Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: accident d'avion en corse, survie en mer CAS REEL  (Lu 8856 fois)

16 octobre 2009 à 20:42:07
Lu 8856 fois

LOOPING


Plus d'un francais a entendu cette info, un avion privé en panne de moteur en pleine mer mediterrannée.


http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/13/accident-d-avion-en-corse-d-un-seul-coup-le-moteur-s-est-arrete_1253280_3224.html

un pilote sérieux, un sacré défi pour les localiser,

un beau cas d'ecole, un amérissage d'urgence reussi, une belle histoire au final. :ohmy:

(Note ils avaient leurs gilets à porter de main et non dans le compartiment à Bagage, avec des strobes à 4 sous)

Accident d'avion en Corse : "D'un seul coup le moteur s'est arrêté"
LEMONDE.FR avec AFP | 13.10.09 | 14h41  •  Mis à jour le 13.10.09 | 14h45
   

"Pour combattre la peur et éviter la panique, je me suis accroché rigoureusement aux procédures d'amerrissage", a raconté, mardi 13 octobre, de l'hôpital d'Ajaccio, Clément Zylberberg, pilote de l'avion de tourisme abîmé en mer la veille au large de la Corse. Assis sur son lit, le visage fatigué et entaillé de quelques éraflures autour de la bouche, ce pilote d'Air France de 36 ans raconte calmement aux journalistes l'horreur vécue avec ses cinq compagnons pendant près de sept heures dans une mer démontée.

"Nous avions décollé depuis peu. L'avion marchait parfaitement bien. D'un seul coup le moteur s'est arrêté. Je pense qu'on a eu une rupture d'alimentation d'essence. J'ai appliqué toutes les procédures que l'on nous apprend et que j'enseigne comme instructeur (...) mais il ne se passait rien (...) il fallait envisager de poser l'avion sur l'eau. La mer était démontée avec des creux de quatre, cinq mètres. Je me suis placé parallèle à la houle pour éviter un impact direct dans la vague et j'ai sorti les pleins volets pour chercher la vitesse minimale d'impact. J'ai ensuite tiré jusqu'à ce que la queue de l'appareil touche à la vitesse minimale." Avec sa compagne, Isabelle Coxon, hôtesse de l'air, "nous avons déverrouillé les deux portes du Cessna, ce qui nous a, entre autres, sauvés" puisque l'avion a tapé la mer de la queue avant de couler en une minute environ.

"Une fois l'avion immergé, on a pu ouvrir les portières et s'échapper avec les gilets de sauvetage", que la jeune femme avait auparavant distribués aux quatre autres occupants, dont ses parents, Ginette et Serge Amoros, 66 et 68 ans. "Isabelle s'est remarquablement occupée des passagers", souligne M. Zylberberg évoquant l'action de sa compagne. "Elle a donné toutes les consignes prévues pour un amerrissage en expliquant qu'il ne fallait surtout pas gonfler les gilets avant de sortir de l'avion et en leur indiquant la position à adopter en prévision de l'impact maritime."

Les faits Les six occupants de l'avion disparu au large de la Corse sont sains et saufs

Il souligne que "ce qui nous a aussi sauvés, c'est d'être restés en contact radio avec le centre d'information d'Ajaccio, qui a pu connaître notre position de crash et alerter les secours". Reconnaissant tout de même avoir "douté", il prend conscience calmement que "c'est un miracle. On a eu une chance extraordinaire de s'en sortir. Avec les procédures que l'on a appliquées et le sang-froid, on a une chance terrible".
"C'est mon héros", glisse calmement Mme Coxon, qui remercie son compagnon de lui "avoir sauvé deux fois la vie." "D'abord en réussissant l'amerrissage. Ensuite, pour tenir dans l'eau. Il m'a toujours encouragée en disant 'on va y arriver', en luttant contre les vagues, les crampes, la nuit, le vent, les méduses (...) et en même temps il 'boostait' aussi mes parents". La chute en mer n'a pourtant été, dit-elle, que "le début d'une longue attente".

