Je vais donc reprendre mon propos pour essayer de l'exprimer différemment.

Le coup de la boulangère :
Le but de cette remarque, c'est de pointer précisément le commentaire de Pics :
Quand un policier un militaire ou un pompier se fait abattre en intervention, on trouve ça normal... Il le savait qu'il y avait des risques!!
Je suis d'accord avec cette constatation. C'est un fait, on s'émeut moins de la mort d'un policier que d'un civil, même voyou.
Ce qui m'importe, c'est que l'on n'en déduise pas que les civils se moquent complètement de la vie d'un policier et donc qu'ils préfèrent les voyous aux force de l'ordre. C'est une des interprétations possibles que je fais de ce commentaire (parmi d'autres). Ce n'est peut être pas ce que voulait dire Pics, mais sans plus de précisions, c'est ce que je comprend. Si c'est exactement ce que le commentaire de Pics voudrait faire passer comme message, alors je marque un arrêt et je précise : la fonction d'un fonctionnaire de police intègre le risque de mourir de mort violente, pas celui de la boulangère ou tout autre civil.
En effet, chaque métier comporte des risques et je doute que celui qui intègre les forces de l'ordre, comme le corps des pompiers ou militaire ignore ce risque. Devenir boulangère ne comporte pas ce risque et de la même manière que l'on ne plaindrait pas un motard qui roule sans casque, dans l'esprit de la plupart des gens (y compris le mien) le risque pour un fonctionnaire de police de mourir
"dans l'exercice de ses fonctions" n'est pas une surprise, ça ne choque pas l'opinion qui se dira : " il a choisi un métier dangereux".
Alors question : peut-on en vouloir à la plupart des gens de faire ce lien quand tout le monde entretient quotidiennement cette idée, relayée par les médias, les représentants politiques ou autres, quand certaines recrues affirment rechercher de l'action dans ces métier dits "à risque" ?
A qui la faute finalement ? Je n'en sais rien.
Ce que les gens pleurent, c'est l'injustice (apparente) subie par des personnes qui ne sont pas censées risquer par exemple leur vie à vendre des croissants.
Ce que la vidéo de ce fil montre, c'est une personne en posture agressive qui se fait violemment malmener par les forces de l'ordre. Ce que l'on ne comprend pas forcément, c'est pourquoi un mec seul, entouré de 5 policiers l'arme au poing se fait défoncer la tronche violemment alors qu'il n'est pas en train d'étriper quelqu'un. Ce que l'on se demande c'est : n'y avait-il pas un autre moyen ?
Si l'on ne prend pas le temps d'expliquer au civil profane (qui ne travail pas dans un domaine à risque), quels sont les raisons précises qui justifient un telle brutalité, une telle violence, un dénouement si spectaculaire, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il en déduise autre chose que de la violence et de la brutalité gratuite de la part des forces de l'ordre.
Au contraire, dire que les fonctionnaires de police mettent leur vie en jeu, qu'il ne sont pas de la chair à canon, que le stress intense de ces situations dangereuses peut leur faire prendre des décisions disproportionnées aux yeux de l'observateur externe (qui lui ne risque rien), sans pour autant justifier leurs bavures pour autant lorsqu'elles existent, on ferait un énorme pas !
Pour moi, rien n'est plus important que la capacité à communiquer clairement des idées, des valeurs. Je défie n'importe quel pédagogue de prétendre enseigner le respect en crachant au visage de son élève (sauf s'il s'appelle Diogène de Sinope

)
Je repense donc aux mots de Serge sur l'importance du contexte et je me dis que si le temps d'expliquer les choses était pris plus souvent par les pouvoirs publiques et leurs agents sur le terrain, sans prendre les gens pour des idiots (mais plus comme des personnes naïves), en évitant les raccourcis et les amalgames (très à la mode en ce moment), on n'aurait certainement plus à se plaindre de dérives démagogiques. On ne laisserai plus croire que les flics sont tous des pourris raciste pas plus qu'on ne tenterait de faire croire que tous les policiers sont des héros sans reproches.
Mais là c'est l'idéaliste bisounours qui parle, parce que je sais qu'il ne faut finalement pas trop y croire.

J'espère t'avoir convaincue Anke que mon but n'est pas de dévaloriser les forces de l'ordre ou de dédouaner les
voyous de leurs actes (comme dans le bel exemple de Sharky).
PS : Rien de personnel contre Patrick ou Pics que je cite dans ce message ou les précédents. Je ne partage pas forcément vos points de vue, simplement.