ai bien compris ? Donc le tout sera de jouer sur les couches en fonction de l'effort et de la météo, j'ai toujours bon ?

2/ Moi mon problème c'est me vêtir en ville quand il fait froid (plus ou moins), c'est un vrai casse-tête parce que je marche très vite et longtemps (30 mn à une heure, suée), il m'arrive de trottiner, ou bien de me déplacer à vélo (suée aussi), et en ville on alterne de plus avec des lieux surchauffés (métro, magasins, lieu de travail), où il est de plus nécessaire de s'habiller ''casual'' sinon ''dress'', bref avec une veste. Je n'arrive pas à trouver de solution, les premières couches laine sont les moins pires car respirent beaucoup, tiennent chaud même mouillées, mais mettent des heures à sécher évidemment, au moins elles retiennent les odeurs. Le plus chiant c'est la chemise coton de rigueur, invariablement trempée avec auréoles, c'est hypersexy. Des conseils techniques ? Comment vous faites vous ? J'ai l'impression de devoir gérer les mêmes amplitudes qu'en montagne (et encore en montagne il n'y a pas de lieux aussi chauds qu'en ville et le rythme d'alternance chaud/froid effort/repos est bien moins élevé) avec en sus la contrainte d'une vêture urbaine propre. Une alternative est de passer son temps à s'habiller-déshabiller pour jouer sur les couches, mais c'est tout sauf pratique ou sécure en ville, on s'encombre les mains et les bras de vêtements, sans compter le sac à dos de rigueur...?

Question subsidiaire : y a t il une (contre)indication, en cas de temps froid, à partir déjà dévêtu pour un effort de + 30mn pour éviter le début de suée, ou bien vaut-il mieux partir bien couvert et se dévêtir à mesure qu'on sent la chaleur monter ?

Merci de votre attention  :)

Vince

« Modifié: 10 juillet 2011 à 07:33:17 par V »

17 octobre 2009 à 19:58:55
Réponse #1

Patrick


Une solution pour arriver au travail autrement que grave chiffonné, les lingettes pour bébé et toujours une chemise propre dans des tons accomodable avec tout. Sinon, douche et on se change entièrement au taf.

Une certaine tenue, au travail c'est aussi de la survie professionnelle.  :)

Par contre, pour ton besoin c'est l'eternel dilemme entre efficacité statique et active, bien que nos froids Français n'en soit pas vraiment, mais je crois savoir que tu vas migrer vers des cieux inhospitaliers l'hiver ;D.

17 octobre 2009 à 20:29:12
Réponse #2

TRTL


Oullaaahhhh!!! Je risque de bloquer si j'essaie de vraiment comprendre. Gare au bug.

Tu veux pour quelle température plus précisement?

18 octobre 2009 à 00:06:49
Réponse #3

elgringo1


Je vois bien ce que tu veux dire, car c'est la même chose pour moi. Je travaille dans un bureau, trajet en RER plus métro lignes 1 et 13 (soit surement les plus chargées, bonjour le bouillon de culture), plus une partie à pied. avec costard cravate de rigueur
Ou j'aligne les couches et je sue dans le métro puis je me caille en sortant, si je m'habille plus léger, je gèle dehors (je suis du genre TRES frileux).

Le problème est que le costume ne couvre ni le cou ni trop le torse (soit 40% des déperditions de chaleur). Sans parler de la tête (encore 20%).
Ma méthode pour l'hiver qui arrive va être écharpe en laine + bonnet systématique, ce qui me permettra, du moins je l'espère de garder la chaleur au maximum et de limiter les couches et leur épaisseur.
Aussi, sous-vêtement en synthétique.

Normalement, çà devrait aller.

18 octobre 2009 à 10:15:39
Réponse #4

Wapiti


Bonjour

Problème considérable à gérer compte tenu des contraintes sociales.

1. Être bien couvert et se dévêtir au fur et à mesure que notre chaleur corporelle augmente, puis se recouvrir quand le processus s'inverse en statique. C'est la meilleure solution.

2. Région parisienne, hiver 1985, moins 20 °C en extérieur, transports en commun surchauffés (30 C° avec la chaleur animale additionnelle, mesurée perso avec thermomètre) et bondés (trop peu de place pour se dévêtir sans éborgner les voisins, ni vestiaires, ni patères). Résultat : arrivés sur le quai de la gare de destination, des gens firent des malaises à cause de l'amplitude thermique (50 °C) subie brutalement et parce qu'insuffisamment couverts.

3. Privilégier son confort personnel, tant pis pour les contingences et la mode : de pas subir les tyrannies vestimentaires*. Celles qui portent une minijupe raduc n'ont pas à se plaindre d'avoir froid aux fesses. Une parka portée par dessus le costume trois pièces est efficace pour de courts trajets en extérieur, plus écharpe et bonnet. En ville, les chaussures ne sont pas un problème, la neige, quand il y en a, est rapidement balayée, mais pas partout.

Objectivement, il n'y a pas de solution miracle, il faut s'adapter aux obligations et aux promiscuités sociales et professionnelles, sans pourtant dire amen à tout.

Le froid on s'en protège, si on a trop chaud, on peut toujours se dévêtir. La chaleur on la subit, une fois nu on ne peut plus rien enlever.

Ne pas s'identifier à ceux qui quittent leur domicile douillet pour leur voiture, leur voiture pour leur bureau et inversement.

* Ça me rappelle, les profs qui voulaient interdire le pantalons aux filles, à l'école. Je leur ai demandé, s'ils ne se les gèleraient pas l'hiver. Silence.
« Modifié: 18 octobre 2009 à 19:48:01 par Wapiti »

18 octobre 2009 à 19:01:51
Réponse #5

Kilbith


On va essayer de ne pas dériver vers une discussion "fashionista"... ;D

D'excellents conseils ont été donnés ici, peut être quelques idées supplémentaires :

Les accessoires d'antan sont bien pratiques, surtout avec les "vêtements de ville" ( veste de costume, cravate....) qui ont leur origine dans la mode anglaise country des années 1850 à une époque ou les fermetures efficaces, poches....étaient rares. Si on ajoute à cela une dégradation de la fonctionnalité au cours des ans (les cols sont décoratifs désormais,  rares sont ceux qui peuvent se fermer ; les manches sont fixes...).

*On peut donc compléter l'isolation par des écharpes (couvre le cou ET évite l'effet de pompage), des gants de cuir (limite pompage par les manches). Ces accessoires peuvent être facilement mis ou retirés selon les situations.

* Mettez un couvre chef. Pour les fanas de la "coupe de cheveu impeccable" faites comme les new yorkais : adoptez les couvres oreilles pliables discrets en polaire.  ;D



*D'après mon expérience on gagne en confort avec un "tshirt/maillot de corps"  très fin en laine (on en trouve chez Oscalito dans la gamme homme). La laine à la propriété de pomper l'humidité jusqu'à 1/3 de son poids et de la relâcher lentement. Elle s'adapte donc bien a des variations d'intensité dans les activités. Elle évite les mauvaises odeurs et les auréoles.

*J'ai constaté que les pardessus non doublés en laine de qualité sont portables sur une large plage de température. On peut "chauffer" dedans, mais la vapeur d'eau va rapidement être évacuée vers l'extérieur. La présence d'une doublure limite grandement cet effet.

*Il ne faut pas oublier les conseils classiques: ouvrez les ouvertures à l'effort, fermez les au repos. Habillez-vous un poil froid, et servez-vous des accessoires et pardessus pour compléter une fois exposé au froid.

* Les astucieux et non impécunieux pourront glisser un gilet en duvet d'oie (ou d'eider) parfaitement logeable dans l'attaché case, entre leur costume et leur trench en popeline (ou mieux ventile) non doublé.

* Vous pouvez aussi vous procurer des vêtements "classiques" mais fonctionnels. Malheureusement c'est rare et cher :

Col de veste pouvant se fermer jusqu'en haut (il existe une variation ou la patte est repliée, invisible)


Col de la veste une fois fermé.


Manches retroussables, on peut les remonter pour aérer les avants bras ou éviter de se tacher  :


J'arrête là pour l'aspect "Harper's Bazaar"  ::)



 

« Modifié: 18 octobre 2009 à 22:38:39 par kilbith_2 »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

18 octobre 2009 à 19:24:54
Réponse #6

Lemuel


+ 1 pour le petit tricot de peau. + 1 pour le couvre chef et l'écharpe.

A vélo, à Paris, pas d'autre choix que de partir à temps. Respecter scrupuleusement le code de la route aide beaucoup aussi. Ca n'évite pas les coups de boost sur les carrefours. Mais je n'ai plus de problèmes depuis que j'assume faire du vélo de manière totalement non-sportive.
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

18 octobre 2009 à 22:55:55
Réponse #7

Kilbith


C'est seulement mon avis, je ne suis pas physiologiste, ni spécialisé dans les tissus ou autres.


En fait dans ma tête il y a contradiction entre éviter d'avoir une première couche mouillée qui va conduire ma chaleur vers l'extérieur
L'humidité au contact de ta peau va être transformée en vapeur d'eau (semblable au mécanisme de la transpiration). Le passage de l'état liquide à l'état vapeur pompe beaucoup d'énergie au système. Le système qui fournit l'énergie sous forme de chaleur : c'est toi.


Citer
nécessité d'avoir une première couche qui sèche le plus rapidement possible pour éviter cela,
L'idée des vêtements modernes, est d'avoir une couche hydrophobe qui écarte l'humidité du contact de ta peau. Les mécanismes à l'œuvre (laine, polyester et polypropylène) sont différents.

Citer
ce qui risque cependant me refroidir très vite ...?

Très vite, seulement si tu es exposé au froid ou au vent ET que tu utilises un sous vêtement en polyester.

Citer
l'alternative étant d'hermétiser le tout par couche supérieure coquille qui conserve la chaleur, même mouillée en cas d'impossibilité de retrouver vite une première couche sèche ?
Si on n'a pas réussit à garder la couche interne sèche ET qu'il n'est pas possible d'aérer la coque imperméable du fait du vent, du froid et/ou de la pluie. Il faut éviter de se refroidir, donc isoler, donc ajouter de l'épaisseur. Un des moyens, c'est une couche d'isolant placé à l'extérieur. Comme les conditions sont mauvaises, il faut un isolant qui y résiste, le plus simple c'est la doudoune synthétique.



Citer
Ou bien d'avoir une couche intermédiaire qui va pomper l'eau de la première couche
Si la première couche est hydrophobe : C'est une autre méthode. On sacrifie un vêtement en coton intermédiaire en l'utilisant comme "piège à humidité".

Si la première couche est hydrophile (sous vêtement coton), tu peux espérer "pomper" l'eau vers les couches externes hydrophiles ou elle va s'évaporer à la surface du vêtement. C'est un système délicat qui ne marche pas par temps froid. Il ne marche pas du tout sous une couche externe imperméable ou peu "respirante". Le tshirt coton mouillé devenant un piège à humidité.

Citer
mais l'évaporation de cette couche intermédiaire ne va t elle pas autant me refroidir ?

Comme elle est loin de ton corps, elle va moins te refroidir que la couche de sous vêtement. En revanche l'isolation d'une vêtement coton mouillé est nulle...

Citer
Donc le tout sera de jouer sur les couches en fonction de l'effort et de la météo, j'ai toujours bon ?
Oui, c'est la meilleure méthode. Aucun vêtement actuellement ne peut assurer ton équilibre thermique et assurer le transfert de l'humidité interne sur une très large amplitude de température. Encore moins s'il y a une variation de l'activité physique, le rendement des muscles étant ce qu'il est ils dégagent énormément de chaleur en activité.

l'homme est construit pour résister à la chaleur, pas au froid.


 ;)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

19 octobre 2009 à 08:00:56
Réponse #8

Kilbith


en fait tu distingues hydrophobe/phile en fonction de la rapidité à évacuer l'humidité vers l'extérieur...?

Non...c'est de l'hellène  ;D

Contrairement à la doxa : La transpiration est émise sous forme liquide et s'évapore à la surface de la peau pour te refroidir.

D'où, si on active la tekhné à ses extrêmes:

Possibilité 1 : Tu éponges. Pour ce faire il faut un vêtement hydrophile comme le coton par exemple. C'est bien au début, mais il va saturer, sécher lentement, et l'humidité va stagner...Le coton n'isole plus du tout une fois humide.

Possibilité  2 : Tu as un composant qui repousse l'eau à proximité de la peau (hydrophobe). Typiquement c'est un sous vêtement en polypropylène très ajusté (Helly Hansen de nos jours, armée US à l'origine). La goutte de sueur qui perle "traverse" la couche mince hydrophobe et s'évapore à la surface du sous vêtement. Les quelques dixièmes de millimètres évitent le refroidissement au contact de la peau. Comme le vêtement est hydrophobe il évite que l'humidité stagne sur ta peau...tant qu'il est propre.



 :D
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //