Tout ce qui s'est dit sur la prévention est extrêmement intéressant mais s'applique in fine à très peu de cas.
Je m'explique et prend pour base le retour et de l'observation que j'ai des affaires soumises aux tribunaux, les statistiques pénales en France, certaines expériences et observations de moi-même et de mes proches dans des foyers éducatifs et centres maternels ainsi que dans les centres médico-psychologiques des victimes d'infractions sexuelle.
Pour info, 80 % des affaires jugées par les cours d'assises sont à dominantes sexuelles et familiales. Il y a par an un peu moins de 8 000 condamnations criminelles pour agressions sexuelles dont viol.
Et bien il en ressort que la figure du prédateur qui cible ses victimes inconnues de lui n'existe quasiment pas. C'est rarissime. Il n'y a pas pléthore de Guy Georges, Patrice Allègre ou de Michel Fourniret.
On a plus de chance de se faire violer par son père, son oncle, son beau-père, qui, le soir venu "se trompe" de chambre à coucher ou de salle de bain. Le tout sur fond d'organisation familiale très particulière où le tabou de l'inceste n'apparaît plus et où l'apprentissage de la libre disposition de son corps est défaillant.
Idem pour les femmes dont beaucoup sont victimes de leur mari, conjoint, ex, etc.
Bref, l'agresseur sexuel est globalement quelqu'un qui connaît intimement la victime. Sa tenue s'avère indifférente.
Dans les autres cas, où l'agresseur et la victime de se connaissent pas et bien là aussi souvent on est pas forcément dans une délinquance de prédation.
Très souvent d'ailleurs, on se situe dans un schéma où il y a méprise chez l'un des intentions de l'autre et inversement. Pour caricaturer l'agresseur croyait la victime consentante. De son côté, elle croyait qu'il n'allait pas aller si loin. Elle n'a pu alors soit dire non, soit faire comprendre ce refus. On est bien loin de la simple tenue vestimentaire mais dans une terrible amiguité comportementale chez les deux protagonistes.
Mais ce qui est flagrant chez beaucoup de victimes, notamment des femmes adolescentes ou jeunes adultes, c'est le peu de conscience de leur propre corps et de ce qu'autrui a le droit d'y faire. Pas mal ne possèdent aucune connaissance ou respect de leur propre corps.
Combien de fois certains professionnels ont entendu des victimes leur dire "Mais moi au départ je croyait que l'amour c'était ça. Que faire l'amour ça voulait dire faire ça ou ça. Qu'il fallait dire oui". "Qu'il avait le droit de faire ça"?
Combien de demoiselles sont dans une telles détresse affective qu'elles sont prêtent à tout avec leur corps pour garder celui dont elles pensent qu'il les aime?
Et ce n'est qu'après, par ex. le lendemain de la relation sexuelle plus ou moins consentie à l'arrière d'une voiture au sortir d'une discothèque ou par ex. après avoir parlé à une amie sur la relation avec le petit ami du moment, qu'elles s'aperçoivent qu'elles ont été victimes d'une agression sexuelle.
Dans une affaire un peu glauque, je me souviens même avoir vu un auteur de viol offrir un café à sa victime et l'accompagner à l'arrêt de bus le plus proche puis appeler un taxi. C'est le chauffeur de taxi qui a compris ce qui s'était passé, a refusé d'amener la jeune femme chez elle et l'a conduite au urgence (devant la cour d'assises, ce chauffeur s'est effondré en larme en affirmant qu'il aurait bien aimé faire plus).
Pour en revenir plus spécifiquement au sujet, c'est donc moins la tenue des gamines qui compte que leur apprentissage de leur propre corps. De la conscience du fait qu'il n'est pas à la disposition d'autrui et de la capacité à dire sans équivoque "non".
La tenue peut servir à faire passer le message sans équivoque ou à empêcher l'auteur de passer outre le refus.