"Les secours passaient au-dessus de nous. Mais dans cette mer démontée, nous n'étions rien pour eux. Ce qui nous a sauvés c'est que les gilets étaient équipés de petites lumières alors que nous étions ballottés par les vagues. Les militaires et les gendarmes, qui ont des lunettes infrarouges, ont pu nous repérer [dans la nuit] grâce aux taches de chaleur. Ce serait arrivé le matin, on ne serait peut-être pas là", conclut, souriante, Mme Coxon.

16 octobre 2009 à 21:11:54
Réponse #1

DavidManise


Procédures, préparation, entraînement, professionnalisme...

:up:

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

16 octobre 2009 à 21:25:55
Réponse #2

cromagnon


Pourquoi dans les petits avions de tourisme , on ne trouve pas de kits de signalisation comme des fumigènes ou fusées de détresse?
Car dans ce cas précis ,ils n'avaient que leur gilet équipé de stroblight
l'homme d'action est celui pour qui rien n'est écrit ( LAWRENCE D'ARABIE )

16 octobre 2009 à 23:02:20
Réponse #3

mav


Si mes souvenirs sont bon c'est tout simplement parce que ce n'est pas obligatoire (sous couvert de ma mémoire parfois défaillante) par contre je me souvient très bien que quand je travaillait dans ce domaine certains pilotes (privé, du dimanche) éprouvaient une méfiance quand au fait d'embarquer de genre d'équipements (a mon sens crétine >:() car potentiellement explosifs, et également pour ne pas en rajouter sur le prix du renouvellement du matériel (appareil privé) re:  >:(

Mav'
Un clavier AZERTY en vaux deux.

17 octobre 2009 à 09:57:33
Réponse #4

Bison


Citer
Pourquoi dans les petits avions de tourisme , on ne trouve pas de kits de signalisation comme des fumigènes ou fusées de détresse?
Car dans ce cas précis , ils n'avaient que leur gilet équipé de stroblight

Parce que cela n'en vaut pas le coup (coût, poids, encombrement, risques effectifs de fausse manip par un enfant curieux ...). Sur un avion de ligne non plus, les dispositifs de flottaison individuels n'incorporent rien de plus qu'une loupiote et un sifflet.

Sur les petites traversées (Calais - Douvres; La Corse - le continent), il n'est pas obligatoire d'emporter un canot gonflable et  le matériel qui l'accompagne (balise insubmersible, miroir, fumigènes, rations de survie).

Les raisons :
 - Les pannes de moteur en croisière sont excessivement rares (je serais vraiment très curieux ici de connaître le fin mot de l'histoire ...)
 - L'équipement obligatoire donne "une chance" de s'en sortir

Notre pilote professionnel, dans le cas présent a évalué les risques.
Il les a acceptés, comme le font les pilotes privés.

Si on n'est pas prêt a accepter ce niveau de risque, on va faire de la pétanque, pas de l'aviation ...

Notons qu'il aurait pu, pour augmenter ses chances :

1. Emporter un cannot avec l'équipement de survie qui va avec (cela s'achète, cela se loue). Vu le volume et le poids d'un canot pour six, il aurait vraisemblablement du s'abstenir d'emporter l'équivalent en bagages (ce n'est pas grand, la soute d'un Cessna 6 places!) ou refuser un passager. Déjà comme cela, six adultes dans un six places, cela laisse peu, très peu de marge (limite de poids, limite de centrage)

2. Porter et faire porter à tous, pendant la traversée, une combinaison isothermique (cela s'achète, cela se loue - les combinaisons de plongées sont OK!)

3. Porter et faire porter à tous, pendant la traversée, les gilets de sauvetage. Ça, c'est toujours très vivement recommandé, parce que, en cas de panne, on a peu de temps, et pas mal de choses importantes à faire quand-même.

Pour info, ce sont là les mesures imposées en cas de traversée océanique en monomoteur (du moins en convoyage sur l'Atlantique Nord).
Mais pratiquement aucun pilote ne vole pendant 15 heures avec une combinaison sur le dos! ;)
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

17 octobre 2009 à 10:48:24
Réponse #5

Meow


J'ai vu ça brièvement aux infos de 13h et ça m'a ravi que pour une fois on marque l'importance du sang froid et l'efficacité des passagers. Le pilote a expliqué clairement et posément toute la procédure lors de son interview et à démontré que la préparation ce n'est pas facultatif, bref un bel exemple.

Ce qui m'a irrité par contre, c'est la journaliste qui parle de miracle à plusieurs reprises, ou comment dénigrer tout ce qui est fait consciencieusement par toute la chaine de sauvetage dans cette histoire. Mais bon, on dira que je chipote.
DON'T PANIC !

17 octobre 2009 à 10:54:07
Réponse #6

stefalive


Wow...
Arriver à faire sortir d'un  avion "submergé" 2 personnes de 68 ans (il devaient avoir été placés à côté des sorties près du poste) dans une mer avec des creux de 5 mètres et se retrouver tous ensemble après, c 'est déja phénoménale!!!
perso j' ai déjà "juste désalé" en voilier dans une mer avec des creux de 3 mètres, ben j'en menais pas large en attendant les secours, et surtout impossible de nager pour se regrouper avec qui que ce soit, on est balloté comme un fétu de paille sans aucune possibilité de direction,

la ils perdent personne pendant 7 heure(apparemment pas de radeau seulement des gilets)...
je tire mon chapeau à leur professionnalisme et à la préparation mais sans la dénigré ni crier au miracle, on peut aussi dire un grand merci à madame la Chance à mon avis ;)
En tout cas beau Retex, surement plein d 'enseignement :up:
Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page...

18 octobre 2009 à 01:33:55
Réponse #7

mav


Je suis retombé sur un exemplaire de plan de vol (militaire mais quasi identique au civil) pour un alpha-jet qu'on m'avait remis pendant ma formation, le pilote doit cocher sur ce plan de vol les élément "de survie" (surtout de signalisation) qu'il emporte (mae-west, strobe, canot, fusée, balise....). De plus il doit indiquer son horaire approximatif d'arrivée (un peu comme quand on part en rando on donne a quelqu'un un itinéraire approximatif et un horaire max de retour) c'est pour cela que la dépose d'un plan de vol en france est très fortement conseillé (mais non-obligatoire en fonction du type de vol et du poids de l'avion). Beaucoup des pilotes privé ne remmette pas de plan de vol (surtout pour de petite distance) parce que c'est contraignant et qu'une fois le plan de vol déposé c'est un peu compliqué de changer d'avis sur la destination. De plus les appareils militaire sont équipé d'une balise se déclenchant à l'impact (comme un airbag) mais ce type de balise n'est à ma connaissance pas installé sur les avions privée ( prix, gestion, et déclenchement parfois intempestif genre "oups l'atterrissage était un peu dur  ;#").
Un clavier AZERTY en vaux deux.

18 octobre 2009 à 13:35:41
Réponse #8

Bison


Re-

Citation de: Mav
De plus les appareils militaire sont équipé d'une balise se déclenchant à l'impact (comme un airbag) mais ce type de balise n'est à ma connaissance pas installé sur les avions privée ( prix, gestion, et déclenchement parfois intempestif genre "oups l'atterrissage était un peu dur  ").

Les ELT (Emergençy Locator Beacon - Balise de détresse) sont obligatoirs sur les avions privés depuis une trentaine d'années ...
Là, cela a été imposé d'abord en Amérique, pour reduire les dépenses liées aux recherches ...
Il faut dire que l'Amérique comporte beaucoup de zones désertiques, ou à très faible peupelemnt, ou encore d'accès très difficile.

Pas obligatoire (au début du moins) sur les avions de ligne ... (Beaucoup moins d'accidents, impacts beaucoup plus visibles dans le paysage ...)

Un ELT standard n'est pas lourd et pas encombrant, fixé à demeure dans le fuselage (pas dans la cabine, en général). Pas excessivement coûteux non plus :  c'est un appareil qui reste simple.

Les fausses alertes sont assez nombreuses en effet ... (parfois durant la maintenance) :)

Un ELT standard n'est malheureusement pas garanti étanche ni flottant (pas sur à 100%)
En survol océanique, on emporte un modèle portatif qui tient l'eau (ça se loue, ça aussi) ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

18 octobre 2009 à 15:29:21
Réponse #9

mav


Merci de corriger mes erreurs bison :) saurait tu si les ELT nautiques arrivent à envoyer leur signal même sous l'eau (cas de no-détachage de la balise sur un avion qui coule, parce que tu dis portatif mais si on le met sous le siège ou autre :huh:)?
Un clavier AZERTY en vaux deux.

18 octobre 2009 à 16:26:21
Réponse #10

Bison


Honnêtement, je ne sais pas ...

Ceux que j'ai eus en main étaient conçus pour flotter avec leur antenne pointée vers le ciel.

Le plus "beau" cas de survie que j'ai pu voir de loin (1992 ou 93 ?) :  un quadriplace fait un atterrissage forcé sur la calotte glaciaire du Groenland par mauvais temps.
L'équipage est indemne, radio portable + GPS (on en était au tout début) ... Trois heures plus tard, un Twin Otter leur larguait de l'équipement de survie, de quoi tenir dans l'immédiat.
Je crois qu'ils ont été récupérés par avion (ski), quand la météo s'est calmée.

La radio portable (la troisième radio), pour moi c'est le plus important des équipements de secours en aviation légère ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

16 novembre 2009 à 18:36:37
Réponse #11

Karto


Tiens j'avais raté ce fil.

Pour l'anecdote, ici en mer du nord où une très grande part population vole quelques dizaines de fois par an au dessus de la mer pour les différents métiers du secteur pétrolier (ça va de la de la femme de ménage jusqu'au gestionnaire d'installation, c'est le principal gagne-pain de la région, donc BEAUCOUP de gens tout à fait normaux) :

- chaque passager doit avoir suivi un stage de trois jours qui permet d'apprendre et répéter intensivement les drills de base en matière d'évacuation d'aéronefs ayant amerri plus ou moins brutalement, éventuellement à l'envers et sous l'eau, déploiement de rafts de survie et sustentation en mer, assistance aux secours, survivre en groupe en l'absence de raft etc... Le stage est fait une fois par an pour certaines sociétés, une fois tous les quatre ans comme un minimum légal au Royaume-Uni. D'ailleurs Stefalive dans ces stages on voit des tas de mecs de 68 ans quitter l'engin d'entraînement submergé et retourné sans souci. Je vois pas pourquoi à 68 ans on serait un sac d'os prêt à mourir ;)

- chaque passager est assis dans l'aéronef vêtu de plusieurs couches thermiques, une combinaison d'immersion en gore-tex, un gilet de sauvetage gonflable, un système de respiration d'urgence (EBS), une balise-radio personnelle qui se déclenche au contact de l'eau ou manuellement, plus un sifflet, une lampe et des strobes. Le tout déjà enfilé, va sans dire. Seule une cagoule et des gants sont stockés dans les poches de la tenue.

- les aéronefs sont équipés de plusieurs rafts de sauvetage (plus que nécessaire), chacun équipé d'un kit de survie.

Ces dispositions ont encore sauvé 18 vies récemment lorsqu'un Super Puma s'est abîmé en mer.

Juste pour donner une image de ce qui se fait à grande échelle quand les gens prennent leur sécurité au sérieux ;D
« Modifié: 16 novembre 2009 à 18:43:21 par Karto »

16 novembre 2009 à 19:45:05
Réponse #12

LOOPING



mav,

les balises de  détresses ne fonctionnent pas sous l'eau, même les modeles etanches ou flottantes : il faut toujours que l'antenne soit à l'air libre, visible du ciel;

ca marche pas plus dans une grotte en spéléo.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //