J'ai moi aussi dans un coin de la tête l'idée farfelue d'aller me planquer dans les bois.
Dans l'idée, j'ai carrement envie de commencer sans aucun materiel (carrement a poil) : repartir de zero.
C'est loin d'etre realisable avec le peu de connaissances que j'ai pour l'instant (et peut etre meme, loin d'etre realisable tout court), mais j'y reflechis frequement quand meme.
Parmi les reflexions que je me suis faites :
Une question importante a se poser des le depart, c'est : quand commencer (dans l'année).
Je pense que le debut du printemps serait une periode propice : c'est le moment ou il commence a y avoir de la bouffe sauvage, et qui laisse le plus de temps avant l'hiver pour avoir constitué des reserves.
Le terrain : il faut une grande surface. Pour nourrir 70 kilos de gugusse, il va falloir ratisser large, donc il faut de la surface. Plusieurs hectares seraient bien, mais il y a alors le probleme du cout d'une telle surface.
Le territoire d'un loup, c'est de 80 a 240 kilometres carrés. Alors quelques hectares pour un homme ca va etre tres, mais vraiment tres petit.
La nature du terrain : j'ai vu recemment passer une annonce pas chere pour 13 hectares de foret. Pas de bol, c'etait que du resineux. J'ai peur qu'il soit difficile de se nourrir dans une telle foret. Il faut le plus de variete possible, l'ideal serait d'avoir des arbres fruitiers sauvages (pommier, grillottier, etc ...).
J'avais vu il y a quelques années un reportage sur une reconstitution de la vie d'Otzi (l'homme des glaces retrouvé en Autriche). Ils montraient des reserves de viande, mais aussi de noix, pommes etc ... les pommes se ratatinent, certaines pourrissent, mais c'est de la bouffe quand meme. Ils arrivaient a vivre surtout parce que le gibier etait abondant, ce qui n'est plus du tout le cas par chez nous (euh ... je veux dire, en France).
L'eau est super importante aussi. La faire bouillir semble une solution acceptable a long terme. Pour le stockage, Poterie powaaaaaa !
En fait, je ne pense pas qu'on puisse arriver sur place, et explorer le terrain pour choisir ou se poser. Il faut, avant de se lancer, deja savoir qu'on trouvera assez d'eau et de bouffe pour tenir sur la durée. Donc, en fait, c'est meme ces preoccupations qui doivent guider le choix du terrain avant l'achat.
Les problemes legaux sont enormes aussi comme evoqué par ratdegout. Dans mon optique "restart from a poil", ca devrait pas etre trop genant, mais en partant avec de l'outillage, si on se construit un 4 pieces cuisine ca peut devenir plus delicat

Pour la chasse, c'est un peu delicat. Si tu veux pas que les chasseurs viennent sur ton terrain, il faut signaler a la societe de chasse que tu ne veux pas qu'on chasse chez toi. Deja, tu vas pas te faire des copains. Ensuite, il semblerait que du coup, ca t'interdise de chasser a toi aussi, sur ton propre terrain !
Il te faudrait un permis de chasse. La reglementation francaise dit qu'on ne peut chasser qu'avec "des projectiles explosifs", ce qui est debile, puisque les fusils de chasse n'utilisent pas de projectiles explosifs, mais des projectiles propulsés par une explosion. Les projectiles explosifs, c'est pour les tanks

. Mais c'est ca qui fait que c'est si delicat rien que pour chasser a l'arc. Chasser a l'epieu, au collet, au piege, tout ca c'est interdit.
Mais ... en fait, ce qui est interdit, c'est de se faire prendre. Si tu n'as pas de sentier pre-existant qui traverse ton terrain, pas de servitude de passage, et que tu interdis la chasse dessus, alors personne (pas meme les chasseurs) n'a le droit d'entrer sur tes terres. Du coup, si tu restes planqué, parfaitement hors de vue de n'importe quel point se trouvant a l'exterieur de ton terrain (et discret depuis les airs), alors normalement personne ne pourra voir si tu fais quelque chose d'illegal sans entrer illegalement chez toi. En pratique, ca ne te protege pas beaucoup, car il est TRES frequent que les gens possedant des cabanes disent qu'ils se les font regulierement saccager ; les gens furetent partout, faut vraiment etre discret. Les feux que tu feras inevitablement signaleront ta presence, il est certain que des curieux finiront par se pointer tot ou tard. Mais je pense qu'on peut quand meme essayer de jouer sur la discretion pour pouvoir faire ses petites affaires en limitant les risques d'avoir des ennuis. La surface du terrain y sera pour beaucoup (perso, je vise environ 10 hectares, mais ca fait plus d'un an que je cherche, j'ai pas encore trouve la perle rare)
Je pense qu'il sera a peu pres inevitable d'inclure largement les insectes dans le regime alimentaire, a moins d'avoir une GRANDE surface, giboyeuse et riche.
A l'arrivée sur le terrain, les priorités sont effectivement pour moi aussi eau-feu-abri. Que du classique, quoi.
Les outils et equipements que je tenterais rapidement :
- l'abri
- le foyer
- la reserve de bois
- outils en pierre
- tressage de fibres vegetales pour faire des vetements, chaussures, matelas, couvertures
- outils de bois durcis au feu
- pieges a petits mammiferes
- abri renforcé avec murets de pierre
- four a nourriture (marmite enterrée type marmite a savon) puis plus complexe ensuite
- outils de bois pour extraire de l'argile
- four a poterie basique (gallo-romain)
- poterie : fabrication de briques, marmites, godets
- trou à sable pour la conservation des racines l'hiver (sterilisation du sable a l'aide de poteries, sole et voute du trou en briques)
- pelles et chaussures renforcées pour pouvoir fabriquer du charbon de bois
- idem pour fabriquer de la chaux (tres dangereux sans equipement de protection)
- outillage pour presser des vegetaux donnant de l'huile, et recipients pour fabriquer du savon
- cabane complete pierre-brique-bois avec cheminée a inertie
Pour avoir plus de bouffe, il faudrait faire de l'agriculture. Se faire des outils, defricher et labourer, trouver des semences sauvages de plantes poussant dans l'année ... pas simple.
Blue disait : "La culutre céréalière ne semble pas franchement s'improviser..."
Ben en fait, c'est pas si dur que ca. J'ai fait l'experience de planter du ble et de l'orge. J'ai raté la date "officielle" de semaille de 2 semaines, mais ca a parfaitement fonctionne quand meme. J'avais mis 2m2 de blé et 6m2 d'orge. Ca a poussé tout seul. Par contre, les moineaux ont decouvert la plantation, et ils m'ont fait une razzia sur le blé. J'en ai récolté moins que j'en avais semé ! L'orge etant plus difficile a extraire de sa cosse, ils n'y ont pas touche. La recolte represente environ 20 fois la quantité semée.
Le souci est plutot de trouver des semences, puisque la je suis parti des varietés modernes, pas de cereales sauvages.
Il existe quelques cereales sauvages, mais au rendement derisoire, et pas tres repandues.
En partant avec du matos, emmener des semences est une bonne idée, mais attention, en tablant sur une recolte x20 par rapport aux semailles, il faut emmener une sacré quantité de grain si on veut en manger regulierement dans l'année.
Quand il faudra se trimballer sur le dos 1/20ieme de la consommation annuelle de blé, ca va paraitre pas si maousse que ca un rendement de x20

En equipement, il faut aussi se fabriquer de quoi partir en expedition. Il sera parfois necessaire de partir pour aller chercher des ressources non disponibles sur place. Je pense notamment au minerai de fer, qui est loin de se trouver partout.
Ben oui, je suis assez fou pour imaginer faire un bas fourneau et une forge en partant de rien ... Tant qu'on reste dans l'imaginaire, tout est facile

Pour terminer, je dirais que d'apres ce que j'ai lu dans ce forum, il me semble que la survie (parce que ca deviendra rapidement de la survie dans ces conditions) a long terme dans les bois est percue comme irrealiste.
Il y a un element qui me semble important : comme disait ratdegout, il faut commencer par les "priorités de la survie" mais il faut aussi terminer par ca. Souvenez vous des enseignements du manitou, de la derniere "regle des trois" : Trois mois sans contact social. Y rester un an, c'est peut etre aussi un moyen "d'y rester".
Hum... desolé pour la taille déraisonnable du post, mais la, c'est un sujet qui fait vibrer mes cordes
